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La Centrafrique: Le Centre A Fric et ses prédateurs

Par Jean-Gualbert Togba - 24/01/2014

La nouvelle Présidente Catherine Samba-Panza va devoir faire contre mauvaise fortune bon cœur. Saura-t-elle tenir l’étrier à la nouvelle génération?

 

A croire que la Centrafrique est un véritable détritus pour attirer autant de parias et désœuvrés politiques qui infectent le pays au point de le décapiter pour le seul intérêt égoïste de leurs auteurs. Ils sont: ancien colonisateur, pays voisin, hommes politiques manipulateurs et conspirateurs, des anti-balakas, des rebelles Séléka; leur point de convergence: maintenir le chao pour en tirer profit en affaiblissant l’Etat, semer la terreur et l’intimidation sur la population civile. Si l’environnement centrafricain est propice aux vautours et aventuriers politiques c’est tout simplement à cause du manque de civisme et du courage politique des dirigeants successifs à enrailler l’impunité depuis l’indépendance jusqu’à nos jours dont ils sont les principaux bénéficiaires et pour protéger leur arrière. La nouvelle autorité de transition doit en faire un honorable combat personnel. Tant que ce combat ne sera pas gagné, des événements comme ce que vit la Centrafrique n’est pas à exclure dans un proche future et surtout la réconciliation ne sera pas facile à négocier.

 


© journaldebangui.com
Jean-Gualbert Togba
La dualité dans le renouvellement de la classe politique entre ceux qui prônent une rupture radicale et la mise au placard de l’ex classe politique FARE, rebaptisé AFDT pour la circonstance et les sous marins aventuriers politiciens spécialistes de grand écart, hommes sans visage, les démons de minuit qui ne sont autres que les héritiers artisans de la continuité et de l’immobilisme d’un procédé à démolir, lequel se révèle aujourd’hui désastreux. Les intellectuels centrafricains en général et ceux de la diaspora en particulier, sont devenus les quémandeurs des postes ministériels, un exercice bien rodé dans un ballet pantomime. En l’occurrence, Le vote de la présidente de la transition a suscité une ruée de la diaspora vers la Centrafrique où les derniers vols ont été pris d’assaut, malgré les tueries qui se perpétuent. Ce qui revient à dire que, quand il s’agit de nomination à des postes, le centrafricain de la diaspora est prêt à courir tout le risque au péril de sa vie. Ainsi les caméléons sont en pleine mutation pour s’adapter au changement politique.

Quelle Centrafrique pour demain?
Pour la première fois dans mes posts j’ai le privilège et l’honneur aujourd’hui de dire la présidente de la transition, chose qui n’a pas coutume dans mon langage depuis le coup d’Etat du 24 mars 2013 avec le chef rebelle autoproclamé.

Madame la Présidente de la transition Catherine Samba-Panza
Une page s’est refermée, une autre s’ouvre, c’est une nouvelle ère avec votre élection par le CNT comme la vraie présidente de la transition centrafricaine. Une femme au palais de la Renaissance est une grande première dans l’histoire de la Centrafrique en particulier et de l’Afrique francophone en générale. Cependant, La Centrafrique toute entière s’est offerte en chair à canon pour que vous accéder aujourd’hui à la présidence transitoire. La terre de ses ancêtres, imbue de sang de ses enfants est le prix fort payé pour que cette victoire vous soit concédée. Votre nomination revêt un double défi : Vous portez l’espoir et l’espérance pour une rupture avec la médiocrité des gouvernants successifs. L’autre défi personnel est celui de toutes les femmes surtout pour cette grande première désignation d’une femme à ce poste. Dans un élan de solidarité et d’une fierté nationale et patriotique, chacun apportera sa pierre comme il l’a fait depuis le début de la crise pour soutenir au mieux toute action de bon sens tendant à faire inverser la tendance au profit d’un devenir meilleur.

La Nouvelle Centrafrique de demain dépendra de l’orientation que vous aller donner à la transition : Une transition forte, d’autorité, de responsabilité et de justice orientera le pays sur une voie démocratique et de justice. Par contre, une transition de compromis et de compromission, d’impunité et de laxisme poussera le pays dans le déjà vu, se serait la continuité de la faillite de l’Etat avec des groupes rebelles qui trouveront de quoi à satisfaire leur appétit gargantuesque de la démolition des institutions républicaines. Vous êtes une ouvrière sur un chantier de ruine. Cette lourde responsabilité vous incombe de ne pas faire comme vos prédécesseurs en érigeant sur des gravats. La Centrafrique est dans une logique de reconstruction. La continuité de l’œuvre dans le sens d’une reconstruction dépend de votre pragmatisme à tout déblayer sans état d’âme. N’ayez pas peur de casser tout ce qui tient encore à peine debout afin de rendre le terrain propre à la reconstruction.
Il serait souhaitable et reconnaissant d’aller à la rencontre des représentants des sinistrés sur les différents sites pour exprimer et témoigner votre compassion et votre solidarité avec eux que de recevoir les deux entités criminelles pour écouter leur revendication. Ce qui revient à dire que la force des armes triomphantes est reconnue en tant que telle.

Pour parvenir à construire une paix durable, le vivre ensemble, le dialogue social et la réconciliation, une étape chronologique doit être suivie. Aller trop vite en besogne en brulant les étapes ne serait pas du bon sens et hypothéquera à jamais l’avenir. L’expérience du passé avec des réconciliations presque forcées sans un travail de fonds, fait sur l’impunité et à l’absence de la justice pour apaiser le cœur des victimes, donne des éléments de réflexion pour éviter les écueils du passé. La réconciliation se ferra naturellement une fois que tous les impératifs sociaux d’apaisement auront été accomplis. A cette heure du désarmement, tous les mouvements armés doivent être déclarés comme des organisations criminelles contre la Nation centrafricaine. Ils doivent sans délais et sans condition déposer les armes faute de quoi leurs responsables doivent être traqués comme des bêtes et au pire des cas être mis hors d’Etat de nuire pour protéger la Nation centrafricaine et les institutions. La France doit apporter son concours en arrêtant leurs responsables sur son territoire.

La Centrafrique ne doit plus faire l’erreur politique en ouvrant des discussions avec des groupes armés quels qu’ils soient, ni signés des accords et traités, ni les incorporés dans l’armée républicaine ou les institutions, ni les transformer en parti politique, ni leur octroyer des postes ou d’autres avantage en nature. C’est un encouragement au proxénétisme rébellion et à sa prolifération. La Centrafrique n’espère pas une présidence de fébrilité devant la communauté internationale mais votre position de femme vous mettra en bonne position dans les tractations internationales dans l’intérêt de la Nation. Certes, la pression sur vos épaules est considérable, ne perdez pas les qualités qui sont à l’origine de votre nomination et vous allez devoir faire contre mauvaise fortune bon cœur. Soyez dans une nouvelle approche en évitant tous les vautours, les parias, autres batraciens et aventuriers politiques dans votre cercle de gouvernance et Dieu sait qu’ils s’agglutinent déjà.

ATTENTION: Ils sont déjà tombés en pourriture et deviennent des pourrisseurs, ils souillent tout ce qui les approche.

Bon vent à la Présidence de la transition pour que bon vent à la Centrafrique.

 

 
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1 COMMENTAIRES

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Nzapayéké nommé PM, le bateau RCA continue de couler!

Par abou

25/01/2014 18:13

Quels critères pour cette nomination ? quel appel de candidature ? Quel panel de sélection ? C'est en petit comité dans les clans d'amis et de parents que le choix a été fait, la RCA poursuit donc sa descente en enfer ! Comment recrute-t-on dans le privé ? Et pourtant on dit cette dame étant de fer, venant du privé, et patatras elle fait exactement comme tous ces prédecesseurs, aucune innovation dans le recrutement du personnel politique. Permettez moi d'exprimer donc mes pires doutes sur l'avenir d'une telle équipe gouvernementale mise en place dans des conditions opaques de groupe d'amis et de parents. Rien de surprenant car Nzapayé a été nommé Administrateur à la BAD et Vice-Président de la BDEAC tout comme Dologuélé par Bozizé. La RCA est encore dans la zone grise de nomination de copains et de coquins.

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