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Lettre ouverte de jeunes centrafricains vivant en RCA et à l'extérieur

Par Ephrem Aristide Kondamoyen - 16/10/2013

"Je souhaite poser quelques questions au Président de la République, au Premier Ministre, aux membres de la SELEKA ainsi qu’aux membres du Gouvernement"

 

Avez-vous, chacun, une famille et des enfants? Si oui, accepteriez-vous qu’un jour on puisse, de votre vivant, tuer froidement un de vos enfants ou des membres de votre famille, violer votre petite fille, votre femme ou votre mère? Supporteriez-vous qu’on procède à leur enlèvement et à leur torture?

La situation est de plus en plus alarmante en République Centrafricaine. Après le coup de force du 24 mars dernier, le gouvernement actuellement au pouvoir, issu de Séléka, semble toujours impuissant à maîtriser ses propres éléments, dont la plupart sont des chefs de guerre venus du Soudan et du Tchad. Ces gens sont des sanguinaires à sang froid, des machines à tuer, habitués à vivre dans les régions où les armes crépitent et où le sang coule à flot. Ils ont envahi la quasi-totalité du territoire centrafricain et se sont partagé les terres en guise de butin. Ils règnent en maîtres absolus et n’obéissent à aucune hiérarchie. Leur présence est intolérable pour la paisible population de la Centrafrique. Ils commettent de terribles violations des droits humains, les pires exactions tels que viols sur les femmes, les enfants et même les personnes âgées, tortures, pillages, rackets… Les populations civiles et surtout rurales sont leurs principales victimes, contraintes à se réfugier dans la brousse ou la forêt, ainsi que dans les pays frontaliers, créant une situation humanitaire inhumaine et insupportable. Bien évidemment les activités sociales et économiques habituelles sont devenues impossibles.

 


© journaldebangui.com
Ephrem Aristide Kondamoyen
A Bangui, toutes les activités sont au ralenti dans tous les secteurs. La population terrorisée vit dans l’angoisse. Depuis sept mois, elle appelle au secours, mais en vain. En réponse aux actes des Séléka et à leur impunité ainsi qu’au silence et à l’impuissance du pouvoir en place, les villageois et les jeunes se sont constitués en groupes d’autodéfense menant ainsi des attaques vers les différentes positions des éléments de la Séléka et leurs complices, membres de la communauté musulmane vivant en Centrafrique. Les villes de Bossangoa, Bouka et Batangafo, Yaloké, Bangui, Bouchia, Mbata, Bangassou, Markounda, Gaga, et de nombreux autres villages ont été attaqués par ces groupes de jeunes. Mais la réplique des éléments de la Séléka été cruelle. Plusieurs maisons appartenant à la communauté chrétienne ont été incendiées et les populations y ont été brûlées vives et massacrées. Le conflit inter-religieux qui en résulte risque de s’empirer et le gouvernement n’arrivera pas à maitriser cette situation.

A l’insécurité totale s’ajoute la crise socio-économique. Les familles centrafricaines subissent quotidiennement des rackets. Les vols sont permanents dans les rues, dans les marchés et sur les places publiques. Les motos et les voitures familiales sont saisies de force et les maisons familiales visitées et pillées, saccagées de jour comme de nuit par les éléments de la coalition Séléka. La panique et la terreur ont atteint leur paroxysme dans les foyers. Le paisible et pauvre peuple centrafricain s’enfonce vers une mort lente et certaine.

Le peuple centrafricain, désespéré et traumatisé, ne sait plus à quel saint se vouer. Il sollicite le secours de la France et de l’extérieur, enfin de pouvoir sortir de cette situation catastrophique qui entraîne dramatiquement la Centrafrique vers sa disparition à court terme de la carte du Monde.

Je demande alors à Monsieur le Président de la République, aux membres de la SELEKA et aux membres du gouvernement, ainsi qu’à la France et à la Communauté Internationale, de réagir le plus vite possible devant la gravité et l’urgence de la situation actuelle en Centrafrique.

 

 
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2 COMMENTAIRES

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Je me joins à cette lettre ouverte. Ce sont des questions que toute la nation vous pose !!!

Par SOROKATE

16/10/2013 17:34

Sans commentaires. Nous voulons des réponses franches. Qu'on nous dise pourquoi ce coup d'état?
Nous voulons des réponses.
La Justice rien que la Juste soit rendue aux criminels seleka.
SOROKATE Alias Domzan bene.

Très bonne analyse, cher compatriote

Par Ngarra

16/10/2013 19:26

Cher compatriote E. A. Kondamoyen, tu as fait une très bonne analyse de la situation en Centrafrique.

Le cauchemar que nous vivons continue. Déby avait annoncé que le retrait des forces tchadiennes de la Fomac signifierait la disparition de la République centrafricaine de la carte du monde. Il se prend pour Dieu, le père. C'est lui qui a lancé ses parents, les "zaghawas" à la conquête de notre pays avec une brutalité et une sauvagerie hors norme, dans l'intention de mettre ce pays à genou.

Déby nous a toujours enviés pour nos richesses naturelles non exploitées pour la plupart. La même nappe de pétrole qu'exploite le Tchad s'étend aussi en Centrafrique ; il veut que les eaux coulant en Centrafrique soient détournées pour alimenter le Lac Tchad en voie d'assèchement total. Il aimerait se servir gratuitement en bois de Centrafrique... C'est la raison pour laquelle il a placé son valet, Djotodia, à la tête de ce pays. Celui-ci s'accroche au pouvoir comme un morpion malgré tous les agissements de ces bandits, chefs de guerre, qui ne lui obéissent même pas. Pour remercier ces mercenaires, il vient d'en nommer à la tête de nos régions. Leurs noms traduisent bien la politique que Djotodia compte mettre en place en Centrafrique : une politique tribale, une politique musulmane. Il sait qu'après cette transition imposée, il ne pourra plus vivre en Centrafrique car séléka= Djotodia et Djotodia = séléka.

Il paraît qu'il s'est déjà acheté de nombreuses maisons aussi bien à Bangui qu'à l'étranger ( peut-être au Bénin, pays de sa femme ). On nous dit que les caisses de l'Etat sont vides. D'où vient l'argent que Djotodia utilise pour faire tout cela, corrompre les gens de Boeing, les retraités et se payer des décorations à 600 millions ? La mort d'un Centrafricain lambda ne dit rien à Djotodia. Il reproduit exactement ce qu'il reprochait à son prédécesseur et même pire... Allez comprendre !!!

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  • Ephrem Aristide Kondamoyen, Président de la Compagnie Cinématographique Gbuli-timo, et du club audio-visuel et multimédia du grand Toulouse en Centrafrique, et PDG du groupe Dieu-Ferra
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