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RCA: le Conseil de sécurité déçoit la France

Par Celestin Ngoa Balla, à New York - 22/10/2013

Comment Paris n’a pas eu des Nations unies le soutien nuancier et logistique au profit de la MISCA

 

Les pays de la sous-région, et tout autre pays membre de l'Union Africaine, vont «en temps utile» appuyer la Mission Internationale de Soutien à la Centrafrique (MISCA). Le Secrétaire Général de l'ONU Ban Ki-moon est chargé de présenter au Conseil de sécurité «des options détaillées pour un soutien international à la MISCA, y compris sa transformation éventuelle en une mission de paix de l'ONU, sous réserve que les conditions sur le terrain le permettent». Pour Charles Armel Doubane, ambassadeur de RCA à l'ONU, «cette résolution répond parfaitement aux attentes de mes compatriotes», a-t-il déclaré avant de continuer:« la RCA qui était oubliée est maintenant devant les projecteurs». Le gros déçu dans l'affaire, c'est Gérard Araud, ambassadeur de France à l'ONU. L'on se souvient qu’en marge de la 68e Assemblée Générale de l'ONU en septembre dernier, la situation en RCA a été à l'origine de trois réunions. A chacune de ces réunions, où l'on remarquait la présence de Ban Ki-Moon, la France avait porté le cas centrafricain au Conseil de sécurité de l'ONU. Tant tous les intervenants à ces meetings en marge de l'AG alarmaient de la «somalisation de la RCA».

 


© Intégration
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Paris espérait une résolution en faveur d'un soutien financier et logistique de la MISCA par la communauté internationale. Et le volet financier tant souligné ne sera jamais abordé par la résolution 2121. «La France ne va pas faire en RCA ce qu'elle a fait au Mali, où elle a ré- pondu à une urgence», a-t-il dit avant de révéler que son pays fera passer son contingent militaire à Bangui de 450 hommes à 700. Juste ça. Pour le Conseil de sécurité de l'ONU, ce qui se passe actuellement en RCA, s'appelle: «effondrement total de l'ordre public». Et c'est cette situation- là qui est à l'origine de «la détérioration considérable de la situation sécuritaire et l'aggravation des tensions intercommunautaires» dans ce pays. A l'origine de ce désastre? Pardi, le coup de force des rebelles armés de la Seleka. Ces hommes partis du Nord ont en effet réussi à chasser François Bozize du pouvoir. Et depuis le 18 août dernier, Michel Djotodia se réclamant à la tête de la Seleka, a prêté serment comme le président de la transition. Mais, rien n’a changé en RCA.

Fabius à Bangui A en croire Laurent Fabius, le ministre français des affaires étrangères, en visite à Bangui le 13 octobre dernier, « la RCA a connu, dans le passé, des situations graves, très graves. Mais jamais la RCA n'avait connu une situation aussi dramatique». De- puis qu'ils sont maîtres à Ban- gui, les hommes de la Seleka se livrent à des assassinats, pillages et tant d'autres exactions qui causent des milliers de dé- placés à l'intérieur du pays, et des milliers de réfugiés dans les pays voisins. Aujourd’hui, des milices se réclamant de l'autodéfense surgissent çà et là dans le pays. Le Conseil de sécurité a, une fois de plus, condamné « la prise de pouvoir par force de la coalition Seleka le 24 mars dernier. Et le Conseil de sécurité a exigé que la Seleka et les autres milices déposent immédiatement les armes». Ceci afin de permettre l'acheminement de l'aide humanitaire aux populations en RCA. Le Conseil de sécurité a également de décidé de renforcer le mandat du Bureau des Nations unies pour la consolidation de la paix en RCA. Ce mandat prévoit concrètement un appui à la mise en œuvre du processus de transition, en facilitant la mise en œuvre du processus électoral. En plus de la prévention des conflits et l'assistance humanitaire, ainsi que la stabilisation des conditions de sécurité.

 

 
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2 COMMENTAIRES

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La France voulait avoir les mains libres en RCA!!!!

Par KOTA LIKONGO

26/10/2013 11:57

La nouvelle du renforcement de la présence de l'ONU a déçu la France tout simplement parce que elle veut être seule maitre a bord du bateau centrafricain. nous voulons plus la manigance de la France. si elle veut agir en RCA cela doit être sous la bannière des nations unies pas comme en cote d'ivoire ou il y' avait la force Licorne a part et les nations unies a part.
Merci ONU de SURVEILLER LA FRANCE EN RCA pour éviter d'autres plans d'extermination du peuple avec le TCHAD.

L’analyse de l’ONU : « effondrement total de l’ordre public »

Par jean Mbalanga

26/10/2013 17:30


L’effondrement total de l’ordre public signifie concrètement que la sortie de la crise n’est pas pour demain. Le prochain président n’a pas d’illusion à se faire. Il n’y a plus d’organes d’administration du pays. Une certaine tradition de la « croyance collective » de l’utilité publique à travers ses lois, ses utopies démocratiques s’éteint dans nos cœurs. Une longue nuit de doute s’accompagne de la monté en puissance des communautés, dont les revendications légitimes vont prendre en otage notre ETAT. Or le projet national était à l’origine un projet de mobilisation contre l’analphabétisme et la misère. Le refus de l’esclavage ; de la colonisation était à ce prix, où l’individu prend en main le périmètre de sa liberté dans le cadre d’un « contrat social progressiste».

Un Etat en situation d’« effondrement », mis à part des conséquences d’une invasion militaire massive est rare. Il s’agit en réalité d’un château de carte, alimenté 50 ans durant d’une crise des élites. Plusieurs présidents « par défaut » ont jalonné notre histoire. Pendant ses périodes, la société n’a pas progressé. La mobilisation politique des citoyens engagés par le progrès a régressé. Pour preuve la dissolution des mouvances étudiantes, par nature critique vis-à-vis du pouvoir a laissé un « blanc » dans leur vision du monde. Au sein des partis politiques, la corruption à méthodiquement disjonctée les neurones, pour substituer un semblant de « consensus mou », garantie solennellement par des conférences nationales dites « inclusives ». Pendant que le château de carte s’élevait sans vision et sans convictions, sous le regard hagard des victimes de la misère (quatre millions de Centrafricains abandonnés), quelques individus s’enrichissaient au nom de la république, laquelle s’est trouver érigée en « patrimoine privée », hérité de la colonisation.

Cette remise en cause globale de notre histoire à des conséquences douloureuses que nous devons regarder en face. Quel poids aura la communauté internationale dans cette refondation inédite. Quelle légitimité la nouvelle armée obtiendra des dirigeants locaux, puisqu’elle sera entièrement façonnée à froid, selon des principes de sécurité internationale. Où en seront les rivalités communautaristes quand il s’agira de rebâtir une administration publique, loyale et impartiale. La velléité des intellectuels « musulmans », dans ce contexte de revanche longtemps contenue, est une étincelle supplémentaire. Serons-nous, au cœur d’une Afrique en mouvement plein d’ambitions, un peuple nain, incapable de produire un projet politique viable ?

Certains milieux musulmans de la diaspora, espèrent engranger le maximum de bénéfice politique possible, pendant que le pays est à genou. Il se dit que la supériorité ethnique des musulmans (grands commerçants) est un atout dans ce pays déstructuré. En effet dans le dépiéçage du « patrimoine Etatique » par nos élites étourdies de basse vengeance (un sentiment propre aux illettrés), nos populations de culture islamique se sont trouvées exclues, de la gestion du pouvoir. Les tentions politiques que soulèvent cette croisade des musulmans indigènes s’articulent dangereusement avec les questions géopolitiques de la mainmise des puissances étrangères sur notre pays. SELEKA est applaudie, malgré les effets dévastateurs du point de vue humain et économiques de leurs actions politiques destructrices. Nous avons le sentiment pour avoir de l’expérience dans nos relations amicales, que les musulmans voient le centrafricain de la rue comme un « sauvage ». Ce profil existe, je l’ai vécu.

Le Rendez-vous des communautés nous ramène forcement à un état de nature. Il faut imaginer la panique qui règne dans l’arrière-pays. N’ayant plus d’administration, plus de gendarme, plus de militaire, une arrivée de véhicule dans le village est assimilée aux assaillants SELEKA. Les villages sont désertés, plus de civilisation, on vit retirer dans la brousse. Une expérience vécue en directe où l’arrivée d’un proche dans un véhicule à déclencher la fuite parce qu’on a signalé des assassinats dans la région. Le pays vit à grande échelle, un phénomène de panique observée habituellement dans la « foule ». La RCA est devenu un grand grabataire.

Les ressources à déployées pour la reconstruction sont en grande partie dans nos cœurs et dans nos esprits. Discutant avec un amis alors au gouvernement (nous avons milité ensemble dans le syndicat étudiant), je fus frapper par sa nouvelle religion, à savoir disait ’il : « les aides nous sauveront ». Le regard de nos dirigeants est tourné vers l’extérieur, où viendra la barque de NOE après le déluge. Il faut en finir avec cette religion. La communauté internationale n’a jamais lâché la République Centrafricaine. Le travail énorme des ONGS pour sécuriser nos populations éparpillées est déjà convainquant. Regardons en nous-même et produisons de la matière. Qu’est-ce que c’est la politique, l’économie, la société, l’histoire, le développement, le progrès. Le bonheur des Centrafricains est lié à la cohérence ; au pragmatisme moral de nos dirigeants. Nous en avons assez des « élites gigolos ». La pyramide des valeurs est vécue à l’envers dans ce pays. Tous les médiocres au pouvoir, et tous les méritants créatifs ou chassés, ou assassinés, ou alors condamnés à vivre à l’étranger.

L’examen de conscience doit nous permettre, de commencer à nous prendre en charge. Alors les communautés retrouveront leur place dans la république, pendant les dirigeants jouerons leur rôle dans le développement national. L’anarchie politique est une blessure morale. Cela signifie que nous sommes incapables de promettre le minimum vital à nos enfants, à nos femmes, à nos mamans…

… QUE DIEU BENISSE LE DEVENIR DE LA RCA

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