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Centrafrique: massacres et crimes contre l’humanité, responsabilité collective

Par Joseph Akouissonne - 07/10/2013

La prétendue "Réunion du Conseil de Sécurité sur la République Centrafricaine" initiée par la France, n'a accouché de rien

 

Pas de communiqué final. Pas d’initiative forte et claire. Pas de mise en demeure adressée au Président de Transition, Michel Djotodia, ex-chef de la Séléka, pour qu'il sévisse réellement contre les Fous de Dieu, ces bandes de tueurs. Or, plus que jamais, les islamiques venus du nord de la R.C.A. sont déchaînés. Leur barbarie n’a plus de limite. Le génocide que l’on redoutait est en train de s'accomplir. Les témoignages filmés qui passent sur You Tube sont accablants : scènes de tortures insoutenables, en direct. Mutilations. Incendies de villages. A Bozoum, c’est un champ de ruines. Des cadavres, ayant pour seuls linceuls des nattes, sont allongés, à même le sol, devant les maisons calcinées. Des Peuhls islamisés, venus du Tchad, rackettent la population. Mais celle-ci, abandonnée par un gouvernement de transition démuni, réagit et s’organise. Des unités de combats sont désormais constituées par les villageois pour résister à la bande de tueurs de la Séléka. C’est ainsi que des milices villageoises ont réussi à faire fuir les Peuhls de Bozoum.

L’U.A. a proposé une liste de sept leaders de l'organisation, y compris son porte- parole résidant en France, pour qu’ils soient interdits de voyages et que leurs avoirs soient gelés. Paris aurait opposé une condamnation de façade des tortionnaires de la Séléka.

 

Malheureusement, aussitôt alertés, des éléments de l'organisation terroriste n'ont pas tardé à fondre sur la ville pour supplicier les habitants et brûler leurs maisons. Vengeances et actes criminels continuent ainsi de frapper la population centrafricaine. Le Président de la Transition a eu beau prononcer la dissolution de la Séléka, les groupes d’assassins qui terrorisent le pays sous ce sigle n’ont jamais été aussi nombreux. On est en droit de se demander si ce gouvernement a vraiment les moyens de se faire respecter. Les comportements criminels des terroristes sur le terrain semblent démontrer le contraire... On pouvait donc attendre beaucoup de la réunion initiée par la France - et c’est tant mieux ! - pour la résolution de la crise centrafricaine.

Mais que s'est-il passé à l'O.N.U. ?
Le site d’information Inner City Press rapporte des divergences entre l’Union Africaine et la France. Cette opposition a surgi quand il a fallu énoncer, dans le communiqué final, une condamnation vigoureuse des crimes contre l’humanité commis par la Séléka en Centrafrique. L’U.A. a proposé une liste de sept leaders de l'organisation, y compris son porte- parole résidant en France, pour qu’ils soient interdits de voyages et que leurs avoirs soient gelés. Paris aurait opposé une condamnation de façade des tortionnaires de la Séléka. Or, l’article 28 du traité de Rome instituant la Cour Pénale Internationale (C.P.I.) proclame qu'"un chef militaire, ou une personne faisant effectivement fonction de chef militaire, est pénalement responsable des crimes relevant de la compétence de la Cour, commis par des forces placées sous son commandement et son contrôle effectif… » Les Centrafricains sont en droit de s’interroger. Depuis la fin de la session plénière des Nations-Unies, le monde a de nouveau détourné les yeux. La R.C.A. semble être retombée dans les abîmes de l’oubli...

Est-ce que ce n'est pas le moment, au contraire, pour la France, l’Union Africaine et l’O.N.U, d'abattre franchement les cartes afin d'engager courageusement une action internationale pour résoudre la crise centrafricaine ? Il est même temps de penser, désormais, à ce qu'il y aura après. Car ce qui est malgré tout positif dans le chaos, c’est qu’il annonce toujours l’espoir d’une reconstruction. Il faut déjà penser à la renaissance de la République Centrafricaine. Mettre fin à la rotation des mêmes politiciens en armes ou en civil qui saignent le peuple depuis si longtemps. Faire entrer dans la tête des gens qu’il existe un moyen, républicain et démocratique, d'accéder au pouvoir : il s'agit du vote. Les kalachnikovs doivent cesser de se substituer aux urnes.

Par ailleurs, c'est à la nouvelle génération qu'il faudra faire appel. Instruits et diplômés dans toutes les spécialités, les jeunes ne demandent qu’à se mettre au service de leur pays. Ils sont prêts. Ils veulent laver l’humiliation que subit leur pays depuis son indépendance. Il faudra donc initier une grande conférence, réunissant la diaspora centrafricaine éparpillée dans le monde, les cadres de la société civile centrafricaine, les représentants de toutes les couches sociales. Beaucoup parmi eux sont capables de diriger le pays. Cette grande conférence devra se tenir à Bangui, si les conditions de sécurité s’y prêtent. Sinon, à Addis- Abeba, siège de l’Union Africaine. Les amis étrangers sont les bienvenus. Excepté ceux qui viennent, attirés par les diamants et autres richesses du sous-sol.

Centrafricains: redressez la tête. Faites respecter, enfin, votre terre, votre nation. La nation bantoue.

 

 
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2 COMMENTAIRES

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aux grand maux des grands remedes

Par famoundjou

07/10/2013 22:33

la question que le peuple centrafricain se pose est celle-ci,comment allons sortir de cette situation dramatique?le nerf de la guerre c,est l,argent,les forces negatives qui occupent notre pays ont deux objectifs,prendre le controle des richesses du sous-sol et de l,economie du pays.la guerre du 21eme siecle elle sera economique.ceux qui nous arrive etonne beaucoup de compatriotes mais c,est un plan de colonisation decidee par beaucoup de pays quelques annees auparavant.


si les annees soixantes,apres la defaite de la france coloniale au VIETNAM et en ALGERIE qui ce sont battues et donnant une defaite cuisante au troupe coloniale ils ont arracher leurs independances totales,pour eviter l,effet domino,l,ex puissance coloniale a anticiper donnant UNE INDEPENDANCE FICTIVE a ces anciennes possessions.les temps ont changer,les multinationales de ce pays mettent un system en place avec leur gourvernement pour imposer des LEADER incompetents a la tete des etats,pour mieux controler l,economie.



dans les pays anglophonnes c,est une autre histoire,les anglais ont former des cadres et ont laisser la gestion du pays au peuple.dans les pays comme afrique du sud ,le zimbabwe,l,angola meme lusophonne,la namibie,les pays de l,afrique australe en general,ils ont mis en place ce qu,on appele la BEE,BLACK ECONOMIC EMPOWERMENT,LE POUVOIR ECONOMIC DES NOIRS,FORMANT DES ENTREPRENEURS PUISSANTS,QUI GERENT DES ENTREPRISES PROSPERES COTES EN BOURSE QUI n,ont rien a envier avec les entrepreneurs d,autres continents.certains ont des chiffres d,affaires en milliards de dollars.



fort a ceux qui precede,la solution politique a ce probleme en rca est un rejet total,de monsieur ndotodia et de refuser l,agenda mis en oeuvre par ceux qui l,ont parrainer et qui ont un agenda different que celui de la volonte du peuple.c,est une evidence que le TCHAD,LE SOUDAN qui nous donne des cadeaux empoisonnes des tracteur agricole,ET le pays qui a financer cette cette guerre le QUATAR et le pays colonisateur attendent tous les retombes economiques de cette guerre et pillage qui aura surement lieu dans les annees a venir,ne croyer pas a la democratie les dees son jetes d,avance.la religion est une excuse pour coloniser.car les arabes ont utiliser L,ISLAM pour coloniser et les EUROPEENS le christianisme.l,economie de la france va mal il faut utiliser l,argent des monarchies pour exploiter et controler les richesses de la rca.



au dela des considerations politiques,echniques,et religieuses,le temps est venues pour la jeunesse centrafricaine,la diaspora africaine,en europe,en asie,de s,unir et donner les grandes lignes d,une politique progressive dans l,interet de la rca.nous avons constater avec amertume les limites de ces politiciens centrafricains qui ont sacrifier le peuple au profits de leur ambition.ILS N,ONT JAMAIS COMDAMNER CES MERCENAIRES ETRANGERS,le depart des troupes en place remplacer par les troupes africaines sera le debut d,un elan nouveau.au cas echeant une lutte armee pour la liberation totale de notre pays,aussi longtemps que cela durera,il faut liberer la rca.nous ne negocierons jamais sur la question de notre souverainete.les ennemies de la nation sont avertis.ni L,ONU,NI LES FOMACS NI LES MINURCAS sont la pour le bien du peuple,ils sont la pour leur defendre leurs interets et ceux qui les finance.vive la rca libre.

Excellentes analyses et propositions

Par abou

12/10/2013 17:37

Bozizé a échoué en dix ans, Djotodia, Tiangaye et les politicards centrafricains ont sombré en 6 mois faisant de la RCA un état "NÉANT". La messe est dite, il faut vite de nouvelles initiatives pour commencer a remettre la république sur les rails. La sécurisation par la communauté internationale est une étape indispensable sinon le chaos va s'amplifier avec les guérillas et autres rébellions déjà en actions, et bien entendu une conférence de Refondation sous l'égide des Nations Unies, de l'union africaine avec le parrainage de la France et des Etats-Unis, ce qui acouchera d'une Nouvelle Transition en lieu et place des Accords de Libreville qui ont échoué. Tant que les accords de libreville seront en place, les rébellions vont prospérer, et sans concorde national point de salut pour le relèvement.

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