INTERVIEW  |    

Denis Sassou-Nguesso: «Il faut un soutien financier et humanitaire en RCA»

Par Boniface Vignon - 31/01/2014

Le président congolais est le médiateur de la crise centrafricaine

 

Dernier jour à Addis-Abeba pour le 22e Sommet de l’Union africaine. Les dirigeants des pays du continent sont réunis pour évoquer notamment les crises sécuritaires qui secouent l’Afrique

Les organes de la transition sont aujourd’hui en place et pourtant les violences se poursuivent. Comment éviter le chaos en Centrafrique?
Nous saluons déjà le fait que le Parlement de transition ait pu élire Madame Samba-Panza à la tête de l’Etat pour la période de transition. Nous nous félicitons aussi du fait qu’on ait nommé un Premier ministre et formé un gouvernement. Cela était un pas important. La Misca est en place, les pays de la région ont déjà mobilisé plus de 6 000 hommes. Nous pensons que si la communauté internationale soutient la chef d’Etat de transition, le Premier ministre, le gouvernement, sur le plan humanitaire, sur le plan financier – parce qu’il faut un soutien financier immédiat – nous pensons que si la Communauté internationale soutient la Misca sur le plan financier, sur le plan logistique, il y a des exactions qui se poursuivent, c’est vrai, mais on pourrait sentir qu’il y a aussi des progrès sur le terrain. Si tous ces soutiens viennent et si la décision prise par le Conseil de sécurité qui tend à mener des enquêtes pour punir les auteurs des violences, d’exactions de toutes sortes contre les populations, si toutes ces mesures sont menées de front, je suis persuadé qu’on sortira des problèmes.

 


© autre médias
Denis Sassou-Nguesso
Il y a beaucoup de «si»?
Je dis «si» parce que les apports dont je parle ne sont pas encore sur le terrain, mais il y a urgence à faire que ces annonces se concrétisent réellement. Le secrétaire général des Nations unies, conformément à la résolution 21-27, devrait début février, envoyer une mission d’évaluation de l’action de la Misca, et peut-être qu’à l’avenir cette mission de la Misca pourrait être transformée en mission de maintien de la paix des Nations unies. Mais toutes ces actions doivent se mener les unes après les autres sans rupture. Ceci est urgent.

Selon vous, combien de temps faudrait-il pour pouvoir apaiser le pays et aller aux élections?
Il a été annoncé dix-huit mois, mais on ne va pas mettre le chronomètre. En fonction des résultats sur le terrain on appréciera. Mais le plus tôt serait le mieux, pour que la République centrafricaine retourne à l’ordre constitutionnel. Encore faut-il que les moyens suivent.

Dix mois de pouvoir exercés par Michel Djotodia pour un tel bilan, n’êtes-vous pas en train de refaire les mêmes erreurs, après le sommet de Ndjamena?
Quelles mêmes erreurs? Nous avons décidé d’accompagner les autorités de transition. Pas à Ndjamena, mais depuis les négociations de Libreville. Tout a commencé déjà avec le président Bozizé.

 

 
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