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Analyse: le dilemme de l’évacuation en République centrafricaine

Par Source: IRIN - 04/03/2014

Jusqu’à récemment, une grande partie des musulmans de RCA étaient Tchadiens ou d’origine tchadienne

 

Zannah Bassar, une musulmane qui vit à Bangui, capitale de la République centrafricaine (RCA), a un message simple pour la communauté internationale – elle souhaite être évacuée. «je suis née dans ce quartier», a-t-elle dit à IRIN cette semaine, «mais ma maison a été détruite. Cela fait un mois que je dors dans la rue et je veux lancer un SOS. Je veux aller ailleurs». Mme Bassar et quelque 3 200 autres musulmans sont pris au piège dans le PK12, un quartier d’un kilomètre de long à Bangui. Une demi-douzaine de musulmans du quartier interrogés par les journalistes d’IRIN cette semaine ont dit qu’ils souhaitaient partir. «Les habitants du PK12 manifestent un profond désir de partir», a dit Jacques Seurt, coordinateur de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) dans le pays. L’OIM a suspendu ses vols d’évacuation depuis la RCA faute de fonds. «Comme les musulmans de l’ouest du pays, ils vivent sous la menace continuelle des anti-balaka.» Les musulmans de RCA sont la cible de représailles, car l’alliance rebelle de la Seleka qui a renversé le gouvernement en mars 2013 et perpétré des atrocités dans bon nombre de régions du pays était majoritairement composée de musulmans.

 


© Till Muellenmeister/IRIN
Un convoi de musulmans protégé de la foule en colère par des soldats français
Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a rapporté le 25 février que «plus de 15 000 personnes dans 18 localités sont actuellement encerclées par des groupes armés à l’ouest de la RCA… et encourent un risque très élevé d’attaques», ajoutant que la plupart de ces personnes sont musulmanes. «Parmi les zones particulièrement préoccupantes, il y a le quartier PK12 à Bangui ainsi que les villes de Boda, Bouar et Bossangoa», a indiqué un porte-parole. Des anti-balaka ont lancé des grenades sur le PK12 depuis les collines environnantes et infiltré le quartier, blessant plusieurs personnes, a dit Peter Neussl du Bureau de la Coordination des Affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA). Le 19 février, les anti-balaka ont attaqué un convoi transportant des personnes qui tentaient de fuir le PK12, a rapporté le HCR. Les 21 hommes transportés dans ce convoi ont été tués, laissant 119 enfants et 19 femmes qui ont fui vers un village voisin.

La sécurité s’est améliorée à Bangui depuis décembre, lorsqu’environ 1 000 personnes ont été tuées en seulement quelques jours, mais les attaques sont presque quotidiennes. Le 22 février, trois musulmans ont été sortis de force d’un taxi et abattus à un barrage tenu par des anti-balaka; deux jours plus tard, cinq hommes ont été tués dans le quartier PK5. Le 26 février, quatre enfants musulmans ont été enlevés (un travailleur d’OCHA a participé aux négociations pour leur libération deux jours plus tard).

Solutions de relocalisation
Jusqu’à récemment, une grande partie des musulmans de RCA étaient Tchadiens ou d’origine tchadienne. Au cours de ces deux derniers mois, le gouvernement tchadien a mis en place de grands convois escortés par son armée pour évacuer ses ressortissants de RCA, mais suite à l’attaque du convoi du PK12, N’djamena a annoncé la fin de ces opérations le 20 février et a déclaré que 99 pour cent de ses ressortissants qui souhaitaient quitter la RCA étaient partis. De nombreux musulmans interrogés par les journalistes d’IRIN dans le PK12, à Bouar et à Bossangoa au cours de ces deux dernières semaines ont dit qu’ils souhaitaient rejoindre le Tchad, car ils y ont de la famille, mais cette solution est de plus en plus difficile à mettre en œuvre, et les agences d’aide humanitaire font face à des pressions croissantes pour trouver d’autres réponses.

 


© Nicholas Long/IRIN
Zannah Bassar : « Je veux aller ailleurs »
Jusqu’ici, la participation des agences d’aide humanitaire à l’évacuation des populations de RCA s’est surtout limitée aux interventions de l’OIM, qui a affrété des vols pour évacuer environ 5 000 ressortissants de pays tiers, et du HCR, qui a aidé des réfugiés à préparer leur déplacement. OCHA étudie des plans de déplacement des populations à l’intérieur du pays. Faciliter une partition du pays pour des motifs religieux (et essentiellement ethniques) sera un sujet de controverse pour les travailleurs humanitaires. Le mois dernier, Amnesty International a dit que personne ne souhaitait débattre de la question. Cependant, certains responsables pensent qu’elle ne peut plus être ignorée. «Nous serons jugés sur l’efficacité de nos opérations, pas sur l’élégance de nos principes», a confié un travailleur humanitaire. «Nous ne voulons pas être complices d’un nettoyage ethnique et nous ne voulons pas porter une partie de la responsabilité d’une extermination ethnique.» Peter Neussl précise la pensée actuelle: «Nous voulons offrir des solutions de relocalisation aux populations. Nous explorons les possibilités de transfert des populations vers des sites plus faciles à protéger à Bangui».

D’un point de vue logistique, il serait plus facile de déplacer les personnes à l’intérieur de Bangui, a-t-il dit, car il est difficile de trouver des camions et des chauffeurs prêts à prendre le risque de transporter des musulmans sur de longues distances à travers des territoires hostiles, même avec une escorte armée. Outre le convoi malheureux du PK12, d’autres camions ont été la cible de tirs ou de grenades en RCA au cours de ces dernières semaines. Cinq personnes ont trouvé la mort lors de l’un de ces incidents et plus de 20 autres ont été tuées au cours d’un incident similaire. Le 16 février, des anti-balaka ont attaqué un convoi de 89 véhicules escorté par des membres des forces de maintien de la paix : ceux-ci ont repoussé l’attaque, mais 12 civils ont été blessés. «À long terme, les gens souhaitent vivre dans leur région d’origine en sécurité», a dit M. Neussl, «mais, à moyen terme, nous envisageons de déplacer les musulmans du PK12 vers des villes plus sûres à l’extérieur de Bangui. Il nous faudrait être très prudents quant à l’impact éventuel de ces déplacements sur les populations hôtes». M. Neussl a souligné que la relocalisation devait être une solution de dernier recours.

Boubacar Gaye, représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies en RCA, a dit à IRIN: «Le secrétaire général a clairement indiqué au Conseil [de sécurité] cette semaine que nous devons faire tout notre possible pour mettre fin à l’exode de la population musulmane, et Madame la Présidente Samba-Panza [de la RCA] partage ce point de vue». «La sécurité est la priorité. Le déplacement des populations sous la protection de la communauté internationale est une possibilité, l’une des possibilités envisagées.» Il a souligné que toute opération doit être menée en coordination totale avec les autorités nationales et expliquée en détails, et qu’il serait « très dangereux, pour l’avenir du pays, d’avoir tous les musulmans dans une partie du pays et une partition de facto », car cela reviendrait à « semer les graines d’une confrontation future ». Le départ de la plupart des commerçants musulmans et des éleveurs de bétail de l’ouest de la RCA a déjà de graves répercussions économiques : la viande et les autres produits se font rares sur les marchés et certains craignent une nouvelle détérioration des approvisionnements.

L’opinion des populations du nord-ouest de la RCA
Valerie Amos, secrétaire générale adjointe des Nations Unies pour les affaires humanitaires, a demandé l’opinion des populations sur la relocalisation lors de sa visite à Bossangoa la semaine dernière. Cette ville située à environ 350 km au nord de Bangui compte quelque 1 200 musulmans installés dans et autour de l’école Liberté.

L’imam de la ville, Ismail Nahi, a dit à Mme Amos : la suite
 
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3 COMMENTAIRES

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Depis toujours il n y pas eu de guerre inter religieuse comme le disent les médias occidentaux basés en RCA

Par sorokaté

04/03/2014 21:43

Mes compatriotes Centrafricains Musulmans, vous êtes chez vous que personne ne vous trompe. On est bien chez soi. Ce qui nous arrive en ce moment en RCA n'est pas différente de ce qui a eu lieu au Rwanda, m^me la Cote D'Ivoire a connu cela mais ils ne se sont pas laissés faire.

Oui, vous qui êtes de confession musulmane vous n'êtes en sécurité, la Sangaris qui a bien le mandat ne l'a pas fait question stratégique. Ni au Tchad, ni au Cameroun vous ne serez pas en paix comme chez vous en RCA. Unissez vous tous ensemble dénoncez ceux qui sont venus de loin seleka et qui se cachent parmi vous. dénoncez les. Multipliez des campagnes de réconciliations tout en livrant nos ennemis qui se sont fondus parmi vous.

Appelez u près de vous les Imams , les pasteurs des chefs des Anti- Ballaes AK , faites des conférences là où vous trouvez refuge. Faites des recommandations aux Humanitaires basés en RCA et Gouvernement fictif de la RCA.

La RCA nous appartient tous, entre nous depuis toujours avions vécu en symbiose. Aimez votre pays ne l'abandonnez pas. C'est un jeu du néo- colon, pour revenir en force chez nous.

A nos Anti- Balles AK, cessez de massacrer vos compatriotes centrafricains Musulmans. protégez-les. Faites le contraire des seleka, ne tuez pas les Musulmans, bien au contraire assurez vous même leur protection. Ce sont nos compatriotes.

Ne prenez plus les munitions que vous livre la Sangaris pour tuer nos compatriotes musulmans. Tous ensemble nous pouvons déjouer l'impérialisme.
A nos Anti- Ballaes AK, ne vous trompez pas d'ennemis SVP. Réfléchissez un peu, pourquoi n'avions nous fait la guerre entre nous ? et pourquoi aujourd'hui?

C'est de la mercenariat, la France a loué le service de cette mercenariat pour se dédouaner de ce que nous vivons comme déshumanisation. Pourquoi Jean découpe t-il son voisin Moussa? pourquoi curieusement Patrick découpe sa collègue de l'école Maïmouna? c'est une HONTE et cela ne nous reflète pas Centrafricain.

Nous nous sommes laissés pris par le piège du colon.
Visionnez cela.
Bonne diligence à vous.
Vive la Centrafrique Laïque.

www.youtube.com/watch?v=qyOuPtCvxWQ

www.youtube.com/watch?v=BB8XjcnlTFw

Sorokaté Alias Domzan-Bene.

Voyez-vous même le SG de l'ONU n'a plus confiance en la Sangaris!!!

Par sorokaté

04/03/2014 22:35

Génocide contre les musulmans centrafricains
Le SG de l’ONU remet en cause le plan Sangaris de François Hollande
Par : Djamel Bouatta

Il ne l’a pas exprimé ouvertement mais le fait de présenter un plan en six points devant le Conseil de sécurité destiné à “stabiliser” la situation en Centrafrique et “sauver des vies” veut bien que l’opération Sangaris lancée le 5 décembre 2013 par le président français a échoué, voire qu’elle serait implicitement le déclencheur du génocide qui frappe la communauté musulmane de ce pays et qui fuit vers le Cameroun et le Tchad. Ban Ki-moon n’a pas fait dans la langue de bois alertant les 15 du Conseil de sécurité sur “la partition de facto en train de se produire, avec les musulmans d'un côté et les chrétiens de l'autre, une partition qui pose les germes de conflits et de l'instabilité pendant les années à venir, peut-être pendant des générations”. Ban a tiré la conclusion que l’initiative du président n’était pas suffisante pour que l’ONU organise une future opération de maintien de la paix sous sa propre égide. Pour le SG de l’ONU, le déploiement d’une telle mission militaire est urgent car la population centrafricaine ne peut pas attendre des mois. Il a donc proposé un plan en six points pour répondre aux risques les plus immédiats auxquels est confronté le pays. D’abord, envoi dans les jours et les semaines qui viennent d'au moins 3 000 soldats de la paix et policiers pour renforcer les troupes de l'Union africaine déployées avant Sangaris (4 000 hommes). Une façon de noyer sous forme de soutien les 2 000 soldats français de l’opération Sangaris. L'Union africaine envisage elle aussi un accroissement des effectifs de la Misca (Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine) tandis que l'Union européenne a annoncé l'envoi de renforts, un millier d’hommes pour des tâches logistiques. Pour faire bonne figure, François Hollande et ses ministres de la Défense et des AE, Le Briand et Fabius, ont déclaré être satisfaits par les nouveaux engagements internationaux qui vont “alléger” le fardeau de leur intervention. Mais Ban coupe l’herbe sous leur pied en proposant également que toutes les forces internationales en République centrafricaine soient mises sous un “commandement coordonné” sous l’égide de l’ONU.
La France pour ainsi dire perdra sa primauté. D’ailleurs, ce n’est pas sans raison si la nouvelle présidente par intérim de Centrafrique, Catherine Samba-Panza, a instamment prié la France de ne pas l’abandonner, avant les votes dans son pays, du Parlement français sur la prolongation de l'intervention militaire française dans son pays et à New York sur l’envoi de Casques bleus. Le vote français se tiendra mardi à l'Assemblée nationale pour décider si l'opération Sangaris pour “restaurer” la sécurité à Bangui, doit se prolonger au-delà d'avril. Si la plupart des forces politiques françaises avait soutenu l'intervention, face aux violences et aux risques d'enlisement, sa prolongation ne paraît pas acquise, doutes et interrogations ont crû dans l'opposition. Le plan Ban appelle aussi à un soutien tangible au gouvernement de la République centrafricaine pour l'aider à établir des capacités lui permettant de fonctionner. “Ce soutien devrait inclure une assistance financière pour ramener les policiers dans les rues, les juges dans les tribunaux et les gardiens de prison à leurs postes”, a-t-il plaidé devant le Conseil de sécurité félicitant le Danemark pour sa contribution de 2 millions de dollars à cette initiative.

La France génocidaire....

Par sorokaté

06/03/2014 11:41


Centrafrique : retranchés au PK-5, les musulmans disent "NON" à Hollande
VENDREDI 28 FÉVRIER 2014 / PAR FOUÂD HARIT




Des habitants dans le quartier PK5 de Bangui, le 27 février 2014 (©Sia Kambou)
L’arrivée de François Hollande ce vendredi matin à Bangui, pour une visite d’une journée, a déclenché une colère monstre au sein de la communauté musulmane. Elle demande le départ du président français, accusé de fermer les yeux sur les meurtres des musulmans de Bangui.

« Pas la peine de venir, nous sommes déjà tous morts M. Hollande », lance une femme dans le quartier musulman du PK-5, en marge de la visite du président français. Cette enclave musulmane de la capitale, l’une des dernières à Bangui, a essuyé ses deux derniers jours de violentes attaques de la part de miliciens chrétiens anti-balaka. La population musulmane continue d’être lynchée et découpée en morceaux. Mardi et mercredi dernier, pas moins de onze cadavres ont été ramassés dans ce quartier où le vivre ensemble était pourtant de mise avant l’intervention de la France.

A l’entrée du PK-5, les musulmans donnent le ton : « NON à la France », lit-ont sur une pancarte. « PK-5 c’est le dernier quartier qui nous reste mais depuis trois jours la situation est pourrie. Les musulmans sont découpés en morceaux, nos maisons détruites et pillées. On ne comprend pas à quoi servent les Français depuis qu’ils sont là », accuse un habitant du quartier.

« La France pourrait sécuriser Bangui en 48 heures »

De nombreux médias musulmans, à l’image d’Al-Kanz qui s’étonne du silence assourdissant des institutions musulmanes de France, ne comprennent pas non plus ce que fait la France à Bangui. Car de l’avis de la communauté musulmane, la force Sangaris pourrait sécuriser la capitale en 48 heures. « La France pourrait sécuriser Bangui en 48 heures si elle le souhaitait mais elle laisse faire les attaques et les pillages. On a perdu confiance en la France », affirme Miradje Asfarany, un économiste de 45 ans. La visite éclaire de François Hollande, plutôt que d’avoir calmé les tensions, semble au contraire les avoir attisées.

Le cheikh Daoud Muslim Mbockani est formel, les soldats français n’ont pas bougé d’un iota lorsque des anti-balaka ont emporté sa famille. « Je vis les actions de Sangaris dans mon sang, dans ma chair. Dieu ne laissera pas la France impunie », clame-t-il. Massée autour de lui, la foule acquiesce les accusations du cheikh. Un peu plus loin au nord, au PK-12, une poignée de musulmans vivent retranchés, cernés par des miliciens. Les rixes entre anti-balada et musulmans y sont récurrentes.

Pour leur défense, les soldats affirment que « c’est difficile » et que « tout va très vite » lors des attaques. Afin de justifier les nombreux dérapages dans la capitale, ces derniers se replient derrière « des règles d’engagement. Ils le savent. On ne va pas tirer sur tout ce qui bouge ».

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