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Bangui: les fidèles de la mosquée centrale plus craintifs

Par source: AFP - 30/09/2013

Dans toutes les mosquées de la capitale, mais aussi dans les églises et sur les ondes de plusieurs radios, les responsables religieux appellent sans relâche au calme et "au pardon"

 

"Rien ne justifiait de telles violences entre musulmans et chrétiens", s'indigne Mahamat Adoum à la sortie de la grande prière du vendredi 27 septembre à la mosquée centrale de Bangui, où les fidèles venus en masse ne cachaient pas leurs craintes après les violences sectaires sans précédent en Centrafrique. Dans la région de Bossangoa (à 250 km au nord-ouest de Bangui), où les deux communautés ont "toujours vécu ensemble", Mahamat Adoum ne parvient pas à s'expliquer la flambée de violence entre ex-rebelles de la coalition Séléka - musulmans désormais au pouvoir - et groupes d'autodéfense formés par des paysans - chrétiens comme la très grande majorité de la population - qui a fait au moins une centaine de morts avant la mi-septembre. Les chrétiens "nous disaient constamment que nous allions payer ce que font les hommes de Séléka. Nous ne prenions pas cela au sérieux", se rappelle pourtant à ses côtés Zénaba Mahalla, habitant de Bossangoa réfugié dans la capitale depuis ces violences. L'ambiance est paisible autour de la mosquée, baignée à la mi-journée d'une fine pluie. Aucun signe apparent de tension. Mais l'inquiétude transparaît dans les discours de nombreux fidèles.

 


© africatime.com
La mosquée de Bangui
Aoudou Moussa, également originaire de Bossangoa, témoigne: "Il ne faut pas se le cacher. Certains d'entre nous très proches des ex-rebelles du Séléka disposent d'armes. Même des commerçants ont des armes dans leurs échoppes en province et à Bangui. Parce qu'ils estiment que tout peut arriver". Commerçant du quartier Miskine, Hassan Moustapha abonde: "quand on voit ceux qui sont à l'hôpital et ceux qui ont tout perdu et qui se retrouvent à la mosquée avec des souvenirs insoutenables de parents massacrés sous leurs yeux, on ne peut qu'être craintif]".

b Appels au calme et au pardon]
Depuis la prise du pouvoir à Bangui de Michel Djotodia - premier président de confession musulmane du pays -, les témoignages accablants s'accumulent sur les exactions perpétrées par les combattants Séléka, issus de mouvements rebelles et de groupes armés venus des zones frontalières avec le Tchad et le Soudan. Lors de son prêche, l'imam de la mosquée, Omar Kobine Layama, s'emploie à rassurer et calmer les esprits. "{i L'Islam n'est pas à l'origine des guerres, de certains comportements (...) Il s'agit plutôt des passions des uns et des autres, des intérêts égoïstes
", assure-t-il aux fidèles.

 


© Autre presse
La mosquée de Bossangoa
Dans toutes les mosquées de la capitale, mais aussi dans les églises et sur les ondes de plusieurs radios, les responsables religieux appellent sans relâche au calme et "au pardon", dans un pays où le conflit n'a rien de religieux à l'origine, selon la plupart des observateurs. "Il appartient aux autorités politiques de prendre le relais de ce que les dignitaires religieux font en ce moment pour barrer la route à tout dérapage. Un règlement pacifique est bien possible et il suffit que les voix des autorités se joignent à celles des religieux, protestants, musulmans et catholiques", demande à la sortie de la mosquée Kaltouma Bandara, commerçante. "La crise n'est pas religieuse, c'est avant tout une crise économique et politique. La dimension religieuse n'est qu'une incidente", affirmait récemment l'évêque de Bossangoa, Mgr Nestor Désire Nongo Aziagbia, Mais dans le chaos actuel où est plongée la Centrafrique, "il y a des signes qui font peur, des menaces, des appels à la haine religieuse", avait-il prévenu.
 
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15 COMMENTAIRES

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Tous contre SELEKA et les complices de SELEKA

Par Paul

30/09/2013 16:51

Tous les Centrafricains victimes doivent êtres près à condamnés SELEKA qui a apporté le malheur dans le pays.
Dès le débuts, SELEKA a pillé pour remettre les fruits des vols aux commerçants musulmans. Les commerçants honnêtes ne doivent pas vendre pas les articles volés car cela fait d'eux de complices. SELEKA a apporté la mort sur tout le monde.
Les musulmants doivent combattre SELEKA ou les ex-SELEKAs...

ça va être trop tard

Par simpliste

01/10/2013 00:31

les musulmans centrafricains doivent prendre exemple sur les musulmans maliens qui ont eu le courage de se désolidariser de ces fanatiques liés à al qaïda.
s'ils ne se réveillent pas, s'ils ne veulent pas se considérer comme centrafricains avant d'être musulmans, ils vont subir au même titre que les chrétiens. parce que, ce qui continue de se dérouler va les dépasser. le pire reste à venir.
ces saoudiens et kataris qui les manipulent, passe leur temps dans les pays occidentaux à faire la fête dans les palaces luxueuses et à rouler dans des voitures qui coutent plus de un milliard de franc CFA. des sous que eux ils collectent en centrafrique pour enrichir ce pétrodollards qui n'ont en pas besoin (sauf pour alimenter le terrorisme).
alors, aux musulmans en Centrafrique de choisir, soit de continuer à vivre paisiblement avec les chrétiens dans ce pays; soit de cautionner cette folie dévastatrice qui risque un jour de leur péter à la figure.

Une petite contribution pour mieux comprendre la crise centrafricaine.

Par Ngarra

01/10/2013 09:08

La crise aiguë que connaît la Centrafrique a commencé depuis la fin de l'ère Bokassa. En effet, à cette époque, les dérives mégalomaniaques du dictateur Bokassa ont entraîné une baisse des activités économiques, le bicéphalisme du pouvoir politique ( Béréngo et Bangui ) et une société de plus en plus inquiète suite aux multiples répressions de ce régime.

En 1979, Bokassa est renversé par l'opération " Barracuda " lancée par la France de Giscard d'Estaing. Il est remplacé par David Dacko. Ce dernier a eu du mal à restaurer le calme et la paix malgré l'appui français. Deux ans plus tard, celui-ci fait appel au général André Kolingba pour conduire le pays. A partir de là, la crise a commencé réellement à s'installer, dû en grande partie au tribalisme qui a été institué comme mode de gestion de la chose publique. Les " Sia - Mon yédâmon " ( Comment ça va ! Y a rien, en yakoma ) sont placés à tous les postes-clés du pays et font les gros dos partout... C'était l'époque où le colonel légionnaire Mantion était tout puissant en Centrafrique et aimait répéter " après Kolingba, c'est moi ; après moi, c'est le mur ! ".

Dans les années 1990, avec la chute du " Mur de Berlin " et la fin du régime communiste en URSS, le multipartisme a été imposé au pays par la France de Mitterrand. C'est ainsi qu'au terme d'un processus électoral pluraliste, Ange-Félix Patassé a été élu en 1993. Il appelle autour de lui, beaucoup de gens de son ethnie, les " Kaba " ou " Ngonn binh " ( petite bouteille de vin ), ce qui va énerver les " Sia-Mon Yédamon " qui viennent de perdre leur place. Une partie de l'armée, composée essentiellement par des officiers et sous-officiers yakomas, organise trois mutineries entre 1996 et 1997, cherchant à déstabiliser le pouvoir de Patassé et les " Ngonn binh ". Lors d'un scrutin contesté en 1999, Patassé est réélu. Mais les mutins n'ont pas désarmé ; d'ailleurs un coup d'Etat organisé avec le concours de Kolingba a échoué en 2001 contre le régime de Patassé. Ce dernier, peu aimé par la France pour ses discours nationalistes et souvent ambigus, cherche des soutiens en Afrique centrale auprès de Déby au Tchad et de Mbémba en République Démocratique du Congo. C'est dans ce contexte que la France a décidé de renverser Patassé.

Les services secrets français ont téléphoné à François Bozizé ( ancien aide de camp de Bokassa ) qui était, paraît-il, entrain de jouer au tiercé dans un bar du côté de Palaiseau ( France ), pour qu'il se rende d'urgence au Tchad. Placé sous l'autorité d'Idriss Déby Itno qui lui fournit les armes, les véhicules et de l'argent, Bozizé a fait son coup d'Etat de 2003. Evidemment, les Zaghawas ( les gens de l'ethnie de Déby ) et autres bandits de grand chemin qui l'ont accompagné jusqu'à Bangui en ont profité pour piller systématiquement le pays. Par exemple, il ne restait aucun véhicule en état de marche à Bossangoa à l'époque !

Bozizé instaure d'abord un régime de transition jusqu'en 2005, date à laquelle il est élu au deuxième tour d'une élection présidentielle contestée, président de la République. Une gestion clanique, familiale et patrimoniale du pays se renforce chaque jour dans le pays. De nombreux " Sikomm-si " ( " Ga na car " en sango ou arriérés, demeurés... ) sont projetés au devant de la scène politique et économique et ont brillé par leur médiocrité... Ils roulaient presque tous en 4/4, étaient dans le KNK ( Kwa Na Kwa - Travail et Travail ) mais on ne les voyait pas souvent travailler, ils avaient adopté la couleur orange pour se reconnaître entre eux... Bref ! Bozizé gouvernait en fait sur une petite partie du pays. Certaines régions étaient sous la domination de quelques aventuriers, notamment Baba Ladé, un Tchadien qui s'est confortablement installé en Centrafrique et qui y faisait la pluie et le beau temps. Du coup, les Roungas et les Goulas qui se sentaient écartés de la sphère du pouvoir en Centrafrique ont pris leurs " Poundas " ( mulets ) et ont constitué des fronts anti KNK, des groupes de rébellion qui ont commencé à sillonner le pays. Dans un premier temps, la France a aidé Bozizé à les arrêter en les bombardant.

En 2011, à l'issue d'une mascarade électorale très critiquée, Bozizé se maintient au pouvoir. Tous ses proches parents et ses maîtresses ont eu un poste électif. Mais avec l'arrivée de Hollande et des socialistes au pouvoir en France, les choses vont changer. Un grand perdant de la mascarade électorale de 2011, en l'occurrence Martin Ziguélé, président du MLPC ( Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain ), ancien Premier ministre de Patassé et membre de l'Internationale socialiste, s'est rapproché des socialistes français. Il se fait photographier aux côtés des personnalités socialistes comme Laurent Fabius, l'actuel ministre des Affaires étrangères : un signe éloquent... Déby qui a senti le vent tourné se rend à Bangui pour convaincre Bozizé de laisser un peu de place dans son gouvernement à l'opposition. Mais celui-ci a continué avec sa politique familiale.

Le président français, Hollande, se préparant à intervenir au Mali pour chasser les djihadistes qui menaçaient surtout les intérêts français au Niger ( COGEMA ) invite Déby à Paris et lui demande son soutien militaire dans cette guerre. Abordant la situation en Centrafrique, Hollande souhaiterait un changement politique suite à certains événements graves survenus à Bangui, notamment quand les partisans de Bozizé se sont permis de brûler le drapeau français et de caillasser l'ambassade de France. Mais étant donné qu'il ne veut pas poursuivre deux lièvres à la fois, il a fait sous-traiter l'affaire par Déby. Ce dernier connaît très bien la Centrafrique à travers ses hommes qui assuraient la sécurité de Bozizé entretemps. Déby a choisi parmi les rebelles centrafricains un chef, en la personne de Djotodia, " l'intellectuel " de la bande et a mis à leur disposition des armes, quelques véhicules et de l'argent. Une coalition est née, la " séléka " ( alliance, engagement ou contrat ) regroupant les principaux opposants au régime de Bozizé, avec un porte-parole sur le plan international : Eric Néris Massi ( dont le beau-père a été tué par le clan Bozizé ).

Les actions de cette coalition ont commencé à s'intensifier sur le territoire centrafricain en décembre 2012. La France qui était bien au courant de ces actions avait pris le soin d'envoyer des soldats à Bangui pour protéger les intérêts français en Centrafrique ( ambassade, ressortissants français et aéroport ). Bozizé qui a demandé à nouveau le soutien de la France s'est vu refuser cela. Face à l'avancée des sélékas vers Bangui, Déby et la Fomac-Tchad sont intervenus pour fixer un front soit-disant infranchissable au niveau de Damara ( 75 km au Nord de Bangui ). Une réunion est vite organisée à Libreville au Gabon pour trouver une solution à cette crise centrafricaine. Déby en a profité pour imposer à Bozizé de nommer Djotodia comme ministre de la Défense ( en fait pour faciliter le renversement du pouvoir à Bangui ) Gazam Béti à la Communication et certains illettrés comme Nourredine ou Daffane comme ministres... L'opposition démocratique, quant à elle, a choisi Nicolas Tiangaye comme Premier ministre...

Rentré à Bangui, à l'issue de cette Conférence de Libreville, Bozizé qui n'a toujours rien compris à la manoeuvre qui se déroule pense être encore maître de la situation. Il fête le dixième anniversaire de son accession à la magistrature suprême en Centrafrique, se permettant même de narguer l'opposition en déclarant que pour accéder au pouvoir elle devra le battre lors des prochaines élections présidentielles, alors qu'il avait annoncé quelques semaines auparavant, lors de la visite du président béninois, Yayi Boni, à Bangui, ne plus vouloir se représenter. Il essaie de stimuler ses partisans dont certains comme Lévi Yakité, Yambété... pensent utile de distribuer à leurs supporters des matchettes ( dons de la République de Chine à la RCA ) pour se défendre, préparant ainsi une guerre civile dans le pays. C'est dans ce contexte que Djotodia a été invité à Libreville pour un " brifing " final. Le prétexte retenu a été qu'il est malade et qu'il est allé se faire soigner dans cette ville. A Bangui, des rumeurs couraient que Djotodia a été empoisonné par l'équipe Bozizé et qu'il s'est rendu à Libreville pour cela. C'est donc Josué Binoua, ministre de la Sécurité publique à l'époque qui a assuré l'intérim de Djotodia pendant son absence. Dès son retour à Bangui, Djotodia, Gazam Béti, Daffane, Nourredine et les autres sélékas membres du gouvernement se rendent dans le centre du pays pour soi-disant négocier avec la base afin de déposer les armes. On nous annonce que ces membres du gouvernement ont été retenus par les rebelles et que ceux-ci donnent 72 heures à Bozizé pour quitter le pouvoir. Curieusement le front, fixé à Damara, a été levé. A partir de là, Bozizé a compris que son pouvoir est foutu. Le dernier jour de l'ultimatum, celui-ci, très énervé, paraît-il, contre l'armée centrafricaine à qui il a toujours refusé de fournir des munitions par peur d'un coup d'Etat, fait le tour de sa proche famille, ses maîtresses tout en organisant leur fuite vers la République Démocratique du Congo. Puis vers la fin de l'après-midi, il embarque dans l'hélicoptère qui l'attendait, en compagnie de ses deux fils, avec des mallettes remplies de billets de banque, en direction du Cameroun.

Ainsi se termine un pouvoir qui, en dix ans, n'a pas su mettre en place le moindre projet de développement. Avec l'aide de la France,de l'Union européenne et des autres institutions internationales, il n'a fait que payer les fonctionnaires et s'acheter des armes qui ne lui serviront même pas...

L'actuel président de Transition, Djotodia, est imposé par Déby qui cherche à annexer purement et simplement la République centrafricaine. Ses éléments sèment tous les jours la terreur et la désolation parmi la population centrafricaine... Des complices centrafricains cautionnent cet état de fait. L'opposition se taît parce qu'elle rêve déjà de prendre le pouvoir demain... Peuple centrafricain, lèves-toi et boutes hors de ton territoire ces hordes sauvages et leurs complices. La nation centrafricaine survivra !

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