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Centrafrique: deux responsables religieux à Londres

Par Luidor Nono - 27/01/2014

Après, La Haye, Bruxelles, Paris, Monseigneur Nzapalainga et l’Imam Layama Kobiné sont dans la capitale anglaise

 

Les autorités religieuses de la République centrafricaine sont en tournée en Europe afin d’obtenir davantage de soutien de la part des Etats de l’Union Européenne dans la gestion de la crise qui prévaut dans ce pays. Après la Hollande, l’Italie, la Belgique et la France c’est au tour de la Grande Bretagne de les accueillir cette semaine du 27 janvier 2014. Ils ne manqueront pas de solliciter les autorités britanniques afin qu’elles consentent à soutenir et renforcer la démarche de l’Europe qui envisage d’aider la Centrafrique. Il est question de préparer les gens à comprendre ce qui se passe d’un point de vue sécuritaire et humanitaire. Car selon les responsables religieux centrafricains, il existerait près de 57 sites où les gens dorment en dehors de leurs maisons. La situation en RCA étant véritablement compliquée et complexe, les missions du groupe Eufor doivent être pensées et accompagnées. Car à long terme, il s’agira de redéployer les agents de l’Etat dans les provinces et ainsi préparer les probables et prochaines élections de février ou juillet 2015. Tous ces points ont été plus ou moins abordés lors de la réception de l’Archevêque et d’Imam de Bangui à l’Elysée par le Président de la République française, le 23 janvier dernier. Ceux-ci n’ont pas manqué d’exprimer toute leur reconnaissance à la France qui participe sur le terrain à la sécurisation et à la protection des populations civiles.

 


© journaldebangui.com
L'imam et l'archevêque de Bangui à Paris
Les échanges avec le Président François Hollande ont également porté sur l’investiture de la nouvelle présidente de transition en Centrafrique. Mme Catherine Samba-Panza a prêté serment pour observer scrupuleusement la charte constitutionnelle de transition, de garantir l’indépendance de la justice, l’intégrité du territoire et de préserver la paix. Les deux personnalités qui étaient dans la capitale française le même jour, ont préconisé que cette Dame soit accompagnée afin de relever tous les défis qui l’attendent, et leur séjour européen s’inscrit dans cette logique. Le gouvernement qui sera mis en place quel qu’il soit, aura besoin de moyens financiers matériels et même humains. C’est pourquoi la solidarité de l’Europe est vivement sollicitée. Les Etats européens devraient dont faire preuve de solidarité avec la France dans la résolution de la crise centrafricaine. «Il convient de faire monter encore la présence des forces africaines à côté de l’opération Sangaris, et de faire venir l’aide européenne…», a déclaré François Hollande.

Lors de l’escale Londonienne les deux hommes ne manqueront pas aussi d’insister sur le fait que malgré les violences qui n’en finissent plus, la crise centrafricaine, n’est pas religieuse. L’archevêque en veut pour preuve, l’histoire des deux prêtres de la localité de Bangui qui ont pris sur eux d’accueillir la communauté musulmane de la ville, dans sa paroisse, car menacée par les anti-balaka. Les hommes religieux mettent en garde contre les raccourcis pris pour décrire la situation, car dans les ambiguïtés de la crise, tant les chrétiens que les musulmans souffrent. L’Archevêque n’a pas manqué d’insister sur l’utilisation inappropriée de l’expression «milices chrétiennes ». Et de demander si c’était au nom de la défense des Saintes écritures de la Bible ou du Coran que chacune des deux parties en est arrivée à ôter des vies humaines aux populations civiles centrafricaines?

En somme, si leur mission est d’annoncer la réconciliation et de mobiliser tout le monde, il se trouve que la crise centrafricaine est plus grave encore qu’il n’y parait. Car si la RCA vole en éclats, ces sont les six pays alentours qui pourraient aussi sauter. «Nous ne voulons pas que notre pays soit un pays de sans droits (bandits et autres djihadistes) pour déstabiliser d’autres pays» a laissé entendre Mgr Nzapailanga. Au terme de leur mission, l’Archevêque et l’Imam de la capitale centrafricaine, envisagent préparer et former les médiateurs pour essayer de d’aider les uns et les autres à la réconciliation, à la vérité. C’est-à-dire selon Mgr, «rassembler pour se retrouver et se parler. S’il y en a qui ont fait des fautes, qui ont tué, ils seront jugés. Nous disons non à l’impunité pour que la justice passe et que chacun puisse être considéré comme un être humain ». Et l’Imam Kobiné de souffler que le risque de génocide n’est pas loin si chacune des parties en litige campe sur ses positions. Dans les zones où les ex-séléka se sentant fort s’en prendront aux chrétiens et dans celles où les anti-balaka se sentent forts s’en prendront aux musulmans. Cependant reconnaissent les deux responsables religieux, il y a encore des régions et des zones entières, même dans la ville de Bangui où ces populations vivent en harmonie.

 

 
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