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Centrafrique: projet de micro finance en faveur des communautés affectées par la crise

Par Pacôme Pabandji - 01/07/2013

Il a été officiellement lancé par le PNUD en partenariat avec Caritas Centrafrique, en l’église Notre Dame d’Afrique

 

Suite aux différents évènements survenus en République centrafricaine, les petites unités de production qui faisaient vivre les communautés de bases ont été détruites pour la plupart, amenant la population à vivre dans une situation de précarité aiguë. La misère dans laquelle les habitants sont soumis est arrivée à un niveau critique, touchant les groupes les plus vulnérables que sont les enfants et les femmes. Pour cela, Caritas Centrafrique en partenariat avec le PNUD a lancé le projet « offre de services financiers aux communautés affectées par la crise armée pour la reconstitution des moyens de subsistance à Bangui et dans les provinces ». Un projet qui vient à point nommé, soutenir ces catégories sociales les plus vulnérables pour la reprise de leurs activités génératrices de revenues. En effet, le projet consiste dans sa globalité à octroyer des microcrédits aux femmes et aux jeunes affectés par la récente crise, dans les 4ème et 7ème arrondissements et les familles hôtes des personnes déplacées internes, dans les 1er et 2ème arrondissements, afin de soutenir la reprise des Activités Génératrices de Revenues (AGR), du petit commerce, des activités de maraichage et de l’artisanat. La signature du document de ce projet avait eu lieu une semaine avant au siège de Caritas Centrafrique à Bimbo. Etaient dont présents le vendredi 28 juin 2013, le représentant personnel de l’archevêque métropolitain, monseigneur Nestor Yapaupa, le représentant du Programme des Nations unies pour le Développement, M. San Jan Sorensen et la représentante adjointe du Secrétaire général des Nations Unies, Mme Kaarina Immonen assisté du maire du 4ème arrondissement de Bangui, M. Oscar Mombéalla.

 


© journaldebangui.com
Mme Kaarina Immonen assisté du maire du 4ème arrondissement de Bangui, M. Oscar Mombéalla
D’après le représentant de l’organisation onusienne, les vœux du PNUD et de Caritas Centrafrique au moment de la signature étaient, que ce projet soit rapidement mis en chantier pour aider au relèvement des familles affectées par la récente crisse armée. «Pour le PNUD, il s’agit d’apporter une réponse urgente aux besoins des populations affectées à Bangui et, en projetant d’aller progressivement vers les populations d’autres localités du pays», a-t-il dit. Il ajoute que la réponse du PNUD, dans le domaine de la micro-finance revêt deux aspects essentiels. D’une part, l’octroi de microcrédit rotatif comme levier pour la relance des initiatives pouvant générer des revenus et assurer la reconstruction des moyens de subsistance des populations affectées par la crise et d’autre part, la contribution au renforcement de la cohésion sociale dans un contexte où la crise armée a instauré un climat de méfiance entre les communautés avec les risques de repli identitaire.

20 sites ont été retenus dans les quatre arrondissements. A cet effet, le souhait du PNUD dans le cadre de ce partenariat avec Caritas Centrafrique est que les populations bénéficiaires de ce microcrédit soient bien encadrées afin que les microcrédits octroyés soient régulièrement remboursés et puissent profiter à d’autres nouveaux bénéficiaires, de manière à ce qu’un grand nombre de femmes et de jeunes puissent réellement se révéler et améliorer leur condition de vie. D’après la directrice diocésaine de Caritas Bangui, la Sœur Flora Guerekopialo, son organisation a déjà réalisé ce genre de projet dans les années précédentes et cela a produit de bon résultat. Pour la suivie du projet elle a déclaré que Caritas a des animateurs qui sont constamment sur le terrain afin de suivre de près ces personnes. «Nous avons des animateurs qui sont déjà sur le terrain. Ces animateurs suivent de près nos cibles. Et actuellement à travers leurs rapports, nous avons constaté que les besoins se font sentir encore», a-t-elle dit. Elle a ajouté que ces crédits sont remboursables. «Ces crédits sont remboursables mais pas en tant que tels. On va étudier les conditions de remboursement. Le bénéficiaire a soit une année ou au-delà, selon ces activités», a-t-elle ajouté.

«Je remercie beaucoup Dieu qui exerce sa volonté à travers Caritas et le PNUD qui ont pu nous aider. Nous qui ne savons pas à quel saint nous vouer suite à la récente crise qui a mis en sac nos activités génératrices de revenus. Je suis commerçante toutes mes activités sont bloquées suite à cet évènement. Et grâce à ce projet, je vais pouvoir reprendre mes activités normalement», a déclaré Mme Martine Ngouagouni, habitante du 1er arrondissement, une des bénéficiaires de ce microcrédit. Dans ces propos, le représentant de l’archevêque de Bangui, Monseigneur Nestor Yapaupa remercie le PNUD pour la marque de confiance placée en Caritas. «La Caritas Centrafrique est loin d’être une ONG ordinaire qui est la manifestation concrète de l’amour des chrétiens en faveur de leurs frères et sœurs blessés dans leurs âmes et dans leurs corps. Cette action se fait sans esprit de prosélytisme religieux et touche toutes les couches de la population affectée. Aussi la contribution du PNUD à cette œuvre d’amour est la bienvenue. Et nous les remercions très sincèrement», a-t-il déclaré. Pour réussir ce projet, il invite les animateurs et acteurs de la Caritas qui vont accompagner les bénéficiaires à la rigueur dans l’encadrement et le suivi des bénéficiaires pour que l’esprit du crédit rotatif puisse bénéficier à un grand nombre. «Vous devrez faire un ciblage des personnes réellement affectées, qui ont besoins de solliciter un moyen financier pour reconstituer leurs moyens de subsistance», a-t-il martelé.

A l’occasion de cette cérémonie du lancement dudit projet, six (6) personnes ont bénéficié de ce microcrédit. Il s’agit de Mme Martine Ngouagouni, commerçante dans le 1er arrondissement, Rodrigue Maurice Tarem, vendeur des médicaments dans le 2ème arrondissement, Léonie Yabinda du 4ème arrondissement, Kevin Komta du 4ème arrondissement, Mme Angela Padoue du 7ème arrondissement et Mme Helen Mbondjo du 2ème arrondissement de Bangui. Espérant que les brillants résultats de ce projet permettront l’expansion d’expérience de micro finance dans les différentes localités de Bangui et dans l’arrière pays. «La Caritas Centrafrique à travers certaines Caritas Diocésaines notamment de Bozoum a déjà expérimenté le projet de micro finance et a eu des résultats très positifs qui devront servir d’éclairage référentielle pour la réussite de ce projet au niveau de Bangui», a dit le Monseigneur Nestor Yapaupa pour finir.

 

 
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3 COMMENTAIRES

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LES LIMITES DE LA MICROFINANCE

Par jeanpierrecanot

01/07/2013 14:31

Voilà que l’on commence enfin à prendre conscience que la microfinance n’est pas et ne peut pas être la solution au financement de l’aide au développement
La microfinance est en effet de plus en plus en crise, de plus en plus contestée.
L’actualité dans le secteur primaire avec le drame de la sècheresse montre bien les risques qu’il y a à considérer que la microfinance constitue la solution aux problèmes financier des plus faibles alors qu’elle n’est et ne doit rester que la toute première étape du modèle coopératif que nous avons systématiquement démantelé.

Mais le comble dans l’affaire est que l’on s’oriente sans réfléchir vers l’ineptie du crowdfunding ; financement par la populace !

LES LIMITES DE LA MICROFINANCE, L’EXEMPLE DE L’AGRICULTURE

La microfinance tend à devenir la panacée à l’ensemble des problèmes de développement, notamment agricole, au point que tous les projets se rapportant à ce dernier ne s’articulent qu’autour du pivot central « crédit » à condition que celui–ci corresponde aux principes de la microfinance.
Dans le début des années 70, Muhammad Yunus développait au Bengladesh le concept de la Grameen Bank. Il partait du principe qu’une somme minime est souvent suffisante pour permettre le démarrage d’une activité, particulièrement dans les campagnes.
Le concept reposait sur les principes ancestraux du mutualisme, les mêmes repris chez nous avec le succès que l’on sait à la fin du 19ème siècle. Ces principes s’appliquaient au Bengladesh à une population homogène dans sa pauvreté absolue.
Grandes furent les difficultés de Muhammad Yunus pour obtenir un appui des bailleurs de fonds internationaux, Banque Mondiale et Fonds Monétaire International considérant que cette initiative au ras des pâquerettes ne pouvait s’inscrire dans le contexte de la mondialisation ou du développement dit durable.
Longtemps décrié et combattu, le système devait il y a peu, non seulement être remis à l’honneur, mais devenir la véritable tarte à la crème de la Banque Mondiale qui n’avait pas manqué au passage de le dénaturer. On ne parle plus désormais en matière de développement agricole dans les pays émergents que de microprojets financés par la microfinance dérivée directement de l’initiative de Muhammad Yunus.
La crise actuelle, où le système bancaire tend à limiter les crédits, est l’occasion pour certains de considérer que le microcrédit est une des solutions, sinon la solution, à cette crise.
Dans la recherche de solutions de financement pour les plus démunis que le système bancaire traditionnel maintient à l’écart de ses interventions, on oublie systématiquement le modèle coopératif qui il y a plus de cent ans apportait la réponse à l’agriculture française notamment.
Muhammad YUNUS et la Grameen Bank du Bengladesh n’ont pourtant quoi qu’on en dise rien inventé du tout, ce qui n’enlève d’ailleurs rien à leur mérite.
La Grammeen Bank, et tous les modèles de microfinance qui en découlent, ne sont que la première étape du modèle coopératif inventé par les Babyloniens. Après l’expérience des pionniers de Rochdale ou des producteurs de micocoulier dans le Gard en France, le système a été il y a cent ans à la base des modèles européens de la coopération agricole, notamment le Crédit Agricole français, que l’on oublie systématiquement dans les programmes de développement au profit du seul modèle de Muhammad YUNUS, prix Nobel de la Paix, porté désormais aux nues.
Le problème est que malgré tous ses mérites, le modèle mis en œuvre dans cette seule première étape, ne marche pas – à l’échelle de l’économie globale – et ne marchera jamais, pas plus d’ailleurs que les modèles coopératifs européens pris dans leur forme actuelle et que nous nous acharnons à développer en vain depuis les indépendances.
Il faut pour mobiliser le maximum de ressource bancaire vers le secteur agricole sous forme de prêts, bancariser les populations rurales de façon à ce que tous les flux financiers résultant de leur activité – essentielle dans les pays en développement, il s’agit du secteur primaire – restent dans ce secteur et ne s’évadent pas vers la banque commerciale. Celle–ci dans la meilleure des hypothèses fera semblant d’aider l’agriculture en avançant des fonds aux organismes de microfinance qu’elle crée la plupart du temps sous forme de filiales.
Ceci est vrai aussi pour les autres secteurs et pour nos pays en ce qui concerne les laissés pour compte du système bancaire traditionnel.
On ne saurait trop insister sur cette nécessité de bancarisation déjà citée des populations les plus pauvres
– C’est une véritable alphabétisation, économique bancaire et comptable qui leur permet d’appréhender des notions simples, ce que ne permet pas la manipulation de la seule monnaie fiduciaire.

– C’est une garantie supplémentaire pour le prêteur que l’emprunteur dispose sur un compte qui enregistre tous ses mouvements financiers, de la ressource nécessaire, résultant de l’activité financée, pour rembourser le crédit.

Ceci implique bien entendu, et ce n’est possible que dans le cadre coopératif, que le principe essentiel d’exclusivisme soit bien respecté, c’est–à–dire que le sociétaire ne puisse pas, au risque d’exclusion du système, ouvrir des comptes et contracter des emprunts dans plusieurs établissements.
Il faut rappeler encore une fois que la dégradation de tous les modèles coopératifs a pour origine principale le non respect de ce principe d’exclusivisme, qui a d’ailleurs été supprimé ou n’a pas été repris dans toutes les lois coopératives mises en place dans les pays en développement, ce qui conduit irrémédiablement à l’échec du système.
– C’est une garantie de création monétaire réelle. Le crédit anticipe en effet la création monétaire par production de biens ou de services.

Celui qui distribue le crédit doit donc s’assurer que le prêt est bien utilisé pour l’objet financé et que son montant ne dépasse pas ( il doit même rester inférieur) la valeur estimée du produit de l’activité financée.
Il est évident que la simple surveillance des mouvements du compte, à condition là aussi que le principe d’exclusivisme soit appliqué et respecté, permet de vérifier que l’anticipation de création monétaire est parfaitement justifiée.
Ce point est d’une cuisante actualité dans la crise économique que nous vivons et qui résulte de dérives bancaires où, dans le cadre d’une économie virtuelle généralisée et mondialisée, les crédits consentis pour des spéculations de tous ordres ont conduit à la création de fausse monnaie avec les conséquences dramatiques que nous n’avons pas fini de vivre.

Cette mobilisation indispensable de la ressource de base qui devra d’ailleurs être complétée notamment pour les investissements longs ne peut se faire qu’au travers du modèle coopératif qui a fait ses preuves depuis des siècles.
Encore faudrait il que ce modèle fut et restât l’authentique, et ne soit pas remplacé par les ersatz infâmes que l’on a vu se développer tant en Afrique que dans les pays communistes et qui ont conduit à la ruine et à l’abandon de ce modèle coopératif .
Ceci ne pourra se faire que par la mise en place de lois et règlements propres à la Coopération, agricole notamment, et qui en retiennent impérativement les authentiques principes de base.
La bancarisation des plus pauvres est de surcroît une des conditions essentielles pour que le système s’il est vraiment d’inspiration coopérative soit construit et fonctionne à partir de la base : les sociétaires ; et il y a bien là une des faiblesses de la microfinance telle qu’elle est conçue jusqu’à présent comme un système construit « d’en bas » et géré « d’en haut ».

Un problème supplémentaire est que l’on entend appliquer les principes de la microfinance d’un intérêt indiscutable par ailleurs à des populations hétérogènes dans leur pauvreté relative.
On se retrouve donc en fait dans une agriculture à deux vitesses : l’une de type industriel, comme chez nous, qui doit se soumettre aux règles de l’Organisation Mondiale du Commerce, l’autre de type social qui concerne la très grande majorité des populations rurales.
On notera au passage que dans le second cas les résultats des actions menées pour atteindre des objectifs sociaux sont mesurés selon des critères uniquement économiques.
Le financement est réalisé pour le premier type, la minorité, par les banques commerciales traditionnelles, pour le second par des systèmes complexes, notamment mutuelles d’épargne et de crédit qui fleurissent à qui mieux mieux sur le plan local, sans aucune coordination nationale, et qui finalement n’arrivent à concerner qu’une « minorité de la majorité » : les plus pauvres parmi les pauvres, les autres devant se débrouiller comme ils peuvent en recourant notamment au crédit informel.
Le résultat désastreux est double :
La ressource d’épargne et de dépôts – qui est une ressource bon marché – en excédent localement ne peut être transférée directement et à prix coûtant chez ceux où elle manque et transite par le système bancaire où elle est, soit utilisée au prix fort au financement des autres secteurs de l’économie, soit réacheminée toujours au prix fort vers les structures de microfinance momentanément déficitaires en ressource.
Ce système encore une fois à deux vitesses, au delà du fait qu’il accroît les déséquilibres liés à deux types de systèmes d’exploitation extrêmes : agriculture de subsistance et agriculture industrielle, a l’inconvénient d’isoler les plus pauvres, les empêchant comme on vient de le voir de profiter de la solidarité au sein de leur groupe même en ce qui concerne la ressource bancaire.

C’est bien au niveau de cette notion de solidarité que se trouve la solution au problème du financement du secteur primaire.
Autant il serait vain en effet de vouloir faire jouer la solidarité du monde agricole en faveur des plus déshérités en isolant ces derniers dans des ghettos, autant il est possible de la mettre en œuvre efficacement dans des systèmes qui intègrent tous les acteurs de ce secteur, ceux momentanément déshérités bénéficiant de l’assistance du groupe.
Bergerac le 1 juin 2011
Jean-Pierre CANOT
Auteur de « Apprends-nous plutôt à pêcher ! »

http://ehlafrancetoutfoutlecamp.blogs.nouvelobs.com/
http://reviensilssontdevenusfous.blogs.sudouest.com

achillée

Par papachico

05/07/2013 08:09

Je l'ai lu et compris.Avec l'aide des animateurs je m'en sortirai.
Merci à vous

Achillée

Par papa chico

05/07/2013 08:21

J'ai plein espoir car beaucoup ont réussi aux financement de microcrédit.Le côté positif c'est avoir toujours aux personnes en difficultées

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