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Histoire: Mme Yvonne Mété, de «Centrafrique sans frontières», revient de Bangui

Par Eric DAVIATTE-estrepublicain.fr - 06/01/2014

La présidente de l’association bisontine témoignage de l’horreur des combats dans son pays natal, la Centrafrique

 

Mme Yvonne Mété, présidente de l’association bisontine «Centrafrique sans frontières», a vécu des journées «comme en enfer dans le quartier Pk10 de Bangui. «J’étais arrivée en Centrafrique le 15 novembre et j’ai rejoint Sibut, à 200 kilomètres au nord, pour le travail de mon association. Là-bas, tout était calme. Le 13 décembre, je suis retournée à Bangui pour chercher des médicaments. J’y suis allée parce que nous avions entendu à la radio que l’armée française était arrivée, qu’elle désarmait. J’ai donc cru que tout serait sécurisé.» La réalité fut toute autre. «J’ai été accueillie chez des religieuses dans un quartier où les anti-Balaka (lire par ailleurs) se cachaient et subissaient le harcèlement de la Seleka. Nous étions au milieu et visiblement ces forces n’avaient pas été désarmées. Si elles avaient remis leur petit matériel, elles avaient conservé des armes lourdes.»

 


© hoka.free.fr
Yvonne Mete-Nguemeu, Présidente de CSF
Mme Yvonne Mété et tous les réfugiés ont donc vécu au centre des tirs. Boucliers pour les uns, obstacles pour les autres. «De temps en temps, un hélicoptère français survolait notre secteur. Cela nous soulageait quelque peu.» La présidente de l’association bisontine «Centrafrique sans frontières» est formelle : les journées des 24 et 25 décembre ont été les pires de sa vie. «Nous passions notre temps sous les lits pour nous protéger. Un jeune responsable de l’armée française est venu nous rassurer. Mais très vite, la peur est revenue avec cette rumeur: si les anti-Balaka continuaient, la Seleka n’hésiterait pas à tuer les civils, femmes et enfants.»

Le 26 décembre, Yvonne Mété décide donc de fuir pour rejoindre l’aéroport où s’est installée l’armée française. Son objectif : prévenir les forces françaises pour qu’ils interviennent dans le quartier. «Je me suis habillée comme une femme de Bangui et avec un jeune homme, nous sommes partis.» Yvonne Mété réussit. Prévient les militaires. «J’ai appris par la suite que les soldats étaient intervenus. Pour ma part, on m’a interdit de quitter l’aéroport. J’ai pu m’envoler vers la France le 28 décembre.»

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