DéBATS & OPINIONS  |     KIOSQUE  |    

Centrafrique: Qui perd gagne et la crise perdure

Par Tagoa - 16/10/2013

Au nom de quoi des centrafricains ont-ils le droit d’exclure d’autres centrafricains au point même de les déclarés morts?

 

L’exclusion est un mal qui mine la Centrafrique depuis des décennies et semble devenir aujourd’hui un modèle de gouvernance politique normal. Ce système qui est légion est une bombe à retardement car dans la Centrafrique moderne, tout le monde est frappé du sceau de l’exclusion et mis au banc des parias de la République. Depuis les indépendances, des hommes, femmes et jeunes sont contraints à vivre en exil forcé .Abel Goumba, David Dacko, Jean Bédel Bokassa, Ange Félix Patassé, Idi Lala, André Kolingba, Francois Bozizé, Charles Massi, Mohamed Dhaffane, Michel Djotodia, Martin Ziguélé, Emile Gros Raymond Nakombo ont tous connus l’exil à un moment ou un autre. Au nom de quoi des centrafricains ont-ils le droit d’exclure d’autres centrafricains au point même de les déclarés morts?

 


© Autre presse
La mise à l’écart des personnes jugées proches d’un régime politique se fait selon un véritable rituel symbolisant la mort des individus à la vie sociale ou politique: il inclut souvent le refus d’écouter leurs opinions, de les tenir à l’écart de la vie politique ou de les priver des moyens de subsistance. On retrouve cette caractéristique dans les différents régimes qui se sont succèdes en Centrafrique. L’exclusion est donc une revanche politique contre des personnes renversées démocratiquement ou par la force. Émerge ainsi, une catégorie grandissante de personnes révoltées dont le seul réflexe est d’utiliser tout moyen (rebellions, coups d’états, troubles etc.) pour survivre ou espérer un jour regagner la patrie.

Ces mesures de négation ont pour effet les crises multiples que nous avons traversé et que nous connaissons actuellement dans ce pays. En 1990, le phénomène de l'exclusion a pris une ampleur considérable, puisque les intellectuels, les cadres ont été écartés de la scène nationale parce que taxer d’opposants .Une fois élu, Ange Felix Patasse procéda à la purge politique et administrative en écartant Kolingba et ses partisans contraints à l’exil. En 2003, c’est ce groupe des exclus et déçus du régime Patassé qui participa activement à la prise du pouvoir par Francois Bozizé et regagna le pays. Ainsi, Patassé et ses partisans seront à leur tour exclus du jeu politique. Des personnalités telles que Koyambounou, Ringui, Lodegué, Djadder, Mbeti-Marace, Kodegué, Ndouba, Gaza-Mbeti, Djotodia etc. seront écartés et resteront longtemps hors du territoire. Finalement, eux aussi rejoints au fil du temps par d’autres exclus se sont préparés. Ce sont donc ces groupes qui sont venus renverser François Bozizé. Et Bozizé et sa clique (Yaketé, Dabanga, Ngaikosset, Gbeyoro, Kokaté, Yambeté etc.) à leur tour sont contraints en exil. Que font-ils? Croisent-ils les bras? Pas sur car à en croire nos informations, ils se préparent et sont actuellement dans une logique claire: reprendre le pouvoir.

À l’heure actuelle, traiter la crise centrafricaine en excluant ces exilés est une erreur politique grave. La lecture des événements en Centrafrique prouve que les vaincus aujourd’hui seront les vainqueurs de demain. La France et la communauté internationale doivent tirer les leçons de ce schéma. Des pays comme la cote d’ivoire, le Tchad, la Lybie, le Congo Brazzaville, la RDC etc. ne connaîtront jamais la paix, si la question de l’exclusion n’est pas prise au sérieux. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, il serait illusoire de croire que ceux-ci appartiennent au passé. Pourquoi la communauté internationale tirant les leçons du passé ne dit- elle pas stop à ce schéma suicidaire.

Organiser les élections ne changera rien, ne tournera jamais la page car derrière elles, il y’aura forcément des déçus .Avec la chute de Bozizé, nous constatons en ce moment le grand retour du MLPC au pouvoir. N’est-ce pas les mêmes lieutenants de Patassé hier indésirables qui aujourd’hui dirigent la transition? Nous comprenons donc pourquoi la communauté internationale échoue depuis 20 ans dans la résolution de la crise centrafricaine .Pourquoi cette communauté internationale feinte d’ignorer ce facteur alors qu’il est au centre des récurrents conflits que connait le pays ?Au lieu d’accompagner par la force une transition dite consensuelle, pourquoi ne pas encourager un dialogue inclusif entre les différents acteurs ? Ce dialogue coûterait certainement moins que le déploiement des forces étrangères. En Centrafrique, il y’a nécessité d’une conférence nationale sinon la transition actuelle ira droit dans le mur. La communauté Internationale est-elle le chef d’orchestre du fameux jeu de qui perd gagne ?qui vivra encore verra.

 

 
MOTS CLES :

2 COMMENTAIRES

Afficher tous les commentaires | Poster un commentaire

EXCELLENTE ANALYSE

Par abou

16/10/2013 17:06

OUI A LA CONFERENCE NATIONALE POUR LA JUSTICE D'ABORD, LES RÉPARATIONS ET LA RECONCILIATION APRES. MAIS PAS POUR UNE AMNISTIE. LES CRIMES DE SANG ET ÉCONOMIQUES DE TOUS LES RÉGIMES DOIVENT ETRE RÉPERTORIÉS' UN TRIBUNAL INSTITUÉ POUR DES PEINES CITOYENNES (PUISQU'IL N'Y A PLUS DE PRISONS), LES RÉPARATIONS ET LE PARDON. MAIS PAS POUR DES AMNISTIES INACCEPTABLES.

L,ETERNEL RECOMMENCEMENT

Par famoundjou

17/10/2013 21:16

vous avez fait une brillante analyse,mais nous allons approfondir les causes profondes des maux qui entravent le developpement socio-economique de notre pays.pour la jeunesse ,il faut tirer ce qui a de benefique de ces analyses car vous etes l,avenir de la rca.j,ai deja quarante ans et j,ai tres peur pour les generations futures,si les choses ne bougent dans la bonne direction.les hommes que vous avez nommer ci-dessus,beaucoup ont servit ce pays comme premier ministre et d,autres postes de responsabiliter.les resultats politiques et economiques sont catastrofiques pour la nation.on assite a du deja vu,on reprend les memes pour assombrir l,avenir.


le peuple centrafricain est pris en otage par ces individus sans scrupules qui emmenent notre nation dans l,abime.disons qu,ils sont assis dans un wagon de trein ou ils ne connaissent la destination finale.quand on est homme politique on doit avoir une vision claire du futur,ou sera la nation d,ici a 5ans.fort est de constater on s,engage en politique en rca pour s,enrichir.notre nation connait les moments difficiles de son existence mais aucun ne comdannent les tueries les vols,les viols,dans aucun pays du monde on peux voir ce genre de choses.


quand l,un de ces hommes prend le pouvoir par la force comme c,est le cas,ou par les urnes,ils partagent le gateau,les ministeres regaliens sont occupes par les proches parents,par les membres de son partis politiques,ainsi,LA DEFENCE,L,INTERIEUR,L,INFORMATION,LES AFFAIRES ETRANGERES,LA GARDE PRESIDENTIEL,LA JUSTICE,LE TRESOR PUBLIC,L,AEROPORT DE BANGUI SONT TOUS DES HOMMES DE CONFIANCE,C,EST DE LA DICTATURE EN MINIATURE DANS UN PAYS.LE PILLAGE COMMENCE CAR IL FAUT S,ENRICHIR ON NE SAIT JAMAIS.ce sont les pratiques des hommes que tu a citer les noms ci-dessus.



la solution c,est le renforcement des institutions independantes par le peuple,c,est a dire l,assemblee nationale qui represente les aspirations du peuple doit veiller a ce qu,un homme ou un clan ne puissent prendre l,avenir de tout un peuple en otage.une justice independante qui traite tout les citoyens egaux devant la loi,une presse independante qui fait son travail sans etre menacer ou jeter en prison.une ARMEE FORTE au service de la nation et protectrice des institutions de la republique.le respect de la contitution par tous le citoyens de la republique.bref,ceux qui prennent le pouvoir ont peur d,instaurer les bases de cette democratie de peur de rentrer en prison ou etre empecher de voler l,argent du contribuable centrafricain.



quel est l,histoire que les enfants qui nous regardent,nous demanderons d,ici a quelques annees,une coalition des hommes enturbannees de confession musulmane extremistes obscurantistes et fascistes venues des pays voisins le tchad et le soudan nous aneantir,tuer,violer,piller,et son renter chez eux.ils sont soutenues financierements par les monarchies du golfe qui les aident a instaurer la charia,loi islamique impitoiyable et son soutenues par la france ex puissance coloniale,ils ont passer beaucoup d,annees et ne sont jamais repartis.a l,opposer une histoire qui restera dans les anales de la RCA,nous nous sommes organiser comme nos ancetres et nous nous sommes battues sur tout l,ettendue du territoire,contre vent et marree nos ennemies sont chasser de notre territoire,par la force de nos hommes braves.nous avons laver les humiliations totales.voila ce que les generations futures attendent de nous.
j,espere que vous aller mediter sur cette hypothese.

POSTER UN COMMENTAIRE

Identifiez- vous : pseudo* e-mail
Titre du commentaire
votre commentaire
Etre prévenu par email quand une réponse est faite
Ne cochez oui que si vous voulez recevoir des mails en cas de réponse sur ce sujet et que vous avez saisi votre mail
Je reconnais avoir pris connaissance des conditions d'utlilisation

POLITIQUE

SPORTS

ECONOMIE & BUSINESS

DOSSIERS

Culture & Loisirs

Société

Débats & Opinions

Personnalités

A savoir

  • Les opinions et analyses présentées dans cette rubrique n'engagent que leurs auteurs et nullement la rédaction de Journaldebangui.com
  • Journaldebangui.com n'est pas responsable des affirmations qui y sont présentées et se réserve le droit de modifier ou de retirer un article qui diffamerait, insulterait ou contreviendrait au respect des libertés publiques

Agenda - événements

Lancement du Africa CEO Forum 2015
Tous les événements

TOUT L'UNIVERS JOURNALDEBANGUI.COM

DOSSIERS

Dossiers

L'INTERVIEW

Interview

COMMUNIQUES OFFICIELS

Communiqués