DéBATS & OPINIONS  |     KIOSQUE  |    

RCA: la survie sans le Tchad

Par Dabadi Zoumbara-Le Pays - 09/04/2014

Les Tchadiens retirent leur contingent de la Mission de soutien à la Centrafrique (Misca). Ce qui risque de faire basculer une crise déjà complexe dans une équation insoluble

 

Le Tchad justifie ce retrait par le fait que malgré ses sacrifices, les Tchadiens font l’objet d’"une campagne gratuite et malveillante tendant à leur faire porter la responsabilité de tous les maux dont souffre la République centrafricaine (RCA)". Cette grave décision du Tchad risque de rendre plus complexe le retour de la paix en RCA. Quand on sait l’efficacité de ce contingent de 800 hommes, on ne peut que se montrer perplexe. Malgré ses défauts et ses faiblesses, le contingent tchadien reste l’un des meilleurs de la Misca [qui compte au total 6 000 hommes]. Certes, les accusations de violation des droits de l'homme et de bavures se sont multipliées ces derniers temps contre ce contingent. Les dernières en date remontent à samedi dernier [le 29 mars], lorsque ce contingent et les antibalakas [milices chrétiennes] se sont affrontés. Le bilan faisait état de plusieurs morts dont des civils.

 

Chrétiens soulagés, musulmans désespérés
Toutefois, en dépit de ce triste événement, on n’imaginait pas que le Tchad se retirerait de la RCA aussi précipitamment, tant sa contribution était considérable. Cette décision, lourde de conséquences, est diversement appréciée. Pour les Banguissois qui réclamaient le départ de ce contingent, c’est un ouf de soulagement. Mais pour les musulmans des villes du nord de la RCA comme Kaga-Bandoro, Ndélé ou encore Sibut qui bénéficient de la protection de ce contingent tchadien, c’est le déluge. Car si des dispositions urgentes et efficaces ne sont pas prises, ils seront à la merci des antibalakas qui sont sans foi ni loi. Il faut espérer que l’Europe qui a décidé de déployer prochainement 800 hommes à Bangui songe à envoyer des forces dans les villes du nord du pays.

Baptisée Eufor-RCA, cette force aura, pour l’instant, la mission de sécuriser deux arrondissements de Bangui, la capitale centrafricaine, et l’aéroport. Elle représente une contribution de neuf pays européens en hommes et de quatre pays en logistique avec des véhicules et des avions. Cette présence tant attendue contribuera, à n’en point douter, à renforcer l’action des autres forces déjà sur le terrain, notamment l’opération Sangaris et la Misca. En attendant que cette force européenne dont le déploiement débute fin avril soit opérationnelle en mai, on peut dire que sa mise en place est une chose salutaire. Son entrée en scène apportera, on l’espère, du baume au cœur des Centrafricains qui ne savent plus à quel soldat se vouer.

La force européenne ne sera opérationnelle qu'en mai
Cette initiative salvatrice de l’Europe devrait interpeller une fois de plus les dirigeants africains, incapables de résoudre les problèmes qui naissent dans leurs pays respectifs. Le déploiement de l’Eufor-RCA dans les prochains jours à Bangui est la preuve que toute l’Europe a pris le problème centrafricain à bras-le-corps ou, du moins, est consciente de l’intérêt qu’il y a à ramener la paix en RCA. Il est évident qu’on ne peut exploiter les richesses de ce pays dans le climat actuel. Aucune économie ne peut prospérer dans un pays aussi malade que la RCA. D’où l’intérêt de travailler à ramener la paix, la sécurité et la stabilité. En tout cas, l’Europe a compris qu’il est temps d’agir au plus vite pour que cette guerre qui n’a que trop duré n’affecte pas toute la sous-région. Si l’envoi de l’Eufor-RCA suscite tant d’espoir, il n’en demeure pas moins que l’on s’interroge ; réussira-t-elle là où les autres forces ont échoué ? Difficile de répondre par l’affirmative. Seuls le temps et l’évolution de la situation sur le terrain nous le diront.

De la "promenade de santé" à la "promenade en enfer"
La crise en RCA a pris une telle dimension qu’il est aujourd’hui difficile de parier sur le succès d’une opération, fût-elle européenne. Le cas de l’opération Sangaris en est l’illustration parfaite. Ce qu’elle considérait au départ comme une promenade de santé, s’est transformé en une promenade en enfer. Avant d’atterrir sur le sol centrafricain, les forces françaises considéraient la guerre en RCA moins complexe que celle du Mali. Mais elles ont eu tort car il s’est avéré plus facile de combattre un barbu enturbanné qu’un antibalaka.

En vérité, la guerre en RCA est comparable à celle des Balkans, notamment au Kosovo, qui a duré une décennie. Ce qui, au départ, était une affaire ethnique, s’est transformé en une guerre d’indépendance nécessitant l’intervention des puissances étrangères comme les Etats-Unis. Certes, la RCA n’a pas encore atteint l’ampleur de cette guerre mais le chemin qu’elle a emprunté pourrait l’y conduire.

En effet, tant que les antibalakas ne seront pas neutralisés, il sera difficile de remettre la RCA sur les rails. Et c’est un euphémisme de dire que l’Eufor-RCA aura fort à faire. Du reste, si elle tient à réussir sa mission, elle devra se montrer impartiale afin d’éviter d’être taxée de complice de tel ou tel camp comme on l’a vu avec l’opération Sangaris accusée par la Séléka [rébellion musulmane] de prendre fait et cause pour les antibalakas.

 

 
MOTS CLES :

4 COMMENTAIRES

Afficher tous les commentaires | Poster un commentaire

Zoumbara est PARTIAL !

Par abou

09/04/2014 18:01

Ce monsieur qui n'a sans doute jamais mis les pieds en RCA et qui ignore tout de ce pays n'écrit qu'à charge. Les crimes contre l'humanité commis par les sélékas à dominante musulmanne (plus de 90 %, et à majorité musulmans tchadiens) qui ont déclenché la riposte vengeresse des anti-balaks est aux OUBLIETTES. Et pourtant les Sangaris les ont laissé se retirer dans les provinces avec armes de destructions humaines massives, et qu leurs sales besognes se poursuivent encore ce jour, nourissant la radicalisation des anti-balaks et des populations non musulmannes. Un crime reste un crime, et pourtant un jour il faudra bien faire le bilan des crimes imputables aux deux forces en présence. Sélékas = + de 1 millions de déplacés intériuers dont plus de 300 milles dans la seule ville de Bangui, ces populations non musulmannes fuient-elles les anti-balakas Monsieur Zoumbrana ? Plus de 50 000 populations non musulmannes tombées sous les balles des Sélékas, un pays détruit, une cohésion sociale assasinée, des pillages monstres, etc....et Anti-balaks : 200 milles musulmans d'origine étrangères repartis dans leurs pays, plus de 1 000 assasinés, leurs biens pillés et détruits, le refus des populations non musulmannes d'accorder l'hospitalité autrefois naturelle aux populations musulmannes, etc...est-ce comparable ? C'est cela que la Commission d'enquête des Nations unies qui enquêtent sur les évènements à compter du 1er Janvier 2013 à nos jours va découvrir ! A ce moment là Zoumbrana comprendra pourquoi la population non musulmanne centrafricaine (plus de 95 %) est pro-anti-balaka.

Rien à attendre d'un sahélien musulman burkinabé, ces supplétifs de la france en Côte d'Ivoire

Par Nomzamo

09/04/2014 19:53

Cher compatriote ABOU,
Il faut "comprendre" ce burkinabé, mossi parce que la france les a utilisé pour détruire la Côte d'Ivoire et installer un étranger (burkinabé), un certain allasane dramane ouattra au pouvoir pour tuer les autochtones et piller les ressources ivoiriennes. Ces burkinabés sont des envahisseurs. Il faut lire des sites ivoiriens pour comprendre le rôle joué par la marionnette blaise campaoré et ses compatriotes dans la destruction de la côte d'Ivoire.
C'est donc en parfait valet, supplétif de la france que ce burkinabé s'exprime. Le burkina est aussi pauvre que le tchad avant le pétrole. C'est dons facile pour la france negrophobe d'utiliser ses laquais pour défendre les musulmans, d'autres supplétifs pour détruire la RCA.
Ce burkinabé peut aller se faire voir chez les grecs, les Centrafricains n'ont rien à foutre de ses états d’âme.

Ceux qui ont réussi ce coup d'état le 24 mars 2013 viennent d'Où?

Par sorokaté

10/04/2014 16:53

Ce coup d'état est fait par des mercenaires Tchadiens et Soudanais et donc les associer aux opérations de Misca et Sangaris est une grave erreur. Ainsi leur retrait ne peut être un début de solution, au cas où les massacres sont commis par ceux là mais la loi international diot frapper leur pays respectif. Si la Sangaris est Française 5é puissance mondiale il doit pas avoir de soucie en principe.

Regretter le retrait des troupes Tchadiennes est un aveu de la part de la sangaris 5é puissance mondiale.
Oui la France est dans sa propre défécation. hiiiiiiiiiiiiiii (je meurs de rire). La France est humiliée, elle est défiée par le Tchad. Ce qui est sure le TCHAD va compliquer la situation à la Sangaris ( France) malheureusement c'est le peuple centrafricain qui paiera le pot cassé. Certes il y aura des massacres, d'incendies des villages, des pillages des biens et ressources en RCA... voir même des éventuelles victimes (de morts) au sein de la sangaris.

Seul l'avenir nous le dira. En voulant piller la RCA par le néo colonialisme la France s'est mise en danger et sa réputation est mise à mal.

Sorokaté Alias Domzan-Béne.

POSTER UN COMMENTAIRE

Identifiez- vous : pseudo* e-mail
Titre du commentaire
votre commentaire
Etre prévenu par email quand une réponse est faite
Ne cochez oui que si vous voulez recevoir des mails en cas de réponse sur ce sujet et que vous avez saisi votre mail
Je reconnais avoir pris connaissance des conditions d'utlilisation

POLITIQUE

SPORTS

ECONOMIE & BUSINESS

DOSSIERS

Culture & Loisirs

Société

Débats & Opinions

Personnalités

Agenda - événements

Lancement du Africa CEO Forum 2015
Tous les événements

TOUT L'UNIVERS JOURNALDEBANGUI.COM

DOSSIERS

Dossiers

L'INTERVIEW

Interview

COMMUNIQUES OFFICIELS

Communiqués