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Tunisie: l'opposition lance sa «semaine du départ»

Par Henrie Lucie Nombi - 26/08/2013

L’objectif de cette contestation est de forcer le gouvernement dirigé par les islamistes à démissionner

 

Ils sont 60.000 pour le député Samir Bettaïeb et 10.000 selon la police à avoir manifesté samedi 24 août devant le siège de l'Assemblée nationale Constituante. Ils étaient venus en lancer leur «semaine du départ». Le Front de salut national (FSN), une coalition hétéroclite allant de l'extrême-gauche au centre-droit, a prévu de multiplier les rassemblements pacifiques à travers la Tunisie tout au long de la semaine pour forcer le gouvernement à la démission. Il faut faire chuter ce gouvernement de la honte, a déclaré devant la foule le député Mongi Rahoui. Il dénonce les assassinats politiques, le terrorisme, le harcèlement des militants politiques et l'appauvrissement du peuple ayant cours sous son autorité. Nous leur disons: nous allons venir à la Kasbah (siège du gouvernement, ndlr) et ils partiront, a lancé l'élu Samir Bettaïeb.

 


© afp
Cette contestation a débuté après la mort par balles de Mohamed Brahmi
L’opposition tunisienne n’a pour le moment pas encore dévoilé le programme des activités qu’elle compte mener durant cette semaine. Cette contestation a débuté après la mort par balles de Mohamed Brahmi. Une médiation a été entamée en début de mois par le syndicat UGTT, afin de trouver un compromis qui profitera à la fois au gouvernement en place et à l’opposition. Mais malgré les nombreuses tentatives, aucun arrangement pu être trouvé entre les deux parties. Le blocage reste le même depuis l'assassinat de Brahmi fin juillet 2013. L’Ennahda (parti au pouvoir Ndlr) refuse la démission de son gouvernement et la mise en place d'un cabinet apolitique. Alors que se sont ces points qui représentent pour l’opposition, le préalable à des pourparlers directs sur leurs autres désaccords, telle la finalisation de la Constitution et de la loi électorale.

Toutefois, les deux parties ont donné des signes timides de concessions. En effet, Ennahda a admis que son gouvernement pourrait être amené à démissionner à terme et les opposants insistant de moins en moins sur la dissolution de l'ANC, leur autre revendication. Ainsi, l'UGTT ne désespère pas de trouver un compromis. Nous espérons que nous trouverons une solution répondant à l'intérêt de la nation avant tout et qui satisfasse les différentes parties, a indiqué, selon la présidence tunisienne, le secrétaire général de l'UGTT, Houcine Abassi. La crise politique déclenchée le 25 juillet par l'assassinat, du député Brahmi, est la deuxième du genre en six mois. Le précédent gouvernement dirigé par Ennahda était tombé après le meurtre de l'opposant Chokri Belaïd en février.

 

 
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