ECONOMIE ET BUSINESS  |    

Centrafrique: les transporteurs camerounais sont mécontents

Par Idriss Linge - 21/08/2013

Les transporteurs et chauffeurs des gros porteurs à la frontière Cameroun – RCA observent, depuis ce mercredi 21 août, un arrêt de travail à la suite de nombreuses tracasseries

 

Le Président national du Syndicat national des chauffeurs professionnels des transports du Cameroun (SYNCPROTCAM) s’est rendu à Garoua-boulai à l’Est du Cameroun le 18 août dernier, où il a eu une réunion avec les adhérents et chauffeurs, à la suite des informations selon lesquelles, leur travail est rendu par la crise politique et sociale en République centrafricaine. Il a ainsi pu constater que les chauffeurs des gros porteurs à la frontière du Cameroun et de la République Centrafricaine font face à diverses tracasseries, sous forme de répressions, de menaces, d'extorsions d'argent et carburant,… etc. Devant l’ampleur de la situation que subissent à ces derniers en RCA il a été décidé d’un arrêt brusque de travail dont la durée n’a pas été signalée.

 


© cameroonvoice.com
Les gros porteurs sont en arrêt de travail
Cette décision a été prise alors qu’en début de semaine, le syndicat National des chauffeurs professionnels des Transports du Cameroun a saisi le président récemment installé de République centrafricaine, Michel Djotodjia, pour lui faire part de ce que ses membres entreraient en grève si des mesures ne sont pas prises pour garantir leur sécurité en territoire centrafricain. Dans une lettre adressée par l’entremise de l’organisation sœur centrafricaine, l’Union syndicale des Conducteurs de Centrafrique et le syndicat camerounais dressent une liste de difficultés dont ils font l’objet de la part de personnes identifiées comme étant de la Seleka, le nouveau groupe politique au pouvoir en République centrafricaine. Ce qui au départ semble avoir été admis de tous aurait viré à l’extorsion des fonds avec toujours plus d’argent à payer, du carburant à donner, des contrôles intempestifs et la goutte d’eau aura été le décès d’un jeune aide chauffeur camerounais assassiné en avril 2013 à Bangui. En visite à Garoua Boulaï, le ministre centrafricain de l’Intérieur avait, selon le syndicat camerounais, promis que les choses rentreraient dans l’ordre sur une période de deux mois, une promesse qui de toute évidence n’a pas été tenue. L’initiative de l’organisation camerounaise a trouvé un écho favorable auprès du syndicat centrafricain des transporteurs dans un mémorandum adressé aussi au président Djotodjia, exigeant son autorité sur ce qui pourrait devenir un risque majeur pour les deux pays : la Centrafrique et le Cameroun.

La Centrafrique est de par sa position un pays enclavé et le tissu économique faible l’oblige à dépendre essentiellement de l’extérieur. Or jusqu’ici, la seule voie logistique est le corridor qui relie Douala la capitale économique camerounaise à Bangui la capitale politique de RCA. Le très long réseau routier est suffisamment bon selon ses utilisateurs mais, son parcours est rendu difficile par les tracasseries. Les conséquences prévisibles d’une grève prolongée des transporteurs non centrafricains sont à première vue une augmentation des pénuries sur un ensemble de produits de base consommés par des Centrafricains. L’autre conséquence sera celle de faire reculer les avancés du délicat projet financé par la Banque Mondiale de facilitation au commerce.

 


© cameroonvoice.com
Le transport des hommes et des marchandises en RCA
Avec les gouvernements du Cameroun, du Tchad et de la RCA, les différents acteurs du projet avaient planché fin 2012 sur les moyens de réduire les pertes de temps liées aux tracasseries routières, preuve que ces tracasseries ne sont pas la seule exclusivité du Seleka, même si la précarité de ses «forces de l’ordre» empire la situation. Sur la base d’analyse comparée aux situations analogues, il est à envisager que ce problème transport banal d’apparence, soit à l’origine de nouvelles crises sociales en RCA. Les populations qui souffrent déjà du manque d’argent risquent en plus de gérer une inflation insoutenable susceptible de relancer la colère. Le syndicat camerounais des transporteurs est loin de ce débat économique. Dans la lettre, il fait savoir que si les exactions ne cessent pas, ses membres arrêteront de transporter les biens vers la RCA. Le pays qui cumule déjà, moins 14% de croissance, risque de connaître davantage de difficultés avec pour dommages collatéraux de nouvelles pressions et tensions sur la frontière camerounaise.
Le MEMORANDUM de USCC adressé au Président de la République Centrafricaine
 
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3 COMMENTAIRES

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Très bon journalisme

Par Alpha

21/08/2013 20:34

Vous vous relisez des fois? 28000 km de route??? Alors que le diamètre total de la terre fait 40 000 km? encore un torchon écrit par un illettré !

Réseau routier

Par MAX

25/08/2013 12:49

Monsieur Alpha comprenez que même si la terre ne fait que 40000Kms de diamètre, le réseau routier d'un pays est la somme des longueurs de tous ses routes. Qui est l'idiot dans l'affaire?

La conscience professionnelle , qui fait quoi, où et comment?

Par SOROKATE

25/08/2013 15:12

L'être humain est un animal comme tout autre dans la nature,mais celui se distingue par le verbe et sa capacité de cogiter en la différence de son semblable à quatre pattes.
Le bon sens est la chose le mieux partager au monde ce qui n'exclu pas pas d'exception! d'autres personnes préfèrent faire du mal que du bien.

je crois, le travail est un devoir divin,une obligation pour l'humanité aspirant au bien être.
Qu'en est -il des fonctionnaires Centrafricains?
Travailler= option= vocation= passion dans le seul but d'aider la SOCIÉTÉ vers le DÉVELOPPEMENT malheureusement en RCA l'anarchie,la démagogie, le népotisme, le clanisme chapeauter par l’égoïsme et l’individualisme.

La police,la gendarmerie,la FACA et autres qui ont comme mission de sécuriser, de protéger la population et les biens se sont éloignés de leur mission ,rackettent,volent,pillent,rançonnent deviennent ennemis celle-ci. Ainsi la libre circulation des personnes et des biens n'existe pratiquement pas sur le plan national aussi bien qu'international malgré les principes et les règles de la CEMAC.

Comment un médecin peut-il soutirer le médicament de son patient? comment un(instituteur) professeur peut il être corruptible par ses élèves? un agent de sécurité (policier,gendarme,faca) peut se permettre de soustraire du carburant à un conducteur comme amende?

Devant cette interrogation,les concepts l'homme qu'il faut à la place qu'il faut et la conscience professionnelle sont remisent en question.

Il est urgent et que la CEMAC puisse mettre en place un comité de suivi de ces accords pour éviter à cette institution le qualificatif d'ignare.

Je salue le caractère mature du peuple Camerounais et particulièrement aux transporteurs quant à leur attachement au développement et à la paix.

Bonne diligence,

Centrafricainement,

SOROKATE Alias Domzan bene.

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