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Le DDR en Centrafrique doit se faire sur base des normes internationales

Par GOLO Yves Gatien - 26/09/2013

Ce phénomène appellent un système rigoureux d’identification, vérification et enregistrement des candidats au DDR, ainsi qu’un contrôle aux frontières

 

Le but ultime des programmes de DDR est d’empêcher le retour à un conflit violent, c’est-à-dire de rendre la paix irréversible. Le fait que la Centrafrique est retombée dans un conflit violent pose de réelle question par rapport à l’atteinte des objectifs du DDR dans les années passées. C’est pourquoi, il est important pour nous d’insister à ce que la partie nationale et la communauté internationale travaillent conformément aux normes internationales de DDR promues par les Nations Unies. Cette approche est celle qui est définie par les Standards Intégrés du DDR et qui s’articule autour de cinq priorités: les programmes doivent être centrés sur la population, flexibles, transparents et aptes à rendre des comptes, appropriés nationalement, intégrés et bien planifiés: L’ensemble de ces analyses partagent une série de recommandations sur ce que devrait être le DDR: non pas un processus purement mais au contraire complexe et multidimensionnel; un processus éminemment politique qui doit être lié au processus de paix; un programme qui n’est pas limité à la stabilisation de court-terme mais à des répercussions sur le long-terme; un programme qui doit donc être inscrit dans une stratégie globale cohérente de réhabilitation, reconstruction et développement.

 


© journaldebangui.com
Monsieur GOLO Yves Gatien, Expert-Analyste en Paix et Sécurité Internationale


Alors quel est le descriptif de ces programmes? Dans le contexte du DDR, les programmes de désarmement et de démobilisation font souvent suite à un conflit armé et interviennent subséquemment dans l’urgence (période postérieure à la signature d’accords de paix, impératif humanitaire...) alors que l’activité de réintégration est un processus généralement plus long qui requiert bien souvent la contribution de plusieurs acteurs (politiques, humanitaires...) agissant de concert pour une paix et un développement durables.

La dimension «désarmement» des programmes de DDR s’établit d’abord avec la prise des armes (de petit calibre, légères ou lourdes) des groupes ou des individus impliqués dans un conflit. Elle suggère le rassemblement et le cantonnement des combattants dans différents sites où les armes sont collectées et les combattants démobilisés. Dans ces sites, on effectue des programmes spécifiques en matière de gestion des armes (inspection, collecte, stockage en lieu sûr, destruction totale des stocks d’armes, processus de déminage des armes...).

L’élément «démobilisation» dans le cadre du maintien de la paix s’établit ensuite lors de la réduction ou la destitution in extenso des forces armées des différentes parties impliquées à la suite d’accords de paix, d’un désarmement multilatéral, national... Elle consiste habituellement à enregistrer les ex-combattants, à leur fournir une assistance sous une forme ou une autre, afin de leur permettre de répondre à leurs besoins immédiats. La démobilisation suggère la planification, le regroupement dans des camps, l’enregistrement, le désarmement, l’orientation avant la réforme pour permettre le retour définitif à la vie civile des ex-combattants. Il est important de noter que le contexte politique qui précède la démobilisation a une incidence sur la chronologie des évènements et sur la pertinence de chacune des étapes prise séparément.

La «réintégration ou réinsertion» constitue enfin le troisième élément du programme de DDR. Elle implique plusieurs aspects aux niveaux social, politique et économique. Elle consiste en des mesures d’assistance (aide financière directe, compensations en nature, programmes de formation professionnelle...) destinées aux anciens combattants ainsi qu’à leurs familles et vise à favoriser leurs possibilités de réinsertion économique, sociale... Il s’agit d’un processus qui se déroule à plus long terme sur trois niveaux : national, régional et local. La réintégration doit permettre la formulation d’une politique nationale, le soutien à la mise en œuvre régionale, le soutien d’urgence à l’échelle locale, le transport vers les régions retenues pour la réinstallation, le versement des primes de retour à la vie civile, les primes d’installation, les projets de reconstruction et la formation professionnelle.

Dans le contexte actuel de la Centrafrique où il y a des ex-combattants il faut procéder à un programme du DDRRR, par le rapatriement et la réinstallation des anciens combattants. Alors que le rapatriement consiste à faire rapatrier et réhabiliter l’ex-combattant qui doit retourner dans son pays d’origine, la réinstallation permet quant à elle de faire réaménager et réinstaller les anciens soldats dans un pays tiers. Lors de la phase de rapatriement ou de réinstallation, les structures désignées (souvent des missions de paix de l’ONU) doivent assurer le transport des candidats au retour vers leurs pays d’origine (pour le rapatriement) ou vers un pays tiers (réinstallation) où se déroulera leur réinsertion. Les stratégies de DDR à appliquer comprendront: les stratégies de désarmement à court et long terme ; le désarmement des ex-combattants; la régulation de l’offre; les Opérations militaires ciblées; la réintégration complète.

Alors qui sont les bénéficiaires du DDR? La délimitation des populations ciblées est une première question cruciale pour le programme de DDR. Si celui-ci vise par définition les combattants, plusieurs approches coexistent en réalité en termes de choix des bénéficiaires, qui renvoient à des conceptions distinctes des objectifs finaux du DDR. Les difficultés d’identification des ex-combattants. Les critères d’admission au programme présentent ainsi un premier dilemme : une faible sélectivité impliquera une large participation mais risque de faire augmenter le budget et de diluer la spécificité d’une approche visant les anciens combattants ; au contraire une sélection plus rigoureuse peut bloquer l’accès à des individus ayant combattu mais n’en ayant pas les preuves (pas d’armes par exemple) et créer ainsi des griefs. Il y a aussi les associés, dépendants, et catégories aux besoins spécifiques Il faut se poser la question d’une approche individuelle ou approche communautaire.

Il faut aussi tenir compte des étapes du DDR et gestion d’effets secondaires néfastes, car chaque étape du DDR est susceptible de provoquer des effets secondaires dangereux et de compromettre l’ensemble du processus: le détournement des programmes de DDR dans le contexte sous-régional. Ce phénomène appellent un système rigoureux d’identification, vérification et enregistrement des candidats au DDR, ainsi qu’un contrôle aux frontières. Aborder la question de démobilisation en termes de cantonnement et alternatives. La démobilisation est une phase symboliquement importante par laquelle le combattant acquiert un statut civil. Cela se traduit notamment par la remise d’un document d’identité et par l’enregistrement individuel dans une base de données du programme. S’ajoute aussi la question de la réinsertion en espèces ou nature ; gérer les expectatives. Aborder aussi très sérieusement la question des acteurs de ces programmes. Ceci permettra une fois respecté d’atteindre le but ultime du DDR. La paix et la sécurité seront donc restaurer et la paix consolidée.

 

 
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1 COMMENTAIRES

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Soyons humble

Par Zi ngoussou

06/10/2013 10:52

J'ai l'impression de lire un copier coller, et d'avoir perdu mon temps!
Boy-rabbe meurt, Bangassou, Bossangoa...meurt! Et que dit notre expert?
Laisssez vos cours à l'université,vous parlerez plus aisément à vs
frères qui st dams la détresse, car le moment est grave!
Vs aviez certainement un bagage culturel, faites en bon usage!

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