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Opération Sangaris: Pourquoi et comment

Par La Voix du Nord - 09/12/2013

Raisons de l’engagement, détails des opérations au sol et passage en revue des troupes présentes sur place.

 

L'opération Sangaris (du nom d'un papillon rouge local) mobilise 1.600 militaires français, déployés en appui à une force africaine sur place, la Misca (2.500 soldats). Avec pour mission prioritaire de mettre fin aux massacres et de "désarmer toutes les milices et groupes armés qui terrorisent les populations", ils demeureront dans le pays "autant que nécessaire", et jusqu'à la tenue d'élections, selon Paris.

Quel est le théâtre de l’opération Sangaris ?
Un pays plus grand que la France avec seulement 4,5 millions d’habitants, extrêmement pauvre bien qu’il possède d’importantes réserves de diamants, de l’or et du pétrole. Ancienne colonie française devenue indépendante en 1960, secouée depuis par de multiples rébellions et coups d’Etat. Depuis des années, la majeure partie du pays est abandonnée par l’Etat et en proie aux bandes armées.

Pourquoi une intervention militaire française?
La France poursuit des objectifs à la fois humanitaires et sécuritaires. Plus d’1,3 million de Centrafricains, soit un tiers de la population, ont besoin d’une aide alimentaire d’urgence selon la FAO et plusieurs dizaines de milliers de personnes ont fui les combats pour se réfugier en brousse. Le président Michel Djotodia, ancien chef rebelle désormais au pouvoir, est complètement dépassé par la situation à Bangui et dans l’arrière-pays. Des bandes armées y sèment la terreur, commettant pillages, viols et exactions à répétition contre les civils.

 


© AFP
Mais l’enjeu est aussi stratégique. Le vide sécuritaire en Centrafrique, enclavé entre le Cameroun, le Congo Brazzaville, la RDC, le Tchad et le Soudan, menace la stabilité de la région. Le pays pourrait servir de base arrière aux groupes armés venus des pays voisins, comme la LRA (Armée de résistance du Seigneur), sanglante rébellion ougandaise de Joseph Kony, ou faire l’objet de tentatives d’infiltrations d’éléments islamistes.

Comment intervenir ?
Cela passe par la sécurisation des rues, des itinéraires, la démilitarisation des bandes qui se livrent à des exactions. Les Français devront en particulier sécuriser les deux axes routiers qui partent vers le Tchad au nord et le Cameroun à l’ouest. Outre les combats en zone urbaine, à Bangui ou Bouar (nord-ouest), les troupes françaises devront opérer dans le nord du pays, foyer depuis plusieurs mois d’affrontements communautaires.

Quels effectifs sur place ?
Quelque 1 600 militaires français étaient déployés dimanche en Centrafrique, soit 400 de plus qu’annoncé au départ. L’essentiel des forces est concentré à Bangui, mais des unités sont également présentes dans l’ouest du pays. Ils peuvent compter sur la couverture aérienne des avions Rafales basés à N’Djamena, qui ont conduit vendredi une mission dissuasive, pour montrer leur puissance, au dessus de Bangui.

Quels pays participent à l’intervention ?
Les soldats français auront à leur côté les hommes de la Force de l’Union africaine, la Misca (Cameroun, Congo, Gabon, Tchad). L’Union africaine a décidé ce week-end de porter à 6 000 les effectifs de la Misca, qui compte déjà 2 500 hommes en Centrafrique, mal équipés et mal entraînés. Aucune date n’a été fixée.

Londres, qui a développé ces dernières années sa coopération avec Paris en matière de défense, a proposé « une aide logistique limitée » à la France en envoyant un avion militaire gros porteur C-17. Mais l’envoi de troupes britanniques n’est pas une option, selon Londres.

L’Allemagne a proposé vendredi d’offrir une aide logistique à la France en mettant à disposition des capacités de transport aérien (Airbus A310).

Qui est l’ennemi ?
Il s’agit d’abord des Séléka, groupe hétéroclite de rebelles locaux et de mercenaires tchadiens et soudanais, majoritairement musulmans, qui ont renversé en mars le président François Bozizé. Les effectifs des forces hostiles sont « variables », parfois « peu identifiables », a noté le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian. « Il s’agit beaucoup de rapines, de violences parfois gratuites » avec aussi l’émergence d’une « dérive confessionnelle ». En réaction aux exactions, les milices chrétiennes « anti-balaka » sont apparues depuis septembre dans le nord-ouest du pays, et sont en partie responsables des récents massacres à Bangui. Armés de fusils et de machettes, ils se vengent sur les civils musulmans, éleveurs peuls et commerçants. Le pays s’est peu à peu enfoncé dans un engrenage de violences intercommunautaires et inter-religieuses entre chrétiens (80% de la population) et musulmans, qui ont précipité le feu vert de l’ONU à une intervention française.

Quelle durée pour cette opération ?
Elle « sera rapide, elle n’a pas vocation à durer », a assuré jeudi le président François Hollande. Vendredi, M. Le Drian, qui avait d’abord parlé de 4 à 6 mois, n’a « pas exclu » que les objectifs puissent être atteints en 6 mois. Les éléments de Sangaris doivent être une «force-relais», vers la prise en charge par la Misca.

 

 
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1 COMMENTAIRES

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Merci pour toute ces infos

Par Rophie@

10/12/2013 15:02

Merci Journaldebangui pour ces informations qui sont très utiles.

Continuez sur cette lancée.

Merci encore

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