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Francis Macaire Yabendji-Yoga à M. le M. le Ministre de la Communication,

Par Francis Macaire Yabendji-Yoga - 24/12/2013

Lettre ouverte à propos de la Déclaration de la scission de la République Centrafricaine

 

Pointe-Noire, le 23 décembre 2013

A
Son Excellence Ministre de la communication,
De la Promotion de la Culture Civique et
De la Réconciliation Nationale
Bangui – République Centrafricaine

Objet: Lettre ouverte : Déclaration de la scission de la République Centrafricaine


Votre Excellence Monsieur le Ministre,
Me conformant à la déclaration de presse de Monsieur Abacar Sabone, ci-devant chargé de de missions à la Présidence de la République Centrafricaine, le dimanche 22 décembre 2013 lors d’une conférence de presse organisée à Bangui et relayée sur la Radio France internationale le même soir, je cite « Dans un délai d’une semaine, nous allons prendre la décision que tous les Nordistes, musulmans, rentrent dans le Nord et (allons) demander la scission de la République en deux : Nord et Sud.»

 


© journaldebangui.com
Francis Macaire Yabendji-Yoga
Votre Excellence,
Point n’est besoin de démontrer, dans la présente, l’évidence d’un plan machiavélique d’une communauté religieuse vivant en République Centrafricaine qui, par la voie d’Abacar Sabone, affiche une volonté manifeste de demander, dans une semaine, la scission de la République en deux : Nord et Sud, respectivement musulman et chrétien.

Votre Excellence,
A l’heure où la population centrafricaine, aidée par la communauté internationale, est conséquente pour la refondation d’une Nation, à la reconstruction d’un Etat et à la mise en place des mécanismes d’une gouvernance démocratique, il n’y a pas pire admonestation que des théories d’une rare absurdité déclarées par Abacar Sabone.

La République Centrafricaine d’aujourd’hui, présentée au monde entier comme abandonnée de Dieu et des hommes, livrée aux milices et contrebandiers, sujet au carnage, privée d’appareils de sécurité et, n’a de facto qu’un drapeau à cinq couleurs comme instrument de pouvoir légitime, est la copie mal revue et mal corrigée d’un pays que le Fondateur, feu Barthélemy Boganda avait voulu un Etat d’Honneur. Nos dirigeants actuels au pouvoir, dont les caractères nocifs ne sont plus à prouvés, sont seuls responsables du drame et de la catastrophique situation. Dans leur conquête aveuglée du pouvoir, ils avaient que pillages et exactions dans les localités conquises. Quand bien même installés au pouvoir le risque de génocide est donné pour expliquer l’avalanche de crimes de sangs et de biens sur une base à la fois ethnique et confessionnelle. De grâce, le Peuple centrafricain n’a connu d’humiliation qu’en humiliation depuis les années 1960.

Votre Excellence,
En votre qualité de Chef de département de Communication, de la Promotion de la Culture Civique et de la Réconciliation Nationale, comment avez-vous laissé organiser un tel événement médiatique et donner l’opportunité aux ennemis de la paix, de la cohésion nationale, aux criminels patentés multirécidivistes, aux xénophobes, aux adeptes de la somalisation, d’affirmer et tenir des propos biliaires et saugrenus contre l’Etat Centrafricain, son Peuple et la toute communauté internationale ?

Il vous souviendra qu’il est connu du grand public centrafricain que le désarmement de la seleka signifie également empêcher Michel Djotodia de mettre à exécution la menace de se replier avec armes et bagages dans sa région septentrionale frontalière avec le Tchad, là où ont été repérés les gisements de pétrole et matrice de toutes les rébellions centrafricaines. Vous comprendrez, dans les étourderies déclarées d’Abacar Sabone, les matières qui expliquent en partie une telle prise de position et aussi l'attitude du contingent tchadien au sein de la Misca. Qu’en dira t – on lorsque la communauté musulmane arrive au terme de la semaine indiquée, comme ultimatum, sans obtenir satisfaction à leur exigence ?

Votre Excellence,
Tout en me réservant de rappeler ici les conséquences supplémentaires des assertions, d’un obscure chargé de missions au passés très controversés, tenues dans un contexte où le bain de sang est encore légion, je voudrais faire appel aux pouvoirs qui vous sont conférés de bien vouloir prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter tout débordement communicationnel susceptible d’alimenter davantage division, haine, xénophobies.

Sur ce, Veuillez recevoir Votre Excellence Monsieur le Ministre, l’expression de mes profonds respects.

Francis Macaire YABENDJI-YOGA

 

 
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3 COMMENTAIRES

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un tchadien qui veut mon pays

Par mbakoro

24/12/2013 20:55

En toute vérité,comment Sabone qui est de nationalité tchadienne, ancien membre de la garde présidentielle de deby peut prétendre diviser un pays qui lui a offert l'hospitalié, une identité, une terre d'asile? Peut faille t-il lui rappeler son origine?Il n'existe pas en RCA des peuples D'ethnie Zakawa ni goran pour citer que ceux la. Il doit simplement rentrer chez lui. S'il veut pays ,il en a déjà: le Tchad. Pourquoi les tchadiens veulent -t-ils partager ma terre?

pas de surprise

Par Dambéti

25/12/2013 14:04

Cela démontre ô combien la Centrafrique n'existe que de non, il n' y a pas d'état, seul pays au monde diriger dans sa grande partie, par des rebelles et bandits de grands chemins étrangers. Mr Yabemdji, je vous félicite très sincèrement,et je considère cette attitude comme votre bon penchant, de nos jours il est très difficile de dénicher des perles rares comme vous, la plupart de nos intellectuelles, tel notre ministre Poussou, se contente simplement d'aller à la soupe et oublie la valeur qu'il défendait hier. Ce couillon de Sabonne, m'éprise tous les Centrafricains,un sujet étranger, qui vient s'installer chez nous tranquillement, bénéficiant de notre hospitalité, se retourne contre les chrétiens, c'est pas les dix pour cent de musulmans qui vont faire la loi en Centrafrique, dans les dix pour cent, il faut enlever quelques haoussa, à qui on faisait nos quatre cent coups ensemble, ou le vivre ensemble était possible,le véritable problème de la Centrafrique, c'est le Tchad et son fou de Déby, qui se croit tout permis. Que ceux qui déteste ce pays, le quitte. Oui, on l'aime ou on le quitte.

Un pays qui n’existe plus

Par ANNABELLA

25/12/2013 19:47

Pour la première fois dans l'histoire , un pays est gouverné par des étrangers , je pensait qu'il fallait être natif d'un pays pour faire partie d'une armée , en Centrafrique tout est permis , les centrafricains sont pris en otage dans leur propre pays , au secours la France , pourquoi tous les étrangers de la seleka ne rentrent pas chez eux faire la guerre dans leur pays , au lieu de tuer le peuple centrafricain , le droit de l'homme n'est pas pour les centrafricains et la vie d'un centrafricain n'a pas la même valeur que les autres peuples du monde entier.

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