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«Quels financements pour les partis politiques en Centrafrique?»

Par Jean-Bruno Gambi - 27/12/2010

Seuls les partis représentés à l’Assemblée nationale peuvent prétendre aux subventions de l’Etat

 

Malgré des dispositions légales prévoyant une subvention de l’Etat aux partis politiques, la situation financière de ceux-ci demeure précaire en raison de la non-application des textes. Comment parviennent-ils à survivre et à faire face aux contraintes imposées par les campagnes électorales? Quelques uns parmi leurs responsables ont accepté de nous donner un éclairage. L’ordonnance 05.007 portant relative aux partis politiques et au statut de l’opposition en République Centrafricaine stipule que «les ressources financières des partis politiques et groupements politiques proviennent de cotisation des membres du parti, des produits de vente des cartes des membres, les revenus liés à leurs activités, les dons, legs, libéralités et la subvention de l’Etat» (art.39). Ladite ordonnance précise que seuls les partis représentés à l’Assemblée nationale peuvent prétendre aux subventions de l’Etat. Interrogés sur l’effectivité de la subvention, la plupart des leaders politiques indiquent n’avoir jamais rien reçu de l’Etat.

 


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Des coupures de Francs CFA
Pour les partis ayant une assise nationale, le parti vit grâce aux dons, legs et cotisations des membres. C’est à peine si, le chargé de communication du Rassemblement Démocratique Centrafricain (RDC, opposition), Calixte Gbando affirme avoir reçu la somme de 1 million de F. CFA en 1996. Pour le Mouvement de Libération du peuple Centrafricains (MLPC, opposition), son secrétaire général, Jean Luc Mandaba, se contente d’indiquer que son parti fonctionne grâce aux cotisations des cadres, des membres et des sympathisants et, de temps en temps, ils reçoivent des dons de l’International Socialiste, ce qui leur permet d’organiser la formation politique de leurs militants. Il convient de noter que pour le RDC et le MLPC des prélèvements à la source sont opérés sur les indemnités mensuelles des députés. Seul parti politique à donner plus de précisions, L’Union Nationale des Démocrates Républicains (UNADER, majorité) indique fonctionner grâce à ses 30 000 membres, qui versent une cotisation annuelle de 1 000 F.

Pour les élections de janvier 2011, le budget évalué à plus de 20 millions CFA sera financé pour moitié grâce à une cotisation spéciale.
Les partis ayant signé l’accord politique avec le parti travailliste Kwa Na Kwa (KNK, au pouvoir) bénéficieront, au second tour, de moyens financiers provenant de leur chef de file. Selon les termes de l’accord électoral signé le 14 décembre dernier, «le candidat de la majorité s’engage à mettre à la disposition des partis politiques signataires, les moyens financiers et les supports nécessaires à la réalisation d’une campagne électorale permettant d’assurer sa victoire». Pour les candidats aux législatives, la majorité s’engage à mettre à leur disposition les moyens financiers et l’appui nécessaire à leur campagne. De manière générale les partis politiques centrafricains vivent dans une situation de relative précarité. C’est peut-être une des raisons pour lesquelles seuls 29 d’entre eux présentent des candidats aux élections du 23 janvier 2011.

 

 
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