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La République centrafricaine, "crise oubliée" des droits de l'homme

Par Source: AFP - 19/09/2013

Les dirigeants de la Séléka "parlent ouvertement de la manière dont ils ont tué et brûlé des villages tant ils ont un sentiment d'impunité"

 

Le gouvernement de la République centrafricaine (RCA) devrait poursuivre en justice les combattants de la Séléka coupables d'exactions, et l'ONU impose des sanctions à leurs chefs, estime l'ONG Human Rights Watch dans un rapport publié mercredi. Dans ce document intitulé "Je peux encore sentir l'odeur des morts", basé sur des enquêtes de terrain menées entre avril et juin 2013, HRW fait état du "meurtre délibéré de plusieurs dizaines de civils" et de la destruction d'un millier de maisons par des membres de la Séléka, une coalition de trois groupes rebelles qui a pris le contrôle de Bangui en mars. Depuis lors, "avec des pouvoirs incontrôlés, la Séléka gouverne de manière arbitraire et en totale impunité", et le gouvernement de transition "semble incapable de la discipliner ou de rétablir l'ordre dans le pays".

 


© journaldutchad.com
Les dirigeants de la Séléka "parlent ouvertement de la manière dont ils ont tué et brûlé des villages tant ils ont un sentiment d'impunité", explique Lewis Mudge, auteur du rapport. Celui-ci cite le cas d'un chauffeur de camion de Bangui, dont la femme et la fille de 18 mois ont été tuées par des membres de la Séléka pour le forcer à transporter pour eux des marchandises volées. Les ex-rebelles ont également exécuté sommairement le 15 avril près de Bangui cinq hommes soupçonnés de faire partie de l'armée centrafricaine. Dans ce contexte de "désordre et d'anarchie", HRW recommande à l'ONU d'apporter un soutien financier et logistique à la force panafricaine chargée d'aider le gouvernement à sécuriser le pays. Cette Mission internationale de soutien en Centrafrique (Misca) ne compte pour l'instant que 750 hommes et son déploiement traîne en longueur.

Selon HRW, l'ONU devrait aussi renforcer sa mission sur place, la Binuca, qui ne compte qu'un seul observateur des droits de l'homme, et "imposer des sanctions ciblées" (gel des avoirs financiers à l'étranger, interdiction de voyager) aux chefs de la Séléka. Le rapport détaille également des exactions commises sous le régime du président déchu François Bozizé: selon d'anciens prisonniers, M. Bozizé assistait en personne à des séances de torture au centre de formation militaire de Bossembélé (150 km au nord de Bangui). Pour Philippe Bolopion, directeur pour l'ONU de HRW, la RCA est "une crise oubliée", éclipsée par la guerre en Syrie ou en République démocratique du Congo. "Nous espérons, dit-il, que le Conseil de sécurité se réveillera avant que le pays ne plonge dans le chaos total". Le président de transition centrafricain Michel Djotodia a annoncé vendredi la dissolution de la Séléka mais sans expliquer comment il comptait neutraliser les ex-rebelles.

Des extraits du rapport de HRW

 

 
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1 COMMENTAIRES

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La Centrafrique de B.BOGONDA qu'as tu fait pour mériter cela?

Par SOROKATE

23/09/2013 20:50

C'est du jamais vu dans l'histoire de mon pays terre de mes ancêtres bantous.
Tous ceux qui se battent pour le pouvoir s’entre tuent faisant a la fois des innocents civiles victimes juste pour leurs intérêts personnels clanique .

En RCA seul le coup d'Etat est l'unique moyen d'acceder à la magistrature suprême. C'est bien dommage Ce qui a découragé une implication de la communauté internationale.
C'est malheureux.

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