INTERVIEW  |    

Mgr Albert Vanbuel: «les anti-Balaka ne sont pas des milices chrétiennes»

Par radiovaticana.va - 11/03/2014

L’évêque de Kaga-Bandoro tente tant bien que mal de jouer les médiateurs, alors qu’il n’y a plus aucune autorité publique sur place

 

Un calme précaire est revenu en Centrafrique mais c’est une situation en trompe l’œil. Les tensions sont toujours bien présentes. Si les violences baissent, c’est surtout parce que la quasi-totalité des musulmans a fui le pays, étant devenus les cibles des milices anti-balakas. A Kaga-Bandoro, ville située à 350 km au Nord de Bangui, les cortèges de camions remplis de ressortissants musulmans traversent la ville en direction du Tchad. A 5 km de l’entrée de la ville, les anti-balakas restent aux aguets. Kaga-Bandoro est donc un carrefour inévitable pour les différents acteurs du conflit en cours en Centrafrique. L’évêque de la ville, Mgr Albert Vanbuel tente tant bien que mal de jouer les médiateurs, alors qu’il n’y a plus aucune autorité publique sur place

 


© christianophobie.fr
Quel est votre avis, face aux agissements des antibalakas
Les anti-Balaka ne sont pas des milices chrétiennes, c’est clair! Ce sont des gens qui veulent réagir contre la mort de leurs proches. Ils ont vu des exactions et ils ont réagi en tuant beaucoup de gens. L’erreur, c’est qu’ils ont pensé que les Séléka sont des musulmans et que donc, tous les musulmans doivent partir, sinon on les tue. Et ça, c’est aussi une erreur fatale pour le pays. Il y a beaucoup de bons musulmans qui sont là à faire le marché, qui nous aident à vivre. On a toujours vécu ensemble et maintenant, tous les musulmans doivent fuir. Chez nous, ils sont seulement de passage et il y a de nombreux camions qui vont au Tchad. Nous avions eu des rencontres avec les Imams pour voir comment était la situation, comment arriver à une solution mais ces mêmes Imams sont partis. Donc, nous avons tous les problèmes du monde pour dire aux anti-Balaka qui sont à 5km «S’il vous plait, n’entrez pas dans la ville». On a dit la même chose aux Séléka. Jusqu’à maintenant, ils nous ont écouté mais le grand problème, c’est qu’il n’y a aucune sécurité, aucune autorité: il n’y a pas de police, il n’y a pas de gendarmes et il n’y a pas de tribunal.

À votre niveau, comment arrivez-vous à jouer les médiateurs en tant qu’évêque du diocèse?
Je crois que c’est important pour la population le fait que nous sommes restés pour suivre la situation. Quand il se passe quelque chose, on va chercher le chef de la Séléka ou le chef anti-Balaka pour parler car en ce moment, nous sommes les seuls médiateurs. Nous sommes la seule possibilité car les forces internationales sont des tchadiens. La population n’a aucune confiance en ces tchadiens puisqu’ils travaillent avec les Séléka. On ne peut arriver à une solution si ce sont seulement des intermédiaires qui n’ont pas d’autorité politique qui doivent régler les choses, c’est impossible ! Dans tout l’arrière-pays, il faut des forces de sécurité qui osent se lever pour la paix et non pas pour tuer des gens.

Vous avez des contacts directs avec les anti-Balaka. Quel est le message que vous pouvez leur faire passer ? Est-ce qu’à votre échelle, vous pouvez les raisonner?
À Kaga-Bandoro, avec l’aide de Ocha et Unicef, nous avons rencontré trois ou quatre fois les anti-Balaka qui étaient en train d’arriver. Ils écoutent ce que nous disons, ils racontent leurs problèmes. Ils disent « Il y a des barrières partout, nous ne pouvons même pas aller au marché ».Nous leur disons : « Il faut au moins vous cantonner, et hors de ce cantonnement, vous ne pouvez pas marcher avec des armes ». Donc, il faut beaucoup de temps mais le premier point, c’est de ne pas les mettre ensemble car ce serait très grave pour le pays. Ensuite, avoir le plus vite possible des forces qui soient capables de les convaincre « Il faut laisser vos armes et on va vous aider à survivre » car si l’on dit « Donnez vos armes et partez », qu’est-ce qu’ils vont faire ?

Mais vous restez confiant?
J’étais très content avec l'arrivée de la nouvelle présidente mais je vois que c’est très compliqué. Déjà, si on ne peut pas maîtriser Bangui, ça va être beaucoup plus difficile de maîtriser Bouar, Alindao, Bangassou, Kaga-Bandoro. Maintenant, avec le départ de Djotodia, je crois que les Séléka doivent partir mais on doit les aider à partir. Alors, les anti-Balaka n’auront plus de sens et il faut chercher des militaires centrafricains, des autorités centrafricaines qui prennent toute la situation en main mais ne pas croire que dans trois mois, il y aura de nouvelles élections.

 

 
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En voulant récoloniser la RCA la France se trouve en danger!!!

Par sorokaté

11/03/2014 20:12

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Manifestation au Soudan contre la présence française en Centrafrique
Publié le 07.03.2014, 15h03

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Manifestation dénonçant la présence française en Centrafrique, à Khartoum le 7 mars 2014 Manifestation dénonçant la présence française en Centrafrique, à Khartoum le 7 mars 2014 | Ashraf Shazly
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1/2 RéagirAgrandir le texte Diminuer le texte Imprimer l'article Tout leParisien.fr sur votre mobile Près de 300 fondamentalistes musulmans se sont réunis à Khartoum vendredi pour dénoncer la présence française en Centrafrique, la qualifiant de "criminelle", et appelant au jihad, lors d'un rassemblement en soutien aux musulmans centrafricains, a constaté un journaliste.
"La France est le premier criminel en Centrafrique", pouvait-on lire sur l'une des pancartes arborées par les manifestants, réunis à l'extérieur de la mosquée principale du centre-ville de Khartoum.

Un autre panneau, traduit en anglais, français et arabe, appelait les pays musulmans à "boycotter la France".
Les manifestants, originaires de différents groupes musulmans, ont scandé les mots "jihad" (guerre sainte, ndlr) et "Allah Akbar" (Dieu est le plus grand, ndlr).
Quelque 2.000 soldats français et 6.000 militaires de la force de l'Union africaine en Centrafrique (Misca) sont déployés dans le pays, frontalier du Soudan, pour tenter d'endiguer les violences.
Ce cycle infernal de tueries interreligieuses a été déclenché par des mois d?exactions contre les chrétiens, perpétrées en toute impunité par les combattants majoritairement musulmans de la Séléka qui avaient pris le pouvoir à Bangui en mars 2013.
En réaction, des milices d?autodéfense anti-balaka, se sont formées. Très rapidement, elles ont attaqué sans distinction anciens rebelles et civils musulmans, à Bangui notamment.
Les violences ont provoqué une crise humanitaire sans précédent, avec des centaines de milliers de déplacés internes et l'exode de dizaines de milliers de civils musulmans terrorisés.
Le mois dernier, un Centrafricain a été condamné à trois ans de prison pour avoir poignardé un diplomate russe et son épouse devant leur ambassade à Khartoum, non loin de la représentation diplomatique française.
Une source policière avait indiqué à l'AFP que l'assaillant avait demandé au couple russe s'ils étaient français, "mais ils n'ont pas compris la question et l'homme les a attaqués".

réponse

Par Mitche

15/03/2014 05:45

mais mr sorokaté; il faut arrèter de dénigrer la France sans arrêts! je connais très bien la Centrafrique pour savoir que la présence militaire francaise sur place apaise la population de part la sécurité qu,elle apporte. alors s,il vous plait arrèter vos critiques anti francaises a 2 balles! la Centrafrique est une ancienne colonie francaise,desormais un pays souverain, gouverner par des gens qui ne pense qu;a s,en mettre plein les poches; mais arrèter de dire la France ceci la France cela. ou alors retourner chez vous et faites en sorte de changer votre pays au lieu de blablater sans arrêts sur les Français qui je pense ont sauvés beaucoup de gens depuis l,opération sangaris. merci.

@mitche neophite

Par famoundjou

25/03/2014 23:01

il ne faut pas te meler des affaires que tu ne connais pas,la FRANCE est le pyromane qui joue au pompier,SOROKATE a mille fois raison.tous les coups etats en RCA sont l,oeuvre de la france qui manipule et soutiens les puschs.la france n,aide pas les gens mais empechent la rca d,exploiter son petrole.tu es camerounais donc un pays frere,car la rca est le reserve de la franceselon la ligne de leur politique,et doit souffrir avec un sous-sol qui n,a rien a envier avec les pays les plus riches en ressources sur la planete.C,EST LE CANCER ET LA GANGRAINE EN RCA.qu,ils quittent nous seront mille fois.c,est le scenario du rwanda repete,qu,ils arretent de manipuler les centrafricains.les fous d,halla peuvent imposer le cancer de la charia au CAMEROUN,tu sera heureux bonne chance,ils viendrons vous rendre peut-etre visite car ils sont pas loin.ciao.

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