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Bangui: ratissage dans le quartier Boy Rabe

Par journaldebangui.com avec agences - 17/02/2014

L’arrestation de Patrice Edouard Ngaissona, qui se présente comme le «coordonnateur politique» des anti-balaka, n'a pas eu lieu

 

Opération de désarmement
Les forces internationales ont mené samedi à Bangui une vaste opération de désarmement des anti-balaka, des miliciens majoritairement chrétiens accusés de crimes atroces contre la minorité musulmane et auxquels la présidente intérimaire a déclaré "la guerre". Les responsables militaires de l'opération française Sangaris et ceux de la force de l'Union africaine (Misca), qui tentent de mettre fin à la crise dans ce pays livré aux pillages et aux massacres inter-religieux depuis bientôt trois mois, avaient durci le ton ces derniers jours, prévenant qu'ils feraient usage de la force.

 


© Issouf Sanogo/AFP
Le principal suspect n'a pas pu être appréhendé
Cette opération de ratissage, la plus importante depuis le début de Sangaris en décembre, a débuté peu avant 6h sur un large périmètre du quartier Boy Rabe, fief banguissois des milices anti-balaka. Elle a permis "l'interpellation d'une dizaine d'individus", selon le procureur de la République Ghislain Grésenguet, ainsi que la saisie d'armes diverses - armes automatiques, fusils de chasse, grenades - et de nombreuses munitions. Toutefois, l'un de ses "objectifs" - l'arrestation de Patrice Edouard Ngaissona, qui se présente comme le "coordonnateur politique" des anti-balaka -, n'a pas été atteint. [b"Ils n'ont pas réussi à me prendre, j'étais sorti. Il faut qu'on me dise pourquoi on me cherche]", a affirmé Edouard Ngaissona, joint par téléphone.

Le "gros poisson" manqué
Quinze minutes après l'encerclement de sa maison par les forces africaines, des explosions de grenades et des tirs ont été entendus. Selon une source militaire, «face à l'agression des occupants de la maison, des éléments de la Misca ont tiré en l'air. Le procureur a regretté qu'Edouard Ngaissona ait pu échapper à une interpellation. «C'était le gros poisson qu'il fallait prendre», a-t-il dit. Parmi les personnes interpellées figure le lieutenant Hervé Ganazoui, "en charge des opérations à l''état-major' anti-balaka", a déclaré Emotion Brice Namsi, qui se présente comme un porte-parole des miliciens. L'opération s'est achevée aux alentours de 10h. Les véhicules des Sangaris et de l'Union africaine sont repartis sous les huées des habitants qui scandaient notamment: "Cassez-vous ou on va s'occuper de vous !".

La Centrafrique a sombré dans le chaos depuis le coup d'Etat en mars 2013 de Michel Djotodia, chef de la coalition rebelle Seleka, à dominante musulmane, contraint à la démission le 10 janvier. Face aux rebelles de la Seleka se sont peu à peu constituées des milices locales d'autodéfense, issues des régions rurales à dominante chrétienne : les anti-balaka, littéralement "anti-machette", qui ont à leur tour semé la terreur dans Bangui et en province. Après le départ du président Djotodia, et le désarmement et le cantonnement des éléments de la Seleka menés par les soldats de Sangaris, les anti-balaka s'en sont pris systématiquement aux civils musulmans, multipliant lynchages et pillages, conduisant ONG et ONU à dénoncer un nettoyage ethnique.

 

 
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