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Centrafrique: Djotodia, l'intérimaire vivra en exil

Par Source: AFP - 13/01/2014

Arrivé au pouvoir en mars 2013, à la faveur de l'effondrement du régime de son prédécesseur lâché par tous, l'ex-président centrafricain apparaît à son tour et isolé

 

En position de quasi-accusé dans la communauté internationale pour avoir conduit en quelques mois son pays au bord du gouffre avec des tueries intercommunautaires, des déplacements massifs de population et une crise humanitaire sans précédent, Michel Am-Nondroko Djotodia, né en 1949 - on ignore sa date de naissance exacte - est convoqué jeudi par ses pairs d'Afrique centrale à un sommet extraordinaire consacré la crise centrafricaine. A ses débuts au palais présidentiel de Bangui, après avoir chassé par les armes François Bozizé - lui-même arrivé au pouvoir 10 ans plus tôt par un coup d'Etat - cet homme massif mais courtois aimait souvent répéter: "Je souhaite être le dernier chef rebelle en Centrafrique (...) je voudrais bien que ceux qui m'acclament aujourd'hui puissent le faire à mon départ, au lieu de me renvoyer par des jets de pierres". Mais très rapidement, les acclamations ont disparu. Et l'ex-chef rebelle devenu le premier président musulman de l'histoire troublée de la Centrafrique a paru dépassé par la tournure des évènements, entre exactions innombrables des combattants qui avaient accompagné sa marche sur Bangui, exaspération et désespoir de la population, puis finalement tueries entre chrétiens et musulmans. Tout aussi rapidement, il a perdu tout crédit international face à son incapacité à assumer les charges de sa fonction et à "tenir" ses troupes issues d'une coalition hétéroclite de groupes armés, la Séléka (Alliance en langue nationale sango). Ceci malgré des appels répétés à la "réconciliation" devenus inaudibles pour ses compatriotes.

 


© AFP
Le président centrafricain Michel Djotodia (g) serre la main de son homologue tchadien Idriss Deby à N'Djamena, le 09 janvier 2013
"Je n'ai pas envie de me maintenir au pouvoir"
Le 23 novembre, il avait même fait un aveu rarissime de la part d'un chef d'Etat: il n'aimait pas le pouvoir. A des représentants des partis politiques ébahis, il avait lancé: "là où je suis, je veux que les choses aillent pour le mieux, et vite, pour que je m'en aille. Je n'ai pas envie de me maintenir au pouvoir, je vais m'en aller". Affirmant avoir perdu le sommeil, il avait ajouté: "vous, vous dormez, mais nous ne dormons pas. Mais si vous ne dormez pas, comment pouvez-vous vous accrocher à quelque chose qui vous empêche de dormir? Parfois tu ne penses même pas à ta femme!" Il a été élu président le 13 avril par acclamations par un "Conseil national de transition" pour donner un vernis institutionnel à sa prise de pouvoir. Djotodia avait pourtant voulu donner- en parole du moins - les gages attendus par la communauté internationale, s'engageant notamment à remettre le pouvoir dans 18 mois et promettant un Etat laïc respectueux de toutes les ethnies et religions. Même son investiture, en présence de chefs d'Etat des pays voisins, le 18 août, a mal tourné: les décorations qu'il portait lors de sa prestation de serment étaient des faux grossiers, achetés 910.000 euros à des escrocs. Michel Djotodia est né dans la Vakaga, la préfecture la plus au nord-est de la Centrafrique, à la frontière avec le Tchad et le Soudan, et a vécu de longues années à l'étranger, notamment en URSS.

 


© Bêafrika Sango
Le président démissionnaire de la Centrafrique
De l'école soviétique à la rébellion
"C'est quelqu'un de déterminé. Quand il a décidé quelque chose, il va jusqu'au bout. Quand il donne sa parole, il la tient", assurait, sous couvert d'anonymat, un rebelle qui l'a fréquenté pendant de nombreuses années. "Cette qualité est aussi son défaut: il peut se montrer rigide et n'accepte souvent pas qu'on le contrarie quand il a décidé". Ses détracteurs disent eux qu'il est "buté". Héritage peut-être de ses 14 années de formation à l'école soviétique, à son retour au pays, lui qui a connu la planification communiste, travaille comme fonctionnaire au ministère du Plan, avant de passer aux Affaires étrangères. Il demande ensuite à être nommé consul de Centrafrique à Nyala au Soudan.

En 2005, Djotodia entre en rébellion et est un des membres fondateurs de l'Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR), fusion de plusieurs petits groupes armés. En 2007, il part en exil au Bénin avec Abakar Sabone, le fondateur du Mouvement des libérateurs centrafricains pour la justice (MLCJ), mouvement rebelle qui a signé les accords de paix de 2008 avec Bozizé. Arrêté par les autorités béninoises, il passe plusieurs semaines en prison. De retour au pays, entre 2011 et 2012, il réussit à rallier ses anciens partisans et fonde la Séléka en juin 2012, avant de se lancer dans une marche rapide et irrésistible vers Bangui, qui tombe le 24 mars 2013. Depuis, déboires et désillusions ne font que s'accumuler pour Michel Djotodia.
 
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2 COMMENTAIRES

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Ce pauvre traître maudit, président virtuel.

Par sorokaté

13/01/2014 13:43

Je me demande comment ce monsieur a pu trahi sa PATRIE de la sorte aux mercenaires étrangers Djihadistes?
Quel moustique l'a piquet?
Pourquoi a t-il agit ainsi ? et pourquoi?

Franchement le mystère entoure encore l'engagement de ce dernier quant à la destruction de son pays.
C'est impensable. Malgré que les gens lui reprochaient des massacres, des crimes aveugles, des pillages, des incendies volontaires des maisons et grainiers des civiles il n'a cessé d'attribuer tout à son prédécesseur le dictateur général en carton Yangouvonda François Bozizé.

j'ai pris mon temps de lire minutieusement sa lettre programme adressée à la conference islamiste en Arabie saoudite finalement les faits de sa seleka sur le peuple Centrafricain ont corroboré la teneur de cette fameuse lettre programme de gouvernance en RCA.

Échoué par manques de mérites épinglé par un manque de confiance du peuple Centrafricain le voilà mis à la poubelle exil forcé et future locataire de prison à VIE.
Pauvre traître ennemi du peuple Centrafricain. Monsieur Dondoja vous vous êtes humilié devant le monde entier. Vous avez remis en cause votre origine de Centrafricain. Vous êtes à jamais un accident de l'histoire Centrafricaine.

Vous êtes le malheur de tous les orphelines, orphelins, veuves, veufs et des victimes qu'a connu la Centrafrique.
Nous nous souviendrons de vous amèrement. Soyez maudit vous et vos progénitures.

Le mandats d'arrêts international que vous avez signé contre vos semblables est aussi valable pour vous.
"camba ti coco a kanga coco"

"Celui qui jette un cailloux en l'air doit faire très attention à son crane"

Tout se paie ici bas. Vous avez chassé Bozizé par la jalousie d'être vous aussi président des minorités voila les conséquences plusieurs de milliers de MORTS.
Pourquoi ce coup d'état? et pourtant les closes de Libreville faisait de vous Vise président jusqu'aux élections Législatives & présidentielles.
Pauvre DONDOJA
Sorokaté Alias domzan bene

ca n'arrive pas qu'aux autres

Par merlin

13/01/2014 18:27

C'est comme cela qu'on vous utilise les uns contre les autres et après on vous presse comme un citron et jette. Servira-t-il de leçon? hier Bozizé parti,vous croyez que c'est vous,cher monsieur,on vous a utilisé. L'africain comprendra-t-il un jour? déby a laissé son nourredine tuer,maintenant indexé comme parrain des selekas,il se repositionne en vous virant comme un mal propre pour jeter l'opprobe sur vous seul,maintenant,c'est vous qui etes en mal avec votre pays. vous l' avez cherché,naif que vous etes.Déby lui continue de tuer les tchadiens et certainement encore les centrafricains avec la bénédiction de hollande et vous avec un avenir incertain

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