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Pourquoi en Centrafrique l’armée cherche toujours à prendre le pouvoir?

Par GOLO Yves Gatien - 30/07/2013

M. GOLO Yves Gatien est Expert-Analyste en Paix et Sécurité Internationale

 

L’armée Centrafricaine a pour mission fondamentale d’assurer contre toutes les formes d’agressions, la sûreté et l’intégrité du territoire national ainsi que la protection de la population. Et l’État est semblable à une banque et les citoyens/populations à des biens précieux qui y sont gardés. Ce sont les biens qui peuvent être menacés et non les bâtiments de la banque. Des voleurs ne s’attaquent à la banque que parce qu’ils veulent y extraire les biens précieux qu’elle contient. C’est pour cette raison qu’on sécurise la banque. Or en Centrafrique, l’armée qui est censée garder la banque (le pays) et les biens (la population) qui sont dedans, investit la banque, chasse les fonctionnaires de la banque (le chef de l’Etat et le gouvernement) pour gérer les biens (la population). Mais quels sont les faits qui ont prouvé les tentatives et les prises de pouvoir par l’armée ?

 


© Autre presse
De 1965 à 2013, la République Centrafricaine a connu plusieurs soulèvements militaires: le coup d’Etat sanglant de la Saint Sylvestre de 1965 qui a porté au pouvoir BOKASSA; la tentative de coup d’Etat contre BOKASSA en 1968; le coup d’Etat échoué contre BOKASSA du 1970 ; en 1976 un autre coup d’Etat manqué contre BOKASSA a été durement réprimé; en 1979 BOKASSA est chassé du pouvoir par David DACKO aidé par des parachutistes français; en 1981, un autre coup d’Etat porte au pouvoir le Général d’armée André KOLINGBA; une tentative de coup d’Etat en 1982 dirigée par les généraux BOZIZE et MBAÏKOA; la mutinerie de la garde présidentielle en 1993 contre KOLINGBA pour réclamer des arriérés de solde ; une intervention a eu lieu en août 1996 pour protester contre la décision de transfert de régiments à Bouar; la mutinerie du 3 novembre 1996 ; le 28 mai 2001 a eu lieu une autre tentative du coup d’Etat opérée par le Général André KOLINGBA ; le 25 octobre 2002 un coup de force a été orchestré par le Général François BOZIZE ; le 15 mars 2003 un coup d’Etat vient renverser PATASSE. Depuis 2005 une succession des rebellions contre BOZIZE. Le 24 mars 2013, il a eu coup d’Etat de la rébellion SELEKA portant Michel DJOTODIA au pouvoir. Dès lors, pourquoi en Centrafrique l’armée cherche toujours à prendre le pouvoir ?

Dans toutes ces différentes insurrections militaires des raisons soulevées sont : la politique d’exclusion basée sur le népotisme et le tribalisme ; le sentiment d’avoir été écartés du centre de décision du pouvoir et de ses avantages matériels ; les revendications corporatistes liées aux arriérés de salaires et aux conditions de travail ; le partage de butin et portefeuille, la mauvaise gouvernance ; le refus d’alternative politique; la vengeance de ses pairs : les rebelles d’hier sont devenus maintenant ceux qui sont au pouvoir, et ceux qui hier étaient au pouvoir sont devenus actuellement les rebelles. Et cela d’une façon cyclique. Partant de là nous pouvons répondre qu’en Centrafrique l’armée cherche toujours à prendre le pouvoir parce que, d’une part, elle s’est détournée de sa mission première dont la finalité est la défense de l’Etat, du peuple, et du patrimoine commun, pour la prise de pouvoir parce qu’elle ne respecte plus leur statut et leur code de déontologie, se transformant ainsi en une armée politique, tribaliste, assoiffée du pouvoir ; d’autre part, parce qu’il y a mauvaise gouvernance en Centrafrique. Mais pour éviter à ce que l’armée centrafricaine se lance dans la prise de pouvoir que faut-il faire ?

 

 
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1 COMMENTAIRES

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En tout cas Un vrai diagnostique des réelles causes que souffre la RAC!!!

Par SOROKATE

04/08/2013 15:35

Bonjour mon cher compatriote Gatien,
Bravo, votre analyse est édifiante. Merci à vous.

Effectivement notre souffrance émane de notre armée qui s'est détournée de sa noble mission, sécuriser, protéger, défendre contre toute forme d'insécurité susceptible de mettre à mal notre quiétude.

Vous savez,j'ai aussi constaté qu'à chaque changement politique en RAC il y-a eu toujours des recrutements au sein de notre armée nationale basés sur affinité clanique, ethnique,partisane loin des règles patriotiques entre autre par "ENGAGEMENT"

Le centrafricain n'aime pas son pays. C'est regrettable.. qu'à ton fait des idéaux de BOGANDA?

Sans trop de commentaires, j'aimerais que votre conclusion finale suscite d’éventuelles propositions comme SOLUTIONS.

Centrafricainement,

Maboko na maboko i lekérè kodoro ti i.

SOROKATE Alias Domzan-bene

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