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Centrafrique: François Bozizé chez les anti-balaka à Bouar?

Par Thierry Ndong, Intégration - 06/02/2014

L’ancien président de la République centrafricaine a été conduit manu militari à la frontière du Cameroun avec la Centrafrique, à Garoua Boulaï

 

Le général François Bozizé est en terre centrafricaine depuis le 30 janvier 2014. Il est rentré en catimini dans son pays, en provenance du Cameroun. L’ancien chef d’Etat centrafricain a effectué un retour au pays natal par route. Il s’est installé à Bouar, l’un des fiefs contrôlés par les «anti-balakas». En effet, la milice à dominance chrétienne (opposée aux ex- Séléka) règne en maître dans les localités de Bouar, Berberati et Baouro. Ces trois villes sont également à forte composante Baya, l’ethnie du général Bozizé. A l’évidence, l’installation du «quartier général» de François Bozizé à Bouar participe de sa stratégie de reconquête de Bangui. Par les armes ou par les urnes? Le général Bozizé n’exclurait aucune option. En transit (?) à Yaoundé au lendemain de la démission forcée de l’ancien président de la transition Michel Djotodia, le président du parti politique Kwa na Kwa a mis à contribution son séjour en terre camerounaise pour affiner ses scénarii de reconquête du pouvoir.

 


© Intégration
Outre ses contacts de très haut niveau avec les autorités camerounaises, François Bozizé a beaucoup consulté les Centrafricains réfugiés au Cameroun. Pendant ces deux dernières semaines, ses hommes de main (entre autres ses deux fils) ont multiplié des déplacements entre Douala, Yaoundé, Bertoua et Garoua – Boulaï. Ces villes ont la réputation d’accueillir de très grandes communautés centrafricaines. L’activisme des proches de Bozizé a fini par susciter des soupçons et des accusations plus ou moins fondées, du genre: «Douala est la base arrière des anti-balakas au Cameroun; le Cameroun utilise Bozizé pour fragiliser le leadership tchadien en RCA».

Colis encombrant
Les autorités camerounaises ont au départ fermé les yeux, avant de se raviser, en décidant de se décharger de ce colis finalement encombrant. De fait, les observateurs avertis ne comprenaient pas le laisser faire des hautes autorités camerounaises à l’endroit du général président déchu. «Le Cameroun n’a pas intérêt à faire le jeu d’un camp, au risque de voir la crise centrafricaine se transporter durablement sur son territoire», explique un connaisseur des deux pays. Et d’illustrer son propos en convoquant des similitudes ethnico-tribales entre le Cameroun et la RCA. «De part et d’autre de la longue frontière entre les deux pays, vous trouvez respectivement les peuls, arabes choas ou rungas (proches de la Seleka) et les Bayas (proches des anti-balakas). Ce qui complexifie la situation, avec des risques que les populations concernées du côté du Cameroun prennent le relais des affrontements», indique notre analyste.

Selon des témoignages dignes de foi, des ressortissants camerounais (de l’une ou de l’autre des ethnies opposées en RCA) ont payé de leur vie en combattant aux côtés de leurs «frères» en Centrafrique. De là à traverser la frontière pour continuer l’affrontement au Cameroun, il n’y a qu’un pas à franchir. Avis aux autorités camerounaises: autant ne plus jouer avec un feu suffisamment nourris par la haine interreligieuse et intertribale.

Pour finir, quel avenir pour François Bozizé, qui vient de retourner en RCA? Un haut gradé de l’armée camerounaise ne se montre pas optimiste quant aux chances de François Bozizé de retourner la situation en sa faveur en RCA. Pour ce général de l’armée camerounaise, deux issues se présentent à François Bozizé: «il sera soit arrêté pour crimes (de guerre (par exemple) par les militaires français ou de la Misca, soit tué dans les affrontements». Une sortie par la petite porte en somme. Alors, l’exil doré prolongé en Europe ou au Cameroun n’était-il pas momentanément la solution pour l’ancien chef d’Etat? Les gens d’armes et les politiques ont parfois des raisons que la raison ignore.

 

 
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8 COMMENTAIRES

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Tuer Bozizé ou l'arrêter c'est CONDAMNER LA RCA aux troubles sans fin !

Par abou

06/02/2014 17:01

Bozizé est un colis encombrant. La meilleure solution pour le neutraliser est de le réintégrer dans le jeu politique centrfaricain dans le cadre d'une Concertation inclusive en lui faisant jouer un rôle de Paix et de Réconciliation, en attendant les élections auxquelles il prendra part. Sinon...risque de chaos sans fin pour la RCA ! Qu'on le veuille ou non, il est la seule personne, peut-être avec Ziguélé, qui ont une certaine légitimité parce que plus de 30 a 60 % votants les ont choisi dans un passé récent. Tout le reste ce sont des imposteurs illégitimes, légaux par les armes et le choix de l'étranger !

A mr Abou

Par Kodoro

06/02/2014 22:32

Mr Abou, tu n'es pas sérieux? De quelle légitimité de Bozize et de ziguelé dont tu parles? arrêter d'être des fans bêtement . Tu as oublié que les rebelles qui sont a Bangui sont les éléments que Bozize avait ramené pour chasser Patasse et qu'il avait refusé de les payer comme il leurs avait promis? Poses toi cette question , pourquoi personne parmi tes hommes politiques n'osent dénoncer le comportement des rebelles tchadiens et soudanais en centrafrique? Par ce qu'ils sont tous de paire avec cette organisation, ils ont tous aidé Dotodja à rentrer avec ses idiots de rebelles dans notre pays et Bozize avec ses antigbalakas voleur et fouteur de trouble. Si voulez qu'un jour notre pays retrouve la paix, il va falloir laisser nos préférences politiques de côté et soyons pour une fois dans notre vie patriote. Bozize à fait quoi de mieux dans notre pays si ce n'est pas tout ce que bokassa avait fait qu'ils sont entrain détruire? Réveillez vous les centrafricains, aucun de nos hommes politiques ne nous sortirons de cette crise, seule la jeunesse doit prendre son avenir en main. N'attendez rien de ces vieux loup, tous des avares assoiffés de pouvoir et non patriote. qu'ils pourrissent tous en enfer avec leurs fans. Nous voulons la paix et rien d'autre bandes des vautours.

Vivons nous sur la même planète?

Par Singa Watawata

06/02/2014 23:36

Chacun est libre pratiquer comme il le veut son tribalisme ou son régionalisme primaire,mais je pense que nous avons tous une conscience et qu'il est vraiment indécent de parler d'un éventuel retour de Bozizé dans le jeu politique centrafricain. Avons nous la mémoire aussi courte pour déjà oubier tout ce que Bozizé et sa bande (fils, neveux, cousins, compagnes, coréligionnaires, divers parents et autres)ont fait vivre aux centrafricains?

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  • L’ancien président de la République centrafricaine a été conduit manu militari à la frontière avec son pays, précisément à Garoua Boulaï. Où ses partisans attendaient pour le conduire dans la localité voisine de Bouar, dans une ancienne garnison des Forces armées centrafricaines.
  • Directeur Gérant Global Communications Sarl, Directeur de publication du magazine INTEGRATION: Thierry Ndong
  • Tél: +237 33 01 90 46; +237 99 93 10 42; +237 76 20 37 09
  • courriel: globcoms@yahoo.com
  • integration@integrationafrica.org
  • Site Internet: www.integrationafrica.org

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