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Centrafrique: l’heure de vérité

Par Hermann Leï - 18/12/2013

«Le développement politique, économique et socio-culturel attendu ne viendra pas des décideurs actuels et qu’il serait illusoire de croire, une fois de plus, qu’ils fassent preuve de sagesse… »

 

À l’heure où l’on s’interroge, entre autres, sur l’avènement de l’ex - coalition SELEKA (…) et l’issue de la transition actuelle qui a révélé des « Diables » face à la grande détresse de la population, à la détérioration de la situation humanitaire et l’effondrement de l’ordre public, à l’absence de l’état de droit au risque de violence ciblant de groupe ethniques et religieux, aux actes constituants des crimes au regard du statut de Rome, à la destruction du patrimoine naturel et du braconnage, du déséquilibre des principes de bon voisinage et de coopération régionale, etc. Une situation d’urgence complexe qui met aux prises la Communauté sous-régionale, régionale voire internationale et plus particulièrement au défi, la France, puissance tutélaire. Le Centrafrique vit une page tragique de son histoire.

 


© journaldutchad.com
C’est dire, la France et la Communauté internationale risquent de manquer l’occasion de remplir leur devoir salutaire et humanitaire. La crise n’est plus que centrafricaine. Le marché des armes et du danger, la stratégie du déséquilibre peuvent être généralisé dans la sous-région. La mobilisation contre ce risque permanent, de ces exactions et pillages orchestrées, qu’on pourrait considérer lointain dont on pense qu’en protégeant ses frontières, on peut éviter la propagation comme on se préserve de l’Ébola ou autres maladies tropicales. Ces violations récurrentes et cycliques en Centrafrique, un pays enclavé aux frontières poreuses, les deux Congo sont concernés sans épargner le Cameroun. Le Soudan et le Tchad avant les autres en l’occurrence.

 

Depuis le 24 mars 2013, un groupe hétéroclite d’individus armés, enturbannés installe un homme de force à la tête du pays aidé par des mercenaires. Entre temps, dans l’arrière pays, les édifices publics, les lieux de cultes chrétiens ont été mis à sac et profanés. Suivent alors, assassinats, tueries, viols, pillages, enlèvements… Puis est mis en place un gouvernement de transition mais ne réussit pas, en dépit des accords internationaux, à protéger la population molestée qui est menée à coup de Kalachnikov.

« L’ennemi est bête. Il croit que c’est nous l’ennemi alors que c’est lui ».
Celles et ceux qui ont pris conscience de ce qui se passe en Centrafrique savent déjà que la transition politique est un fiasco et que la marche vers le changement souhaité ne viendra pas de ces petits politicards actuels, et qu’il est illusoire de soutenir un homme, quel qui soit, dont la priorité masquée serait l’assouvissement des ambitions personnelles.

Le développement politique, économique et socio-culturel attendu ne viendra pas des décideurs actuels et qu’il serait illusoire de croire, une fois de plus, qu’ils fassent preuve de sagesse, ou d’attendre d’une Conférence nationale un consensus dans l’intérêt supérieur du peuple. La République centrafricaine est plus qu’à l’agonie : elle a donc besoin d’un très bon médecin pour diagnostiquer et éradiquer la petite vérole qui gangrène ce pays.

Les élections présidentielles et législatives à l’issue de cette transition offrent aux centrafricains une opportunité rare : balayez l’ensemble de la classe politique et permettre l’apparition d’un nouvel Homme, digne, responsable, qui a fait ses preuves et acquis une notoriété respectable, exemplaire dans ce pays. Une nouvelle élite.

Au-delà de ce choix, il faut obtenir une prise de conscience plus profonde et précise de l’intérêt national, une formation et une éducation commune à toutes les personnalités qui peuvent avoir un jour à participer aux décisions majeures. La crise centrafricaine lorsqu’elle sera intelligemment résolue au service d’une réflexion politique, stratégique et prospective permettra d’acquérir une vision très claire de l’avenir. Et pour ça, la France reste une puissance phare dans ce pays: elle a donc des responsabilités et une mission!
 
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