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Lettre ouverte aux Conseillères et Conseillers nationaux

Par Charles-Armel DOUBANE - 19/03/2014

A propos du Projet de Constitution de la République centrafricaine

 

Mesdames et Messieurs les Conseillers Nationaux,
Cher (e)s compatriotes,


Au cours de sa session ordinaire qui démarre, votre noble institution est appelée à se prononcer sur divers textes d’intérêt national dont le plus important, me semble-t-il est le projet de Constitution de la République Centrafricaine, notre pays en partage. Son importance relève du fait qu’il s’agit de la Loi Fondamentale en charge de régir notre vivre ensemble (Nation). Elle créera et déterminera les pouvoirs et leurs limites, les contre-pouvoirs de nos institutions et elle fixera nos droits et devoirs de centrafricaines et centrafricains. En somme, c’est notre Constitution qui définira simplement la nature du régime de notre Etat.

 


© mediaglobal.org
Charles-Armel DOUBANE, Ancien Ambassadeur
Vous conviendrez avec moi que cette constitution voit le jour dans un contexte où notre pays vit un chaos sans précédent de son histoire. L’Etat centrafricain qui, aujourd’hui effondré et porté à bout de bras par la communauté internationale, peine à trouver sa voie. Les raisons sont connues et la violation des Constitutions antérieures, en dépit de la qualité des textes, par ceux là-même qui en tiraient leur légitimité et qui en étaient chargés de leur application en constitue une. La Constitution de décembre 2004, très bon texte par sa qualité, n’a malheureusement pas échappé à cette mauvaise règle. La première institution à savoir le Président de la République, Chef de l’Etat d’alors, avait simplement choisi de la violer systématiquement par mauvaise volonté politique, y compris son refus de mettre en place la Haute Cour de justice, ainsi que son intention de la modifier en vue d’un troisième mandat, constitue une des sources du long conflit encore en cours.

Aussi, au regard du constat de l’échec du modèle institutionnel traditionnel, doublé de cette mauvaise et nocive idée de partition de notre Etat en deux entités distinctes, idée qu’aucun centrafricain n’acceptera car menaçant notre nation et son unité, est venu le temps de choix novateurs :
Quel type d’Etat faudrait-il au Nouveau Centrafrique ? Unitaire ? Jacobin ? Fortement déconcentré? Décentralisé ou simplement Fédéral?
Quel régime serait-il bon pour le Centrafrique et son peuple (premier souverain) ? Semi-présidentiel? Présidentiel ? Semi-parlementaire (rationalisé) ? Parlementaire?


Pour éviter une précipitation qui nous produirait des institutions faibles et non fiables et/ou des monstres politiques, il nous faut éviter de faire la montre au prétexte que la communauté internationale, pourvoyeuse de l’expertise et des fonds internationaux pour le processus de transition nous l’exige. Donnons aux institutions qui seront élues à l’issue de la Transition le soin à la fin de la première année de son mandat, d’engager des discussions nationales sur ce sujet sur toute l’étendue du territoire pour recueillir des avis à cette fin. Car il s’agit ici de notre pays à nous tous et notre destin commun en dépend.

Ce qui suppose qu’après son toilettage, la Constitution de décembre 2004 soit réhabilitée (mettant par la même fin à la Chartre de la Transition). Elle n’était pas mauvaise, je le répète. Ce sont les acteurs qui étaient mauvais et possédant une mauvaise volonté politique. Nous gagnerons ainsi en temps et en crédibilité en nous donnant des institutions fortes qui transcenderaient les régimes et ses femmes et hommes forts conjoncturels et qui répondraient aux attentes de nos compatriotes et sécuriseraient l’avenir de nos enfants dans un pays uni et protecteur de tous, nationaux et également ceux qui choisiraient de vivre chez nous.

Je me permets de vous écrire en ce moment précis à cause du caractère grave de votre décision. Elle impactera durablement notre vie et notre avenir en partage. J’en appelle à votre sens du patriotisme car ne pas agir aujourd’hui de façon efficace, contribuerait à pérenniser la crise et l’instabilité de la République Centrafricaine.

Mesdames et Messieurs les Conseillers Nationaux,
Nous devons saisir cette ultime occasion que nous imposent cette crise et l’épreuve qui ont touché toutes les couches sociales, mis en lambeaux notre Etat, notre cohésion nationale en tirant les conséquences, toutes les conséquences, pour bâtir à nouveau un Etat centrafricain uni, juste, réconcilié, solidaire, tourné vers le développement et vivant en harmonie avec ses voisins.

Haute considération,
A Paris, le 15 mars 2014
Charles-Armel DOUBANE
Ancien Ambassadeur
Ancien Ministre

 

 
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2 COMMENTAIRES

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Je partage entièrement votre opinion excellence A.C. DOUBANE.

Par sorokaté

19/03/2014 14:32

"...Ce qui suppose qu’après son toilettage, la Constitution de décembre 2004 soit réhabilitée (mettant par la même fin à la Chartre de la Transition). Elle n’était pas mauvaise, je le répète. Ce sont les acteurs qui étaient mauvais et possédant une mauvaise volonté politique. Nous gagnerons ainsi en temps et en crédibilité en nous donnant des institutions fortes qui transcenderaient les régimes et ses femmes et hommes forts conjoncturels et qui répondraient aux attentes de nos compatriotes et sécuriseraient l’avenir de nos enfants dans un pays uni et protecteur de tous, nationaux et également ceux qui choisiraient de vivre chez nous...".

Sans commentaire!!! Merci.
Mais qui va vous écouter cher Excellence C.A DOUBANE? le CNT n'est pas en convergence avec le peuple, encore moins la "présidente" de Transition.

Pensez vous que monsieur Alexendre Nguendet et madame Mballa feront la volonté du peuple? Non!!!
Ils ne sont que des marionnettes, ils n'ont pas le pouvoir de décider quoi que ce soit, ils exécutent ce qu'on leur dicte.

Une seule question: Est-ce que c'est ce qui préoccupe actuellement le peuple? le peuple centrafricain a besoin d'un projet d'élaboration d'une nouvelle constitution?

Voyons, ces gens du CNT et de la présidence de Transition font autre CHOSE que la VOLONTÉ du peuple.
" Tout ce qu'on FAIT pour le peuple SANS le peuple est CONTRE le peuple. Est-ce que monsieur Alexandre Nguendet a été élu président du CNT par le peuple Centrafricain? de même madame MBALLA dite PANZA est-elle élué "présidente" de la RCA par le peuple Centrafricain?

Tous contre le peuple centrafricain. Comment ceux là peuvent agir selon la volonté du peuple qui n’adhère pas à leur politique?

Voila les vrais mobiles de notre sous développement. Le peuple ne peut pas s'exprimer, on lui impose TOUT.
Une question: LE CNT a t-il consulté le peuple CENTRAFRICAIN pour envisager ce projet de d’élaboration d'une nouvelle constitution en RCA?
Quelle démagogie? quelle DICTATURE? et pourquoi agissent-ils ainsi contre leur peuple pris en OTAGE?
C'est vraiment DOMMAGE. C'est regrettable.

C'est vraiment ce qu'ils ont trouvé de mieux pour la RCA en ce moment- ci? Chers conseillers, conseillères du CNT seleka
Ayez la crainte de DIEU, soyez vous même Honnêtes. veuillez reposez vos pieds sur TERRE SVP.

Conseil pour vous: Sécurisez d'abord nos frontières qu'avec nos FACA , aidez nos déplacés inter-extérieur à regagner chez eux, aidez les à reconstruire leurs maisons incendiées, accompagnez les médicalement..... afin de prétendre à parler d’élections Municipales et présidentielles.

Le pays est occupé par les mercenaires étrangers , des bandits Tchadiens continuent de tuer , vous du CNT vous vous réunissez pour débattre de comment " élaborer une nouvelle constitution de la RCA" êtes vous légitimes pour faire cela?
Madame Mballa est-elle légitime pour envisager une -elle modification qui touche à notre raison d'être une NATION?

Quelle FOLIE?
Le ridicule ne tue pas franchement.
Sorokaté Alias Domzan-Bene.

Merci cher compatriote C.A. DOUBANE

Par Paul

20/03/2014 03:59

Je vous remercie pour cette lettre ouverte au CNT de notre pays. Espérons Nguendet et ses amis du CNT fassent preuve du patriotisme et bien penser pour l'avenir de notre pays déchiré par la violence. La Centrafrique est Une et Indivisible. Le CNT qui fait tout en son compte pense que le peuple est ignorant mais l'avenir nous le dira.

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