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«N’oubliez pas la République centrafricaine et son peuple»

Par journaldebangui.com - 02/08/2013

C’est la demande lancée par un haut responsable des droits de l’homme, à l’issue de son récent séjour en Centrafrique

 

«Le gouvernement de transition récemment nommé, et de nature plutôt inclusive, reste très faible. Bien que la situation à Bangui se soit quelque peu améliorée, l’Etat n’existe tout simplement pas en dehors de la capitale et il n’y a pas d’état de droit», a déclaré Ivan Šimonović, au terme de sa visite de quatre jours dans le pays. Le Secrétaire général adjoint aux droits de l'homme Ivan Šimonović a profité de ce tour sur le terrain en République Centrafricaine pour lancer un avertissement sur l’état critique des institutions étatiques du pays, qui demeurent proches d’un «effondrement total». Il a exhorté la communauté internationale à ne pas abandonner cette nation marquée par le conflit. «Au-delà de Bangui, il n’y a ni police, ni système judiciaire, ni services sociaux. La sécurité est pratiquement inexistante et la population vit dans un état de peur permanent. Je suis particulièrement préoccupé par le nombre important de membres de la Séléka qui, ne recevant aucun salaire, installent des barrages dans les rues, demandent de l’argent ou pillent les maisons», a déclaré le Secrétaire général adjoint.

 


© binuca.unmissions.org
Rencontre avec les différentes autorités sur le terrain
Il poursuit dans son rapport de mission que, «l’ampleur des pillages et des destructions que j’ai pu observer est choquante. Lorsque j’ai visité la salle du tribunal de Bambari, je n’ai trouvé qu’une pièce vide sans fenêtre et aux portes défoncées, dont le sol était jonché d’une couche épaisse de restes d’archives et de registres.]», a déclaré Ivan Šimonović. «Comment ce pays pourra-t-il organiser des élections régulières si toutes les archives et registres civils sont détruits?]», s’est-il interrogé. Le Secrétaire général adjoint très marqué par tout ce qu’il a pu voir, observer et entendre des différentes entrevues a annoncé que, «i la République centrafricaine a été frappée par des décennies d’instabilité et de combats. Sous le régime de Bozizé, la partie du nord du pays, peuplée en majorité par des personnes de confession musulmane, a été négligée, et les populations, discriminées. De nombreuses violations des droits de l’homme ont été commises, notamment des exécutions sommaires et des cas de disparition forcée, de détention arbitraire et de torture. Le pays a malheureusement atteint un degré de violence et subi des destructions d’une ampleur sans précédent depuis que la coalition Séléka, originaire du nord du pays, a lancé son offensive en décembre dernier».

Des fosses communes à déterminer
Le Secrétaire général adjoint de l‘ONU a également visité Bambari, la troisième plus grande ville du pays située à environ 385 km au nord-est de Bangui, où il s’est entretenu avec le Préfet nouvellement nommé, le commandant de la Séléka en charge de la ville, des organisations non gouvernementales, des victimes et des témoins de violations de droits de l’homme. Il a visité les bureaux des Nations Unies et la cour de justice qui ont été pillés, et l’hôpital régional. Il s’est également rendu sur un site qui abriterait une fosse commune où seraient enterrés des civils et des militaires. Tout en soulignant que le nombre total de victimes restait indéterminé, le Secrétaire général adjoint estime que cette information doit encore faire l’objet d’une enquête. Des membres de la communauté locale ont indiqué que des victimes avaient été sommairement exécutées, sans pouvoir indiquer avec certitude l’identité des auteurs. Le représentant onusien a aussi fait part de sa préoccupation face au taux élevé de cas de violences sexuelles dans le pays. «A l’hôpital de Bambari, j’ai rencontré une jeune femme de 18 ans qui a été violée alors qu’elle était enceinte de quatre mois et qui a perdu son bébé. J’ai aussi rencontré une femme qui a reçu une balle dans le bras pour avoir refusé de donner le peu d’argent qu’elle avait gagné sur le marché», a déclaré Ivan Šimonović. La situation chaotique du pays a un impact sur la vie quotidienne des populations dans tous ses aspects, a noté le Secrétaire général adjoint de l‘ONU. Les écoles publiques sont fermées depuis décembre dernier et moins de vingt pour cent des services de santé sont opérationnels, a-t-il observé. Par peur des meurtres et des viols, une grande partie de la population continue de vivre cachée dans la brousse, se nourrissant de racines. «Je suis extrêmement préoccupé par le manque d’attention, de la part des médias et de la communauté internationale, à la situation en République centrafricaine du point de vue humanitaire et du point de vue des droits de l’homme», a-t-il dit.

 


© binuca.unmissions.org
Dans la salle du Tribunal de Bambari
Le conflit ne doit pas tomber dans l’oubli
Pendant sa visite, le Secrétaire général adjoint a rencontré les autorités de transition, notamment le Premier Ministre de transition et les ministres de la justice et des réformes judiciaires, Garde des Sceaux, des affaires sociales, de la solidarité nationale et de la promotion du genre, le Ministre d’Etat en charge de la Sécurité Publique, de l’émi-immigration et de l’ordre publique. Il s’est également entretenu avec des dirigeants religieux ainsi que des membres d’organisations issues de la société civile et de la communauté internationale. Devant les attitudes et les confessions qu’il a pu entendre, Ivan Šimonović estime que le conflit de la République centrafricaine ne doit pas tomber dans l’oubli pour trois raisons principales: ce conflit va continuer de causer des souffrances à une grande partie de la population; les divisions ethniques et religieuses vont s’en trouver accentuées ; et un conflit prolongé risque de déstabiliser la région au sens large», a-t-il- averti Ivan. Pour lui, «restaurer la sécurité est essentiel pour ramener une forme de normalité dans l’ensemble du pays, éviter l’approfondissement des divisions ethniques et religieuses, et pour faciliter la réconciliation nationale», a-t-il dit. Et d’indiquer que «le désarmement, l’intégration et la formation conjointe d’un nombre limité d’éléments des anciennes forces de sécurité et de la Séléka, qui ont été certifiés afin d’exclure les personnes coupables de violations de droits de l’homme, est la voie à suivre. Cependant, cela ne permettra pas de résoudre le problème du vide sécuritaire qui prévaut actuellement». Le Secrétaire général adjoint aux droits de l'homme a tenu à faire savoir que «la justice transitionnelle et la nécessité de rendre des comptes sont également des éléments clés pour la reconstruction et la stabilité de ce pays. Notre bureau a documenté de nombreuses violations des droits de l’homme commises depuis décembre 2012. Les auteurs de ces crimes ne doivent pas rester impunis»
 
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4 COMMENTAIRES

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Le DDR pourrait etre fait et les mercenaires, criminels et violeurs etrangers devraient faire face a la Justice s'ils sont coupables ou alors les expulser chez eux!

Par Patriote

03/08/2013 13:31

En effet c'est incroyable de voir cet influx des non centrafricains dans la Seleka espérant rester en Centrafrique, surtout ne parlant ni sango (notre langue nationale) ni Français. Ils purement des étrangers qu'il faudrait expulser sinon ils seront a mesure de perpétrer d'autres actes criminels pour le programme d'islamisation de la RCA. Il sera temps qu'avec la présence des force multinationales et les onusiens d'assister a un rapatriement de ces énergumènes dont les crimes sur le peuple centrafricain constituent leurs seules activités !
Ils ont trop tue un peuple civil paisible a qui les gouvernements depuis les indépendances jusqu'à maintenant ne leur ont même pas par une loi quelconque permis de porter des armes pour se protéger, ces Tchadiens et soudanais sont partout dans la brousse sur le territoire centrafricain comme des coupeurs de route, ou des braconniers ! n’ayons pas de mémoire courte ! J’ai dit depuis le 24 Mars 2013 quand les chefs rebelles ont déversée ce genre d’espèce humaine en milliers en Centrafrique que notre pays la RCA ne sera plus comme avant : Les gens se convertissent déjà moyen le service militaire…Alors, et alors
Quant aux Centrafricains mes compatriotes, je vous dirai le reste après, soyons réservés, les forces multinationales ne vont pas tout faire a notre place…nous devons élaborer un programme d’assainissement de notre pays avant et après les élections. Si nous voulons que la RCA reste a nos enfants il y a beaucoup a faire sinon nous allons pleurer voire se remuer de douleur dans notre tombe. Si Deby l’a fait au Sudistes Tchadiens, Béchir l’a fait au Sud Soudanais Chrétiens et animistes. Il vaut mieux expulser tous ces étrangers dans la seleka chez eux ! Deby et Bechir les ont déversé chez comme déchets toxiques alors ne soyons

La haine ne mène nulle part

Par Lasso

03/08/2013 14:55

Toi Patriote, des gens de ton espece dans l'ancien regime ont entretenu la haine et le rejet de la Communauté musulumane centrafricaine comme l'a bien souligné ce Haut responsable Onusien.Tout musuluman est consideré systematiquement comme etranger dans ce pays. De ce fait, ils ne sont pas integrés dans la sociéte centrafricaine ni dans l'administration. Personne ne denonce les multiples violations des droits de l'Homme à leur egard, les tracasseries policieres, les arrestations au faciest, il suffit que vous portez un nom musuluman, vous êtes automatiquement une proie, etc. Vous recoltez maintenant, ce que vous avec semé.

Vos arguments continuent de s'appuyer sur la haine et l'intolerance en faisant croire que la Seleka est composee d'islamistes. Vous ignorez que ce sont les memes "liberateurs" de Bozize qui etaient partis grossir les rangs de la Seleka. S'ils sont des islamistes, ils ne vont pas piller les depots et debits de boisson y compris l'usine Mocaf pour se saouler la gueule. La plupart des commandants de la Seleka étaient des ex Liberateurs de Bozize. Par exemple, l'actuel Ministre de la Securité, Nouredine Adam faisait partie de ceux qui ont fait entrer Bozize à Bangui. Cette logique de la haine que vous entretenez voilait faire croire que Noureddine est un étranger. Vous allez contribuer à faire le nid de la Seleka. La Communauté Internationale voit tout et sait distinguer la verité.

Meme s'il y a aussi des elements etrangers dans Seleka, ceci n'est pas une exclusivité. Patasse avaient fait venir des congolais de Bemba aux côtés des FACA et Bozize la grade republicaine tchadienne et ensuite l'Armée Sud africaine. Ce ne sont pas des etrangers? Si vous voulez un role d'opposant, c'est bien mais cessez d'hair vos compatriotes parce qu'ils ne sont de la même confession religieuse.

Soutien a Patriote il faudrait assainir le pays en expulsant les etrangers du Tchad et Soudan qui dans la seleka! ou les traduire en justice! ces crimes et l'humiliation du peuple ne seront jamais gratuit!

Par So Zo la

03/08/2013 17:52

Il n’est plus question de Bozize ou de l’ancien régime , ni des musulmans ici, nous avons toujours vécu avec les musulmans, je suis bouba Nguere et la RCA est mon pays ! donc arrêtez de rouler les gens dans la farine et de justifier les crimes en cours par une question de régime quand on arrête des voyageurs on les tue les mains attachées derrière et on les jette les corps dans le fleuve qu’est ce que cela veut dire ? voulez-vous que ca continue comme ca ? et un véritable centrafricain musulman ferait ca ? . Ce gars « Patriote » a dit que les étrangers qui composent la Seleka et qui ont commis des crimes ou pas doivent être expulsé du territoire centrafricain ou traduit en justice. En plus Mr. Laso vous délirez un peu s’il n y a pas des islamistes ni vision d’islamisation du pays pourquoi les seleka qui sont basés a Bouar s’en prennent-ils au cochon(viande de porc ? )et a Bandoro « la viande boucanée ? » Les musulmans et frères Tchadiens qui ont vécu en RCA sont nos frères depuis toujours mais il faut assainir notre territoire c’est plein des petits démons de tout genre, criminels sans foi ni loi. Le haut responsable onusien a fait mention des violations flagrants des droits de l’homme et cela ne vise aucune ethnie. Mais si vous voulez en temps que centrafricain je vous dirai qu’il y a eu chasse aux ethnies, ce que personne ne pourrait nier, il y a des preuves déjà documentées le jour viendra…..

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