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Derrière la communauté internationale

Par Rodrigue Joseph Prudence MAYTE - 23/07/2013

De nos jours, de plus en plus des voix s’élèvent pour fustiger la méthode et l’inertie de la communauté internationale

 

Incroyable mais vrai… Il est facile de donner une approche définitionnelle exacte de la communauté internationale mais difficile d’illustrer son côté pragmatique qui rime en réalité avec le concept. Quel contraste saisissant! On se croirait dans une fange ou la théorie et la pratique s’entrechoquent avec à la clé un distinguo palpable. Ce n’est pas du tout la faute des grands décideurs contemporains, si la communauté internationale est partie du mauvais pied…Elle est née d’ailleurs avec une cuillère d’argent dans la bouche mais on s’en étouffe parfois. Il n’est de secret pour personne que la Société des Nations (SDN) a vu le jour au lendemain de la guerre mondiale dans l’unique but de promouvoir la paix. L’historicité de la brume mondaine démontre que l’Organisation des Nations Unis (ONU) est l’émanation de cette Société des Nations. Loin d’être une simple histoire, de plus en plus des polémistes s’interrogent sur l’efficacité de cette structure qui semble entretenir des foyers de tensions plutôt que de les éradiquer.

 


© journaldebangui.com
Rodrigue Joseph Prudence MAYTE
En plus de cette structure faîtière de la mondanité, on est en phase régulièrement avec des concepts savamment distillés dans la nature par les esprits brillants du système onusien tels que: globalisation, mondialisation, bonne gouvernance, résolution des conflits, maintien de la paix etc…Sans oublier bien sûr le concept qui fait l’objet de notre analyse à savoir la communauté internationale. Certes! Ce terme est en réalité trop simple à définir mais il donne quand même le tournis dans son applicabilité. A priori, il apparaît aux nombreux insatisfaits des crises à répétition comme un pacificateur raisonnable. Cependant, il suffit un peu de «googliser» afin de scruter dans les moindres détails, les méandres désopilantes de la communauté internationale. Doit-on rappeler que la communauté internationale a non seulement effectué plusieurs missions de maintien de paix en Bosnie, à Kossovo, en Irak, en Afghanistan, en Somalie, au Rwanda, en République Démocratique du Congo, au Soudan, au Tchad, au Mali, en Centrafrique mais continue également de stationner plusieurs forces multinationales pour la résolution des conflits dans certains pays.

Là où le bât blesse, ces différentes missions semblent plutôt empoisonner la situation que de la solutionner. De nos jours, de plus en plus des voix s’élèvent pour fustiger la méthode et l’inertie de la communauté internationale. Certains analystes demeurent réfractaires à l’engagement pour le maintien de la paix ou la résolution de conflit de la communauté internationale dans certains pays en crise. D’autres restent purement et simplement dubitatifs sur cette communauté internationale qu’ils qualifient de tous les mots d’oiseaux. Ils estiment que derrière la communauté internationale se cache la stratégie de la mise sous tutelle de plusieurs pays en conflit et le business de plusieurs lobbyings pour la vente des armes et autres. D’autres encore pensent que la communauté internationale gagnerait plus en conflit qu’en paix…Elle attise le feu et joue in fine au pompier. C’est dans cette optique que les conflits pullulent sur le terrain comme les sauterelles déambulent dans l’air. Quasiment tous les analystes reconnaissent que seul le président Kagamé du Rwanda a compris les faiblesses de cette communauté internationale. C’est pourquoi il décida de mettre à la porte toutes les forces multinationales de son pays et il faut admettre que très peu de temps plus tard le Rwanda est devenu un pays très convoité.

Il est temps que la communauté internationale redouble de finesse car sa pratique dégoutte et désaffectionne de plus en plus les esprits brillants.
Joseph Prudence MAYTE

 

Bien évidemment, le Tchad a adopté la même attitude en mettant fin à la fameuse mission onusienne du MINURCA et il semblerait que les choses se passent à merveille pour ce pays. De prime abord, on sait que la communauté internationale a fait un flop dans plusieurs pays. Il est d’une évidence absolue que depuis 1996, la Centrafrique est sous tutelle de la communauté internationale jusqu’à nos jours. De la mission interafricaine de surveillance des accords de Bangui (MISAB), le pays se retrouve avec la même force multinationale sous une autre dénomination en occurrence la FOMAC sans qu’il y’ait une paix certaine et durable. A fortiori, depuis la présence de ces forces multinationales en 1996, il en ressort plusieurs soubresauts, coups d’états, des rébellions à répétition…Curieusement, le Bonuca se pérennise et devient Binuca confirmant l’expression que le malheur des uns fait le bonheur des autres. Diantre! Depuis l’éviction de l’ancien président BOZIZE le 24 Mars 2013, le peuple centrafricain vit un moment le plus atroce de son histoire et la communauté internationale semble aux abonnés absents.

Ce qui est écœurant, les ex rebelles tuent la gente masculine et féminine à tout va sans qu’il y’ait une réaction musclée de la part de la communauté internationale alors que le Chapitre 7 de la Chartre des Nations Unis lui donne toutes les prérogatives nécessaires. Même lorsque les journaux internationaux tels que la Croix et Ouest France décrient les clameurs du peuple centrafricain complètement exténué, on s’indigne toutefois du silence assourdissant de la communauté internationale. Patatras! On est en face d’une communauté internationale couarde, qui ne bouge qu’en fonction des intérêts du pouvoir en place. Ce qui est sûr, lorsque la Centrafrique ne traitait par le passé qu’avec la France, son partenaire historique, on n’a jamais frôlé une telle fébrilité déclamatoire. Par ailleurs, si la France ne s’était pas levée, le Mali ne connaîtra jamais la paix. Seulement, on espère que les forces multinationales ne vont pas gâcher le travail de prince que les forces françaises ont effectué dans ce pays. Il est temps que la communauté internationale redouble de finesse car sa pratique dégoutte et désaffectionne de plus en plus les esprits brillants.
 
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2 COMMENTAIRES

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La loi des plus forts tout simplement.

Par Grand Papa

25/07/2013 20:46

Si je peux me permettre un avis, frère Mayte, le terme communauté internationale est un fourre-tout. Tantôt, les journaux occidentaux l’utilisent pour faire croire au monde entier qu’un acte commis quelque part, surtout en dehors de l’occident, est désapprouvé par l’ensemble des êtres humains habitant cette planète. Tantôt, on désigne les nations unies qui s’engagent sur des questions internationales.

Il est temps de voir le soleil en face et de se dire que ce monde est toujours régi par la règle des plus forts ; et ceux-ci sont la plupart des pays siégeant au conseil de sécurité des nations unies. Dès qu’ils (USA, Royaume uni, France) décident d’une action et qu’ils se concertent, le plus souvent cela aboutit à une résolution, ces fameuses résolutions des nations unies qui sont censées régler les conflits dans le monde. Mais comme tu l’as dit, la persistance des missions de l’ONU n’est pas bonne pour un pays.

En RCA, comme tu l’as si bien souligné, les forces d’intervention sont là depuis les mutineries successives de 1996. La RCA a-t-elle pour autant retrouvé sa quiétude d’alors ? Le résultat est là avec les rébellions successives sous le régime de dictature de François BOZIZE. Cette communauté internationale n’ira jamais dans le sens des aspirations profondes des peuples, le dernier mot demeure la volonté des hommes et femmes qui habitent ces territoires de retrouver la paix.

Qu’a fait la France pour nous aider à éviter ce que notre pays vient de connaître ? François Hollande a préféré ménager son homologue tchadien en lui donnant le feu vert pour en quelque sorte gouverner la RCA en contre-partie de sa participation aux combats contre les islamistes aux Mali. Or, au lieu de créer un climat de paix Idriss Deby a déversé sur la RCA toute la pègre du Tchad en Centrafrique avec les soudanais du même acabit. Le constat aujourd’hui est celui d’une nation prise en otage par des barbares de premier ordre qui ne fonctionnent que sur la base de la force brutale.

Si le gouvernement français avait eu une autre attitude en déclarant fermement qu’elle ne laisserait jamais des individus sans foi ni loi semer le désordre en RCA, ces hommes qui ont des oreilles et une intelligence susceptible discerner le danger de la victoire certaine n’en seront pas venus à se répandre telle une épidémie de choléra en RCA. Qu’a-t-on entendu ? Que la France n’était en RCA que pour ses intérêts et la protection de ses ressortissants (sic) même les américains grands adeptes des interventions extra-territoriales n’ont jamais dit cela. Pourquoi s’étonner de la situation actuelle ?

Si la RCA avait été la Côte d’ivoire aurait-elle agit de la sorte ? Je me permets d’émettre le doute à ce propos. En intervenant plus tôt on aurait fait l’économie de toutes les sommes qui vont être déboursées pour reconstruire la RCA. Il se révèle au grand jour que les chefs de cette rébellion ne sont que des islamistes que la France a combattu au Mali, quelle ironie du sort ! Par exemple décréter que le porc est interdit de consommation à 60 km de Bouar c’est à assimiler à quoi ?

Pour nous résumer, la communauté internationale devrait être l’expression des opinions des populations habitant la planète terre. Mais la réalité n’est pas ainsi faite, ce sont plutôt les plus riches et les plus forts qui font leur loi. Les autres doivent se taire et ces états forts savent comment les faire taire…

Nous devons prendre notre destin en mains et cesser de parler d'une communaute internationale ou l'onu.....L'Angola, Rwanda, L'Ethiopie, Ghana voire le Tchad sont des exemples...

Par Patriote

28/07/2013 18:05

Quand on parle de la communauté international et l’ONU, ca me fait rire, et je vois une organisation faible vouée a l’échec partout , sauf les naïfs pourraient croire qu’elles sont capable de quelque chose, du moins il y a 3 a 5 personnes de bonne foi dans cette organisation dont Dieu pourraient utiliser pour faire quelque chose parce que Dieu a été fidele a Abraham et Lot... En réalité les conflits constituent leur source de revenu et ils s’en foutent ! cette communauté internationale dirigée a haut niveau par l’onu n’a jamais répondu a l’aspiration du peuple qui ne souhaite qu’une paix durable et la sécurité. Plus ces organisations restent longtemps dans un pays plus l’instabilité persiste parce que les factions rebelles poussent sous les yeux de l’onu comme des champignons et les tueries font partie des rapports écrits et c’est tout ! le cas flagrant du Rwanda, de l’Angola, le Congo Démocratique ne datent pas d’un siècle, n’ ayons pas la mémoire courte ! Ceux qui veulent que notre pays soit sous tutelle pourtant il l’est déjà depuis 1996, n’ont encore que des intérêts égoïstes a exploiter. Qu’aucun Centrafricains ne se trompe c’est une manière de nous enfoncer et nous garder sous dépendance et nos ressources constituent une réserve. Nous devons tous compter sur nous-mêmes. Pour le moment nous n’avons que nos frères Africains de l’UA et la CEMAC qui voudraient bien nous aider a rétablir la Paix mais nous avons demandé le retrait des forces Tchadiennes du sein des forces de la CEMAC ce qui n’a pas encore été fait alors pourrait-on vraiment s’attendre un désarmement effectif et surtout une PAIX durable ? Depuis 1996 la présence des forces tchadiennes sur le territoire centrafricain a contribué aussi à l’insécurité totale de la RCA et son anéantissement aujourd’hui.
Qui vivra verra !

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