INTERVIEW  |    

Dieudonné Salamatou: «une transition apaisée et des élections justes et démocratiques»

Par Xinhua - 23/09/2013

Telle est la promesse faite par le ministre conseiller diplomatique à la présidence de la République Centrafricaine

 

Participant d'une série de réunions de crise organisée à l'heure actuelle par les nouvelles autorités centrafricaines, M. Salamatou, ministre conseiller diplomatique et aux organisations internationales fait part d'un projet de texte constitutionnel disposant que "toute élection qui n'est pas transparente et juste est assimilable à une prise du pouvoir par les armes".

Monsieur le ministre, quel est le message en tant que conseiller diplomatique et aux organisations internationales du président Djotodia que vous adressez à la communauté internationale aujourd'hui sur la crise centrafricaine?
La République centrafricaine est un pays souverain qui a eu son indépendance depuis plus d'un demi-siècle. Nous sommes à la recherche de notre démocratie. La RCA ne peut pas être un pays dont son peuple est attentiste, mais un peuple qui est dynamique. Avec la prise du pouvoir du 24 mars 2013 que nous saluons tous, des mesures tant institutionnelles que réglementaires ont été prises pour que nous allions vers des élections transparentes, justes et démocratiques. Nous allons demander qu'on nous mette dans la Constitution que toute élection qui n'est pas transparente et juste est assimilable à une prise du pouvoir par les armes. Ce qui s'est passé sous le régime Bozizé, c'était vraiment une honte. Ce n'était même pas des élections qui étaient organisées.

 


© afrique-basket.blogspot.com
Monsieur Dieudonné SALAMATOU
Donc, face à cela le peuple a pris ses responsabilités et nous avons assisté à un changement. Compte tenu des contraintes qui nous sont faites et des prescriptions de la communauté internationale, d'ici dix-huit mois nous irons aux élections, mais la transition se fera d'une manière apaisée. Et la RCA est un pays laïc, comme le président Djotodia le dit souvent. On ne peut pas accepter qu'il y ait la division, qu'il y ait des guerres confessionnelles dans notre pays. Il y a certains médias qui s'accaparent d'une situation pour jeter l'anathème sur telle ou telle personne. Mais nous en République centrafricaine, nous sommes sereins, nous savons où nous allons. Nous irons vers une élection juste et démocratique.

Le retour de l'aide extérieure est conditionné par la tenue de ces élections. Comment la République centrafricaine aujourd'hui fait pour payer les salaires des fonctionnaires et gérer les affaires courantes?
Vous savez, il y a une situation sécuritaire et une situation humanitaire. Pour la situation sécuritaire, des efforts ont été faits par le président de la République, Michel Djotodia Am Nondokro, pour pacifier l'ensemble du territoire centrafricain. A l'heure où je vous parle, Bangui est totalement pacifiée et nous avons avançons pour pacifier l'ensemble du territoire. Le président a donné des instructions fermes aux forces de l'ordre et à l'administration pour cela. Nous commençons à vivre la paix en République centrafricaine. En ce qui concerne les conditionnalités des aides, nous ne pensons pas que l'aide soit conditionnée par les pays amis. Nous avons des pays amis qui nous aident. Par exemple dans la sous-région, nous avons la CEMAC [Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale, NDLR] qui a pris ses responsabilités sur le plan sécuritaire et sur le plan humanitaire. c'est petit à petit que la communauté internationale est en train de revenir vers nous.

Parlant de la CEMAC, quel est l'état de déblocage des financements annoncés pour soutenir les efforts de rétablissement de la sécurité et surtout la mise en œuvre du désarment des ex-rebelles de la Séléka, d'autres mouvements politico-militaires et des groupes armés qui opèrent dans le pays?
La CEMAC a fait des efforts, notamment elle a créé un Fonds de soutien pour la sécurité en République centrafricaine. Il y a 25 milliards (de francs CFA, 50 millions de dollars, NDLR) qui ont été annoncés. Il y a des pays ont souscrit à leurs quotes-parts. A l'heure où je vous parle, les dispositions sont prises par les autres Etats pour que le budget établi soit totalement mobilisé.

Vous vous parlez des engagements pris lors du dernier sommet des chefs d'Etat et de gouvernement en juin à Libreville au Gabon ? Quel est le niveau de la mise à disposition de ces fonds?
Une partie de cet argent a été débloquée. Nous avons un pays frère et ami qui est le Tchad dont nous louons l'engagement et qui a fait un effort colossal malgré ses multiples obligations nationales. Il nous a aidés par l'envoi des hommes pour sécuriser le pays et des aides sous plusieurs formes. Il y a le Cameroun qui est un pays responsable, un pays frère qui a toujours été à nos côtés et qui nous a aidés. Nous avons la République sœur du Congo avec le président Sassou Nguesso qui a vraiment œuvré pour que la paix revienne, qui a aussi souscrit à ce fonds et qui prend les problèmes centrafricains aussi à bras-le-corps. Nous avons toujours dans la sous-région le président de la Guinée équatoriale aussi qui très attentionné par le problème centrafricain, qui a aussi souscrit. Nous avons le Gabon par le président Ali Bongo qui a aussi fait des efforts. Donc, au niveau de l'Afrique centrale nous sommes vraiment entourés.

A combien s'élèvent aujourd'hui les effectifs de la Force multinationale de l'Afrique centrale déployée par la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale, la CEEAC?
Il y a 2.500 hommes qui sont attendus. Les trois quarts de ces soldats-là ont été pourvus. On va passer même peut-être en vitesse, parce qu'il y a d'autres initiatives qui parlent de 3.500 hommes. Tout cela, c'est la volonté des chefs d'Etat, de la communauté internationale, les choses s'affinent de mieux en mieux.

Que dites-vous des actes de pillage, de vol, d'agression, d'assassinat et d'enlèvement qui continuent d'être signalés çà et là?
Le chef de l'Etat a condamné sans ambages ces pillages, ces assassinats et ces vols. Ce sont des crimes crapuleux qu'il faudrait combattre et on ne peut pas laisser la place à l'impunité. Récemment, nous avons eu des procès, seize éléments de la Séléka ont été condamnés à huit années de prison et le chef de l'Etat a été ferme en prenant la décision de dissoudre la Séléka. Il a averti que tout individu qui se prévaudra de la Séléka sera considéré comme un hors-la-loi et sera exposé à des peines. Les gens ont été Séléka, c'était pour changer un ordre.

 

 
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3 COMMENTAIRES

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Intellectuel griot de Djotodjia

Par Centro

24/09/2013 00:13

Ce n'est pas à 60 ans qu'on devient un prostitué. Je vous demande de relire votre analyse. Non, on est conseillé pour aider le pays à avancer comme les autres et non à applaudir les crimes. Il y a rien de mauvais que les centrafricains ont connu que la Seleka. J'invite tous les intellectuels à voir les choses autrement que ces griots soit-disant conseils qui ne pensent qu'à leur vendre tandis que le pays est entrain de disparaitre.

Salamatou, il faut voir les réalités en face !

Par Ngarra

24/09/2013 08:53

Mr Salamatou, Ngarra te connaît bien puisqu'il a été à l'Université de Bangui pendant que tu y étais ! Je suis arrivé à la conclusion que le malheur des Centrafricains vient de Déby qui joue au pompier pyromane. Je souhaite que Djotodia se démarque de ce type et qu'il essaie, avec les autres chefs d'Etat de l'Afrique centrale, de ramener la paix en Centrafrique. Pour cela, les gens qui ont tant maltraité nos parents, nos compatriotes, soient sévèrement punis et expulsés de Centrafrique. Aussi, je souhaite que la transition mette en marche les 5 Verbes du MESAN pour permettre au peuple de mieux vivre. Un pays ne vit pas uniquement que du paiement des salaires des fonctionnaires : il faut de petites initiatives créatrices d'emplois pour changer les choses dans tous les domaines...

D'où vient ce SALAMATOU? un Centrafricain qui ose mentir alors que son peuple est décimé tous les jours contrains de regagner la brousse comme des sauvages à l merci des tout danger.

Par SOROKATE

24/09/2013 16:13

Franchement voilà un model typique d'un homme politique centrafricain. Çà me fait mal au cœur de lire de telle déclaration. Je me demande qu'est ce qui est arrivé à nos soit disant politiques? appartenir à un régime politique exclut toute critique contradictoire même au sein de celui- ci?

D'où vient cette attitude? chers vous tous, ce que dit ce monsieur est vraiment patriotique? ho mon Dieu tout puissant qu'avons nous fait pour ainsi mérité cette trahison déloyale de la part de nos propres compatriotes?

Pour en croire en monsieur SALAMTOU, ce n'est plus nécessaire d'envoyer de soutiens militaires pour la sécurisation de la RCA car son président Djotodia a pris des mesures fortes qui ont finalement stoppé les exactions de la seleka sur la nation centrafricaine. Selon ce monsieur tout va bien en RCA, quel qualificatif mérite celui là? Ce qui fait que l’affaire de la RCA semble oublier par l'opinion internationale.

Nos politiques par leurs déclarations démotivent les Nations Unies et autres Intitulions Humanitaires de s'intéresser à ce pays.

Les ZIGUELE, NDOUBA, NGUENDET, BINOUA, KODEGUE,TIANGAYE, SALAMATOU,GAZAMBETY, et la selekamania qui ont choisi Djotodia comme président de la transition doivent souffrir de remords.

C'est dommage et dangereux pour une nation si certains sont figés que par leurs intérêts personnels et non ceux de la Nation. Cette attitude fait la HONTE de notre pays.

L'opinion internationale se moque de nous, malgré nos atouts possibles à un véritable développement. Finalement qu'est ce qui a changé en RCA depuis ces multiples honteux changements politiques?

Je suis tenté de comparer la colonisation et notre sort actuel quel choix ferrai-je?
Cette réflexion a amené certains centrafricains à formuler un souhait de placer notre pays sous mandat de l'ONU. Ce qui veut dire, nos deux réflexions sont identiques débouchant sur une même envie, placement de la RCA sous tutelle.

Mais est- elle une bonne option? et pourtant notre pays la RCA l'était et l'est encore sous tutelle depuis trois décennies sauf que c'est officieuse(non dit). " Cela nous rappelle les enfants des parents incapables placés volontairement sous " SOS sara-mbi ga zô". Des parents irresponsables, orgueilleux et inconscients , même les bêtes sauvages n’accepterons pas.

Non, c'est pas admissible car de nos jours de telle action au 21e siècle est une humiliation indélébile pour un état qui se dit indépendant et SOUVERAIN.

A nos hommes politiques, voyez vous ,seuls vous qui nous créez ces conditions honteuses à cause de votre avidité du pouvoir nuisible pour le peule. Où sont donc nos "intellectuels centrafricains?"

" Ce qu'on fait pour le peuple sans le peuple, est contre le peuple"
Encore il faut que le peuple comprenne.

Mon cœur saigne.C'est mawateux et voundouteux être Centrafricain.
Centrafricainement,

SOROKATE Alas Domzan bene.

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