INTERVIEW  |    

M. Affane Mohamed: le nouveau Directeur Général de la BPMC

Par Martial - bêafrika Sango - 02/11/2013

«Le Maroc est venu ici pour accompagner le développement du pays. Ce n’est pas une opération commerciale»

 

Auriez-vous l’amabilité de vous présenter et faire connaitre l’institution bancaire dont vous avez la charge?
En ce qui concerne mon profil, j’ai pratiquement 23 ans d’expérience professionnelle à la Banque Populaire Marocaine (BPM). J’ai roulé ma bosse pratiquement au niveau de tous les services de la banque avec une solide expérience au niveau de la filière commerciale. J’étais responsable d’une banque composée de 31 agences qui gèrent 120.000 clients. Et aussi, j’ai une formation en Inspection de l’Audit. Ce qui fait que le choix a été porté sur moi donc pour répondre à des objectifs. Un homme de terrain qui va développer la banque, vraie banque de proximité et un profil d’inspecteur auditeur qui doit veiller à la stricte application de procédure et de la réglementation. C’est ça mon profil en quelque sorte à l’aspiration et à la volonté de l’administration de donner à la BPMC un nouveau souffle.

 


© bêafrika Sango
M. Affane Mohamed: le nouveau Directeur Général de la BPMC
Et le «profil» de la Banque Populaire Morroco Centrafrique?
Concernant la BPMC, elle a été créée en 1990, il y a 23 ans suite à la volonté de deux chefs d’Etat du Maroc et de Centrafrique de développer le partenariat sud-sud et qui est sous la forme d’un partenariat solidaire. Le Maroc est venu ici pour accompagner le développement du pays. Ce n’est pas une opération commerciale, mais c’est une opération qui rentre dans le cadre de partenariat et qui a résisté aux différentes phases tumultueuses qu’a connues le pays et qui en est sorti toujours indemne. Ce qui fait aujourd’hui que la BPMC joue toujours son rôle, qui va lui permettre dans l’avenir d’atteindre ses objectifs. Le capital de la BPMC est composé à hauteur de 62,5% de la participation de la banque populaire marocaine et 37,5% pour l’Etat Centrafricain. Et donc, c’est une banque qui appartient à l’Etat. Ce n’est pas une banque privée. Par voie de conséquence, c’est une banque qui s’inscrit dans le cadre de la politique de l’Etat pour accompagner la politique de l’Etat. La structure de la BPMC est composée de la Direction Générale et pris en compte par l’actionnaire marocain, le Directeur Général Adjoint qui représente l’Etat Centrafricain est désigné par la Présidence de la République. Au niveau du Conseil d’Administration qui est l’organe dirigeant, il y a quatre représentants du côté marocain et trois représentants de l’Etat Centrafricain. Cette organisation vise donc à gérer la banque avec la transparence et toutes les parties sont représentées que ce soit au niveau de la Direction ou au niveau de l’Administration.

Après les premiers jours de votre prise de service, quel est l’état des lieux de la BPMC?
Je vais vous parler de l’état des lieux de manière générale. L’état des lieux du pays, puisque je viens d’arriver. C’est mon premier diagnostic que j’ai pu élaborer sur la base d’entretiens que nous avons eus avec les différents Ministres, acteurs, clients et le personnel. Le Centrafrique souffre d’un problème structurel au niveau de son activité dans le domaine bancaire dans la mesure où les crédits distribués au niveau de la RCA dépassent largement les dépôts de la clientèle. Vous savez pertinemment que c’est l’inverse qui doit se faire. Il faut que les dépôts soient plus importants que les crédits. Dans le cadre de Centrafrique, c’est le contraire. C’est un problème structurel, c’est-à-dire que les crédits distribués au niveau de la RCA ne permettent pas de canaliser les dépôts. Quand on accorde le crédit, il faut que ce crédit porte des fruits qui se transforment en dépôts. Les dépôts sont ensuite distribués aux clients. Or, le cas de Centrafrique dépasse largement le dépôt de la clientèle. Avec la crise qu’a connue le pays, c’est normal que tous les acteurs aient des problèmes. Il y a aucun acteur au niveau de la RCA qui n’ait pas été touché par les effets de la crise. Donc, il y a une pression sur la liquidité. La BPMC de par sa participation active dans le développement économique du pays, a été la plus exposée à cette crise, contrairement aux autres banques qui ne distribuent pas de crédits… Face à cette situation, la maison mère a apporté son soutien à la BPMC sous forme d’une avance de 5 millions d’euros qui visait donc à aider la BPMC à dépasser ces situations. Chose normale dans une période de crise. J’allais même dire que la BPMC a démontré sa solidité financière dans cette crise, sinon c’était une banque qui allait être mise dans une situation difficile. Mais grâce à ces fondamentaux qui sont un capital de 10 milliards de francs CFA. C’est la seule banque qui a un capital libéré de 10 milliards de FCFA et de fonds propre de 15 milliards de FCFA. Pour dire que c’est une banque qui a une solidité, qui a des fondamentaux qui lui permettent de faire face à ce genre des situations.

Devant ces situations, quelles sont les actions que vous allez entreprendre à court, moyen et long termes?
D’abord à court terme, on va accélérer le redressement de la situation avec un regain de confiance entre la banque et ses partenaires qui, déjà commencent à donner ses fruits. Nous avons eu des rencontres avec l’ensemble des différents acteurs et tout le monde s’accorde aujourd’hui à dire que l’urgence est que tous les acteurs doivent travailler la main dans la main pour sortir le pays de cette crise et essayer de lui donner les moyens nécessaires pour se développer. Il faut entamer ces actions de développement.

A moyen terme, la BPMC comme je vous l’ai dit, a un partenariat solidaire avec le Maroc, partenaire historique. Il est normal que le fruit de ce partenariat puisse répondre aux aspirations du pays. Le Maroc est présent en RCA, pas pour gagner de l’argent, il faut le préciser. Je vous précise que la partie marocaine n’a jamais encaissé ses dividendes des résultats. Dividende, c’est-à-dire la partie qui revient à chaque actionnaire sur le bénéfice. La partie marocaine a toujours investi ses dividendes dans la BPMC, ça prouve que le Maroc n’est pas là pour l’argent. Nous sommes là pour accompagner le développement socio-économique du pays et mettre à profit l’expérience marocaine non seulement dans le domaine bancaire mais aussi dans tous les domaines. Nous allons travailler ensemble avec les différents Ministres sur un certain nombre de secteurs stratégiques, tels que l’agriculture, le tourisme…

C’est la seule banque qui a un capital libéré de 10 milliards de FCFA et de fonds propre de 15 milliards de FCFA. Pour dire que c’est une banque qui a une solidité ...
Affane Mohamed

 

Notre action dans le futur, c’est d’essayer de participer au développement socio-économique du pays. Nous allons entamer dès l’année 2014 un large programme d’implantation d’agences. On va aller s’implanter dans l’arrière-pays pour être plus proche de la population et pour continuer notre effort de bancarisation.

Selon vous, est-ce que la BPMC peut prétendre à une nouvelle performance et offrir des crédits?
Oui ! Quand je dis que la BPMC participe au développement socio-économique, le moyen, l’outil pour arriver à ça, c’est d’ouvrir les agences, de bancariser, de collecter les dépôts et de distribuer les crédits. C’est ça notre mission, notre ambition.

C’est-à-dire que vous allez entreprendre des réformes?
Aujourd’hui, nous allons entrer dans une nouvelle phase qui est sous forme de réforme, c’est-à-dire qu’on va réviser la banque, moderniser son système d’information (informatique), moderniser son mode de management qui doit être basé sur la technique et aussi moderniser sa relation avec ses partenaires. C’est une réforme qui s’inscrit dans la continuité, car il faut que la banque et le pays se modernisent. Je pense que c’est la locomotive pour aider le pays dans la gestion moderne. Tout ça fait que nous allons entrer dans une phase intéressante et nous comptons sur la collaboration et l’appui des partenaires dans cette gestion, ainsi que la collaboration des médias pour être porte-parole auprès du public.

Quelle est votre collaboration avec le personnel?
Je pense qu’aujourd’hui, après une période difficile, il y a eu un certain nombre de choses. Aujourd’hui, nous allons bâtir de nouvelles relations avec le personnel, basées sur la responsabilité et sur le partenariat. Je compte appeler les délégués du personnel des partenaires sociaux, des partenaires qui participent dans la stratégie, car la Direction ne peut réussir sans les engagements et la solidarité de tout le personnel. Et moi, je fais partie du personnel de la banque. Avec les délégués du personnel nous nous sommes mis d’accord sur la nouvelle approche basée sur la responsabilité, la solidarité, l’écoute et toujours dans le cadre du partenariat.
 
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3 COMMENTAIRES

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Soyez la Bienvenue Mr Le DG

Par MBIWA

06/11/2013 09:31

Bienvenu Mr Affane, vous êtes chez vous. Surtout merci pour vos initiatives pour la reforme et la modernisation et surtoutle projet d'ouverture des Agences dans l'arrière-pays.Malheureusement,mes compatriotes vous accuseront de venir Islamiser la Centrafrique.

Bon courage DG!

Qu'il paie déjà...

Par Alpha

06/11/2013 19:52

... tous ceux qui se sont fait avoir par cette banque !

EN PROVINCE POURQUOI ?

Par abou

16/11/2013 09:03

IL AURA FALLU 23 ANS POUR QUE CETTE BANQUE DE TRAFIC QUI EST LA SIMPLEMENT POUR DONNER DES APPUIS FINNACIERS AUX MUSULMANS LIBANAIS ET AUTRES SE DÉCIDE D'OUVRIR EN PROVINCE. DANS QUELS BUTS, SI CE N'EST DE RAPPROCHER LA CAISSE AUPRES DES PUITS DE DIAMANT ET D'OR POUR ACCENTUER LE PILLAGE. OUVREZ VOS YEUX CENTRAFRICAINS.

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