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Ceeac: on désarmera de force en Centrafrique

Par Stéphane YAS (AFP) - 22/10/2013

Les participants au sommet de Ndjamena ont aussi exigé du régime de Bangui la mise sur pied d'un calendrier précis sur l'organisation d'élections générales dans un délai de 18 mois

 

Les dix pays membres de la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC) se sont encore réunis à Ndjaména hier lundi 21 octobre. Après que l’application des précédentes déclarations de Ndjamena soit restée sans effets conséquents sur les personnes, les présidents d’Afrique centrale ont ordonné à la force africaine en Centrafrique (Misca) de désarmer "sans délai" et par la force s’il le faut, "tous les éléments armés étrangers" qui martyrisent une population livrée aux crimes de bandes armées. Les participants ont également exigé du régime de transition à Bangui la mise sur pied d'un calendrier précis sur l'organisation d'élections générales dans un délai de 18 mois. Le Tchad, qui organisait la rencontre et principal soutien du régime de Bangui, joue un rôle politique et militaire majeur chez son voisin centrafricain.

 


© AFP
Les chefs d'Etat d'Afrique Centrale sur la Centrafrique
Lors de ce sommet extraordinaire à N'Djamena convoqué par le chef d'Etat tchadien Idriss Déby Itno, président en exercice de la CEEAC, les chefs de l'Etat et de gouvernement ont aussi exigés le déploiement de la Misca sur tout le territoire centrafricain en lui demandant de procéder au désarmement et à l'éloignement sans délai, volontaire ou forcé, de tous les éléments armés étrangers du territoire de la République centrafricaine. A cet effet, ils ont décidé d'apporter à la Misca l'appui aérien approprié, selon le communiqué final du sommet.

Depuis le renversement du président François Bozizé le 24 mars par la coalition rebelle Séléka dirigée par Michel Djotodia, la population du pays vit, selon l'ONU, "une tragédie", victime de meurtres, viols, pillages perpétrés par d'ex-rebelles et des mercenaires venus du Tchad et du Soudan qui avaient rejoint les rangs de la Séléka. La force africaine - qui compte actuellement 2.500 soldats sur un total prévu de 3.600 - tente d'y rétablir la sécurité et de désarmer ces hommes. Mais son action est limitée par des difficultés logistiques et financières. A cet égard, le sommet appelle la communauté internationale à apporter de "façon urgente un appui financier et logistique à la Misca".

"Instrumentalisation des populations"
Les chefs d'Etat ont également demandé au secrétariat général de la CEEAC et à l'Union africaine de "poursuivre leurs efforts en vue d'obtenir du conseil de sécurité des Nations unies un mandat robuste pour la Misca, sous chapitre 7 de la charte de l'ONU", qui autorise l'emploi de la force. En réclamant des moyens et un mandat conséquents pour la Misca, les pays d'Afrique centrale se placent sur le même terrain que la France, l'ancienne puissance coloniale qui est montée en première ligne au Conseil de sécurité de l'ONU afin d'obtenir un renforcement du mandat de la force et se dit prête à augmenter le nombre de ses troupes dans le pays. Paris a un détachement de 400 soldats qui contrôlent l'aéroport de Bangui mais ne participent pas aux opérations de la Misca. Sous pression internationale, le président Djotodia, présent au sommet de N'Djamena, a lui dissout la Séléka et cherche depuis à neutraliser les chefs des bandes armées qui en faisaient partie.

Les exactions sans fin d'ex-rebelles ont provoqué des violences intercommunautaires qui menacent désormais de prendre un tour religieux entre chrétiens, qui constituent la grande majorité de la population, et musulmans. Les combattants qui formaient les rangs de l'ex-rébellion se revendiquent de confession musulmane et M. Djotodia est le premier président musulman de l'histoire du pays.
Sur ce point, le sommet a "condamné l'instrumentalisation des populations sur la base des appartenances ethniques et religieuses à des fins politiciennes". Mais il a également exigé "l'organisation, dans les meilleurs délais, d'une conférence nationale incluant tous les acteurs de la vie politique et sociale de la RCA" et que le régime de transition désigne rapidement l'autorité en charge de conduire le processus électoral vue de l'élaboration et de la mise en œuvre d'un calendrier précis" des élections générales devant se tenir dans un délai de 18 mois à compter du 18 août, date de la prestation de serment de M. Djotodia.

 

 
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5 COMMENTAIRES

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Tergiversement de l'exécutif centrafricain par rapport aux résolutions de la CEEAC

Par Poulélé

22/10/2013 18:21

L'adhésion de l'homme fort de Bangui aux résolutions issues du dernier sommet de la CEEAC est très problématique. L'opération de désarment en cours à Bangui qui apparait comme une étape indispensable à la sécurisation du pays se heurte à des obstacles multiformes délibérément entretenus par le pouvoir actuel. A l'heure actuelle, des véhicules déposent nuitamment des armes à feu chez les "Ex-Séléka" qui ont déjà été officiellement désarmés par la FOMAC. A titre d'exemple, un groupe d'Ex-Séléka vivant au quartier Brazza (5 ème arrond) a été désarmé le 17/10/2013. A 23h 47 de la même journée, ces derniers ont été ravitaillés en armes. Aux environs de 4h du matin, ils ont terrorisé tout le quartier par des coups de feu pour démontrer qu'ils ont toujours la situation en main. Cette situation ne peut qu'entretenir le désespoir chez la population civile qui en a marre de cette cruelle cohabitation.

De qui se moque-t-on?

Par Tartuf

22/10/2013 18:42

Que n'avait depuis cessé de dénoncer le M2R a propos des supplétifs tchadiens, soudanais, ougandais et autres? Et les "chefs d'Etat" de la CEEAC? Les pauvres hommes! Il leur aurait fallu l'ultimatum de Fabius pour qu'ils sortent du dessous de leurs lits dans la piteuse crise centrafricaine!!! Ah! oui la CEEAC dispose de moyens dissuasifs aériens pour nettoyer la RCA des pourritures séléka?! De qui se moque-t-on?!!!
Comme çà Moussa Assimeh et sa horde de bandits rentrent tous fiers chez eux au Soudan sans être inquiétés ni par la justice centrafricaine ni la Cour Pénale internationale?! Honte à Tiangaye, Pouzère, Mboli Goumba doivent démissionner du barreau!!!
Toutes les victimes vivantes ou mortes, de viols, tortures et autres atrocités des séléka hanteront longtemps le sommeil de la bande à Djotodjia!

Les résolutions dela CEEAC, tourchon pour DJOTODIA

Par KODROTIZO

22/10/2013 18:57

DJOTODIA s'enfout des résolutions de la CEEAC. parce qu'il avait l'idée en tête de conserver le pouvoir. Le désarmement oui, accord sur les lèvres mais dans la pratique c'est autre chose. Pour preuve, le contingent tchadien a eu à s'opposer au désarmement des Ex-rebelles. ce qui a fait remonter la colère des autres contingents de la FOMAC. Egalement, le soi-disant Colonel NARKOYO (gendarme de 2ème classe occupant forcé de la villa du Commandant DEPOT) pilotant les opérations de désarmement s'était opposé aux fouilles d'une Mosquée. QUID? alors c'est pour vous dire très chers compatriotes que c'est contre son gré que DJOTODIA procède au désarmément. Entre autres étrangers à faire partir le Général NOURELDINE (demander à Eric NERIS (MASSI oiseau de même acabit) l'histoire en dira long sur la présence des mercenaires étrangers utilisés par son defunt beau-père Charles MASSI pour la conquête du pouvoir.
Aujourd'hui, tout le monde est incapable de siffler la fin de la récréation à la SELEKA, parce que eux tous (TIANGAYE, ZIGUELE,et autres ont accepté l'assujettissement de notre pays au profit du TCHAD, du SOUDAN et du QUATAR. preparons la riposte pour tous ces collaborateurs islamistes jihadistes que nous connaissons tous. C'est la solidarité des Sectes qui les a amené au pouvoir. il n'y que le chapelet qui est leur poison.

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