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Centrafrique: les discours lors du passage de F. Hollande

Par journaldebangui.com - 04/03/2014

Mme Catherine Samba-Panza, Dieudonné Nzapalainga, Omar Kobine Layama, Nicolas Guerekoyame-Gbangou

 

Mme Catherine Samba-Panza
« Je voudrais, au nom du peuple centrafricain et en mon nom personnel, vous remercier pour votre visite en République Centrafricaine. En trois mois, c’est la deuxième fois que vous venez dans ce pays. C’est la preuve, s’il en était besoin, de la volonté de la France et de votre volonté personnelle à accompagner la République centrafricaine dans le processus de stabilisation de ce pays qui a tant souffert d’une spirale de crises depuis une vingtaine d’années. Je voudrais, ici, renouveler toute cette gratitude. Sans votre intervention, sans votre implication personnelle, la République centrafricaine ne vous accueillerait pas aujourd’hui dans ce calme relatif. Grâce à l’intervention de la France et de l’opération SANGARIS, nous avons un calme relatif et une sécurisation progressive de ce pays. Certes, il reste beaucoup à faire. Mais nous savons que grâce à vos interventions, grâce à l’appui de la France, un certain nombre d’instruments ont été pris au niveau du Conseil de sécurité des Nations unies qui permettent aujourd’hui de mobiliser tout la communauté internationale en faveur de la République Centrafricaine. Et surtout en faveur de sa population, dans le domaine sécuritaire, dans le domaine humanitaire, dans le domaine budgétaire et dans le domaine institutionnel.

Aujourd’hui, nous vous accueillons dans ce sanctuaire religieux, qui, il y a quelques mois encore, recevait des milliers de personnes déplacées. C’est avec émotion et beaucoup de satisfaction que moi, Présidente de la République, je constate aujourd’hui que toutes ces personnes déplacées sont reparties chez elles. Cela démontre que la pression sécuritaire tend de plus en plus à baisser et que ces personnes commencent à avoir la confiance nécessaire pour regagner leur domicile. Je voudrais vous réaffirmer ma volonté et celle de mon Gouvernement à poursuivre tous les efforts nécessaires pour la stabilisation de ce pays, pour qu’ensemble nous aboutissions aux objectifs finaux de cette transition, qui consistent à l’organisation d’élections libres, transparentes et crédibles pour permettre le retour de l’ordre constitutionnel rompu depuis le 24 mars 2013. Voilà Monsieur le Président, en quelques mots, ce que j’avais à vous dire pour vous remercier pour votre visite. »


Dieudonné Nzapalainga
«Excellence, Monsieur le Président de la République française, aujourd’hui le peuple centrafricain est heureux de vous accueillir sur cette terre.

Aujourd’hui, nous sommes aussi dans l’attente d’un renouveau concernant la République centrafricaine où tous, musulmans, protestants, catholiques, nous pourrons nous tendre la main et vivre ensemble. Ce vivre ensemble a été mis en difficulté ces derniers temps. Nous voulons vous réitérer notre volonté à tous les trois de continuer à ramer, parfois à contretemps, pour dire qu’ici ce pays est un pays laïque. Ce qui est le plus important, c’est le vivre ensemble. Tous nous sommes Centrafricains avant de faire le choix d’une religion. Et cela nous voulons le réitérer. Nous voulons aussi vous remercier pour votre implication, comme l’a dit la Présidente, pour que la paix revienne. Nous sommes conscients que le défi est énorme en intérieur, comme à l’extérieur. Vous avez fait le premier pas en envoyant les SANGARIS parmi nous avec les MISCA. Maintenant nous attendons aussi que les Centrafricains prennent le relais, je veux dire, la refondation de l’armée centrafricaine pour défendre ce pays. Nous attendons aussi que la France puisse nous aider. Depuis des mois et des mois les Centrafricains ne reçoivent plus de salaires, ni pensions, ni bourses. Ce sera aussi un coup de pouce que vous donnerez en annonçant ou en écoutant les messages allant dans ce sens.

Nous espérons aussi que votre visite sera un signal fort pour que ceux qui doutent que ce pays ne pourra pas retrouver l’ordre constitutionnel puissent aussi être convaincus qu’il est possible de revenir, et de mettre en place des lois qui sont crédibles et fiables, qui vont régir ce pays. Nous croyons que vos hommes, ici présents avec la MISCA - et nous espérons plus tard avec les forces des Nations unies qui vont arriver - pourront apporter de l’espoir et surtout la sécurité et que ce pays pourra être encore reconsidéré comme un pays où il fait bon vivre. Merci de votre visite.
»

Omar Kobine Layama
« Excellence, Monsieur le Président de la République, je pense que nous ne cesserons jamais de vous remercier, nos remerciements n’ont pas de limite pour tout ce que vous êtes en train de faire pour notre pays, pour l’attention particulière que vous accordez à la souffrance du peuple centrafricain.

Je pense que vous nous aiderez toujours dans nos plaidoyers pour que la mission actuelle devienne une mission de maintien de la paix. Nous sommes convaincus et optimistes, qu’avec votre concours auprès de tous les acteurs de la paix en République centrafricaine, cet objectif sera atteint et que nous allons revivre ensemble comme cela nous a toujours caractérisé. La fraternité que nous manifestons aujourd’hui n’est pas nouvelle dans l’histoire de nos religions. L’histoire de nos religions en témoigne. Car dans l’islam, les chrétiens ont porté secours aux musulmans qui étaient persécutés par les païens de La Mecque. Les persécutés étaient accueillis en terre appelée à l’époque « Habacha » qui s’appelle aujourd’hui Ethiopie, ou était le grand pays chrétien qui les a accueilli et leur a accordé l’hospitalité. Nous avons une seule fondation, les trois religions monothéistes proviennent toutes d’Abraham. Nous avons donc intérêt à conjuguer nos efforts pour que le peuple centrafricain puisse toujours vivre ensemble. J’espère que vous serez à nos côtes pour que le peuple centrafricain devienne un seul peuple pour toujours. Je vous remercie.
»

Nicolas Guerekoyame-Gbangou
« Au Président français et à la France, je voudrais dire, au nom des confessions religieuses, que nous représentons ici, que nous avons un langage que la Bible nous a prêté, nous avons une pensée que la Bible nous a prêtée qui dit « l’ami aime en tout temps, et dans le malheur il se montre un frère ».

Vous et votre pays, depuis que notre pays, la République centrafricaine, a commencé à faire sa descente aux enfers, vous vous y êtes opposés. Vous avez toujours donné la démonstration que la RCA devra demeurer une nation, un pays. Voilà, pourquoi régulièrement vous vous êtes intéressé à notre pays et d’aucuns se demandaient pourquoi c’est encore la deuxième fois que le Président français revient ici. Pourquoi est-ce que c’est la troisième fois que le Président français va encore s’intéresser aux responsables religieux ? C’est une marque de confiance, peut-être pour le travail que Dieu nous a donné à accomplir en faveur de notre pays, en faveur de l’unité de notre pays. Nous voulons, pour cela, vous encourager à apporter toute l’aide dont la Présidente de notre pays et le Gouvernement ont besoin pour préserver l’intégrité de notre pays, parce que nous ne pouvons pas accepter qu’on puisse parler de la sécession de la RCA.

Nous voulons compter sur le Président HOLLANDE, nous voulons compter sur la France pour que ceux qui sont tentés, en ce moment, de diviser notre pays, puissent comprendre que notre pays, la République centrafricaine, restera une et indivisible. Nous voulons que vous puissiez repartir avec ce message vers la France métropolitaine, que nous sommes des amis, nous demeurons des amis, nous sommes des frères, nous demeurons des frères. Tout à l’heure, des chrétiens nous posaient la question, et ces musulmans qui nous voyaient venir nous demandaient, « mais vous allez rencontrer le Président français, quelle est la bonne annonce qu’il doit faire au peuple centrafricain ? » Nous vous laissons maintenant le soin de faire cette annonce au peuple centrafricain qui est déjà meurtri en ce moment et qui attend un coup de pouce.

Je vous remercie. »







 

 

 
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Même le SG de l'ONU est déçu du mandat octroyé par erreur à la Sangaris, il le regrette mais le peuple Centrafricain en a payé les conséquences!!!

Par sorokaté

04/03/2014 22:37

Génocide contre les musulmans centrafricains
Le SG de l’ONU remet en cause le plan Sangaris de François Hollande
Par : Djamel Bouatta

Il ne l’a pas exprimé ouvertement mais le fait de présenter un plan en six points devant le Conseil de sécurité destiné à “stabiliser” la situation en Centrafrique et “sauver des vies” veut bien que l’opération Sangaris lancée le 5 décembre 2013 par le président français a échoué, voire qu’elle serait implicitement le déclencheur du génocide qui frappe la communauté musulmane de ce pays et qui fuit vers le Cameroun et le Tchad. Ban Ki-moon n’a pas fait dans la langue de bois alertant les 15 du Conseil de sécurité sur “la partition de facto en train de se produire, avec les musulmans d'un côté et les chrétiens de l'autre, une partition qui pose les germes de conflits et de l'instabilité pendant les années à venir, peut-être pendant des générations”. Ban a tiré la conclusion que l’initiative du président n’était pas suffisante pour que l’ONU organise une future opération de maintien de la paix sous sa propre égide. Pour le SG de l’ONU, le déploiement d’une telle mission militaire est urgent car la population centrafricaine ne peut pas attendre des mois. Il a donc proposé un plan en six points pour répondre aux risques les plus immédiats auxquels est confronté le pays. D’abord, envoi dans les jours et les semaines qui viennent d'au moins 3 000 soldats de la paix et policiers pour renforcer les troupes de l'Union africaine déployées avant Sangaris (4 000 hommes). Une façon de noyer sous forme de soutien les 2 000 soldats français de l’opération Sangaris. L'Union africaine envisage elle aussi un accroissement des effectifs de la Misca (Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine) tandis que l'Union européenne a annoncé l'envoi de renforts, un millier d’hommes pour des tâches logistiques. Pour faire bonne figure, François Hollande et ses ministres de la Défense et des AE, Le Briand et Fabius, ont déclaré être satisfaits par les nouveaux engagements internationaux qui vont “alléger” le fardeau de leur intervention. Mais Ban coupe l’herbe sous leur pied en proposant également que toutes les forces internationales en République centrafricaine soient mises sous un “commandement coordonné” sous l’égide de l’ONU.
La France pour ainsi dire perdra sa primauté. D’ailleurs, ce n’est pas sans raison si la nouvelle présidente par intérim de Centrafrique, Catherine Samba-Panza, a instamment prié la France de ne pas l’abandonner, avant les votes dans son pays, du Parlement français sur la prolongation de l'intervention militaire française dans son pays et à New York sur l’envoi de Casques bleus. Le vote français se tiendra mardi à l'Assemblée nationale pour décider si l'opération Sangaris pour “restaurer” la sécurité à Bangui, doit se prolonger au-delà d'avril. Si la plupart des forces politiques françaises avait soutenu l'intervention, face aux violences et aux risques d'enlisement, sa prolongation ne paraît pas acquise, doutes et interrogations ont crû dans l'opposition. Le plan Ban appelle aussi à un soutien tangible au gouvernement de la République centrafricaine pour l'aider à établir des capacités lui permettant de fonctionner. “Ce soutien devrait inclure une assistance financière pour ramener les policiers dans les rues, les juges dans les tribunaux et les gardiens de prison à leurs postes”, a-t-il plaidé devant le Conseil de sécurité félicitant le Danemark pour sa contribution de 2 millions de dollars à cette initiative.

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