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Refondation des FACA: le mythe de Sisyphe de la CEEAC

Par Naïm-Kaélin Z. - bêafrika Sango - 04/11/2013

On dirait que le dévoilement tarde à saisir la véritable nature du mal centrafricain

 

Ce n’est que normal dès lors que seuls les Centrafricains seront à même de mettre la main sur la cause réelle de leur malheur, car c’est eux les premiers auteurs, les arrivistes et les situationnistes de leur propre sort. Les dernières décisions prises par les 10 Chefs d’Etat de la CEEAC sont louables mais elles pèchent à deux niveaux.

La question de la refondation de l’armée centrafricaine est de l’ordre de celles auxquelles se sont confrontés presque tous les régimes politiques centrafricains depuis l’Indépendance. L’air frais du pouvoir qu’ils viennent de prendre soit par la voix des urnes mais soit majoritairement par les armes, chaque chef d’Etat peaufine quelques projets allant dans le sens de la restructuration des Forces Armées Centrafricaines (FACA), de leur formation, de leur dotation en équipement et en matériel de travail. Curieusement dans les faits, un hiatus notoire se fait voir entre le dire et le faire de ceux qui sont dotés par la Constitution du titre de Chef Suprême des Forces Armées.

 


© journaldutchad.com
Si déjà Michel Djotodia fait remonter l’origine des maux centrafricains dans les périodes qui l’ont précédé, déclarant qu’il est venu trouver ces problèmes, l’espérance n’est plus une possibilité. De ce fait, il n’est ni l’auteur et par voie de conséquence le pays serait en face d’une fatalité. Comment pourrait-il entreprendre de profondes réformes, capables de faire décoller le pays? C’est ainsi qu’il s’est mis dans la manche de ses prédécesseurs, n’ayant pour les FACAs qu’une attention factuelle, tournant autour du pot. Intentionnellement, la dénomination des FACA qui devait désormais devenir Armée Républicaine de Centrafrique (ARC) a servi de matière à ses détracteurs qui n’ont pas tardé à le ramener sur les rails, estimant que changer l’appellation de l’Armée Centrafricaine est du ressort de la loi dont seuls sont capables les élus de la nation.

Son véritable dessein se découvrira lors de la nomination des Commandants des différentes Régions Militaires de la RCA. Les commentaires afférents ont eu déjà la chance de combler à satiété le Centrafricain lambda. Inutile d’y revenir. Ceci est une véritable volte-face sinon une démarche de coq à l’âne de la part du nouvel homme fort de Bangui qui donne l’impression de transformer de fond en comble l’involution de l’armée centrafricaine en évolution. Toutefois, « les faits étant têtus », la refondation des FACA donne l’air d’être lettre morte dans l’agenda du présent régime. Comme Patassé privilégiant sa GP essentiellement constituée des ressortissants de sa région, Bozizé idem, Djotodia risque de mettre en coupe réglée l’armée centrafricaine au profit de l’ex Séléka. Nous le voyons, l’option de la communauté internationale d’appuyer le processus de RSS et au-delà la refondation des FACA risque de piquer du nez dès lors que cette collaboration n’a de sens que lorsque les autorités centrales montrent la volonté de jouer effectivement leur part du jeu.

La « grande muette » devenue la grande parlante en Centrafrique à travers sa politisation et son implication dans les questions qui lui sont interdites joue en sa défaveur. Ce n’est plus un secret de Polichinelle, les différents mouvements rebelles qui ont réussi à s’emparer du pouvoir central, bénéficient du suppôt de certains éléments des FACA. Au prix de gain facile, les secrets d’Etat sont révélés, les armes et munitions de guerre sont vendues aux ennemis, le plan de guerre des forces régulières est livré. C’est dire que si aujourd’hui et depuis toujours, l’armée centrafricaine est restée une armée en théorie, c’est dû aux turpitudes de certains Officiers et Sous-Officiers, aux délations et fiches mensongères montées au nom des autres. Cette refondation n’aura de sens que lorsque les FACA se seront montrées responsables, conscientes et efficaces vis-à-vis d’elles-mêmes et vis-à-vis des politiques. L’armée égyptienne pourrait servir d’exemple.

 

 
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