SOCIéTé  |    

Bangui: séparer les chrétiens et musulmans pour éviter les affrontements

Par journaldebangui.com - AFP - 25/02/2014

Au quartier PK-12, une unité de soldats français est positionnée jour et nuit pour éviter tout affrontement entre des musulmans traumatisés et des chrétiens qui veulent les chasser

 

Sur la route menant au nord, au sommet d'une petite colline, le check-point français. Des chars Sagaie et leur canon de 90 mm, une barrière, des sacs de terre pour fortifier la position, des soldats en armes. Au-delà du check-point, un no man's land: deux cents mètres d'une route noircie par des pneus brûlés et bordée d'échoppes abandonnées. Un peu plus loin, un petit millier de musulmans attendent devant leur maison de fuir Bangui. Au sud du check-point, des milliers de chrétiens, en position de force, veulent les chasser. Quelques 80 soldats français se relaient pour faire tampon entre les deux communautés 24 heures sur 24. Fusil d'assaut Famas en main, le capitaine Fabien parle "d'enclave musulmane" qu'il faut protéger, "comme c'est le cas dans plusieurs quartiers de Bangui". "Actuellement, aucun musulman ne se risque à passer et aucun chrétien non plus", dit-il : "ici, on garde les gens pour qu'ils soient protégés, chacun de leur côté".

 


© afp
Image d'illustration
Côté musulmans, une dizaine d'hommes fument «le narguilé», installés dans de larges fauteuils décatis posés dehors, devant le restaurant "Africa". "Ça se passe mal, on peut même plus sortir du quartier", commente Gambo Liman, un père de famille de 41 ans qui dit avoir perdu trois de ses quatre enfants dans les violences qui secouent Bangui depuis décembre. Les milices anti-balaka traquent les civils musulmans, accusés de soutenir les combattants de la Séléka qui avaient pris le pouvoir en mars 2013 en renversant le président François Bozizé.

Chape de plomb
"Nous, nous ne voulons pas de Sangaris", la force française déployée en Centrafrique depuis le 5 décembre, "parce que nous savons que les Français donnent des armes aux anti-balaka", prétend-il. A côté de Gambo, un homme tient en main un arc en bois et des flèches "empoisonnées": "c'est tout ce qu'on a comme arme ici", assure-t-il. Mais d'autres tiennent une machette près d'eux. Jeudi dernier, dans la soirée, plusieurs tirs en provenance d'une colline voisine ont visé les musulmans. Les soldats français ont dû "intervenir" pour y mettre fin. Régulièrement, ces musulmans se disent la cible d'attaques d'anti-balaka, à la grenade, à l'arme automatique. Samedi, dans un autre quartier, trois musulmans ont été lynchés par la foule et abattus par balles, en pleine rue, et en plein jour. Alors que Gambo Liman raconte son impatience de quitter Bangui et ses violences, une Renault R12 blanche hors d'âge et remplie à craquer de manioc arrive dans le quartier musulman. Dessus il est écrit: "Dieu voit tout, sait tout". C'est une voiture de chrétiens. Une douzaine de soldats de la force africaine se précipitent pour l'escorter jusqu'aux chrétiens en courant à ses côtés. Devant la mosquée, les anciens qui prient sous un manguier n'y prêtent même pas attention. Scène de vie courante à PK12.

De l'autre côté du check-point, côté chrétiens, Hermann Labé attend devant sa moto-taxi près des chars français. "Ici ce n'est pas leur pays, il faut qu'ils partent", dit-il quand on lui parle des musulmans qu'on peut apercevoir au loin derrière les Français. "On ne veut plus entendre d'+Allah Ouakbar+ en Centrafrique", tranche-t-il. Autour de lui, ses copains acquiescent. L'effervescence qui règne côté chrétien tranche avec la chape de plomb, le silence, qui recouvre le quartier musulman. Ici, une boutique de téléphonie crache de la pop américaine à tue-tête, les taxis se klaxonnent pour ne pas se rentrer dedans. Des hommes rigolent devant un présentoir où l'on recharge les mobiles. Sur un bord de la route, une banderole a été installée: "Merci aux anti-balaka qui ont bouté la Séléka hors de RCA". Devant la banderole, Serge Cossi, un militaire sans affectation de 41 ans, se lamente: "Ma maison est là-bas avec les musulmans mais je ne peux pas y retourner, elle a été saccagée, il faut vraiment que les musulmans partent".

 

 
MOTS CLES :

4 COMMENTAIRES

Afficher tous les commentaires | Poster un commentaire

La France est démasquée mis s'entête de rester en Centrafrique...

Par sorokaté

25/02/2014 13:04

Bangui: séparer les chrétiens et musulmans pour éviter les affrontements
Par journaldebangui.com - AFP - 25/02/2014.

Moi monsieur sorokaté , je demande à monsieur Ban-KI Moon c'est cela le mandat qu'il a donné à la sangaris(France)?
Voyez vous monsieur Ban, vous n'êtes pas sérieux. soit vous n'êtes pas à la hauteur de vos responsabilités, de cette haute FONCTION mondiale.

Monsieur Ban-KI Moon, votre collaboration expéditive avec la France contrairement à la déontologie de l'institution dont vous représentez(L'ONU) est génocidaire et inhumaine. Oui la France s'est cachée dernière le mandat virtuel que vous lui aviez donné pour commettre des crimes de tout genre contre l'Humanité AFRIQUE. Et c'est vous qui êstes responsable monsieur Ban-KI Moon.

Monsieur Français Hollande vous reçois à l'Elysée pour les questions Africaines. Je suis tenté de comprendre que vous monsieur Ban-Ki Moon obéissez aux doigts et à l'oeil à la France.

Vous vous laissez manipuler par la France qui vous dicte sa volonté. hallo monsieur Ban , un mandat pour six mois.. hallo monsieur ban Ki, un ajout de soldats Tchadiens ... hallo Ban-Ki un rallongement de contrat... Hallo Ban-Ki envoyez nous encore plus de 3000 hommes... hallo Ban-Ki il faut déjà prévoir une force ONUsienne pour demeurer en RCA. Hallo monsieur Ban-Ki impliquer l'UE dans cette guerre.

Vous êtes manipulable pour des raisons qu'on ignore.... mais tout se paie ici bas.
aujourd'hui vous êtes l'homme le puissant du MONDE , mais que seriez vous a près cette fonction? combien vous ont précédé à cette fonction? vanité des vanités.


Chape de plomb
"...Nous, nous ne voulons pas de Sangaris", la force française déployée en Centrafrique depuis le 5 décembre, "parce que nous savons que les Français donnent des armes aux anti-balaka", prétend-il. A côté de Gambo, un homme tient en main un arc en bois et des flèches "empoisonnées": "c'est tout ce qu'on a comme arme ici", assure-t-il. Mais d'autres tiennent une machette près d'eux. Jeudi dernier, dans la soirée, plusieurs tirs en provenance d'une colline voisine ont visé les musulmans...."

A visionner vite pour mieux comprendre la souffrance des pays Africains Francophones.

Par sorokaté

25/02/2014 21:19

www.youtube.com/watch?v=P01Fq66hyts

Sorokaté Alias Domzan-Bene

Reponse

Par Reponse a sorokate

26/02/2014 16:00

Sorokate, aurais tu prefere que les militaires ne separent pas les deux communautes religieuses afin que les anti-balakas (droles de noms car ils ne sont pas contre les machettes puisqu'ils les utilisent pour tuer tout musulman, y compris personnes agees, femmes et enfants)exterminent les musulmans de l'autre cote?

POSTER UN COMMENTAIRE

Identifiez- vous : pseudo* e-mail
Titre du commentaire
votre commentaire
Etre prévenu par email quand une réponse est faite
Ne cochez oui que si vous voulez recevoir des mails en cas de réponse sur ce sujet et que vous avez saisi votre mail
Je reconnais avoir pris connaissance des conditions d'utlilisation

POLITIQUE

SPORTS

ECONOMIE & BUSINESS

DOSSIERS

Culture & Loisirs

Société

Débats & Opinions

Personnalités

Agenda - événements

Lancement du Africa CEO Forum 2015
Tous les événements

TOUT L'UNIVERS JOURNALDEBANGUI.COM

DOSSIERS

Dossiers

L'INTERVIEW

Interview

COMMUNIQUES OFFICIELS

Communiqués