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Stratégie du chaos permanent en République Centrafricaine

Par Jean-Bosco Peleket - 17/02/2014

Intervention faite dans le cadre de la Semaine Anticoloniale et antiraciste

 

Balao,
Balao na singila, bonjour à vous tous, citoyens et militants des associations ici représentées.
Bonjour à tous ceux qui contribuent à tenir éveillée la France à un moment où la tentation de repli sur soi, est grande et où la voix de ceux qui vivent de l’Afrique et des Africains est plus forte que jamais, occupant tout l’espace médiatique. Sans donner dans ce que certains pourraient vite qualifier de complainte de victimisation pour circonscrire et battre en brèche tout débat sur les relations France-Afrique, je voudrais dire de suite, que le sujet choisi par les organisateurs de cette rencontre sied bien à mon pays, la République Centrafricaine. Je vous suggère de traiter la « stratégie du chaos appliquée à la RCA » en 4 chapitres succincts. Vous savez que ce pays est ravagé par des seigneurs de guerre et leurs escouades depuis de nombreuses années. Les phares des médias internationaux sont braqués sur Bangui, la capitale depuis décembre 2013, date du déploiement des militaires français dans le cadre d’une mission de la paix.

 


© journaldebangui.com
République Centrafricaine telle que pensée et définie par B. Boganda
I Bref rappel historique
On sait peu de chose sur l’histoire de la partie centrale de l’Afrique, en absence de documents écrits authentiques. En tout cas, les historiens, les anthropologues qui voudront bien arpenter les terrains et développer les contacts directs ont de la matière et l’avenir. Mais, il faut faire vite car les bouleversements consécutifs aux guerres civiles, aux déplacements des populations et à l’urbanisation sont des écueils redoutables. Toutefois, il est admis que les populations qui occupent aujourd’hui le territoire du centre afrique, ont reflué par vagues successifs notamment de l’Est et du nord devant des hordes esclavagistes et islamistes. Les colonisateurs français se sont heurtés à de nombreuses colonnes de razzias à leur arrivée en 1890 et dans leurs progressions vers le nord et l’Est jusqu’en 1909.

Ces populations, venues de partout, ont trouvé refuge et ont pu prospérer en toute autonomie çà et là. Deux sultanats se sont sustructurés à l’Est. Deux puissants fleuves, l’un au sud: l’Oubangui, l’autre au nord : le Chari dont les affluents convergent en ramifications tels des vaisseaux sanguins, irriguent l’ensemble du territoire. Les peuples du sud, du groupe Ngbandi, formés de Yakoma, Sango, Banziri et Buraka, intrépides navigateurs et commerçants, les ont parcouru et diffusé leur langue : le sango. Devenu, langue des échanges, du commerce, le sango sera porté plus tard par les églises chrétiennes (catholique et protestante), les commerçants grecs, portugais et par les auxiliaires de l’administration coloniale, pour être reconnu et proclamé enfin langue nationale.

II La colonisation ou la civilisation à moindre coût

II .1 Avant 1940
Au cœur de l’Afrique, plus qu’ailleurs, il semble que la colonisation a usé de la stratégie du chaos pour écraser puis dominer les populations locales. Quelques exemples :
- utilisation des autochtones comme bêtes de somme pour le portage des colons et de leurs logistiques à travers les territoires vierges,
- Erigé en colonie autonome en 1905 sous le nom de l’Oubangui-Chari, la moitié du territoire est distribuée en concessions ! Les entreprises adjudicataires ne cherchent que des profits. Elles sont cotées en bourse ! Tout est de bons rapports : caoutchouc, or, diamant, ivoire, etc.
- Le travail est obligatoire, non rémunéré, et au mieux, sous payé.
- utilisation massive des Oubanguiens pour la construction du chemin de fer Congo-océan qui relie Brazzaville à Pointe-Noire sur la façade atlantique, en plus des travaux des routes et autres infrastructures de la colonie,

Toute résistance est matée dans le sang. Des châtiments « pour l’exemple » sont légion. Un seul exemple qui en dit long sur les méthodes d’alors : l’affaire Gaud-Touqué. Georges Touqué, administrateur à Fort-Crampel et Fernand Gaud, commis des affaires indigènes, firent sauter à la dynamite (placée dans l’anus et sous les fesses) d’un prisonnier) et devant le poste administratif, la foule rassemblée à grand renfort le 14 juillet 1903. Le prisonnier s’appelait Pakpa. L’affaire éclata dans la presse à Paris en février 1905 et fit grand bruit. La commission formée, à la diligence du parlement français sur cette affaire, et plus tard, Batouala, le roman d’observation impersonnelle de René Maran, prix Goncourt 1921, ne firent rien changer aux conditions des femmes, des hommes et des enfants de l’Oubangui.

II.2 Après la 2ème guerre mondiale
Obligée de lâcher du lest à la fin de la 2ème guerre mondiale pour laquelle l’Oubangui-Chari et les colonies avaient pris une part décisive et porté un très lourd tribut, la France fut obligée de lâcher du lest en associant notamment des Oubanguiens à la gestion de leur territoire et de l’Afrique équatoriale française. De cette terre de souffrance une tête surgit néanmoins : Barthélemy Boganda. Il est élu en 1946 à l’Assemblée nationale à Paris. Cet élu du peuple est également élu de dieu en sa qualité de prêtre de l’église catholique. Intimement proche des populations dont il comprend mieux que quiconque les souffrances et les espoirs, B. Boganda, jusque là protégé de l’église, s’échappe du moule dans lequel l’évêque de Bangui et les bons penseurs coloniaux croyaient le tenir. Pour ceux qui souhaitent en savoir plus, je les renvois à mon intervention effectuée dans le cadre du cinquantenaire des indépendances africaines ou mieux, aux ouvrages de Pierre Kalck, historien de la RCA.

Sachez en tout cas que B. Boganda qui avait perçu les manœuvres de Jacques Foccart et du général de Gaulle sur le démantèlement de l’AEF et de l’AOF s’est écrié quelques mois avant de disparaître dans un accident d’avion le 29 mars 1959 « «La division, le tribalisme, l’égoïsme ont fait notre malheur dans le passé. La division, le tribalisme, l’égoïsme feront notre malheur dans l'avenir ».

« ...C’est le siècle des grands ensembles. L’heure a sonné, Africains. Il faut détruire les cloisons des clans. Il faut démolir les limites des tribus. Il faut renverser les barrières des frontières artificielles et arbitraires. »

« Vouloir créer au vingtième siècle des poussières d'États, c’est une politique rétrograde à courte vue et d’intérêt immédiat dont le résultat sera la disparition à brève échéance de ces mêmes États et la perte de leur indépendance »

« La création de plusieurs états Aériens est un suicide. Notre conscience nous en empêche. Nous nous y opposons donc de toutes nos forces.
»

Le projet de la belle et grande République Centrafricaine qui devait regrouper outre les 4 colonies de l’ex AEF, le Cameroun, le Congo Kinshasa aujourd’hui RDC, l’Angola, le Burundi et le Rwanda ne vit pas le jour. La théorie de stratégie du chaos se vérifiait une nouvelle fois dans mon pays.

III Et le chaos perdure

III.1 de la post-colonie
A la disparition tragique de B. Boganda, le pays en construction se délita peu à peu en raison :
- de l’absence de cadres compétents,
- du repli des commerçants, planteurs, négociants et trafiquants français, belges, grecs, portugais des provinces vers Bangui la capitale, dès lors que la férule des forces de l’ordre coloniale sur les Africains au service des Blancs, s’est faite moins pugnace et dans la mesure où les prix des matières premières n’étaient plus ce qu’ils étaient,
- des effets conjugués des ajustements structurels sur l’économie et le social.
- de la mal gouvernance

Une multitude de conflits plus ou moins larvés couvent depuis le 13 août 1960, date l’indépendance octroyée à des hommes de mains, choisis par Paris, malgré la présence des conseillers techniques français à tous les postes de commandement et les services techniques à Bangui :
- le pouvoir et l’opposition se regardent en chien de faïence jusqu’à l’institution en 1964 du système de parti unique, parti d’Etat, conseillé par les hommes de Jacques Foccart,
- le pouvoir, les possédants, leurs parents, leurs obligés sont d’un camp, opposés aux autres,
- les villages ou la « brousse » contre les bourgs ou ce qui en tient lieu, c’est-à-dire les chefs lieu de préfecture,
- l’exode rural s’accélère néanmoins,
- les quartiers populaires de Bangui concentrent les laissés-pour-compte, catalysant les mécontentements et les rancunes,
- les turn-over ministériels et changements de chef d’Etat sous l’œil vigilant de Paris,
- les jeunes pointent les vieux politiques qui se relayent et s’amnistient de tout : Dacko – Bokassa – Dacko II – Kolingba – Patassé – Bozizé,
- la justice est celle du Président, celle du plus fort,
- l’impunité exaspère,
- les populations n’en peuvent plus malgré les manipulations, les orfraies sur le tribalisme, le régionalisme et autres.

III.2 Au … chaos total
La démocratie à la sauce tropicale ne trompe plus personne. Et le changement attendu et redouté se mit en route en décembre 2012, depuis les confins du nord du pays, là où l’avion française avait cru l’avoir brisée définitivement en 2005. Ce fut un véritable tsunami qui déferla sur la RCA, emportant tout sur son passage, agrégeant des jeunes, des enfants, des laissés-pour-compte. Les leaders sont, pour la plupart, d’obédience musulmane.

IV L’irruption de Seleka, la couverture religieuse
Les militants de la cause africaine, les défenseurs des droits humains, les observateurs attentifs de la scène centrafricaine depuis de nombreuses années ne se sont point trompés dès les premiers jours des comportements et agissements des hordes Seleka, lesquelles s’apparentaient plus aux razzias esclavagistes et aux djiendjaouis qu’aux combattants de la liberté. Le coup de grâce arriva le 23 mars 2013 avec la prise de Bangui la capitale et la fuite du général-président Bozizé. La RCA est à présent totalement dévastée. Les biens trouvés, quels qu’ils soient : des missions catholiques et protestantes, ONG, entreprises privées, de l’administration, des personnes privées, ont été emportés en trophée, souvent vendus sur les marchés de Sar, de Ndjaména et du Soudan. Le reste détruit par le feu lorsqu’il n’a pu être démonté ou cassé. Les femmes, les filles et les enfants ont été violées. Celles qui ont résisté ont été passées par les armes ainsi que les hommes et les garçons. Pour l’essentiel, la folle furie a épargné les Centrafricains d’obédience musulmane et les étrangers noirs de même religion.

Dans ces conditions, et au regard de l’effondrement total de l’Etat et de ses structures, il n’est pas surprenant de voir émerger des groupes d’auto-défense. Ailleurs, qui s’offusquerait de la détermination désespérée qui s’empare parfois des honnêtes gens quand un agresseur injuste les accule à se battre pour défendre leur vie ? Mais en Centrafrique, dans cet Etat failli, rien n’est simple et la perception que le Monde a de la situation est trouble. En tout cas, les troubles généralisées qui se sont abattues sur le pays sont une aubaine pour des malfaiteurs, les vieux renards toujours à l’affût et les politiques.

La situation est encore explosive aujourd’hui.
Nous n’avions eu de cesse de la dénoncer depuis janvier 2013. Nous en sommes gré à l’Association Française d’Amitié et de Solidarité avec les Peuples d’Afrique qui non seulement nous a prêté oreille mais a entrepris des démarches auprès des autorités françaises, lesquelles sont restées silencieuses jusqu’en décembre 2013 ! Le site internet de l’AFASPA porte toujours notre déclaration visionnaire, faite lors de la manifestation publique en faveur des victimes de la barbarie et de la RCA, le 6 avril 2013 sur le parvis des Droits de l’Homme, place Trocadéro à Paris.
Que de temps perdu,
Que de vies détruites !

La communauté internationale et la France sont enfin intervenues dans le conflit, pour tâcher de ramener la paix. Mais le comportement des troupes du Tchad, dépêchées par Idris Déby sont pour le moins suspects, en ce qu’elles appuient, sans vergogne, les éléments de Seleka. Le contingent français qui est le mieux armé et qui tient les principaux axes d’entrée et de sortie de la RCA, laissent les officiers Seleka et leurs troupes aller et venir dans Bangui puis en sortir pour se replier en bon ordre, avec leurs matériels de guerre, dans le nord du pays alors même que :
- les organisations internationales de défense des droits de l’homme et l’ONU demandent depuis des mois, à tout le moins, l’arrestation des responsables et commanditaires des crimes,
- les officiers supérieurs de la Seleka ne cachent plus leur intention de procéder à la partition du pays entre musulmans et chrétiens.

Conclusion
La stratégie du chaos est appliquée avec constance au centre de l’Afrique depuis 124 ans, pour le malheur des Centrafricaines et des Centrafricains lesquels n’ont jamais rien demandé ni agressé aucun autre pays, aucun autre peuple. Bien au contraire, le territoire de l’Oubangui-Chari devenu celui de la République Centrafricaine et ses ressortissants, les Centrafricains, ont accueilli et entretenu tour à tour ou même concomitamment, les populations des pays limitrophes lorsque ceux-ci étaient en difficultés, en guerre civile et même des pays lointains tels que le Mali, le Nigeria, le Sénégal, la Mauritanie, le Liban, la Palestine, la Syrie, le Yémen, etc.

Peuple de grande bonté, de grande hospitalité et d’une naïveté coupable, les Centrafricains ne sont pas au bout de leur peine tant que leur destin dépendra des puissances étrangères, lesquelles sont en lien étroit avec des munzu-vucko ou auxiliaires locaux. Le projet de construction d’un Etat viable, responsable, au service de tous les Centrafricains sans exception, reste le défi à relever, 54 ans après l’indépendance nominale. Enfin, faut-il rappeler que ce pays de 620 000 km2 regorge de potentiels et ressources forestières, cynégétiques, agricoles et minières parmi lesquelles l’or, le diamant, l’uranium, le cuivre, le fer, etc. auxquelles s’ajoutent le pétrole, et les terres rares, sont des atouts pour enclencher et promouvoir le développement ? Mais chacun sait qu’il n’y a de richesse que d’hommes et de femmes libres, instruits et conscients.

Paris, le 15 février 2014
Jean-Bosco Peleket
Intervention faite dans le cadre de la Semaine Anticoloniale et antiraciste

 

 
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3 COMMENTAIRES

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Assez !

Par yvoirien

17/02/2014 16:47

Assez des constats aussi brillants soient-ils. L'heure est trop grave pour en etre encore a faire des analyses, contre-analyses et contre-contre-analyses. L’heure est maintenant aux propositions de sortie de crise et de «plus jamais ça». Il est connu que le poisson pourri toujours dabord par la tête mais c’est trop facile de continuer à pointer du doigt le passe, des dirigeants qu’on nous a imposé ou pas. On les a accepté, supporte on doit l’assumer. C’est un échec collectif surtout des élites éduqués qui se sont fait complices actifs ou passifs des régimes criminels qui se sont succédé à la tête du pays. Même le silence a été une complicité. Il faudra faire en sorte que cette culture de «l’intouchabilité» soit détruite à jamais. Chacun a ses explications et analyses des raisons de notre descente en enfer. Il faut maintenant introduire la culture des propositions, des résultats et des comptes. La critique est facile. C’est connu. Proposons, exigeons de nos responsables pas de beaux discours mais des résultats vérifiables et exigeons d’eux de nous rendre des comptes sur leurs actions. Maintenant, demain et après-demain. Usons notre énergie pour (re)construire la maison Centrafrique plutôt qu’à chercher à savoir qui y a mis le feu. Les coupables c’est nous tous a des degrés divers.

Agir vite pour stopper le chaos

Par bb59

17/02/2014 22:54

La République centrafricaine (Rca) est l'un des rarissimes pays d'Afrique noire où il y a un langue nationale (autre que celle du colonisateur) pratiquée par toute la population. Nous avons malheureusement été incapables de préserver ce formidable lien d'unité nationale à cause, essentiellement, de la cupidité qui a accélèré la dépravation des mœurs : corruption, détournement des biens publics, vols , assassinats, ...Tout cela a conduit à la triste situation de génocide dans laquelle nous nous trouvons. La Seleka, un ramassis d'incompétents, s'est emparée du pouvoir corrompu et a commis les pires actes jamais vus sur la population non-musulmane. Les anti-balakas réagissent en cherchant à exterminer les musulmans. Cette réaction disproportionnée est à l'évidence le fait de personnes qui veulent le pouvoir à n’importe quel prix, jouant en coulisse les incendiaires et en public les pompiers pour instaurer le chaos. Ce sont ceux, identifiables, qui ont tenté de faire un coup d'état contre le gouvernement Seleka juste la veille de l'intervention de l'armée française. Ce sont les mêmes qui déjà en novembre-décembre 2013 avaient commencé à distribuer des armes à leurs partisans quand la Seleka menaçait d'envahir le pays. Enfin, des jeunes anti-balakas ont clairement mentionné à leur début, devant des reporters d'une chaîne de télévision française, l'identité de leur haut responsable. Arrêtons donc l’hypocrisie et démasquons-les. Dès lors, la voie pour sortir notre pays de l'enfer est claire : il s'agit d'agir vite et fermement, sans concession aucune, ni à la Seleka ni aux anti-balakas. Leurs hauts responsables doivent être arrêtés et jugés par le Tribunal international pour les crimes commis. Leurs biens mal acquis doivent être gelés et retournés au trésor centrafricain. Aucun membre Seleka et anti-balaka ne doit faire partie d'aucun gouvernement de la Rca.

Koli ayèkè koli

Par Jean-Bosco

01/03/2014 19:44

Quelle fougue yvoirien ! En ces temps sombres, la tentation est grande d’en appeler à l’action, rien que l’action. Mais alors, comment ? Avec quoi, avec qui et pourquoi faire ? Il ne vous vient pas à l’idée que notre pays et nous-mêmes avions payé et au prix fort, des actions «spontanées»? Nous, les Centrafricains, étions nombreux dans les rues de Bangui à applaudir le coup d’Etat de Bokassa, celui de Giscard d’Estaing pour Dacko, puis celui de Kolingba, l’arrivée de Patassé, ah le grand manipulateur, non, grand libérateur !, le coup d’état de Bozizé et enfin celui de Djotodia. Pouvez-vous me préciser en deux lignes au plus, les bienfaits apportés à notre peuple par ces « libérateurs » ? Voilà 56 ans que nous répétons les mêmes erreurs parce que nous refusons d’apprendre notre histoire. Or et c’est bien connu partout ailleurs dans le monde, sauf en RCA, « celui qui ne connaît pas l’histoire est condamné la revivre sans cesse »
Mais revenons à ce qui a motivé votre « courroux » c’est-à-dire le sujet de mon intervention publique à Paris, lors de la semaine anticoloniale et antiraciste. Je puis vous dire simplement, brièvement, que des millions de Français ignorent tout de l’histoire coloniale. Nombreux sont ceux qui, après ma prestation, y ont trouvé, en partie, la racine des violences qui assaillent aujourd’hui la RCA.
Mais rassure-toi « yvoirien », des propositions d’actions concrètes, adaptées, efficaces ? J’en ai fait un certain nombre depuis des années. Je te renvoie à des publications encore accessibles sur le net.
S’agissant de « bb59 », je souscris au point de vue qu’il a développé, soulignant toutefois que les seigneurs de guerre Seleka, les violeurs, les assassins enturbannés ont été reconduits dans le nord, sans inquiétude, avec leurs armes et trophées de guerre alors que les Anti-Balaka sont traqués et jetés en prison à juste titre. Qui parle de juste en RCA ? Sur quelle base fonder la réconciliation nationale ?

ps
simple remarque : le pseudonyme "yvoirien" ne sied pas au point de vue défendu par l'intéressé

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