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Centrafrique : un an après le coup d’Etat du 24 mars 2013

Par Human Rights Watch - 24/03/2014

La sécurité, l’assistance et la justice demeurent essentielles, le pays de Barthélémy Boganda a sombré dans l’incertitude

 

Des milliers de civils se trouvent dans un cruel besoin de protection et d’assistance immédiates en République centrafricaine, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui. Un an après le coup d’État de la coalition rebelle de la Séléka, les efforts internationaux pour s’attaquer à la crise demeurent tragiquement insuffisants. Il existe en particulier une nécessité urgente de mettre fin à l’impunité pour les exactions en cours et de faire en sorte que des comptes soient rendus pour les crimes commis par toutes les parties. Human Rights Watch a publié aujourd’hui un recueil de 133 pages de documents produits au cours de l’année écoulée depuis que la coalition rebelle de la Séléka a renversé le gouvernement du Président François Bozizé, le 24 mars 2013. «Le coup d’État de la Séléka l’année dernière a semé la terreur et la désolation, suscitant une réaction violente et abusive de la part des milices anti-balaka, et les deux factions continuent de mettre en danger les populations en République centrafricaine», a déclaré Daniel Bekele, directeur de la division Afrique au sein de Human Rights Watch. «La réponse amplifiée de la communauté internationale depuis décembre 2013 n’a pas été capable de faire face à la crise, notamment en ce qui concerne le besoin de protection des civils et l’aide apportée aux milliers de personnes déplacées.»

 


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La Séléka, qui comprend surtout des musulmans originaires du nord-est du pays ainsi que du Tchad et du Soudan, a commis des massacres dans de nombreux villages, a incendié et pillé des maisons, recruté des enfants comme soldats, violé des femmes et tué probablement des milliers d’habitants. Les attaques ont causé une crise humanitaire massive, contraignant la population à vivre sans logement, alimentation et soins de santé adéquats.

En représailles pour les exactions commises par la Séléka, un groupe de combattants, chrétiens et animistes pour la plupart, et connus comme les anti-balaka [anti-machette], constitués sous Bozizé pour combattre le banditisme, ont commencé en août 2013 à attaquer la Séléka et à prendre pour cible les civils musulmans censés soutenir la coalition rebelle. En décembre, les anti-balaka ont mené une attaque de grande ampleur contre Bangui, la capitale, obligeant la Séléka à battre en retraite et à se regrouper. La Séléka a officiellement cédé le pouvoir en janvier 2014. Une nouvelle présidente, Catherine Samba-Panza, anciennement maire de Bangui, a été élue le même mois pour diriger l’administration intérimaire du gouvernement.

L’Union africaine (UA) et la France ont déployé un nombre croissant de troupes de maintien de la paix pour stabiliser la République centrafricaine, mais les forces de maintien de la paix n’ont pas réussi à stopper la spirale de la violence. Le 10 février 2014, l’Union européenne a accepté de fournir des troupes afin de contribuer aux efforts internationaux pour protéger les populations les plus en danger, mais ces troupes n’ont toujours pas été déployées en République centrafricaine. Une force de maintien de la paix des Nations Unies à part entière devrait être autorisée et déployée de toute urgence, selon Human Rights Watch.

Jusqu’à ce que cette force soit déployée sur le terrain, la force de maintien de la paix de l’UA, connue sous le nom de MISCA, et la force française Sangaris doivent prendre des mesures supplémentaires immédiates pour assurer une plus grande sécurité, notamment en patrouillant activement dans les zones vulnérables à la violence, en particulier celles où restent des populations musulmanes minoritaires. À la suite de l’effondrement de la Séléka, des milliers d’habitants musulmans ont fui pour se réfugier dans les pays voisins, tels que le Tchad, le Cameroun et la République démocratique du Congo. «Il reste encore d’énormes lacunes dans la sécurité la plus élémentaire apportée aux populations de la République centrafricaine», a conclu Daniel Bekele. «Des milliers de personnes dont la vie reste en danger imminent dépendent du déploiement urgent de troupes supplémentaires de maintien de la paix et d’une protection élargie de la part des troupes qui sont déjà sur le terrain.»

 

 
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8 COMMENTAIRES

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L IMPREPARATION DES ACTEURS POLITIQUES ET MILITIARES SANGARIS ET MISCA FONT LE RESTE DANS CE CHAOS ET TOUTE PUISSANCE DE DEBY DEMAIN SERA COMME AUJOURD HUI SI PAS DE REEL PLAN LOGIQUE

Par jean pierre

24/03/2014 16:02

Arretez,sangaris est là,que fait elle de concret? La coherence du désarment appelle qu'on desarme tous ces faux civils au km5 et respect le voeu ds centrafricains:le retrait de l'armée tchadienne pour voir si le problème vient de là,non sangaris avec certains officiers français venus du tchad corrompus au départ et tout ce que les banguissois découvrent face à la non réaction de sangaris,il y a un réel problème. Ils ont laissé D2BY pourrir presque tous les contingents et affaiblir cette petite tete de samba panza dans une attitude de non bon sens terrible,comme si elle n' a aucune logique. pendant ce temps elle continue de nommer des parents ,encore si ces parents sont competents et protegent un peuple. Il y en a un ,wangao qui soigne une maladie du siècle en france nommé à un grand poste militaire,estce que ce parent de l'élue des sélékas a toutes ses capacités et potentialités et raisonnement pour definir une bonne stratégie sécuritaire? que disiez ces memes des gouvernements précédents? c'est quand meme honteux,pour un exemple de femme,ça n'honore pas les centrafricaines. C'est une foutaise quimet dos à dos les hommes et les femmes dans la mauvaise gouvernance d'un pays. Et meme les diplomes ne les aident pas. Bokassa,kolingba,bozizé on disait des soldats mais ceux qui petent plus haut que leurs fesse ce presentant en moi je.Et pourtant de centrafricaines carrées et lucides ,ce n'est pas cela qui manquent,cette catherine ne leur rend pas service

présidente de la transition

Par badassinga

24/03/2014 16:49

La présidente de transition s'apprend aux antis-balaka et ne demande jamais à désarmer les sélékas, ces derniers continuent leurs forfaits sur les natifs centrafricains chrétiens . Mme samba panza est complice des biens volés centrafricains que le frère de djotodia voulait emporter au Benin qui ont été saisis à l'aéroport ( or diamants billet de banque) par les soldats sangaris , suivis de 35000 euros que sa fille a volé , heureusement cette somme a été saisie par l'armée française a l'aéroport de B bangui ,
Rentre chez toi au Cameroun ou au Tchad .

LE NORD CENTRAFRICAIN: UNE CRIMEE FRANCAISE?

Par sorokaté

25/03/2014 13:59

Publié par CENTRAFRIQUE LIBRE le 24 mar 2014
La France en Centrafrique serait-elle exempte de toute exemplarité avec la Russie? Pourquoi s’en prendrait-elle à la Russie alors qu’elle recherche insidieusement de similaires raisons économiques et géostratégiques d’annexion du Nord Centrafricain dans un tout aussi machiavélique plan de la partition de ce Pays?
Deux stratégies différentes certes, mais pour la recherche d’un même résultat, dirais-je. L’une a été éclair et spectaculaire, sans effusion de sang, acquise habilement avec le consentement du parlement et de la population de la Crimée sur des bases juridico-démocratiques, contournant triomphalement le diabolique projet des pays de l’UE de priver la Russie de toute possibilité d’intervention rapide en mer Méditerranée en cas de guerre avec l’Otan. L’autre, établie dans le long terme (depuis 1993) et dans un incognito mondial total, révèle que le cri et le sang du peuple centrafricain n’ont aucun prix devant les intérêts capitalistes de ses bourreaux. La France veut priver le Centrafrique de ses régions minières et pétrolifères.

En effet, plusieurs observations faites par rapport à l’opération « SANGARIS » tendraient à accuser la France d’être le principal commanditaire d’une probable scission des régions nord centrafricain. Deux interrogations nous confirmeront cette hypothèse:

- Comment, en effet, une armée si puissante que celle de la France tergiverserait-elle durablement pour désarmer de simples rebelles qu’elle laisse ensuite libre d’occuper en attendant plusieurs régions minières de Centrafrique?

- Pourquoi, sachant pertinemment que plus de 90% des forces SELEKA étant visiblement Tchadiens et Soudanais musulmans (ce qui saute à l’œil qu’il s’agit bien d’une annexion étrangère) la France voudraient-elle malgré tout imposer aux Centrafricains de négocier la paix avec ses troupes d’agresseurs?

Même si l’intervention française en Centrafrique a démarré avec des objectifs limités d’un cessez-le-feu face aux enjeux armés du conflit et à ses perceptives génocidaires, on ne peut plus comprendre les atermoiements constatés dans le processus de désarmement et des arrêts de violences intercommunautaires qu’elle ne cherche plus qu’à attribuer à la fausse piste d’appartenance religieuse et ethnique dès lors que l’ONU a donné carte blanche. Aussi, ses médias propagandistes et désinformatrices cristallisent l’attention des occidentaux autour de ce montage grotesque simplifiant l’affaire par un Nord musulman et un sud chrétien pour camoufler la carte minière nord-sud, objet de toutes les convoitises et à l’origine du conflit depuis plus de deux décennies.
Du coup, le rôle de la France qui était préalablement le désarmement des belligérants s’en est progressivement et sciemment distancé pour paraître de nos jours comme médiateur, négociateur et faiseur de paix. Par exemple cette tactique d’une lancée de pavé dans la mare qui a consisté à débaucher Djotodia à grand frais au Bénin pour mieux mettre en œuvre la carte du redéploiement séléka vers leur bastion du nord « en attendant ». Leur plan A ayant été déjoué par des résistants inattendus qui ne leur ont pas facilité les opérations de contrôle de l’ensemble du territoire.

Depuis lors, plus d’action militaire sangaris, ni d’aides financières françaises qui pourront accompagner l’arrêt du conflit armé, financer les salaires et la démobilisation des rebelles et milices. Cette privation du « nerf de la guerre », savamment orchestrée par la France « sauveur », n’efface-t-elle pas tout effort local visant à établir la paix et ne vend-elle pas à plus faible prix la peau des autorités de transition? Les timides placebo financiers que nous administrent nos pairs de la CEEAC ne nous sauveront pas sans nous.
Il faut donc casser les œufs et faire l’omelette: la question de l’exploitation de notre pétrole, question à l’origine de notre « extermination » devrait prévaloir dans les débats actuels. « Le vin est tiré, il faut le boire » et ne reculer sous aucun prétexte, sinon on ne le boira plus jamais… Aussi, « On ne prête qu’aux riches » dit-on, dès lors que nous devenions solvables en signant des contrats publics d’exploitation de nos sous-sols, d’importante manne financière pleuvra sur notre trésor public et notre vide main tendue s’affaissera emplie.

A chaque Centrafricain d’en juger donc: faire des régions minières et pétrolifères nord une Crimée française? Ou lutter pour les garder afin d’en faire un Eldorado Centrafricain. Dans les deux, la lutte n’est pas gagnée d’avance: il faut négocier OUVERTEMENT avec la France, la COMBATTRE s’il le faut pour la faire fléchir. Si nous sommes nés pauvres, nous refusons dès à présent de mourir pauvres ! Ou bien ? Regardons autour de nous et voyons la Guinée Equatoriale et plus récemment le Tchad, notre proche voisin : sans commentaire…

N’en déplaise à ceux qui, par leur « pessimisme » souvent présenté comme du « réalisme », enfoncent en nous toujours et toujours plus profondément le clou de la pauvreté et de l’inaction:
Bê-Africa vit en ce moment un printemps national inoubliable auquel j’invite tous et chacun à y prendre hâtivement et activement part. La douleur d’enfantement d’une mère ne l’empêchera jamais d’accoucher un, puis plusieurs enfants…
Vive le Centrafrique nouveau, prospère et riche grâce à l’exploitation de ses sous-sols pour que dure et demeure profonde et grandie, l’amitié historique franco-centrafricaine.

GUIANISSIO Guillaume Dominique
Directeur du Service de communication Audio-visuelle
Et d’Espace Loisir (SCAUVEL)
14 B P 136 Lomé- TOGO

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