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Déclaration d'Emmanuel Olivier Gabirault, Personnalité indépendante

Par Emmanuel Olivier Gabirault - 10/12/2013

Il condamne les actes cruels et inhumains contre la population civile innocente en Centrafrique

 

Juste au moment où un sommet sur la paix, la sécurité se tient en France, où la communauté internationale s’est penchée sur le rétablissement de l’ordre en Centrafrique par un vote du Conseil de sécurité de l’ONU, où des troupes françaises ont commencé à y arriver pour appuyer les forces africaines dans le cadre de cette mission, où NELSON MANDELA, symbole du pardon, de la paix dans le monde entier décède, notre pays a choisi de se faire remarquer d’une manière odieuse par une cruauté rare, sous tous les projecteurs. Les images de la cruelle et inhumaine barbarie contre la population civile perpétrée par deux camps opposés « anti-balaka» d’un côté et « seleka » de l’autre ont profondément choqué le monde entier dont elles ont fait le tour. Elles sont non seulement insupportables, aggravent l’image épouvantable de notre pays sur le plan international, mais montrent le niveau de bestialité atteint par la haine en Centrafrique ainsi que l’absence de la république. Dans une nation moderne comme prétend l’être notre pays, il y a des règles qui guident tout, et les conflits armés sont également régis par des conventions internationales. Ainsi les violences gratuites consécutives à des motivations impures telles la haine, l’animosité, la soif de vengeance, de surcroît sur la population civile innocente, sans défense sont proscrites.

 


© cap
Emmanuel Olivier Gabirault, Personnalité Politique indépendante
Le principe du respect des non-combattants déjà implicite dans la convention de la Haye (1899 et 1907) a été mentionné de façon explicite dans celles de Genève et leur Protocole additionnel (1949 et 1977). Il a été réaffirmé solennellement par l’Assemblée Générale des Nations Unies (1970). Ainsi, on ne s’attaque pas aux vieillards, aux femmes, aux enfants sans arme. Or aussi bien les éléments « anti-balaka » que ceux de la « seleka » ont plus procédé à des représailles sur des populations civiles, à partir d’une base absurde selon laquelle ceux qui ne sont pas musulmans sont chrétiens, et ceux qui sont musulmans sont tous des partisans, voire des complices de « seleka ». Une telle pensée, véhiculée à des fins purement politiques était déjà très dangereuse et ses graves conséquences également prévisibles.

J’ai insisté dès le mois de décembre 2012 auprès du gouvernement afin qu’il fasse de la cohésion nationale qui avait commencé à s’effriter au début de la crise actuelle, une plus grande priorité et y ai insisté dans presque toutes mes déclarations pour attirer l’attention de manière à éviter ce qui est désormais et malheureusement arrivé dans le pays. Je suis doublement choqué d’une part par ces drames qui auraient pu être évités, et d’autre part par l’irresponsabilité des anciens et actuels dirigeants de la République Centrafricaine, plus préoccupés par le pouvoir et ses avantages matériels que d’écouter des conseils pourtant gratuits des compatriotes qui, bien que n’étant pas membres de leurs régimes ou d’une structure étatique quelconque, sont animés par l’amour de la nation. Aucune tribu, quelle que soit sa taille, aucune entente entre tribus dans le cadre d’un bloc régional, aucun groupe religieux, majoritaire ou minoritaire ne peut prétendre diriger la République Centrafricaine dans la paix, autrement dit sans crise.

Il est absolument temps que ce calcul diabolique profondément caché dans l’esprit de certains disparaisse tout seul. Les centrafricains doivent vivre dans l’unité pour reconstruire leur pays qu’ils ont eux-mêmes détruit. Les divisions sur des bases religieuses, pour des raisons purement politiques sont à combattre individuellement, collectivement car de nature à conduire à l’autodestruction. Le terme « milices chrétiennes » pour désigner la milice « anti-balaka » me parait non seulement inexact, mais dangereux, car signifierait que des chrétiens centrafricains se seraient organisés pour une lutte armée contre leurs compatriotes musulmans, ce qui n’est absolument pas le cas.

Les médias internationaux doivent faire attention aux conséquences d’un tel terme. Il est vrai que la République Centrafricaine est composée majoritairement de chrétiens, mais donner l’impression d’une manière simpliste de deux blocs qui seraient entrain de s’y affronter à l’exemple de ce qui se passe ailleurs est totalement inexact. La population centrafricaine ne doit pas tomber dans le piège politique totalement diabolique de ceux qui utilisent tous les moyens pour l’amener à se diviser sur la base de considérations religieuses. Ne brisons pas l’unité nationale car il serait difficile d’en réparer les conséquences. Ne compliquons pas la mission des forces françaises et africaine pour le retour de la paix dans notre pays.

De la même manière que les actes de « seleka » ne sont pas imputables à tous les musulmans, de la même manière, ceux des « anti-balaka » ne concernent pas les centrafricains non musulmans.

Au moment où j’écris ces mots, des exactions sont signalées à Alindao, dans le centre Est, ce qui signifie que la situation connait une extension et justifie en urgence un nombre plus important des forces internationales nécessaires au retour de la sécurité et de la paix sur l’ensemble du pays.

Je lance un appel pressant au Président de la Transition, au gouvernement, aux forces françaises et africaines actuellement à BNAGUI afin de prendre des mesures urgentes pour protéger la population civile dans les quartiers et arrêter les exactions sur des civils innocents.

Je présente mes condoléances à toutes les familles endeuillées par les évènements que vit le pays tout en demandant à Dieu de consoler les cœurs brisés dans ce moment de grande souffrance individuelle et collective.

Que Dieu sauve et bénisse notre pays.
Paris le 06 Décembre 2013
Emmanuel Olivier GABIRAULT
Personnalité indépendante

 

 
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