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Centrafrique: embourgeoisement spectaculaire

Par RJP MAYTE - 13/06/2013

«Face à une opinion centrafricaine vaccinée contre les faux engagements et les promesses intenables, le processus de la transition se trouve désormais dans un mouchoir de poche»

 

Incroyable mais vrai! Au moment où le Chef du gouvernement de la transition s’active auprès des partenaires au développement pour mobiliser les fonds nécessaires dans l’optique de faire face aux défis qui s’imposent au pays, les ex-rebelles ponctionnent régulièrement de l’argent dans les structures financières de l’état qui se trouvent dans les villes excentriques. A vrai dire, les ex-rebelles de la coalition Seleka ne finiront jamais de s’identifier négativement dans l’environnement sociétal centrafricain. Bien qu’ils aient amassé manu militari des biens mobiliers et immobiliers depuis leurs avènements jusqu’à nos jours, il n’en demeure pas moins qu’ils font encore preuve d’insatiabilités de maraudage auprès des régies financières du pays. De sources probantes, les ex-rebelles sillonnent les grandes villes dans l’unique but de se servir auprès des structures étatiques qui génèrent de l’argent.

 


© journaldebangui.com
Rodrigue Joseph Prudence MAYTE
Quasiment tous les fonds collectés par les régies financières à l’intérieur du pays ne parviennent pas au trésor public à cause de ces manœuvres désopilantes. Ce qui est écœurant, aucune autorité n’ose en parler de peur d’être victime des représailles des différents instigateurs… A l’évidence, la Centrafrique ne vit que d’une assiette fiscalo-douanière. A partir du moment où les occupants se servent dans la caisse de l’état, ils créent une entorse sans précédent à la santé financière du pays. Au demeurant, le gouvernement de la transition peine à gérer ses dépenses régaliennes à moins de toujours bénéficier d’une obole. D’une manière évidente, le pays ne peut qu’espérer une perfusion financière des partenaires au delà de cette ignominie incantatoire. D’ores et déjà, certaines indiscrétions mettent en lumière le dédoublement actuel de la masse salariale qui dépasse légèrement le seuil de quatre milliards de francs Cfa. Après trois mois au pouvoir, l’équipe Djotodjia-Tiangaye ne peut plus invoquer l’inexpérience pour excuser cette politique du tâtonnement permanent.

Si Nourredine et Dhaffane ne disciplinent pas leurs mercenaires, le bras de fer entre ceux qui militent pour le rétablissement de l’ordre et les partisans du désordre s’avère inéluctable.
Rodrigue Joseph Prudence MAYTE

 

Il apparaît plutôt que ni le Chef de la transition ni son premier ministre ne semble suivre un vrai cap. Tant que les nouvelles autorités ne sécurisent pas tout le territoire centrafricain, les enturbannés imposeront à tout va leurs modes opératoires. Inutile de se voiler la face car la vendetta du Camp Beal est un exemple illustratif de leurs capacités à rendre le pays ingouvernable. Faut-il mettre alors le pays sous tutorat onusien pour sa sécurisation? En tout cas, tant que les deux valseurs de la CEMAC auront toujours la mainmise sur la Centrafrique, il n’est pas évident que le pays recouvre une stabilité dans l’immédiat. Néanmoins, face à une opinion centrafricaine vaccinée contre les faux engagements et les promesses intenables, le processus de la transition se trouve désormais dans un mouchoir de poche. Si Nourredine et Dhaffane ne disciplinent pas leurs mercenaires, le bras de fer entre ceux qui militent pour le rétablissement de l’ordre et les partisans du désordre s’avère inéluctable.
 
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