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Centrafrique: le pouvoir serait-il impuissant face à la situation ?

Par Xinhua - 22/11/2013

Le pays est effectivement en situation de catastrophe, c'est une descente aux enfers. Mais l'envoi de Casques bleus n'est qu'une solution

 

Présente à Bangui avec une force d'environ 400 hommes prévue d'être triplée dans les semaines ou mois à venir, la France a dû attendre huit mois pour admettre, à la suite des Etats-Unis, que la République centrafricaine (RCA) est "au bord du génocide", conséquence d'une grave crise sécuritaire et humanitaire qui dépasse le pouvoir de Michel Djotodia à résoudre. Confortées par les rapports d'organisations internationales de défense des droits de l'Homme comme Human Rights Watch (HRW), les déclarations du département d'Etat américain et du gouvernement français tendent à sonner l'alarme pour l'opérationnalisation du projet d'envoi de 6.000 à 9.000 Casques bleus des Nations Unies pour sortir la RCA du chaos dans lequel elle est plongée depuis la prise du pouvoir des ex-rebelles de la Séléka le 24 mars à Bangui. Les Nations Unies dressent un bilan de 1,6 million de déplacés sur une population de près de 5 millions d'habitants et 400 morts, un chiffre jugé en deçà de la réalité et revu à la hausse à plus de 3.000 morts par des sources y compris judiciaires du pays. Sur place dans la capitale centrafricaine, des réactions sont exprimées pour saluer le processus envisagé, lequel devrait venir renforcer le déploiement en vue dès décembre de la Mission internationale de soutien à la Centrafricaine (MISCA), une force régionale de plus de 3.000 hommes sous mandat de l'Union africaine (UA), en remplacement de la Force multinationale de l'Afrique centrale (FOMAC). "Le pays est effectivement en situation de catastrophe, c'est une descente aux enfers. Mais l'envoi de Casques bleus n'est qu'une solution, qui ne suffira pas à résoudre les problèmes de fond de la Centrafrique aujourd'hui dont toute tentative de règlement véritable doit d'abord passer par le désintéressement de ceux qui ont accompagné la Séléka au pouvoir", a jugé le journaliste et responsable politique Michel Alkhaly Ngady, joint jeudi à Bangui par Xinhua.

 


© thehindu.com
Porté notamment au pouvoir par une organisation hétéroclite de plusieurs mouvements rebelles sous le nom de l'alliance Séléka, Michel Djotodia, ancien fonctionnaire du ministère centrafricain des Affaires étrangères et ex-consul à Nyalla au Soudan, peine en effet à asseoir son autorité en tant que chef de l'Etat de transition face à des combattants dont le contrôle lui échappe. De 4 à 5.000 éléments à l'origine parmi lesquels des mercenaires tchadiens et soudanais, les effectifs de cette coalition armée étaient estimés entre 20 et 25.000 à la fin de l'offensive contre le régime de François Bozizé, suite à une incorporation incontrôlée de repris de justice remis en liberté et de redoutables bandits en liberté dans la nature, de l'aveu même des dirigeants de l'ex-rébellion. Le conflit terminé, aucune mesure n'a pu être prise pour payer et faire rentrer chez eux les mercenaires tchadiens et soudanais qui, sans prise en charge, se servent tout bonnement de leurs armes pour se faire payer sur la bête. D'où les violences et l'insécurité qui persistent à Bangui et d'autres villes centrafricaines huit mois après l'arrivée au pouvoir de Michel Djotodia. Entre pillages, braquages, agressions, assassinats, exécutions sommaires, viols et autres atteintes aux droits de l'Homme, "les exactions sont quasi-quotidiennes et le pays est en train de s'éteindre à petit feu. Un pays sans armée, on s'imagine que toutes les dérives sont permises. Car, Djotodia n'a pas une force militaire conventionnelle sous la main", déplore Alkhaly Ngady.

A l'intérieur du pays, de nombreuses villes, caractérisées par une administration fantôme, comme notamment Bossangoa (Nord- Ouest), Bouca et Bouar (Nord) ou encore Bossembélé (Centre), sont devenues le théâtre d'une résistance armée des populations locales organisées en groupes d'autodéfense contre les ex-rebelles. Ce sont des groupes qualifiés de milices que les nouveaux maîtres de Bangui décrivent comme étant instrumentalisés par l'ancien régime, accusé de tentatives de déstabilisation. "Notre rôle, c'est de ramener la paix en RCA. Il n'y a pas autre chose que ça", a toutefois laissé entendre Michel Narkoyo, ex-porte-parole militaire de la Séléka propulsé après la prise du pouvoir du 24 mars à la tête des services de la Gendarmerie nationale où il servit avec le grade de gendarme de deuxième classe avant d'intégrer la rébellion au sein de laquelle il a pris les galons de colonel. L'ex-dirigeant de l'ex-coalition rebelle joint en pleine patrouille jeudi, affirmait-il, se dit lui aussi favorable à l'envoi de missions de paix internationales. Car, avoue-t-il, "la situation ici est très confuse. Nos frères FACA (Forces armées centrafricaines, armée régulière, NDLR), on les a retrouvés ici à Bangui. Personne n'a désarmé. Les bandits qui ont rejoint la Séléka ont été équipés en armes. Il y a beaucoup d'armes dans la ville de Bangui qui ne sont pas encore ramassées". Mais, se défend-il, "60% des exactions qui se passent aujourd'hui à Bangui, ce n'est pas la Séléka. Comme c'est nous qui sommes à l'origine du désordre, on assume". Il fait part d'un manque criant de personnels qui rend "très difficile" la tâche de sécurisation de la capitale, où il dénombre un effectif de "moins de 400 gendarmes" opérationnels, et du reste du territoire national. "On demande de recruter de jeunes gendarmes pour faire ce travail", confie-t-il, ajoutant que pour l'heure "aucun ex-combattant de la Séléka n'a été recruté" dans ce corps.

 

 
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31 COMMENTAIRES

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Complicité de la france et incompétence du phacophère très bien décrites dans cette ananlyse

Par Nomzamo

22/11/2013 14:38

Excellente analyse de Xinhua. Ce n'est pas un média gaulois qui aurait pu l'écrire.

1- Concernant la france, cet extrait en lui seul explique l'hypocrisie, le cynisme, la couardise, la fourberie, la complicité, la cécité organisée de la france qui est obligée de regarder les crimes de sa créature SELEKA via le tchad et le soudan après les USA. La france est la grande partie du problème et ne peut être associée à la solution. On ne peut pas être juge et partie dans un conflit.

"Présente à Bangui avec une force d'environ 400 hommes prévue d'être triplée dans les semaines ou mois à venir, la France a dû attendre huit mois pour admettre, à la suite des Etats-Unis, que la République centrafricaine (RCA) est "au bord du génocide", conséquence d'une grave crise sécuritaire et humanitaire qui dépasse le pouvoir de Michel Djotodia à résoudre."

2- De l'incompétence de la marionnette française doto amchin. le musulman biaro, voilà le paquet pourri doto machin qui est dépose là, il faut le ramasser et le jeter loin de la RCA.

"Le pays est effectivement en situation de catastrophe, c'est une descente aux enfers. Mais l'envoi de Casques bleus n'est qu'une solution, qui ne suffira pas à résoudre les problèmes de fond de la Centrafrique aujourd'hui dont toute tentative de règlement véritable doit d'abord passer par le désintéressement de ceux qui ont accompagné la Séléka au pouvoir", a jugé le journaliste et responsable politique Michel Alkhaly Ngady, joint jeudi à Bangui par Xinhua."


"Porté notamment au pouvoir par une organisation hétéroclite de plusieurs mouvements rebelles sous le nom de l'alliance Séléka, Michel Djotodia, ancien fonctionnaire du ministère centrafricain des Affaires étrangères et ex-consul à Nyalla au Soudan, peine en effet à asseoir son autorité en tant que chef de l'Etat de transition face à des combattants dont le contrôle lui échappe. De 4 à 5.000 éléments à l'origine parmi lesquels des mercenaires tchadiens et soudanais, les effectifs de cette coalition armée étaient estimés entre 20 et 25.000 à la fin de l'offensive contre le régime de François Bozizé, suite à une incorporation incontrôlée de repris de justice remis en liberté et de redoutables bandits en liberté dans la nature, de l'aveu même des dirigeants de l'ex-rébellion. Le conflit terminé, aucune mesure n'a pu être prise pour payer et faire rentrer chez eux les mercenaires tchadiens et soudanais qui, sans prise en charge, se servent tout bonnement de leurs armes pour se faire payer sur la bête. D'où les violences et l'insécurité qui persistent à Bangui et d'autres villes centrafricaines huit mois après l'arrivée au pouvoir de Michel Djotodia. Entre pillages, braquages, agressions, assassinats, exécutions sommaires, viols et autres atteintes aux droits de l'Homme, "les exactions sont quasi-quotidiennes et le pays est en train de s'éteindre à petit feu. Un pays sans armée, on s'imagine que toutes les dérives sont permises. Car, Djotodia n'a pas une force militaire conventionnelle sous la main", déplore Alkhaly Ngady"

IILS PEUVENT DONNER DES COURS DE JOURNALISMES AUX JOURNALISTES FRANCAIS QUI VENDENT LE DISCOURS OFFICIEL MASQUANT LE TCHAD

Par MEMT

22/11/2013 15:06

Il a fallu cet article, car voyez vous l'opportunisme de hollande et fabuis. Depuis des mois,ils avancent à reculons,maintenant les américains pédalent double,ils envahissent partiout pour parler d'agir.Agir ,ça le devait deès avril quand Séléka s'est revélé une force à tuer des civils. L'hypocrisie continue,ils n'osent même pas doigté le tchad,les mercenaires tchadiens ou les soldats de la fomac qui jouent Séléka contre le peuple quand les populations appellent le numéro fomac et que ce sont eux qui viennent. Tout cela ces politiciens de la double parole de la france ne le mentionnent pas et font dire à leur presse de n'accabler que la partie soudanise. Si vous écoutez les medias hier c'est comme si il n' y avait que les soudanais qui posaient problème en centrafrique or tout le monde sait que Déby dirige tout cela contre le peuple centrafricain de loin et de près par son diplomate accrédité. Centrafrique ne veut pas d'un dictateur dont les moeurs dépasse sa frontière. Depuis kolingba jusqu'à aujourd'hui ce t assassin de président veut utiliser centrafrique comme sa base arrière de défense de dictature. Nous n'en voulons pas et à chaque fois qu'il se bute à un des dirigeants,il ouvre un corridor pour un coup d'etat. Avec des cons politiciens que nous avions,parce que bozizé est venu par là,ils ont refait comme ils faisaient au temps de Bongo père où ils se comportaient comme des mendiants. Ils sont partis vendre leurs services au diable,rgardez meme un avocat que les gens pensaient incorruptibles est tombé dans le filet des dictateurs et ne peut plus rien dire,meme quand il parle on voit bien les précautions quil utilise pour ne pas froisser son ou ses parrains.
quant à Ziguélé,l'homme de Djotodia l'homme de la situation,je crois pour lui,il lui sera honnete de s'abstenir de demander à un peuple qu'il a trahi de lui donner sa voix. Je pense qu'il connait déjà la réponse. Tous ces traites connaissent la réponse à moins qu'ils font fi,certains que comme toujours la france votera à la place de ce peuple centrafricain comme partout en Afrique où il y a encore les derniers dictateurs ,attitude qu'on subie depuis qu'on fait semblant de nous parler de démocratie en Afrique francafrique

@ mon compatriote MENT, motion de soutien

Par Nomzamo

22/11/2013 15:15

Je partage entièrement votre analyse en tout point de vue. Les médias français sont des laquais qui relayent la PROPAGANDE de leur pays des droits de le'homme "BLANC CAUCASIEN". Pour avoir échangé avec certains d'eux, ce sont des minables, des petits télégraphistes qui n'arrivent pas à la cheville de certains journalistes des pays du sud.

Il semblerait que le ziguélé aurait avancé qu'il ne se présenterait pas à la cérémonie du 1er décembre 2013 (de quoi s'agit-il déjà) parce qu'il y a trop de morts. Je pense qu'il a peur pour sa propre vie.
Les autres traitres surtout le fameux et imposteur ousman tiangaye ne risquent rien d'attendre. Il aura des circonstances aggravantes. C'est lui qui a servi de "caution morale" à ces assassins qui tuent ns compatriotes depuis 8 mois.

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