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Des FACA à la création unilatérale de l’Armée Républicaine Centrafricaine (ARC)

Par Henri Diogène - 31/07/2013

«L’armée a toujours joué un rôle prédominant dans l'histoire de la république centrafricaine. Telle n’est pas la réalité aujourd’hui»

 

La République Centrafricaine a été fortement ébranlée depuis le 10 décembre 2012 avec la naissance d’une rébellion dénommée SELEKA. Cette rébellion diverge des précédentes non seulement par son mode opératoire dans les tactiques de combats, mais qu’en sus, les parrains et caciques de cette rébellion ont inscrit dans leur agenda, un projet déstabilisateur de mettre tout en cendre. C’est ainsi que dès les premières heures du déclenchement des hostilités, l’administration n’a été épargnée, toutes les institutions incarnant l’État, les symboles de la République, immortalisant l’histoire de la nation ont été littéralement soit pillé pour ne pas laisser de trace, soit emportés pour d’autres destinations. Cette folie meurtrière et de destruction a atteint son point culminant à partir du 24 mars 2013 avec la prise de la capitale Bangui. En tout cas, tous les ingrédients étaient déjà réunis pour prolonger la souffrance d’une population déjà au seuil de l’extrême pauvreté du malthusianisme économique. Comment expliquer d’une part une telle avancée aussi fulgurante soit elle et en une vitesse éclair des éléments Séléka sur le théâtre des opérations? Notre armée nationale n’a-t-elle pas du tout déméritée pour qu’à chaque fois, sous prétexte d’un repli tactique, elle a pu et à chaque fois capitulée devant l’ennemi ? Mais pourquoi ce désastre ? Certes parce qu’il y’a eu trahison de la patrie au rang desquels figure en bonne place un bon nombre d’officiers.

 


© Bêafrika Sango
Les jeunes recrues des Faca à Bangui
Par principe, l’armée est apolitique. Elle est investie de la mission cardinale de veiller au grain sur la défense de la patrie assortie du serment de défendre l’intégrité territoriale. L’armée a toujours joué un rôle prédominant dans l'histoire de la république centrafricaine. Telle n’est pas la réalité aujourd’hui. L’armée centrafricaine s’est démarquée de sa mission régalienne. Le clientélisme, l’amateurisme, le manque de cohésion et d’harmonie (esprit de corps), la mauvaise manière de servir ont été le nœud gordien qui nous conduit à l’échafaud. Par ce comportement, l’armée à signé son acte de décès pour devenir l’otage et l’esclave d’une bande d’aventurier sans cœur ni conscience et c’est le peuple centrafricain qui paie le lourd tribut. Que dirait t’on aujourd’hui d’un officier ayant reçu son galon au prix d’un dur labeur, en comparaison d’un énergumène soldat de 2è classe ou d’un civil qui arbore avec emphase et de manière outrecuidante le grade de colonel, général et qu’un officier gradé digne de ce nom puisse aller lui rendre honneur ? C’est pour dire que nous sommes tous assis sur un volcan. Le tissu social aura du mal à se colmater. Les plaies sont trop béantes pour se refermer au bout d’une décennie. Ce qui promet de lendemain difficile même sans Djotodia. En négligeant délibérément de combattre la force ennemie, l’armée centrafricaine a perdu tous ses repères pour redevenir un supplétif de l’armée tchadienne aux ordres de N’Djamena et des paranoïas de Deby qui décide de tout. La nomination de nombreux tchadiens musulmans au perchoir en sont l’une des illustrations.

Ceux qui ont ternie l’image de notre armée, sont d’abord ces vieux généraux inactifs sur le terrain, mais budgétivores, laxistes et corrompus. Jetant en pâtures les secrets de la défense qui engagent la vie de toute une nation. Que y’a-t-il de d’anormal ou de coupable lorsque les gouvernants s’en procurent de matériels et autres arsenaux militaires pour insuffler une dynamique à une armée ? En Centrafrique, poser un tel acte, est considéré comme un crime. Tel est le cas du nébuleux Prosper NDOUBA du quotidien en ligne (Centrafrique Presse Info), qui par des affabulations grotesques a jeté l’opprobre sur le pays. C’est ainsi qu’il est aujourd’hui récompensé du poste de Ministre, conseiller spécial de Djotodia.

Même la plupart des jeunes officiers sortis des grandes écoles de formation, des académies militaires brillent par une inertie, une incompétence notoire et un manque du devoir de servir. L’armée qui est la grande muette sert maintenant d’appât aux appétits voraces des politiciens, des secrets dévoilés aux organes de presse, des plans de tactiques de combats éventés au grand jour. Bref !la définition de l’armée se disant apolitique n’est qu’une leurre, une réalité de façade. Puisque ce sont nos officiers qui ont trahi la nation centrafricaine puis de sacrifier le peuple aux mains des bourreaux et autres mercenaires sanguinaires. La plupart sont des hommes malléables, imbu d’esprit mercantile et obnubilés par les affaires, le grand luxe que de défendre la patrie au nom de laquelle ils ont prêté serment. Comment expliquer aussi le fait que des officiers ayant des salaires et autres traitements considérables par rapport à un fonctionnaire de la fonction publique puissent s’apitoyer et de détourner les maigres indemnités (PGA) et salaires des soldats qui sont actifs sur le terrain sous de fallacieux prétexte de sanctions ? Sur le théâtre des opérations lorsque les FACA était en bute avec les seleka, qu’est ce qu’on n’a pas constaté sur différents fronts ? Depuis Ndélé en passant par Bria, le commandement des opérations ne faisait que demander aux troupes de décrocher sans combattre. Pire encore, à Bambari, dans le feu des combats, les hauts gradés se sont battu en retraite, abandonnant les éléments qui au moment de se rabattre pour s’approvisionner en minutions avaient la désagréable surprise de constater que leurs supérieurs ont prit la poudre d’escampette. Complicité ou capitulation ? En tout cas, la réponse n’est pas à rechercher dans les profondeurs des pensées. A chaque front, Djotodia et ses complices ont corrompu nos officiers par des pourboires. Une moto précède la ligne de front pour remettre de somme d’argent à celui qui conduisait la troupe. Les arsenaux et matériels remis pour le combat sont parfois sciemment abandonnés pour ravitailler séléka.

Lorsque Séléka a enclenchée les hostilités, l’opposition dite démocratique servait de courroie de transmission entre et le milieu opérationnel des FACA et séléka. Par ce biais, les officiers FACA subrogés ont reçu chacun un pactole en espèce sonnante et trébuchante. Même le général DOLE WAYA qui a fait preuve d’une prouesse héroïque lors de l’attaque des éléments de BABA LADE, est également tombé plus bas. Non seulement du fait qu’il ait accepté le poste de Chef d’Etat Major alors que ses frères d’armes sont constamment traqués, tués par des dizaines pour ne se faire entourer que par une cohorte de mercenaires tchado soudanais arborant avec emphase des grades de Colonel, Généraux etc,qu’ils ont reçu dans quel centre de formation ou académie militaire d’où on ne sait. Mais que de tel comportement d’un officier de si haut rang, qui a un cursus militaire bien rempli, mérite probablement des questionnements.

Depuis toujours, le général DOLE WAYA entretien une relation étroite avec feu Charles MASSI président fondateur du FODEM (Forum Démocratique pour la Modernité) avec des ramifications sous-jacentes. A fortiori, avec son fils adoptif Nerris, porte parole de la Séléka avec qui il filtrait les informations concernant les dispositifs des FACA. La preuve pourrait se vérifier à travers les différents commentaires et précisions de ce dernier sur les médias à l’époque des faits. C’est au regard de tous les services rendus que Djotodia l’a nommé chef d’état major, mais sans base consistante, d’autant plus que les éléments qu’il est appelé à commander sont à 90% des non centrafricains, des gens d’une autre culture, d’une autre civilisation sans notion de base sur le métier des armes mais ne sachant qu’appuyer sur la gâchette avec le style de combat par choc inhérent au pays de notre voisin le déstabilisateur. Fera t’il long feu avec cette trahison qu’il porte en lui jusqu’à la moelle osseuse et de s’exonérer des charges qui pèsent sur sa conscience? Aussitôt dit, aussitôt fait. Djotodia sur instruction expresse de son mentor et colonisateur de Centrafrique Idriss Deby a décidé contre toute attente, de changer l’appellation Forces armées Centrafricaines (FACA), avec une nouvelle Armée Républicaine Centrafricaine (ARC), battant en brèche la fierté nationale que représente cet attribu, les symboles de la nation inaugurés au début de l’indépendance de notre pays. Feu Jean Bédel BOKASSA, sur appel du feu président David DACKO ont à travers l’histoire, imprimés une marque de conscience nationale en créant l’armée centrafricaine et il sera injuste pour des personnes ayant martyrisé le peuple de s’arroger ce rôle. A moins que derrière cette façade de changement de terminologie se cachent des velléités islamophobes.

Depuis toujours, Djotodia et sa clique manifestaient la ferme volonté de saper les bases qui constituent le socle de notre nation. Est-ce que la reforme du secteur de la sécurité nécessite un changement de dénomination des institutions surtout pour un pouvoir illégal, illégitime qui n’a pas reçu l’onction morale du peuple par le suffrage universel ? Cette question mérite un examen minutieux au cas par cas. Mais par delà tout, cette soit distante Armée Républicaine de Centrafricaine (ARC), ne sera qu’un groupe supplétif aux ordres de N’Djamena et de « l’empereur de centrafrique Idriss Deby », puis un danger, facteur d’embrasement pour l’Afrique en générale et la sous région d’Afrique Centrale en particulier. Homme lige de Deby, Djotodia a emboité le pas à son mentor qui déclarait fin mars début avril sur rfi (radio France internationale), dans l’émission « Internationale », que la RCA ne dispose d’aucune armée nationale, d’aucune force de police ni de gendarmerie et qu’il fallait tout reprendre à zéro, ignorant au passage qu’il existait des hommes et des femmes qui ont fait le renom de cette armée avec une conscience nationale de défendre la patrie. Cette déclaration n’est pas passée inaperçu aux yeux des observateurs politiques avisés. Pas plus tard, qu’hier encore, Djotodia nous ait fait l’une de ses rodomontades biscornues en martelant et régurgitant les même propos de son maitre, ignorant les FACA. «Réellement, ces gens-là n’existent plus, a reconnu le président par intérim. Il faut qu’ensemble nous reconstituions l’armée centrafricaine, une nouvelle armée. Une armée que nous dénommons déjà l'Armée républicaine de Centrafrique. Ce ne sera plus les Faca. Il faut une armée forte. Nous allons faire le brassage. Les ex-Séléka et les ex-Faca vont former une nouvelle armée.» Sans calcul des conséquences qui en découleront. Encore une fois de plus Djotodia a craché au visage des centrafricains. Quel sera l’équilibre des forces qui vont intégrer d’une part cette fameuse ARC du moment où le président de la transition ignore en même temps l’existence des éléments FACA et de parler de brassage d’autre part si ce n’est pas une force constituer exclusivement des islamistes Séléka au vu de l’effectif infime des FACA?

En créant la fameuse ARC, le président de la transition veut asseoir une armée aux ordres de Deby et sur lequel ce dernier pourrait s’appuyer pour préserver son pouvoir en cas d’attaque, mais aussi, d’étendre l’éventail de son hégémonie en s’attaquant au Congo Brazzaville, la RDC, le Sud Soudan en passant par la partie septentrionale du Cameroun. Et d’aventure si ses adversaires parvenaient à l’éjecter du pouvoir, ce serait à partir de cette base arrière que constitue la Centrafrique qu’il aurait à s’appuyer pour se réorganiser. En tout état de cause, l’avenir nous en dira plus.

 

 
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2 COMMENTAIRES

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Les FACA survivront malgré tout!

Par Grand Papa

31/07/2013 20:31

J'ai lu avec un certain intérêt l'analyse de notre compatriote Diogène que je ne partage pas entièrement pour des raisons que je vais énumérer plus bas. Il ne fait pas de doute que notre armée n'est pas performante et ce pour des raisons assez différentes qu'on ne saurait limiter à deux ou trois. Mais de là vouloir dire que la RCA n'a pas d'armée nationale est une contre-vérité que s'amuse à répandre le putschiste-néo islamiste Djotodia.

Il est une réalité que cette armée n'a pas pu contenir l'avancée des éléments de la SELEKA, mais est-ce à dire que l'entité en tant que telle ne l'a pas voulu ou plutôt que les soldats au combats n'ont pas voulu servir de chair à canon? Un soldat est avant tout un être humain formé à l'art de la guerre, le combat qu'il mène doit être soutenu par une cause solide à laquelle il adhère et pour laquelle il sait prendre des risques pour sa vie et son intégrité corporelle. Nos soldats pendant les combats qui ont débuté le 10 décembre 2012 avaient-ils la conviction de se battre pour la défense de leur pays ou pour la survie d'un régime politique très honni?

Le militaires ont pour principale caractéristique de défendre le territoire contre une agression venant de l'extérieur du territoire. Mais avaient-ils tout l'équipement nécessaire pour mener à bien cette activité guerrière? De ce que nous ont fait comprendre les premiers concernés le Chef suprême de l'armée ne les a pas aidés dans le travail; il leur a refusé l'armement adéquat pour mener la contre-offensive pour reconquérir les terrains perdus. Est-ce l'armée centrafricaine qui est coupable ou le ministre de la défense de l'époque?

D'ailleurs, voyez comment ils les traitaient; les propos discourtois qu'il a tenu à leur endroit après les défaites qu'ils ont connu sur le terrain ne peuvent en rien susciter l'adhésion à un régime déjà aux abois. L'histoire a montré que trop de défaites provoquent des remous au sein d'une armée et par voie de conséquence prépare le terreau soit à une insurrection soit à des actes de rébellion qu'on pourrait qualifier de traîtrise. Que peut-on reprocher à ces hommes qui servaient de cibles faciles aux tireurs de la SELEKA?

Cette armée centrafricaine a bel et bien existé! Au lieu d'un Chef de l'état, Commandant suprême des armées, qui fasse son travail et remplisse ainsi son devoir de bien traiter cette armée, on a eu un "Chef de clan" préoccupé davantage par son pouvoir et la survie de son régime que de faire l'unité des centrafricains et protéger la vie et la sécurité de ses concitoyens. Les mieux équipés étaient la "Garde présidentielle" mais l'armée nationale a été laissée à l'abandon, peut-on s'étonner du résultat auquel nous sommes parvenus?

Michel Am Nondroko Djotodia a connu une victoire facile parce qu'il avait en face de lui des troupes démotivées, sans conviction de combat et sous équipées. Et voilà qu'il va les qualifier de "Ces gens-là" comme s'il n'avait à faire qu'à des vauriens. Un jour viendra où cette armée lui rendra la monnaie... Si vraiment ces hordes de gens primitifs aux instincts barbares qu'on nomme pompeusement SELEKA étaient DISCIPLINÉES, si seulement on avaient à faire à des combattants INSTRUITS, si au moins elles avaient un projet de bien-vivre et de reconstruction de la RCA, nous aurions applaudi. Mais qu'ont-elles fait de la RCA? Un organisme meurtri, dépouillé presque totalement dépecé; et voilà que leur chef vient jouer au pompier après avoir mis l'incendie à la maison. Nous ne sommes pas dupes Djotodia de malheur!

Il a fallu les défaites militaires des premières batailles de la Seconde guerre mondiale et les mauvais traitements des militaires allemands pour que la France retrouve son unité et combatte fermement ceux qu'ils savaient être leurs ennemis. Aujourd'hui nous savons qui sont nos "véritables " ennemis, le reste n'est plus qu'une question de temps et d'organisation.Ceux qui pensent que Idriss Deby va soumettre les centrafricains se trompent lourdement, tout comme ceux qui pensent que Djotodia avec ses hordes va indéfiniment régner sur la RCA.

Même les années de vie en Russie avec l'apprentissage de la désinformation soviétique ne le servira pas longtemps. Il sera, tôt ou tard, pris dans ses propres mensonges. Les FACA survivront!!!

Je me demande entre Seleka et la FACA qui doit disparaître!!! et pour quoi ARC?

Par SOROKATE

03/08/2013 20:55

Franchement, je ne ciomprends pas monsieur Djotodia.
Il m'a semblé que ce dernier est nanti d'un diplôme en relation internationale aussi bien qu' en Communication.
Lui comme diplomate,je me doute de sa compétence, encore moins de sa capacité d'être Président d'une nation ,d'ailleurs sa récente conférence de presse avec les professionnels de communication me laisse perplexe.

Un chef de la nation(Psdt) à une noble mission de rassembler son peuple. Un président de la république qui se substitut chef rebelle(seleka) est absurde.

Désormais les habitants de Boy-rabe n'ont pas de Président ,un quartier abandonné à lui même.

La seleka constituée des étrangers ont attaqué l'armée régulière(FACA) mal équipée, ont fini à prendre le pouvoir a l'issu d'un coup d'état constitutionnel.

Déjà humiliée, notre FACA peine à reprendre le travail par opposition de la seleka qui les tue tous jours, on se permet encore de vouloir changer la dénomination FACA en ARC .
ARC veut dire (A.dieu République C.entrafricaine).

Pour ma part,il n-y a rien pour rien ceci est un plan que M.A.Djotodia est entrain de mettre en place qui n'est pas autre chose de CHANGER la RCA en un état Islamique.

Après le changement de FACA en ARC le prochain c'est de changer le nom de la RCA car ça sonne mal ensuite changer notre drapeau national. L'arbre qui cache la foret.

Chers compatriotes, il y a des signes qui ne trompent pas Djotodia est un danger pour la cohésion nationale.
Quel sort réserve t-il aux étrangers de seleka comme COLONELS chez nous?

Excellence M.A.Djotodia dites moi qu'allez vous faire de ces Tchadiens ,Soudanais de seleka? cette question mérite une réponse patriotique de votre part.


"Celui qui avale une noix de COCO, fait confiance à son anus".

kamba ti coco a kanga coco, ngou ti soussou à tôh soussou.

SOROKATE ALIAS Domzan-bene.

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