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Babacar Gaye: une situation «très volatile et imprévisible» en RCA

Par journaldebangui.com - 16/08/2013

«La communauté internationale doit tirer les conséquences de l’effondrement total du pays»

 

Le Représentant du Secrétaire général en République centrafricaine, M. Babacar Gaye, a affirmé, devant le Conseil de sécurité, que la situation générale dans le pays était «très volatile et imprévisible », même si des progrès avaient été accomplis sur le plan politique. Pour le Chef du Bureau intégré des Nations Unies pour la consolidation de la paix en République centrafricaine (BINUCA), le problème de la sécurité «demeure de loin la plus urgente des priorités» à résoudre. M. Gaye, qui présentait le rapport* du Secrétaire général sur la situation en République centrafricaine, est arrivé à Bangui le 9 juillet, en remplacement de Mme Margaret Vogt.Dans son rapport, le Secrétaire général, M. Ban Ki-moon, se dit «profondément préoccupé par l’état de sécurité dans le pays caractérisé par la faillite totale de l’ordre public, plus de quatre mois après le changement de régime inconstitutionnel survenu le 24 mars 2013», cet état de fait étant, selon lui, «inacceptable». «Il est indispensable de mettre un terme aux souffrances de la population», ajoute M. Ban, pour qui «la situation appelle d’urgence l’attention de la communauté internationale». «Il faut en priorité rétablir la paix et la sécurité à Bangui et dans l’ensemble du pays», assure le Secrétaire général.

 

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Tri-céphalisme et divergences politiques
Sur le plan politique, son Représentant spécial a invité le Président autoproclamé, M. Michel Djotodia, le Premier Ministre, M. Nicolas Tiangaye, et le Président du Conseil national de transition (CNT) à «travailler ensemble pour éliminer de toute urgence leurs divergences», lesquelles, si elles ne sont pas surmontées, «risquent de compromettre les progrès réalisés jusqu’à présent et d’aggraver sérieusement la crise dans le pays».M. Gaye a insisté sur l’importance de s’entendre sur une feuille de route et un calendrier «pour mettre fin à la période de transition et organiser des élections». Il convient également de s’attaquer à la question de l’impunité et d’assurer une assistance appropriée aux populations dans le besoin.

Dans son exposé, le général Gaye a en particulier indiqué que, le 19 juillet, le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine avait autorisé le déploiement, pour une période initiale de six mois, de l’opération de soutien à la paix sous conduite africaine (AFISM-CAR), à compter du 1er août 2013. La nouvelle mission aura un effectif total de 3 652 membres du personnel civil et militaire, principalement composée des contingents qui servent actuellement au sein de la Mission de consolidation de la paix en République centrafricaine (MICOPAX), force de maintien de la paix de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC). Elle aura pour mandat de protéger les civils et de rétablir la sécurité et l’ordre public, de rétablir l’autorité de l’État, de réformer et de restructurer le secteur de la défense et de sécurité, et de créer les conditions propices à la fourniture d’une assistance humanitaire aux populations dans le besoin. Le Représentant spécial s’est félicité de la mise en place de la mission de l’Union africaine et a encouragé le Conseil de sécurité à lui apporter son plein appui. Il a espéré que son déploiement prochain constituera «l’effet de levier nécessaire pour mettre fin à l’anarchie et au chaos à Bangui et dans les provinces».

«L’État centrafricain s’est totalement effondré», a témoigné, de son côté, le Représentant permanent de la République centrafricaine auprès des Nations Unies, M. Charles Armel Doubane, qui a appelé la communauté internationale à en «tirer les conséquences» et à «prendre ses responsabilités». La Secrétaire générale adjointe aux affaires humanitaires et Coordonnatrice des secours d’urgence, Mme Valerie Amos, et le Sous-Secrétaire général aux droits de l’homme, M. Ivan Šimonovi&#263;, qui viennent tous deux de visiter la République centrafricaine, ont également rendu compte, devant le Conseil de sécurité, de la situation sur le terrain.

La déclaration écrite du Général Gaye ICI
 
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CENTRAFRIQUE : une alliance introuvable entre Elite et Masse

Par Jean M'BALANGA

18/08/2013 13:36

Bonjour

A chaque changement dans notre système politique, le peuple centrafricain aspire à vivre un peu mieux. Nous vivons une époque de la sécularisation des institutions, où chaque citoyen à le droit d’exiger au nom du pacte républicain, de la cohérence et de l’action. Les élites de ce pays sont donc responsables devant Dieu et devant les hommes des souffrances affligées à nos populations. Or depuis l’indépendance, l’espoir populaire a toujours été déçu. Une amnésie semble frapper, à chaque changement politique, nos capacités de jugements moraux. Pour qui luttons-nous? Comment promouvoir une société moderne ?...Les théories à peine affirmées n’ont plus court. Après la victoire, plus de peuple, plus de citoyens, plus de république, plus de justice, plus de mouvement progressiste. L’élite se perd dans la foule. L’irrationnel se traduit par le retour des valeurs privées, clientélisme familiale, corruption politique, aventure intégriste, militarisation et autres mythes ancestrales. Nous rompant avec la politique pour retomber dans la facilité du relativisme culturelle. A chaque étape notre peuple subi le ravage supplémentaire de la misère.

Comment expliquer le retour persistant d’une crise de l’action collective ?

La RCA n’avait pas de capital social comme héritage au moment de diriger la destinée nationale en 1960. David Dacko était jeune, et d’extraction très modeste. La formation d’une élite responsable au service de la nation est caractérisée surtout par l’importance de capital scolaire. Malgré l’expérience pratique des autres cadres « de culture traditionnelles », le diplôme à servi comme le seul passage vers le pouvoir. Plus tard, le processus de socialisation politique sera marqué surtout par l’importance des associations étudiantes qui se développent dans les années 1970. Les ressources traditionnelles en politique, la noblesse, la fortune, la culture n’ont donc pas fonctionné. La conscience sociale d’appartenir à une minorité élue, a eu du mal, face à d’autres critères de regroupement ethnique ou tribal. La vertu de l’action publique est un chemin cahoteux en Centrafrique.

C'est à une nouvelle génération de trouver les moyens de rebâtir le pays. Quelle forme prendra cette "révolution" nul ne le sait. D’autant que la force de la vielle garde irrigue encore les recoins nationaux, à travers des comportements clientélistes, des échanges de « bonne pratique patrimoniale ». Ceux qui reprendront le flambeau feront face à un analphabétisme en recrudescence. C’est-à-dire une population aux préoccupations diminuées, et qui a peur de l’avenir.

Le défi est immense ; l’esprit de sacrifice et le devoir de probité seront indispensables. Une minorité de dirigeants soudés par des valeurs d’ouvertures, de justice républicaine et de dignité humaine auront à cœur de guider le peuple centrafricain vers son destin.

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