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Jean-Baptiste Koba: "les Centrafricains sont victimes des politiques"

Par Luidor Nono - 07/02/2014

L’homme politique centrafricain est le président du Mouvement de l’évolution sociale de l’Afrique noire (MESAN)

 

Récemment dans une intervention vous avez avancé que les Centrafricains ont perdu leur innocence, en quoi les Centrafricains auraient-ils perdu leur innocence?
Nous étions un pays dans lequel nous vivions dans la plus grande fraternité, aujourd’hui celle-ci se brise, nous nous regardons tous en chiens de faïence, nous nous agressons les uns les autres, et c’est dans ce sens que je dis que nous avons perdu notre innocence. L’innocence d’un pays qui jusqu’ici n’avait pas connu ce genre de drame extrêmement génocidaire, et c’est dans ce sens que nous l’avons perdue.

 


© journaldebangui.com
Jean-Baptiste Koba, le président du MESAN
Vous pensez la population centrafricaine se dirige vers un génocide aujourd’hui?
C’est peut-être un grand mot de pensez que notre pays est génocidaire, nous disons que les conditions s’y prêtent. Il faudrait faire attention qu’il n’y ait pas cette étincelle qui nous ferait basculer dans ce genre de situation

A quel niveau se situe la ligne à ne pas franchir, maintenant que les violences sont le quotidien des populations? Quel est le discours à ne pas avoir?
Il faudrait cesser de considérer que ce qui se passe aujourd’hui en Centrafrique est un conflit religieux. Il n’en est pas un. Les Centrafricains sont tout simplement victimes des politiques. C’est la politique qui a entraîné ce genre de situation qui pourrait laisser croire que nous avons un problème religieux.

Vous êtes un homme politique, quelle est votre responsabilité aujourd’hui?
J’essaie de l’être de la manière la plus honorable qu’il soit. Sachez que je n’ai pas cette responsabilité-là, puisque je n’ai jamais été aux affaires, et j’appartiens aujourd’hui à une nouvelle génération d’hommes politiques qui essaient de faire les choses différemment.

Je pense que deux personnes qui mangent peuvent plus facilement fraterniser que deux personnes qui meurent de faim.
Jean-Baptiste Koba

 

L’héritage que vous portez, il n’est pas trop lourd?
L’héritage de Barthélémy Boganda est extrêmement lourd, je vous le confirme! Il faudrait faire preuve d’une certaine prétention que de pouvoir croire que l’on est capable de construire et poursuivre le formidable destin de Barthélémy Boganda. En revanche, je suis surtout héritier de la pensée, des valeurs des principes de Barthélémy Boganda. Je ne suis pas le seul et tout les Centrafricains en sont porteurs.

Quel est votre souci aujourd’hui en tant qu’héritier du Mouvement?
Mon souci est que les problèmes que nous avons aujourd’hui sont liés à une chose, c’est l’échec économique de la RCA. Je pense que deux personnes qui mangent peuvent plus facilement fraterniser que deux personnes qui meurent de faim.

La transition n’est pas parfaite
Jean-Baptiste Koba


Quand à la thématique de la cohésion sociale, est-ce qu’elle vous parle?
La cohésion sociale, la cohésion nationale résultent d’un retour à l’ordre constitutionnel, d’une nouvelle génération qui viendrait aux affaires, et qui aurait pour mission justement de construire cette cohésion nationale. Dans tous les cas, cohésion nationale et/ou sociale sont à construire et à réinventer en Centrafrique.

Est-ce que la Transition de Mme Samba-Panza, vous donne un espoir?
La transition n’est pas parfaite. C’est une évidence, mais ce petit espoir que nous avons, parce que nous avons quand même un mécanisme, un processus, qui devra nous menez aux élections, il faut lui donner sa chance. Et avec l’aide internationale, et en étant vigilant évidement, c’est le travail en tant que président du Mesan et c’est le travail que font les partis politiques, soyons vigilants, encadrons cette transition là et faisons en sorte que cette fois-ci, elle ne soit pas dévoyée et qu’elle aille jusqu’au bout.

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On m’en voudrait de ne pas poser la question, vous serez au RDV des prochaines échéances électorales?
Je ne peux pas répondre pour le moment à cette question. Le moment venu le parti que je dirige choisira et dira qui nous représentera pour ces échéances électorales.
 
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8 COMMENTAIRES

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Combien de partis politiques nous avons en Centrafrique? et ceux -ci servent à quoi?

Par sorokaté

08/02/2014 19:42

tout ça c'est pour devenir président au ministre de la République Centrafricaine.
Combien de parti politiques nous en avons dèjà en Centrafrique? quel est leur importance dans notre cité? quels sont leur avantage? ces milliers de partis politiques centrafricains servent à quoi?

En Centrafrique tout rassemblement, toute association, tout ce qu'on fait c'est pour son intérêt personnel au détriment du collectif.

Combien de partis...

Par hipopotamus

09/02/2014 02:16

"Ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous. Demandez ce que vous pouvez faire pour votre pays. " John Fitzgerald Kennedy.
je n'ai pas toujours été en accord avec vos positions sur ce qui se déroule en Centrafrique mais je l'a partage ce jour suite à votre pertinente et concise observation de l'interview du président du MESAN.
Nous attendons de ces partis de nous montrer leur rôle dans la cité Centrafricaine et non seulement à "la Coquette".

Pas tout à fait d'accord avec vous, mon cher Sorokaté.

Par Ngarra

09/02/2014 15:51

" tout ça c'est pour devenir président au ministre de la République Centrafricaine.
Combien de parti politiques nous en avons dèjà en Centrafrique? quel est leur importance dans notre cité? quels sont leur avantage? ces milliers de partis politiques centrafricains servent à quoi? "

Il est vrai que nous avons beaucoup de partis et que nombreux sont ceux qui ne servent pas à grand-chose car ils ne représentent que quelques individus ( amis, membres d'un clan, d'une ethnie, ... ). Cependant il en faut, car les partis politiques sont des associations de citoyens qui partagent des convictions communes. Ils ont pour objet de présenter un programme et des candidats aux différentes élections ( présidentielles, législatives, municipales, etc ). Comme en Centrafrique, nous suivons textuellement, voire servilement les institutions de la France, voilà ce qui est marqué dans l'article 4 de la Constitution de la Ve République ( 1958 ) : " Les partis et groupements politiques concourent à l'expression du suffrage. Ils se forment et exercent leur activité librement. Ils doivent respecter les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie ". Le problème centrafricain est un problème de maturité, de prise de conscience de l'intérêt national. En Centrafrique, tous ceux qui ont atteint un certain niveau de scolarisation aspirent, c'est vrai, à devenir ministre. Comme le dit un humoriste à propos des étudiants africains en général " je suis venu faire mes études de Premier ministre... " ( Michel LOEB ). Moi, personnellement, j'ai plaidé en vain pour un directoire après cette période de transition, avec 3 ou 5 hauts responsables qui dirigeraient ( directeurs ) la vie politique centrafricaine. Je rappelle que politique vient de " politeia " ou la gestion de la chose publique, de la cité. A mon grand regret, je vois qu'on va encore subir le diktat d'un individu qu'on va nous imposer en tant que président et ce sera le mythe de Sisyphe.

" En Centrafrique tout rassemblement, toute association, tout ce qu'on fait c'est pour son intérêt personnel au détriment du collectif ". Si vous avancez cela, vous entrez vous même dans le lot. A partir de là, on ne fera plus confiance à personne et par conséquent on ne pourra rien faire. Nous demanderons à connaître le programme des différents partis politiques, à savoir des choses sur les femmes ou les hommes qui les représentent avant de les choisir, et encore si on nous laisse choisir.
Centrafricainement.

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