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Bangui: accrochage entre les anti-balaka et des militaires tchadiens

Par Luidor Nono avec agences - 20/02/2014

Au moins cinq personnes auraient été tuées et plusieurs autres blessées dans l'attaque d'un convoi de ressortissants tchadiens qui quittaient Bangui mercredi matin

 

A l’origine, des affrontements ont opposés les éléments tchadiens de la Misca, venus escortés leur compatriotes refugiés aux abords de l’aéroport, aux milices anti-balaka. Tout commence le mardi, 18 février 2014, lors d’une opération de désarment des milices antis Balaka dans le quartier de Boy-Rabe, qui a mal tourné. Des échanges de tirs ont été entendus dans cette localité, et ont provoqué la fuite de nombreuses personnes vers les sites des déplacés. Cette même soirée du mardi 18, au quartier Combattant, selon le RJDH, deux personnes auraient été assassinées par des troupes tchadiennes. C’est à la suite de cela que dans la nuit de mardi à mercredi, des jeunes appuyés par les milices antis balaka ont barricadées l’avenue des martyrs, qui mène à l’aéroport international Bangui M’Poko. Ces derniers ont brûlé des pneus, la circulation a été perturbée jusqu’au début de l’après-midi de mercredi, 19 février. Ce même constat a été fait sur l’avenue de l’indépendance menant vers le PK12, sortie nord du pays.

 


© AFP
Des barricades à l'entrée de l'aéroport de Bangui
Mercredi matin, selon un capitaine burundais de cette force africaine déployée depuis le 19 décembre à Bangui à la faveur d'une résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies dans le but d'aider au retour à la paix et la sécurité en Centrafrique, les véhicules des troupes tchadiennes de la MISCA escortant leurs concitoyens ont été attaqués par les milices d'autodéfense anti-Balakas dans les 4e et 8e arrondissements de Bangui. Songokoua Yetinzapa, un habitant de la capitale qui vit dans le vaste camp de déplacés installé près de l'aéroport, a relaté qu’il a «entendu dire qu'il y avait plusieurs morts mais je n'ai vu qu'un seul cadavre, celui d'un musulman tué par les anti-balaka», a-t-il déclaré au téléphone, le son de sa voix entrecoupé par des rafales d'armes automatiques et une explosion. Selon une source militaire, des éléments des forces tchadiennes venus évacuer des musulmans ont forcé le passage à la sortie de l'aéroport au niveau de barricades qui avaient été érigées dans la nuit. «Ils ont riposté en tirant partout», a déclaré à Xinhua la source sous couvert d'anonymat. Les journalistes de Reuters ont été chassés des lieux par des jeunes gens brandissant des machettes. Un porte-parole des anti-balaka a déclaré que les miliciens chrétiens étaient venus défendre la population locale qui vit près de l'aéroport contre les soldats tchadiens. «Quand ils sont venus du Tchad hier, les Tchadiens ont attaqué des civils à Damara. Quelqu'un dans la ville a appelé la radio pour raconter ce que les Tchadiens avaient fait. Cela a déclenché la colère des gens à Bangui qui ont dressé des barrages pour les empêcher de partir», a dit Sébastien Wenezoui, joint par Reuters au téléphone.

Au quartier de Gobongo un habitant joint au téléphone a affirmé que ces militaires tchadiens ont tirés ce matin (mercredi ndlr) sur la population au cours de leur passage. «Comme ils l’ont fait à leur arrivée. Des armes de tous les calibres ont tirés et les balles ont laissé des traces sur des murs des maisons qui sont au bord de la route», a-t-il dit. Il a ajouté que les soldats de la Misca et du contingent français, qui compte 2.000 hommes en RCA, sont intervenus pour retirer les barrages et disperser la foule. C’est à ce moment que des miliciens anti-balaka ont riposté en faisant usage d'armes à feu. Selon des témoins «les antis balaka ont barricadés la route à l’entrée du quartier, pour les disperser les forces de la MISCA ont fait des tirs de sommations», a précisé la source, qui souligne que les lieux étaient relativement calme en début d’après-midi, car des renforts de la Misca ont été dépêchés près de l'aéroport, a indiqué un responsable des Nations unies. Ce qui a permis au convoi de ressortissants tchadiens de quitter finalement Bangui pour le Tchad voisin.

Des sources concordantes ont affirmé à Xinhua qu'un véhicule des ressortissants tchadiens a été brûlé dans le secteur de Gobongo, à la sortie Nord de la capitale Bangui, et un militaire français aurait été blessé dans les combats ayant suivi. Aussi, un journaliste camerounais qui a assuré la couverture de cet événement a été pris à partie par la foule en colère avant d'être relâché. Au final, au moins cinq personnes auraient été tuées et plusieurs autres blessées dans l'attaque de ce convoi de ressortissants tchadiens qui quittaient Bangui, sous escorte armée, pour fuir les violences dirigées contre les populations musulmanes en Centrafrique, révèle un bilan communiqué par une source sécuritaire de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (MISCA). Une source proche de la Croix-Rouge affirme quant à elle que sa structure a pris en charge 16 blessés, pour des soins de santé, depuis mardi jusqu’à mercredi. Le bilan de morts n’est pas encore connu.

Regain de tension
A Paris, le porte-parole de l'état-major des armées françaises a indiqué que des barricades avaient été «érigées sur l'axe principal qui sort de l'aéroport» dans la nuit de mardi à mercredi. «La force Sangaris en a démonté à plusieurs reprises pour rétablir la liberté de circulation», a dit à Reuters le colonel Gilles Jaron, précisant que ces barricades n'étaient pas dirigées contre les forces françaises. Il a également fait état d'un «regain de tension» dans la matinée de mercredi lorsque des soldats français positionnés près de l'aéroport ont essuyé des tirs sporadiques. «On ignore si la force était directement visée ou s'il s'agissait de balles perdues», a-t-il dit.

Ces combats ont empêché Valerie Amos, sous-secrétaire générale adjointe chargée des affaires humanitaires, de se rendre dans le nord du pays où les violences entre chrétiens et musulmans ont fait des dizaines de milliers de déplacés. Au total, un million de personnes ont été déplacées par les violences en Centrafrique, qui ont fait plus de 2.000 morts depuis l'intervention des forces françaises aux côtés des forces africaines le 5 décembre dernier.

 

 
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1 COMMENTAIRES

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Qui a intérêt à ce désordre?

Par lasentinelle

21/02/2014 17:08

Centrafricaines, centrafricains, posons-nous les bonnes questions. Si nous petit peuple on est capable de voir que laisser les militaires tchadiens entrer dans Bangui c'est mettre de l'huile sur le feu, pourquoi la MISCA et la SANGARIS ont laissé faire cela? Qui a intérêt à laisser la violence continuer à Bangui? Qui a intérêt à alimenter la violence dans notre pays pour qu'il continue à être déstabilisé?Pour justifier quoi? Faisons attention à la manipulation. Analysons et identifions nos vrais ennemis.

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