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Centraffrique: Discours du président Hollande devant les troupes Sangaris

Par bêafrika Sango - 03/03/2014

 

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Messieurs les ministres,
Monsieur le Chef d’état-major,
Mon Général,
Messieurs les sous-officiers, officiers, soldats,

Je veux d’abord saluer votre action. C’est le sens de ma présence ici. Vous êtes en Centrafrique depuis trois mois, en tout cas l’opération SANGARIS, elle, a été décidée depuis trois mois.

Vous menez cette intervention avec efficacité, avec professionnalisme, avec courage, avec dévouement. Et au péril de votre vie. J’étais là, le 10 décembre, ici parmi vous. Deux de vos camarades, Nicolas VOKAER et Antoine LE QUINIO, étaient tombés. Je m’étais incliné devant leur dépouille. Et je tiens, une fois encore, à leur manifester ma reconnaissance et celle de la Nation, ainsi qu’au Caporal Damien DOLET, décédé accidentellement le 23 février. Je pense aussi à tous les blessés de l’opération et aux familles concernées.

Votre mission, elle est claire, elle a été fixée par le Conseil de sécurité des Nations unies, c’était le 5 décembre : protéger les civils dans un pays qui est déchiré par des violences, souvent interreligieuses. La mission, c’est de participer à la restauration de l’ordre public et de permettre une transition vers la démocratie. D’ores et déjà, des milliers de vies, je dis bien des milliers de vies, ont été sauvées grâce à vous.

Vous avez répondu à une situation d’extrême urgence, celle que j’avais moi-même relevée le 5 décembre. Il n’y avait plus, en Centrafrique, ni armée, ni police, ni justice, ni école. Les actions, ou plus exactement les exactions se multipliaient. La veille même de notre intervention, les massacres avaient fait 1000 morts, 1000 morts dans la capitale. Voilà ce qu’était la réalité au moment où j’ai décidé, aux côtés des Africains, avec le mandat des Nations unies, de faire cette opération SANGARIS.

Depuis trois mois, des progrès considérables ont été constatés et notamment dans la capitale, où la situation, à Bangui, s’est significativement améliorée. Il y a certes beaucoup à faire encore, parce que de nombreux Centrafricains sont dispersés sur le territoire, parce que le désarroi est encore grand, parce que des populations ont été obligées de connaitre l’exode, parce que des bandits terrorisent encore les populations, notamment musulmanes. Mais il y a, et c’est le sens même de votre action depuis 3 mois, des avancées qui ont été accomplies. Il y a quelques jours, le Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-MOON, a appelé une mobilisation encore plus grande pour la Centrafrique. Avec le ministre des Affaires étrangères, avec le ministre de la Défense, j’ai décidé de répondre à cet appel, en portant le volume de nos troupes à 2000. Et je sais que les renforts viennent ici d’arriver, je les salue.

Pourquoi cet effort supplémentaire?
Parce que nous avons besoin de présence, de présence à Bangui, de présence partout sur le territoire centrafricain. Parce que nous devons aussi montrer l’exemple, c’est cela la France. Elle doit toujours être en avance par rapport à d’autres. Montrer l’exemple, d’abord vis-à-vis des Africains, avec lesquels vous êtes en opération, ils sont 6000, dans le cadre de la MISCA, avec les Européens qui vont vous rejoindre à la fin du mois de mars, ils seront 1000. Il était important, comme chef d’Etat, comme chef des armées, que je puisse donc décider ce déploiement. Il y aura, si l’on fait le total, entre la MISCA, SANGARIS et les Européens, 9000 soldats qui seront présents en Centrafrique à la fin du mois de mars.

Quel est maintenant notre objectif ?
C’est de sécuriser non seulement la capitale, mais l’ouest du pays, où sévissent encore des milices, particulièrement dures, et où nous devons tout faire pour les désarmer. A cet égard, la visite que je viens d’effectuer du dépôt d’armes et de munitions, qui ont été récupérées par vous, cette visite est impressionnante. Une tonne de munitions, chaque jour, est récupérée, c’est-à-dire autant de moyens ôtés à ceux qui veulent les utiliser. Nous devons continuer à désarmer, et également à assurer sur cette route, qui va de Bangui vers le Cameroun, une sécurité permettant l’approvisionnement de la population. Bangui, l’ouest, cette liaison, le désarmement, et à l’est et au nord nous devons faire cesser, lorsqu’ils existent, des règlements de compte, rétablir l’autorité du Gouvernement, lui permettre d’engager le dialogue et éviter qu’il y ait la moindre tentation de partition à l’est de la Centrafrique.

Quel est l’objectif aussi?
C’est de lutter contre tous les ennemis de la paix, sans distinction, notamment ceux qui pillent, qui volent, sous prétexte de se défendre. Nous voulons aussi qu’aucune impunité ne puisse exister, qu’aucun crime ne soit impuni. C’est pourquoi une commission d’enquête internationale des Nations unies sera bientôt en place. La Cour pénale internationale a également annoncé qu’elle ouvrirait une enquête préliminaire sur les exactions qui ont été commises en République Centrafricaine. Votre mission prend aujourd’hui une nouvelle dimension à mesure qu’elle avance, à mesure qu’elle réussit.

Le 25 février dernier, le parlement de la République française a autorisé, et je remercie les députés, les sénateurs, qui ont partagé ce choix, la prolongation de votre action conformément à l’article 35 de la Constitution. Ce qui signifie que la Nation toute entière vous a renouvelé sa confiance pour remplir la tâche, cette tâche précieuse, immense, qui est de sauver un pays et des vies humaines.

Votre action est à la fois, sécuritaire et humanitaire. Il y a aujourd’hui des milliers de réfugiés dans les pays voisins, on parle de 250 000 Centrafricains. Il y a plus de 800 000 déplacés, 400 000 dans la capitale ont besoin de soins médicaux d’urgence et d’aide alimentaire et, d’ailleurs, je saisis cette occasion pour lancer un appel à l’ensemble de la communauté internationale, pour qu’elle puisse apporter toute l’aide qui est nécessaire sur le plan humanitaire.

Grâce à vous, les agences des Nations unies, les organisations non gouvernementales, que je salue, peuvent agir et apporter à la population ce dont elle a besoin. Des écoles ont pu rouvrir, il faudra poursuivre d’ailleurs cette action. Le lycée français lui aussi peut accueillir des élèves. Tous les services sont en passe, progressivement, de pouvoir être utilisés. La prison, car il faut des prisons, a pu là encore être de nouveau ouverte, si je puis dire, c’est-à-dire fermée pour celles ou ceux qui commettraient des exactions.

Voilà l’engagement qui est le vôtre. Nous devons également avoir avec la présidente Mme SAMBA-PANZA que je rencontrerai tout à l’heure, l’objectif de rétablir l’autorité de l’Etat. Quel Etat me direz-vous, dès lors qu’il avait disparu, pas simplement depuis des mois, peut-être même depuis des années, ce qui explique l’état de violence, de dénuement que vous pouvez rencontrer dans les contacts avec la population. Nous devons aussi permettre à cet Etat de pouvoir se reconstituer, fournir les services qui sont attendus, avoir les moyens, y compris financiers, de remplir sa mission et de faire venir, revenir, cette population qui s’est enfuie au Cameroun, au Tchad, en République démocratique du Congo, c’est notre objectif. Je voulais vous adresser un message en revenant ici. Il y a trois mois, c’était pour donner le sens de notre action, et pour dire à un moment particulièrement tragique combien nous étions derrière vous pour mener cette opération.

Trois mois après, je reviens après des progrès significatifs qui ont été accomplis grâce à vous, je reviens avec des autorités de transition qui sont nouvelles et qui ont besoin de notre appui, je reviens à un moment où les Européens vont nous rejoindre, où la MISCA va prendre toute sa place et toute sa mesure, mais je reviens surtout pour vous adresser ce message, il est tout simple : nous sommes fiers de ce que vous faites ici, en Centrafrique, au nom de la communauté internationale.

Vous-mêmes, vous pouvez être fiers de ce que vous réalisez, vos familles qui nous regardent en ce moment peuvent être également fières de ce que vous faites pour les plus démunis, les plus fragiles, les plus pauvres du monde et la France toute entière peut être fière de ce que, à travers vous, elle accomplit au service de la paix, de la communauté internationale et au-delà même de la Centrafrique - son rétablissement, sa sécurité sont un enjeu -, un défi pour l’ensemble de la région.

Voilà pourquoi la France peut être saluée partout dans le monde pour ce qu’elle fait et pour les valeurs qu’elle porte.

Je vous exprime ici ma gratitude en vous disant, vive la République et vive la France

Vendredi 28 Février 2014

 

 

 
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Mensonge et mensonge...

Par sorokaté

08/03/2014 17:31

AFRIQUE::FRANCEAFRIQUE

MORT PROCLAMEE DE LA FRANÇAFRIQUE: ARRÊTEZ DE NOUS POMPER L’AIR ! :: AFRICA
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Francois Hollande:Camer.beAu cours de sa conférence de presse, le 14 janvier, à l’Elysée, le Président français, François Hollande, a encore martelé sa volonté d’en finir avec la Françafrique. En suivant la logique politique hollandienne, la France socialiste dit définitivement non à ce système françafricain dont le maître d’œuvre reste, sans conteste, le ténébreux et mystérieux « homme de l’ombre », Jacques Foccart. Mais très sérieusement, Hollande est-il crédible, cohérent quand il nous annonce la mort de la Françafrique ?

Soulignons avant tout que le langage politique des élites dirigeantes françaises est essentiellement morale, - république, démocratie, justice, droit, etc. Ainsi, la France se veut intransigeante dans la promotion et la défense des valeurs universelles sur le plan mondial. Vue de France, l’identité politique de la nation repose sur le fait qu’elle est porteuse d’un message universel dans le monde.

Lorsqu’il proclame la mort de la Françafrique, Hollande court le risque de se perdre dans le verbalisme et le romantisme pseudo-révolutionnaire

En 1998, avec un courage civique téméraire, François-Xavier Verschave dénonçait avec véhémence ce système organique politico-mafieux établi, au lendemain de la libération, entre l’Etat français et ses ex-possessions coloniales africaines, dans son lumineux ouvrage, « La Françafrique. Le plus long scandale de la République ».

Du Général De Gaulle à Jacques Chirac, en passant par Pompidou, Giscard et Mitterrand, la Ve République n’a cessé de se métamorphoser, selon les justes mots de Jean-Pierre Dazon, en « Etat franco-africain ».

Rappelons que tous ces chefs d’Etat français successifs sont de purs produits de la Guerre froide.

Mais avec Sarkozy et Hollande, une nouvelle génération de dirigeants français a souhaité proclamer « la rupture », voire la mort du système françafricain.

Pourtant, dès qu’il s’agit du démantèlement des réseaux françafricains, c’est-à-dire ces « lobbies » politico-économiques et militaires, très vite, on constate, à droite comme à gauche, que rien ne semble remettre en cause cette permanence de « relations privilégiées » entre l’Etat français et ses ex-colonies africaines. Au nom de la force des choses et des circonstances, les dirigeants français successifs se révèlent incapables de « reformer » ce système politico-mafieux, voire de l’abolir. Lorsqu’il proclame la mort de la Françafrique, Hollande court le risque de se perdre dans le verbalisme et le romantisme pseudo-révolutionnaire. Tant qu’il assure la prospérité économique française, le système françafricain ne peut que perdurer voire se perpétuer. Avec ou sans Hollande, la Françafrique, malgré la mondialisation et la construction européenne, garde encore de solides ancrages.

Il est juste de rappeler que c’est grâce à « la famille franco-africaine » que la France a pu devenir un grand producteur d’énergie nucléaire, civile et militaire.

Dépourvue de ces deux principales ressources que sont « le pétrole » et « l’uranium » qui assurent aux nations leur puissance et leur indépendance, la France se trouve condamnée à faire son marché sur le continent africain. Cela dit, il serait absurde de reprocher à l’Etat français de ne pas défendre ses intérêts économiques et stratégiques vitaux sur le continent, à l’instar de la Chine et de l’Inde.




S’il sait qu’il ne peut signer l’acte de décès définitif de la Françafrique, système qui ne bénéficie nullement aux peuples africains, le Président Hollande doit arrêter de nous pomper l’air

Mais la volonté politique des élites dirigeantes françaises de maintenir coûte que coûte, purement et simplement, ce système organique ténébreux, va totalement à l’encontre des aspirations démocratiques profondes des peuples africains. Ici et là, on a vu la France sympathiser, si ce n’est soutenir ouvertement, des tripatouilleurs de Constitutions en vue d’instaurer dans leur pays des « pouvoirs à vie ».

Seul un engagement clair, ferme, joignant les actes aux paroles, de la part de Hollande, en faveur d’une démocratisation réelle du Continent africain, est la condition indispensable à la préservation des intérêts français. La France doit donc soutenir, de manière forte et sincère, les authentiques démocrates africains, en les aidant à faire partir tous ces dirigeants dits « providentiels » qui ont pris en otage les destinées de peuples entiers. « Démocratiser l’Afrique », en vue de son épanouissement politique et économique, telle est la tâche historique à laquelle la France peut et doit apporter une contribution irremplaçable. S’il sait qu’il ne peut signer l’acte de décès définitif de la Françafrique, système qui ne bénéficie nullement aux peuples africains, le Président Hollande doit arrêter de nous pomper l’air. D’où vient un tel empressement à proclamer de manière quasi-rituelle, la mort d’un système dont on sait pertinemment qu’il s’acharne à ne pas mourir ? Il s’agit là d’une attitude politique cynique. Les élites dirigeantes françaises donnent elles-mêmes le sentiment qu’elles ont peur de s’attaquer à ce système à multiples facettes, tout à la fois géostratégique, politique, énergétique et économique. En France, ce sont les adversaires de la Françafrique qu’on retrouve au sein des organisations de la société civile qui apparaissent, visiblement, attachés aux idéaux de la République et à l’efficacité de la démocratie. Car, ils constatent que, dans la République française, les Présidents passent, et la Françafrique demeure, confirmant ainsi, cette vision aronienne selon laquelle « l’Afrique a été, depuis la fin de 1942, le berceau de la renaissance française : pour l’avenir de la France, elle garde une importance décisive ». Oui, le démantèlement, voire la mort annoncée de la Françafrique prendra, décidément, beaucoup de temps.

© Source : « Le Pays »

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