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Sursaut utopique ou réelle opportunité pour un renouveau démocratique?

Par Eddy Symphorien Kparekouti - 05/06/2013

Eddy Symphorien Kparekouti, Ceo Bangui International Limited

 

Lettre Ouverte

Depuis un certain temps, notre Pays est plongé dans une crise d'une intensité rarement égalée, dont les conséquences affectent profondément l'équilibre même de notre Nation. A l'heure actuelle, cette situation a atteint un seuil de dangerosité tel qu'il me semble impératif, pour chacun d’entre nous, de sortir de notre léthargie et de conjuguer nos efforts, afin d’arrêter cette dynamique destructrice qui risque irrémédiablement, d’entraîner notre Pays vers des lendemains sombres et, très probablement, incontrôlables. Pour ma part, en tant que Compatriote, mais, avant tout Patriote, compte tenu de la gravité de la situation, j’estime qu’il est de mon Devoir de ne pas rester impassible et d'apporter ma modeste contribution pour que notre pays puisse retrouver le chemin de la Sérénité, de la Stabilité et de la Prospérité.

Pourquoi et comment sommes-nous arrivés à un tel désastre?
Sur le plan du bilan, il me sera prétentieux de poser un quelconque diagnostic exhaustif de la situation, tant les causes qui ont conduit à cette tragédie sont multiples et diverses. Cependant, se dégagent quelques points fondamentaux qui ont amplement conduit à l'actuel état de déliquescence. Je veux citer:

 


© journaldebangui.com
Eddy Symphorien Kparekouti, Ceo Bangui International Limited
Un réel déficit démocratique résultat d'une gestion autocratique des affaires du pays : Le système de gouvernance imposé au pays depuis une dizaine d'années est à contre-courant des aspirations démocratiques et de justice tant espérées par notre Peuple. Le clanisme, le clientélisme, les passe-droits, la corruption généralisée, l'impunité face à la loi, la gabegie sur le plan économique sont des éléments de la tragédie que vit notre Nation. A cela s’ajoute une centralisation trop excessive des pouvoirs aux mains d'une seule et même personne ou d'un même clan conduisant, à ce qu’on appelle ‘‘le fait du Prince’’ ;

Le dévoiement de l'appareil judiciaire : La qualité du système judiciaire est le meilleur baromètre permettant de mesurer le degré de Démocratisation d'une Nation. Au lieu de servir et protéger le peuple face aux injustices de tous genres, nos Institutions judiciaires donnent la désagréable impression d'une justice à deux vitesses, celle des ‘‘puissants’’ et celle appliquée au ‘‘petit peuple’’. Dans une telle configuration nos citoyens se sentent totalement trahis et bafoués dans de leurs droits les plus fondamentaux ;

Une stratégie économique basée sur le court terme : Une vision économique, en large partie, basée sur la rente financière issue des industries extractrices, où les subsides réalisés sont peu ou pas injectés dans l'économie productive, déjà assez souffrante. Certes, la mauvaise utilisation des deniers publics ne date pas d'aujourd'hui, mais loin d'y avoir amené les correctifs nécessaires, force est de constater une aggravation au cours de cette dernière décennie. En réalité, nous sommes victimes de l'abondance de nos propres richesses naturelles sans pour autant que cela nous soit profitable. En d'autres termes, nous vivons le ‘‘syndrome Hollandais’’ ;

La mise en œuvre d'une certaine politique aventureuse d'instrumentalisation de la diversité religieuse et sociale de notre société. En semant ici et là les gènes de la discorde, l'ancien pouvoir a provoqué des réactions de haine et de xénophobie, deux choses tout à fait inacceptables. Nous nous retrouvons dans une société tourmentée, où la tolérance et l'acceptation de la différence de l'autre a tendance à s'estomper. En somme, il s’est agi de l'utilisation, pour perdurer au pouvoir, d'une stratégie de division, mais ô combien dangereuse celle du ‘‘diviser pour mieux régner’’, qui est l’apanage même des régimes autocratiques.

Malgré une situation extrêmement difficile sur les plans économique, politique et social, il convient de garder espoir et de demeurer positif, car notre pays dispose de nombreux atouts et potentialités qu'il convient d'utiliser, à bon escient et, bien entendu, avec intelligence. Le 24 Mars 2013, a signé la fin d'un régime autocratique, traître et profondément corrompu. Le peuple Centrafricain a été lâchement abandonné aux mains des rebelles de la coalition ‘‘SELEKA’’. Il s'en est suivi une campagne de terreur et d’exactions de haute intensité. Combien de nos mères et sœurs ont été impunément déshabillées, battues et même, parfois, violées publiquement ? Combien de nos enfants et frères ont subi des exactions et des humiliations de toutes natures ? Combien de nos citoyens ont perdu le peu qu'ils possédaient, se retrouvant ainsi sans toit ni nourriture ?

Ces faits, gravissimes, personne ne peut les occulter, ni les oublier. Ils constituent des plaies béantes et douloureuses, dans le cœur de chaque Centrafricain ! La brutalité, la lâcheté et la trahison ont toujours été la marque de fabrique de ce pouvoir honni et déchu. Il continue, par ses manœuvres et turpitudes en tous genres, à vouloir, encore et toujours, s’immiscer dans les affaires du Pays ! Nous Centrafricains, unis tel un seul corps, rejetons cette ingérence et ne reconnaissons plus à l’ancien Président François BOZIZE, ainsi qu’à sa bande de crapules, de copains, copines et courtisans en tout genre, aucune légitimité à vouloir régir notre destin. Le sursaut salutaire du 24 Mars 2013, bien que douloureux, nous a pleinement fait prendre conscience, de l'ampleur du mal profond qui rongeait notre Pays. Cela nous a ouvert les yeux sur nombre de réalités et pratiques malsaines, longtemps cachées par l'ancien système.

Que représentent Messieurs François BOZIZE, Michel NDJOTODJA, Nicolas TYANGAYE ou toute autre Personnalité politique ? En réalité, peu de chose face à un Peuple fier, Uni et Responsable, qu'est celui du Centrafrique ! Ce bien si précieux qu'est la démocratie, ne doit pas être le monopole d'un groupe de personnes ou d'une organisation. Pour que la démocratie ne soit plus un leurre, mais bel et bien une réalité de tous les jours, chaque citoyen Centrafricain doit pouvoir s'exprimer démocratiquement sur l'avenir de son pays. C'est son droit le plus absolu. Une presse et des radios libres, Internet sont des vecteurs de communication, qui doivent également contribuer activement et de manière responsable au débat démocratique. La situation actuelle du pays exige de nous, sagesse et responsabilité. Évitons de jeter de l'huile sur le feu, ne rajoutons pas à la division encore plus de division. Qui en sortira bénéficiaire ? Hormis les ennemis de notre nation, personne ! ni le pays, ni les Centrafricains ! Nos actes et nos pensées, doivent être impérativement orientés vers l'apaisement et la réconciliation nationale.

Soyons donc Sages, Responsables et Constructifs. Laissons le temps nécessaire au nouveau Gouvernement de Transition, pour qu'il dirige, durant une période que Nous, Centrafricains Patriotes, savons qu’elle n’est que transitoire (Tous les centrafricains y veilleront, pour ne plus sombrer dans le schéma adopté par l’ancien régime qui, arrivé au Pouvoir pour n’assurer qu’une simple Transition, s’est mué en régime autocratique), notre Pays, sur les voies de la Démocratie et du Progrès. Certes, l'état de délabrement dans lequel se retrouve notre cher Pays, fait que la tâche sera ardue ; Mais rien n'est insurmontable.

Je ne doute guère de la bonne volonté des nouveaux dirigeants de vouloir sortir notre pays de la situation de crise dans laquelle il se trouve. Tout changement, même fait dans la douleur, peut être générateur d'espoirs pour le présent et le futur. Pour peu que des volontés existent au sein de la nouvelle équipe, le changement doit être perçu comme une bénédiction, voire, une réelle opportunité à saisir, qui permettra une fois les conditions favorables réunies, d'impulser une nouvelle dynamique salvatrice au service du redressement et du développement. Comme le dit un proverbe chinois ; ‘‘Le bonheur naît du malheur, le malheur est caché au sein du bonheur’’…. A méditer !

Peuple Centrafricain, les anges ne sont jamais descendus du ciel pour nous parler. Les événements actuels, doivent être compris par nous tous, comme un signe Divin. Puisse ce signe providentiel, éveiller nos consciences et nous guider dans la bonne direction.
En premier lieu, je m'adresse à tous ceux qui se sont soulevés pour revendiquer leurs droits par la voie des armes. Oui, votre combat a été juste et légitime, face à un régime atone et méprisant. Cependant, le temps est venu de faire taire les armes, en décrétant la paix des braves. Il est nécessaire de mener un autre combat, cette fois-ci sur le plan politique.
L'heure du dialogue et de la concertation est arrivée. L'instauration d'un véritable état de droit, doit-être LA priorité du moment.
Rassemblez-vous au sein d'associations politiques de votre choix, et fédérez-vous autour des idées et des revendications pour lesquels vous avez tant combattu.


Dans un souci d'apaisement, je lance un appel solennel à toutes les autorités morales et religieuses Centrafricaines. Par votre grande sagesse, par votre sens aigu des responsabilités, par votre esprit de justice, apportez votre précieuse contribution à la stabilité sociale nécessaire à notre pays. Je ne doute guère de votre volonté d'y participer activement, en favorisant une dynamique d'échange et de dialogue constructif au sein des diverses couches de la société. Je suis convaincu, que vos actions contribuerons à l'apaisement des esprits et donc à la paix civile.

Le bons sens et l'Amour de la Nation doivent toujours prévaloir sur les intérêts partisans, en ce sens il est absolument fondamental de ne pas retomber dans les travers de l'ancien système, car ‘‘les mêmes causes produisent inéluctablement les mêmes effets’’. J'ai la profonde conviction que nous pouvons, raisonnablement, sortir notre Nation de cette spirale dangereuse, en initiant, de manière pacifique, une stratégie de sortie de crise qui, je n'en doute guère, permettra, au moment opportun, d'assurer une Transition Démocratique salutaire pour le long terme. Cela exige, de notre part, une dose de Patriotisme, un Dialogue constructif et constant, et beaucoup de Clairvoyance.

Toute Démocratie, digne ce nom, doit reposer sur un Socle Institutionnel solidement construit : Il vaut mieux avoir des ‘‘Institutions fortes, que des Hommes forts’’, disait Barack OBAMA ! C'est dans le sens de cette construction que nous nous devons, tous, de faire converger nos efforts. Compte tenu de l'urgence et de la gravité de la situation actuelle, il y a cependant des prérequis qui demandent, de notre part un large consensus. Cela passe notamment par,

Une stratégie de baisse de la tension sociale, en mettant fin, urgemment, au cycle de violences et d’exactions de toutes natures, afin que nos citoyens puissent, de nouveau vivre dans la sécurité et la sérénité ;

L'ouverture et l'élargissement du dialogue et de la concertation à l'ensemble des représentants de la vie politique et civile, sans discrimination ni conditions préalables ;

L’écoute des doléances et préoccupations de la population, au travers des représentants de la société civile.

Mes chers compatriotes ; L'heure est venue pour nous donner la main et unir nos efforts. Faisons donc abstraction de nos divergences politiques, sociales, ethniques, sociales ou religieuses, dans l'espoir d'ériger une nouvelle société plus équitable et plus démocratique. Je saisis également la communauté internationale, en lui demandant de s'impliquer d'avantage pour peser de tout son poids, en vue d'assurer au peuple Centrafricain une transition politique pacifique et organisée. En outre, cher compatriotes cessons d'accuser les pays voisins d'être la source d'une partie de nos problèmes. La crise actuelle, est bel et bien le résultat d'une gouvernance désastreuse. J'adresse un message de paix et de fraternité à tous les pays voisins de la Centrafrique. Je leur dis, vivons en bonne intelligence. Développons et consolidons nos relations, pour le bien-être de nos peuples respectifs.

Par ces temps difficiles, je lance un vibrant appel à l'union de tous nos compatriotes de l'intérieur du pays ou de la diaspora, sans distinction de sensibilités politiques, ethniques ou religieuses. Apportons ensemble notre soutien pour faciliter le processus de transition en cours. Il est grand temps pour nous Centrafricains, de prendre notre destin en main. Recouvrons notre souveraineté, si longtemps confisquée. Faisons en sorte que cette opportunité ne soit pas une nouvelle utopie. Tous ensemble, bâtissons une Nation au sein de laquelle chaque Centrafricain pourra vivre dans l’Unité, la Dignité, le Travail, et bénéficier de l’Etat, toute la Sécurité nécessaire, pour le Respect de son Intégrité physique et de l'Equité dans le traitement de ses Droits et Devoirs.

Tout est encore possible : Nous pouvons et devons le faire.
Que Dieu bénisse Notre Pays, la République Centrafricaine !

Fait à Dar es Salaam le, 05 Juin 2013

Mr. Eddy Symphorien Kparekouti
CEO BANGUI INTERNATIONAL LIMITED
Office: +255 222 650056
Mobile: +255683000480
Email:info@banguiinternational.com
eddy@banguiinternational.com

Son Excellence Monsieur le Président de la République Centrafricaine
Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement d’Union Nationale.
Mesdames et Messieurs les Ministres, Membres du Gouvernement d’Union Nationale.
Monsieur le Président du Conseil National de Transition.
Mesdames et Messieurs les Conseillers, membres du Conseil National de Transition.
Large diffusion.

 

 
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1 COMMENTAIRES

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Par timothé

06/06/2013 15:14

Le probleme c'est que nous centrafricains aimions parler,parler. Tout le monde fait de dianostics pour tout,mais les memes dans la meme situation( pas celle des sélékas car ceux là sont pire que les animaux,car les animaux ont une certaine sensibilité et protège leur semblable) font la meme. regardez votre djotodia. Il nous refait la fmillle etc,ils parlent de compétences mais les autres avaient des parents compétents. ce n'est pas question de competence,mais c'est question de morale politique. Et tout ces voyous et voleurs décriées sous d'autres regimes ou qui se sont illustrés souis patassé ou bozizé qu il a récupérés ou la mutiplication de conseillers inutiles au palais meme si c'est votre president Déby qui assume le salaire. Plein de conneries qui font que djotodia n'etes pas mieux que qui il pourchasse.
Il faut que les centrafricans changent et peut etre que seleka ayant opere un choc,on aura une autre attitude

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