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Appel aux centrafricains: Il est temps de sonner la fin de la récréation

Par Chancel Sekode Ndeugbayi - 06/06/2013

Qu’ils s’en aillent tous!

 

Depuis que la SELEKA a envahi notre pays la RCA, tous les indicateurs naguère de couleur orange sont vite passés à rouge écarlate. La capitale Bangui est le théâtre de viols, de pillages et autres massacres qui frisent l’absurde. Le citoyen centrafricain a perdu en un clic son identité. Le pays n’est plus le berceau des Bantous comme le revendique son hymne national. Toutes ses régions sont devenues une terre des Bandits, pas n’importe lesquels mais DES BANDITS DE GRANDS CHEMINS. Pourtant, hier ce fut Patassé et sa meute les baniamolengué, sanctifiés par la garde prétorienne composée en majorité de ses parents qui n’hésitèrent pas retourner leurs armes contre le seul et même peuple qu’ils étaient censés protéger, défendre et servir. Hier, ce fut le tour de BOZIZE de lui emboiter les pas, en plongeant notre pays dans un gouffre sans fond. Aujourd’hui, sous la bannière de la SELEKA, c’est le tour d’un certain DOTODJA avec ses mercenaires de prendre le relais, d’instaurer le chaos total. Rappelons brièvement les circonstances dans lesquelles ces mercenaires sont parvenus à envahir tout le pays.

 


© journaldebangui.com
Chancel Sekode Ndeugbayi
Tout a commencé le 11 décembre 2012, lorsqu’ une faction de la rébellion armée identifiée plus tard à SELEKA attaque les positions des FACA à la frontière de notre pays ( le Tchad d’un côté et le Soudan de l’autre). Quelques jours plus tard, d’autres groupes rebelles vont faire parler d’eux à divers endroits du pays notamment dans la partie nord-est et centrale du pays. Conscient de ses faiblesses, le pouvoir de Bangui de l’époque tenta malgré tout de minimiser l’ampleur de cette guerre en choisissant de divertir l’opinion nationale et internationale. La situation est sous contrôle et le siège du pouvoir se trouvant à Bangui, pas question de reconnaître la puissance de feu de cette «Seleka la nébuleuse» et de s’avouer vaincu. En effet, Bozize et son entourage prévoyaient tout, sauf qu’ils ne voyaient rien. Hélas, quelques semaines après, l’imprévisible se produisit ; BOZIZE fut contraint à négocier l’arme sous la tempe. Les accords de Libreville semblèrent sonner la fin de la récréation et les observateurs de se lancer dans des commentaires dithyrambiques : «plus jamais ça ! La paix est sauvée, la paix est revenue, la réconciliation l’a emporté sur la division.»

Or celui que l’ancien Président français Nicolas SARKOZY qualifiait «d’autiste» était considéré autrement par ses adversaires de l’opposition : «le lièvre», symbole de la ruse sur le continent. Il pensait qu’il était important pour lui que la SELEKA n’arrivât pas dans la capitale Bangui en Quatre-quatre mais en bicyclette ou sur un chameau. Jouer la montre pour s’accrocher au pouvoir, c’est le meilleur du logiciel centrafricain. Oui, jouer la montre, c’est la stratégie des hommes politiques centrafricains depuis un demi-siècle. D’abord, en vieux briscard, Bozize a su , à l’approche de l’élection de 2005,poser quelques rustines sur les points sensibles. Il a constitué un gouvernement de consensus pour faire taire les opposants en faveur de son maintien au pouvoir. Il a promis de résorber le chômage, d’apurer les arriérés de salaire, de pensions et bourses. En un mot, il a promis du travail à tout le monde, le KNK, le travail rien que le travail. Sur scène, les bras tendus en avant, flottant dans une camisole orange à son effigie, il se révélait un tribun hors pair doublé d’un redoutable tacticien, qui scandait en Sango qu’il va gagner dès le premier tour , en un temps ou untempti, une forme de «sango créolé», tandis qu’il jurait en français d’être un grand démocrate. La suite, tout le monde le sait : un mandant de transition qui aura duré 3 ans et deux autres dont le dernier n’arrivera pas à son terme, estompé en mars dernier.
Pour tout dire, Bozize , qui s’autoproclamait le bâtisseur, est la cause du malheur des Centrafricains aujourd’hui. [i En dix ans, il a assis son pouvoir sur un affaiblissement de toutes les institutions démocratiques et sur un système de corruption jamais égalée dans l’histoire centrafricaine. Il a gaspillé l’argent public en enrichissant jusqu’à l’indécence sa famille. Il n’y a qu’à voir leurs villas somptueuses çà et là pour se taire ; si ce n’est pas tout détruit par la Séléka. Durant dix ans, la RCA a été gérée comme une entreprise privée. Bozizé était le chef de tout, décidait de tout mais, en définitive , responsable de rien. On voyait ses enfants, sa famille, ses maitresses partout et sur tout. Son cousin Doutingaye fut ministre d’Etat aux Mines, à l’Energie, aux Finances et à l’Economie. Bref, «Un super ministre, un ministre de la Terre et du ciel, un demi-dieu» comme le qualifiaient les centrafricains qui l’ont honni.

Derrière ces bêtises humaines sans commune mesure, c’est la colère de tout un peuple contre le système qui éclata au grand jour avec l’avènement de la SELEKA. En principe, la SELEKA était considérée comme un mal nécessaire pour mettre un terme au pitoyable règne de BOZIZE . Hélas, les faits nous démontrent le contraire. L’actualité dominée et dictée par la Séléka chapeauté par un Dotodja incompétent à tous les niveaux, distribuant à chaque minute des grades de colonels comme des bouts de coran à ses fidèles ne rassure guère les centrafricains. Mes prédécesseurs l’ont déjà fait. Moi aussi je le fais.

Et maintenant?
Un chaos sans précédent s’est installé. Le 23 mars dernier, ils ont déboulé dans un nuage de poussière, stoppant net les opérations des soldats sud-africains venus soutenir le régime de Bozize alors aux abois. Comme une horde sauvage surgie de la savane écrasée sous le soleil, ces rebelles en majorité des mercenaires de tous bords, tchadiens, soudanais et congolais, ont pris d’assaut Bangui avec leurs brassards, leurs bandeaux et djellabas ; on dirait des djihadistes en pleine croisade. Mise à part les quartiers et intérêts musulmans restés intacts, des pillages et règlements de compte ont vite pris le dessus partout ailleurs, des patrimoines chrétiens saccagés, des édifices publics détruits, des femmes violées, des innocents assassinés, la FACA inexistante. C’est la négation totale de l’Etat. Plus personne ne contrôle plus rien. Bangui et toutes ses provinces sont devenues la terre de tous les démons. Du coup, ceux qui se disaient vouloir mettre un terme à la misère du peuple finissent par l’aggraver. Une crise humanitaire sans précédent sévit désormais dans le pays. Ces derniers, derrière une sorte de demi-charia qui ne veut pas de nom, ont commis en deux mois seulement le double des graves violations de droits de l’homme attribuées à Bozizé durant ses dix années de gouvernance.

Le gouvernement de transition bat déjà de l’aile, l’insécurité imprime son tempo. Ce qui est évident, malgré ses nombreuses déclarations, soi-disant bonnes intentions, envers les centrafricains, ces derniers ne veulent pas de lui. Ils estiment que ce round de 18 mois est de trop. Mais la question qui se pose est la suivante: va-t-il respecter ses engagements? Eu égard aux agissements de Mr Alexandre Nguedet le président du CNT, pressenti à sa solde, n’y aura –t-il pas un virage à 180 degré? Tout le monde craint que cette transition qui a commencé dans la tourmente, se termine d’ici là dans la virevolte: «Je l’ai dit : Je ne serai pas candidat . Je me dédis.» En effet, cette crise est la crise de trop. Ces viols sont un crime de trop. Ces assassinats et autres exactions sont inacceptables. Malheureusement, personne n’ose les dénoncer par crainte de représailles. Et pourtant il existe des partis politiques d’opposition en RCA . Et pourtant il y a des gens qui se disent des leaders politiques. Où sont-ils ? Que fait l’opposition ?

Alors, c’est ici l’occasion de prendre l’opinion nationale et internationale à témoin. J’en appelle à la jeunesse centrafricaine toute entière. Il est temps de prendre nos responsabilités. Il est temps de changer d’orientation politique, de changer de cap, de changer de dirigeants. Quel modèle de société voulons-nous ? Parce que la génération précédente a déjà lamentablement échoué. Parce que la génération des années 50 nous a démontré qu’elle n’a pas la capacité de changer notre destinée. Ces vieux caciques n’ont pas l’épaule qu’il faut pour servir le peuple. Que de querelles intestines, que d’égoïsme, que d’injustice, que de trahison. Il est temps de bien réfléchir dès maintenant pour affronter les échéances de demain…

Fait à Paris, le 5 juin 2013
Chancel Sekode Ndeugbayi

 

 
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2 COMMENTAIRES

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Nous devons arracher notre pays des mains de ces criminels demoniaques!!

Par Bouba-nguere

06/06/2013 23:33

La RCA est réduite a une sous préfecture Tchadienne, et la Phase “ Reprend ton droit au respect a la vie…” sera pendant les élections, mais pour accéder a ces élections nous ne devons plus dormir ! Que le Syndicat des travailleurs, l’Associations civiles et les confessions religieuses puissent se lever par des marches pacifiques, et assemblée générale pour exiger ces élections autrement dit ca sera une autre forme de CMRN (au temps de Kolingba) pour plus de 5 ans. Ce qui est très déplorable et je regrette c’est que les Centrafricains sont réduit a sans moyens de défense, les Seleka violent tuent et on a pas des moyens pour les tuer, les archives et les actes de naissance ont été détruit , et la structure sociale est en train d’être éradiqué systématiquement par ces arabo islamistes. A mon avis si rien n’est fait le rêve et la promesse de Ndjotodia de créer sa république islamique deviendra concret, tôt ou tard nous pleurons notre sort et celui de nos enfants dans la tombe en voyants nos enfants dans la servitude arabo musulman ! Les centrafricains doivent comprendre que ces forces maléfiques, satanioques qui se sont imposées chez nous son ni foi ni loi et sèment la mort, la terreur pour emmener les gens a se soumettre ou a disparaitre sous des coup de balle a bout portant et il l’ont prouvé dans toute la République centrafricaine. Les petites entreprises dites des chrétiens ont été detruites...les voila……La France dans sa poursuite de partenariat avec Deby pour le pétrole et l’histoire du Mali a fermé ses yeux sur la situation de la RCA ! Je ne suis pas dans un gouvernement mais j’ai préfère quitter ce pays en « Self exile » en Afrique de l’ouest car ca faisait vomir de voir des personnes du genre indigènes sans niveau d’études se dire colonels entourés des enfants soldats qui violent des mères, des sœurs, des grands mères une bestialité incroyable !! les villes de Bossembele Yaloke sont devenues des villes soudanaises !! la frontière Gara mboulai , on arrache des véhicules des particuliers et prennent fuite au Tchad, de la razzia et crime contre l humanité et crime économique totale !
Voila la RCA depuis l’arrivée des Selekistes !!
Je n’attends rien de ces wahbistes du Tchad et Salafistes du Soudan…..nous devons reprendre notre pays et notre destin en main ! tout ce qui est arabo musulman si l’on est pas de concert avec eux ni de la même foi, l'on est rien du tout, regardez comment Deby a pu exterminer tous ses opposants Sudistes Chrétiens sur son passage dans la vie politique ! La RCA notre pays est tombé entre les mains des démons !!! mais Dieu ne va pas nous abandonner !!!!
Que Dieu nous envoie un autre Moise !

Il n'y a personne que nous-mêmes

Par Congolo Mate

07/06/2013 13:19

Comme vous pouvez le deviner ce monsieur, plus sournois que Bozizé, ne respectera pas sa parole. Il se présentera aux élections : d'abord parce c'est un grand menteur (c'est incalculable le nombre de fois qu'il a menti aux centrafricains - en 3 mois à peine -). Ceux qui sont au courant de son agenda caché le disent à qui veut l'entendre; ensuite, comme qui se croit intelligent alors qu'il ne l'est pas, il prend les centrafricains pour des naïfs, grosse erreur. Il subira un revers même avec le trucage des cartes d'identité comme il compte le faire. Mathématiquement et arythmétiquement, il ne pourra pas gagner les élections aussi longtemps les centrafricains se souviendront des exactions, pillages, tuerie, viols, vols et l'humiliation auxquels lui et sa bande de criminels les ont soumis. Exception faite de ses proches, la réaction de la population à ses multiples et vaines tentatives de séduction témoigne à suffisance du sentiment de rejet qu'elle a à son égard. Par ailleurs, son choix de vouloir positionner mr. Alexandre Nguendet - demandez ces condisciples d'université, ses camarades militants du RDC, ils vont diront qui c'est ce gar - dans l'espoir de lui faire faire la sale besogne de triches, de manipulations, d'achat de conscience et autres bassesses, en dit long sur Djotodia. C'est en vain que tu va espèrer mr Chancel, il n'y a pas d'homme politique ici. Dieu merci, c'est la seule chose utile que l'avénement de Djototdia et ses criminels a apporté: permettre aux centrafricains de découvrir qui sont ceux qui se disent hommes politiques. En tout cas, ils ont peut-être essayé nos aînés, mais en fin de compte ce sont tous des déculotés. S'ils ne sont pas tétanisés par la peur de se faire tuer, ils sont tous entrain de marcher sur le corps de leurs compatriotes pour parvenir à leurs fins. Il faut les oublier Chancel. Alors qu'est-ce qui reste de bon ? La masse de la population meurtrie, qui - si elle ne se décide pas maintenant-, n'aura que ses yeux pour pleurer. Ces criminels étrangers qui font leur malin ne tiennent encore debout que parce qu'ils savent que nous sommes des couards et tellement peureux que même parfois avec les vieux fusils qui ne fonctionnent pas, ils nous soumettent. Puisque de toutes les façons, ce ne sont pas les rigolos de chefs de bandits là qui vont faire quelque chose. Ce ne sont pas des centrafricains. Tout le monde sait qu'il faut se lever, que la population doit se décider... mais tout cela reste théorique. Je propose un grand mouvement de désobéissance civique, que tous (élèves, fonctionnaires/syndicalistes de secteurs privés et public...)qu'on observe une journée ville morte pour contraindre ces gens à nous respecter, les bouter hors du pays. C'est à nous n'attendons pas la communauté internationale. Elle n'a qu'à faire d'un Etat inexistent et des gens qui attendent que d'autres viennent se battre à leur place. Mais bon sang sommes nous un peuple ou pas ? Non, on ne tombera pas dans leur jeu de violence, on reste à la maison. Si nous attendons la Fomac et les autres histoires de la sous région, nous payerons alors nous-mêmes notre souffrance. Reprenons nos droit au respect à la vie, j'aime ça.

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