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France: Assassinat de deux enfants du pays au Niger

Par l'express.fr - 10/01/2011

Antoine De Leocour, l’une des victimes, travaillait pour une ONG basée en République Centrafricaine

 

Après la mort des deux jeunes Français au Niger après leur enlèvement, le quartier des Myosotis à Linselles dans le département du Nord, où résident les familles, restait figé par la tristesse et l'incompréhension."Tout le monde est très éprouvé ici. On aura de la difficulté à s'en remettre, c'est certain", témoigne Corinne Pottier, l'une des voisines des familles d'Antoine et Vincent Delory, morts à 25 ans. Ces familles résident dans le quartier depuis plus de 30 ans, à moins de 50 mètres l'une de l'autre, au coeur d'un lotissement tranquille de petites maisons individuelles couleur brique. "C'est l'ensemble de la ville qui est aujourd'hui attristé et touché au coeur par cet événement inexplicable", témoigne le maire de la ville, Jacques Romery. Il a rendu visite aux deux familles dans la matinée du dimanche 9 janvier, accompagné du député UMP du Nord, Christian Vanneste. Les obsèques seront célébrées à Linselles à une date indeterminée pour l'instant. Deux membres de la cellule psychologique du Quai d'Orsay ont rendu visite aux familles très tard dans la nuit et le préfet dimanche après-midi.

 


Le bar nigérien dans lequel l'attaque a eu lieu
Antoine de Léocour, 25 ans, que tout le monde décrit comme un "amoureux de l'Afrique", travaillait pour des ONG en Afrique depuis près de deux ans et demi. "Il était parti là-bas juste après la fin de ses études. Il s'y sentait bien", précise Marie-Agnès Dhulu, une conseillère municipale de Linselles. Selon M. Vanneste, Antoine "ne s'imaginait pas en danger à Niamey", où il a été enlevé. Son ami Vincent, ingénieur à Toulouse avait rejoint Antoine, qu'il connaissait depuis la maternelle, afin d'assister à son mariage avec une Nigérienne. Un autre ami est arrivé à Niamey juste après l'enlèvement et d'autres devaient les retrouver pour assister aux noces prévues samedi. Selon Marie-Agnès Dhulu, "Antoine devait ensuite retourner en Centrafrique où était basée l'ONG pour laquelle il travaillait". "Les familles savaient qu'il y avait des risques bien sûr. Mais l'esprit de camaraderie et l'amour de leurs enfants primaient", a témoigné M. Roméry.

Le président de l'organisation Aide Médicale Internationale (AMI), Philippe Augoyard, écrit avoir appris avec une immense tristesse le décès, dans ces circonstances dramatiques, d'Antoine de Léocour, responsable de programmes en République centrafricaine depuis six mois pour notre association. Antoine était en congés et s'était rendu au Niger pour son mariage qui devait avoir lieu dans une semaine, a précisé M. Augoyard. Antoine de Léocour avait travaillé en Afrique jusqu'en mars 2010 pour une ONG allemande. Nous nous souviendrons de l'engagement fort d'Antoine dans les programmes de solidarité menés au sein de notre association et dans d'autres structures humanitaires, conclu le président d'AMI.

 


© Leparisien.fr
Antoine et sa fiancée, et Vincent Delory ami d'Antoine
"Toi et toi, suivez-nous!"
Les deux hommes, dont l'un allait épouser la semaine prochaine une Nigérienne, ont été kidnappés vendredi soir dans un restaurant de Niamey par des inconnus "enturbannés et armés", qui "avaient la peau claire et parlaient l'arabe", selon des témoins. Ils se trouvaient au restaurant "Le Toulousain", dans le centre-ville de la capitale, lorsque les ravisseurs ont fait irruption et les ont contraints à les suivre, a raconté un membre du personnel. Selon le gérant du restaurant, Soumaïla Kima, l'un des Français est un "client régulier, résidant à Niamey" et travaillant pour une ONG. L'autre otage est l'un de ses amis, arrivé le soir même pour assister à son mariage le 15 janvier, a-t-il indiqué. D'après un client français présent, les ravisseurs "avaient l'air de savoir qui ils étaient venus prendre". "Quand ils sont entrés, ils sont tombés sur les deux Français et ils ont crié: 'Toi et toi, suivez-nous!'. Dans la précipitation, un des assaillants a perdu son turban", a raconté un client présent dans le restaurant au moment de faits.

Les soupçons portent sur AQMI
Le porte-parole du gouvernement nigérien a déclaré ne pas être en mesure de donner l'identité des assaillants, alors que les soupçons se portent sur Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) qui opère dans la bande sahélo-saharienne aux confins du Niger, du Mali, de l'Algérie et de la Mauritanie. Cet enlèvement et l'attaque de l'ambassade de France à Bamako portent, pour la première fois, la menace islamiste jusqu'au cœur de capitales réputées sûres de pays amis et posent la question de la sécurité et du maintien des Français dans cette région du Sahel. La France tente actuellement d'obtenir la libération de cinq Français, retenus en otage au nord du Niger depuis septembre par AQMI. Le 1er décembre, la ministre des affaires étrangères Michèle Alliot-Marie avait déclaré que ces otages, pour l'essentiel des collaborateurs des groupes français Areva et Satom, étaient toujours en vie, au vu des dernières informations dont la France disposait. Le groupe islamiste avait annoncé en juillet l'exécution d'un autre otage français, l'humanitaire Michel Germaneau, dont le corps n'a jamais été retrouvé.
 
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