DéBATS & OPINIONS  |     KIOSQUE  |    

Centrafrique: Hollande prépare une nouvelle guerre

Par Daniel MESCLA-lutte-ouvriere-journal.org - 17/10/2013

Le président Français a fait adopter par l'ONU une résolution ouvrant la voie à une intervention militaire en Centrafrique

 

Il s'y activait depuis plusieurs mois, car si la France a perdu le contrôle de cette ancienne colonie mise à sac par des bandes armées, le gouvernement n'a jamais renoncé à la ramener sous sa coupe. Les soldats français n'ont pas quitté la capitale, Bangui, et plus précisément son aéroport, par où des renforts peuvent arriver à tout moment.Lorsque le président Bozizé avait été renversé en mars 2013 par les rebelles de la Séléka, une coalition hétéroclite d'anciens chefs militaires, de politiciens déchus et de seigneurs de la guerre, François Hollande avait déclaré que la France n'interviendrait pas. C'est pourtant avec l'aide de l'armée française que Bozizé avait accédé au pouvoir dix ans plus tôt et s'y était maintenu face à plusieurs rébellions. Mais, devant son incapacité à contrôler quoi que ce soit dans le pays, le gouvernement français avait fini par le lâcher, comme avait été lâché avant lui son prédécesseur Ange Patassé.

 


© afp
Les éléments français à l'aéroport de Bangui
François Hollande avait alors misé sur des négociations menées à Libreville, au Gabon, sous l'égide du dictateur congolais Denis Sassou Nguesso, grand ami de l'impérialisme français. Elles avaient abouti à la constitution d'un gouvernement de coalition entre Bozizé, la Séléka et l'opposition civile. Le leader de celle-ci, Nicolas Tiangaye, était nommé Premier ministre, Bozizé pouvait rester président jusqu'en 2016, et la Séléka avait des ministres. Par ce compromis, le gouvernement français espérait continuer à soumettre la Centrafrique à son influence en s'appuyant sur des politiciens comme Tiangaye, et aussi sur les troupes de ses alliés africains, le Tchad ou le Congo, présentes sur place. Mais, deux mois après ce compromis, la Séléka rompait le cessez-le-feu et s'emparait de Bangui, portant à la présidence son chef, Michel Djotodia. L'armée française, engagée dans l'intervention militaire au Mali, n'intervenait pas.

Depuis, les populations de Centrafrique, qui étaient déjà soumises aux pillages et aux rackets sous Bozizé, ont vu s'abattre sur elles une nuée de prédateurs. Les soldats de la Séléka se sont dispersés en une multitude de bandes de pillards n'obéissant à personne, arrachant aux cultivateurs et aux éleveurs leurs maigres biens, violant et tuant dans les villages où ils pénétraient. Des groupes armés venus des pays voisins prélèvent aussi leur part de butin. Les affrontements entre chrétiens et musulmans, s'accusant de soutenir l'une ou l'autre de ces bandes armées, sont devenus monnaie courante.

C'est en disant vouloir mettre fin à cette situation dramatique que le gouvernement français pousse aujourd'hui à une intervention militaire. Celle-ci serait dans un premier temps l'affaire de troupes africaines, sans doute sous couvert de l'ONU, selon un scénario semblable à celui prévu initialement pour le Mali, avant que l'offensive des djihadistes sur Bamako oblige l'armée française à intervenir directement. Le gouvernement français préfère évidemment que ce soient des Africains qui se fassent tuer pour défendre ses intérêts sur le continent. Mais, si cela ne suffisait pas, l'armée française serait prête à intervenir, et le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius a dès maintenant annoncé que ses effectifs à Bangui allaient être augmentés.

L'intervention qui se prépare n'a pourtant rien à voir avec la défense des populations de Centrafrique. Les habitants de ce pays ont pu mesurer depuis plus d'un siècle tout l'intérêt que l'impérialisme français leur portait, du pillage éhonté du temps des colonies au soutien des dictateurs sanglants qui, l'un après l'autre, ont amené le pays à l'état catastrophique où il se trouve aujourd'hui.

 

 
MOTS CLES :

24 COMMENTAIRES

Afficher tous les commentaires | Poster un commentaire

Enfin, une analyse plus proche de la réalité

Par Nomzamo

17/10/2013 19:57

La france tel un lâche avance masquer en RCA en mettant en avant ses marionnettes tchadiennes mais les Centrafricains savent que leur ENNEMI est la france.
Ce pays qui malgré tout ce qu'il pille en Afrique est sur le déclin.
Après les petits gaulois vivant dans l'ignorance crasse osent dire que la france "aide" l'Afrique, que les Africains sont des incapables, que les Africains viennent bouffer le pain des petits français.
Quelle misère morale et demain matérielle?

nous sommes des incapables

Par jeef

18/10/2013 04:56

Il faut arrêter le cirque, depuis le début de cette crise toute le classe politique centrafricaine sans exception demande l'intervention Française, ça fait 7 mois que cette crise dure personne est capable d'apporter une solution même l'union africaine n'est pas capable, maintenant la mère nourricière décide d'apporter une solution on critique, nous sommes des incapables il faut l'avouer, laissons la France sécurisée le pays et fermant nos gueules!!!

Je suis d'accord avec Jeef

Par Patriote

18/10/2013 09:40

Nous sommes tous au courant de notre relation avec la France! Laissons la France nous aider à faire partir ces Wahbistes salafistes avant que le pays ne devienne une Republique islamique "Tchad Soudano Centrafricain"

POSTER UN COMMENTAIRE

Identifiez- vous : pseudo* e-mail
Titre du commentaire
votre commentaire
Etre prévenu par email quand une réponse est faite
Ne cochez oui que si vous voulez recevoir des mails en cas de réponse sur ce sujet et que vous avez saisi votre mail
Je reconnais avoir pris connaissance des conditions d'utlilisation

POLITIQUE

SPORTS

ECONOMIE & BUSINESS

DOSSIERS

Culture & Loisirs

Société

Débats & Opinions

Personnalités

A savoir

  • Les opinions et analyses présentées dans cette rubrique n'engagent que leurs auteurs et nullement la rédaction de Journaldebangui.com
  • Journaldebangui.com n'est pas responsable des affirmations qui y sont présentées et se réserve le droit de modifier ou de retirer un article qui diffamerait, insulterait ou contreviendrait au respect des libertés publiques

Agenda - événements

Lancement du Africa CEO Forum 2015
Tous les événements

TOUT L'UNIVERS JOURNALDEBANGUI.COM

DOSSIERS

Dossiers

L'INTERVIEW

Interview

COMMUNIQUES OFFICIELS

Communiqués