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Centrafrique: Transition, transition quelle transition?

Par Adrien Poussou - 04/06/2013

"Il faut nécessairement sortir du débat «combien serons-nous au CNT ou au gouvernement de transition»"

 

Il y’a quelque chose d’un peu irréel à observer de l’extérieur la manière avec laquelle ceux qui se rêvent en nouveaux maîtres de la République Centrafricaine se comportent en cette période pourtant dite de transition. Par exemple, bien sûr, à voir celui à qui le rigolo de N’Djamena a dénié le droit de se considérer comme «président de la République» mais plutôt comme «un simple chef d’État de transition» (il faut s’appeler Deby Itno pour se gargariser de ces niaiseries) prétendre donner des leçons de patriotisme et de mérite républicain.

Les dites nouvelles autorités ne font qu’à leurs têtes. Elles font tout sauf ce qui leurs est demandé
Adrien Poussou

 


© journaldebangui.com
Adrien Poussou
D’autant, qu’à peine installer dans le fauteuil présidentiel, c’est aux siens que, toutes affaires cessantes, il distribue, comme on le ferait pour les petits pains, les postes considérés comme juteux. Tout le contraire, il faut bien le faire remarquer avec une certaine gravité, de la tradition républicaine selon laquelle la reconnaissance des places de chacun se fait en fonction du mérite propre: Justin Assane (son cadet même père même mère comme on dit là-bas au sud su Sahara, bombardé depuis général de brigade et nommé à la tête de la sécurité présidentielle), Djoubaye Abazène (son cousin, ancien porte-flingue du demi-dieu Firmin Findiro, actuellement ministre des transports et de l’aviation civile), Bertrand Mamour (son retraité d’oncle nommé ministre délégué à la Défense nationale), Herbert Gotron Djono Habba (son neveu, désormais tout puissant ministre d’État aux mines) pour ne citer que ceux-là, qui sont tous des parents proches de… Michel Djotodia que les mauvaises langues de Bangui appellent désormais «Djotodiable Am Adorokozo». Aujourd’hui, il faut être musulman ou en donner l’apparence, s’habillant en Djellaba et s’appeler ou se faire appeler « Moussa ou Abdelkader » pour espérer se voir confier un strapontin. À défaut de jouer les faire-valoir et de masquer les nominations de complaisance. N’a-t-on pas vu, pour bien se fondre dans le décor, Josué Binoua, s’habiller en Djellaba depuis qu’il a été nommé ministre de la religion dans un pays prétendument laïc?

Particulièrement irréel, en tout cas à peine croyable, voire même franchement scandaleux et choquant pour qui aime son pays, est la nomination des ressortissants du Tchad, non pas qu’au gouvernement, comme c’est le cas du presque illettré Noureddine Adam, mais aussi et surtout à l’état-major des Forces armées centrafricaines (FACA) ou se qui en reste, où ils sont très nombreux, ces Tchadiens, à tenir en respect le chef d’état-major hélas de pacotille qu’est le général Jean-Pierre Dolewaye. Comment ne pas reprendre à son compte, non pas pour les discuter, encore moins les réfuter, les affirmations des opposants tchadiens pour qui la République Centrafricaine s’est transmuée, inexorablement, en une préfecture du Tchad par la seule volonté du fantasque Deby Itno, quand on voit pêle-mêle au sein de l’état-major des FACA des citoyens tchadiens ou reconnus tels comme les soi-disant généraux de brigade Abdelkarim Moussa, Ibrahim Safadine, Yaya Bourna, respectivement Chef d’Etat-major adjoint, Sous chef d’Etat major chargé des opérations, Sous chef d’Etat major chargé de Logistique, Chef de Cabinet du chef d’Etat major des armées, tous supposés avoir intégré la grande muette en 2006. Une sacrée plaisanterie de très mauvais goût.

Surtout irréel, est de constater, les tripes nouées et la mort dans l’âme, que les vrais militaires centrafricains, ceux que l’histoire a fait enraciner le parcours sur le sol national et dont l’État centrafricain a gaspillé des fortunes en bourses d’étude afin de leurs assurer une meilleure formation, se complaire dans cette pantalonnade, se faisant ainsi cireurs de godasses ou garçon de course, c’est selon. Plus irréel, est le retour en force des caciques du défunt régime. Ceux-là même qui, hier, comme Josué Binoua, Claude Richard Gouandjia de l’Association Bozizé Doit Rester (BDR) ou encore le tristement célèbre demi-dieu procureur du ciel et de la terre Firmin Findiro, défendaient bec et ongle le précédent pouvoir agonisant. Il faut avoir un certain culot pour oser recycler ces individus qui portent en grande partie la responsabilité de l’échec actuel.

C’est un peu comme si dans ce pays, il n’existe pas de partis politiques (alors que les partis non pas été dissouts) encore moins de leaders qui puissent condamner ouvertement, fermement, catégoriquement les exactions de la rébellion et exiger la mise à l’écart, par tous les moyens, de ces hors-la-loi comme cela s’est fait au Mali.
Adrien Poussou

 

Encore plus irréel, disons-le tout net, est la veulerie, la fourberie, la duplicité, le double langage, le manque de vision politique, l’appât du gain des politiciens ou de ceux qui se considèrent comme leaders politiques et qui se sont tous ou presque accommodés de Séléka, se découvrant même un sport national, le «qui plairait le plus à Djotodia». C’est un peu comme si dans ce pays, il n’existe pas de partis politiques (alors que les partis non pas été dissouts) encore moins de leaders qui puissent condamner ouvertement, fermement, catégoriquement les exactions de la rébellion et exiger la mise à l’écart, par tous les moyens, de ces hors-la-loi comme cela s’est fait au Mali, au profit par exemple d’un directoire désigné par l’ensemble des forces vives de la nation à l’issue d’une concertation nationale. D’abord, comme l’a si bien rappelé un contemporain, on peut être contre le régime Bozizé (nous l’avons été) et condamner la rébellion et prendre ses distances vis-à-vis d’elle. Ensuite, ce silence est pour le moins surprenant. Il biaise les termes du débat démocratique et républicain et fait penser irrésistiblement au manque de courage des uns et aux calculs politiciens de courte vue des autres. Même si comparaison n’est nullement raison, rappelons-le, les institutions républicaines ont pu fonctionner au Mali malgré le coup d’État du folklorique capitaine Sanogo grâce, notamment, à la mobilisation d’une frange non négligeable de la classe politique malienne. Mais en Centrafrique, aucun leader, aucun parti, même celui dit d’avant-garde de la lutte pour la libération des Centrafricains, n’a jamais rien vu, jamais rien entendu, si ce n’est de placer partisans et obligés au sein de la haute administration.

C’est pourquoi, il est davantage irréel, de voir que depuis le coup d’État du 24 mars, certains Centrafricains se sont découvert une nouvelle passion, celle de créer tous azimuts, de nouveaux partis politiques et des collectifs-quelques-chose, au lieu d’œuvrer pour une convergence de vue et se choisir, au mieux le «meilleur d’entre eux tous», au pire le «moins mauvais», pour préparer l’après Séléka. Or, – c’est vraisemblablement l’issue fatale de la supposée période de transition actuelle si rien n’est fait d’ici-là – en multipliant les chapelles, en fabricant de toutes pièces des coteries aussi superflues que peu crédibles, les politicards centrafricains, prennent le risque que la prochaine présidentielle, si tant est que les conditions soient réunies, tourne au pugilat, et qu’un autre Djotodia, avec ce que ce nom a désormais de détestable, se croit obligé de mettre tout le monde d’accord, organisant une mascarade électorale pour se maintenir au pouvoir. C’est d’ailleurs ce qu’il s’était passé en 2005 pour que François Bozizé se maintienne au pouvoir pendant dix calamiteuses années.

Mais ce qui doit paraître en ce moment plus irréel encore, c’est la proportion de Michel Djotodia à se considérer comme un vrai chef d’État et la grossière prétention de son coreligionnaire Alexandre Nguedet à se prendre pour un véritable chef de parlement qui rêve de pouvoir destituer Nicolas Tiangaye de son poste de Premier ministre de transition. Nicolas Tiangaye, donc, deviendrait une entrave aux ambitions démesurées de ces larrons parce qu’il a, bien que timidement et tardivement, dénoncé les exactions de la Séléka et exiger à la tribune des Nations unies que ces sanguinaires soient désarmés.

Comme l’a si bien rappelé un contemporain, on peut être contre le régime Bozizé (nous l’avons été) et condamner la rébellion et prendre ses distances vis-à-vis d’elle.
Adrien Poussou

 

En effet, alors que la période transitoire actuelle ne devait excéder 18 mois et que la déclaration de N’Djamena du 18 avril censée constituer une boussole pour le dit nouveau pouvoir a clairement défini un cadre si ce n’est un programme de transition en plusieurs points ainsi répertoriés: «assister les personnes déplacées et favoriser leur retour et leur réinstallation; veiller au respect strict des droits de l’homme, du pluralisme et des libertés des citoyens; préparer et organiser les élections; réorganiser les forces de défense et de sécurité; réorganiser l’Administration Territoriale; reformer le système judiciaire; poursuivre le processus de Démobilisation - Désarmement - Réinsertion (DDR); engager des réformes économiques et sociales», les dites nouvelles autorités ne font qu’à leurs têtes. Elles font tout sauf ce qui leurs est demandé. C’est en tout cas faire peu de cas de quelques règles fondamentales. Celle, surtout, du respect des engagements. Ce principe, soulignons-le, devait constituer la pierre angulaire de la transition, pour la crédibilité de notre pays. Hélas, c’est trop demandé aux dites nouvelles autorités, de sorte que près de deux semaines après l’une de ses nombreuses promesses, les Centrafricains attendent toujours le versement de deux mois de salaires.

C’est en cela que l’une des faiblesses de cette transition, sont les hommes censés la conduire. La situation est suffisamment compliquée pour qu’on prenne le temps pour choisir des hommes compétents et capables d’élaborer des plans qui tiennent la route et de traiter sans complexe avec les partenaires bilatéraux et multilatéraux afin de trouver les moyens, nous en avons vraiment besoin, pour relancer le pays. Ce sont les hommes compétents qui ont récemment permis aux Maliens de convaincre la communauté européenne et de repartir avec plusieurs milliards de CFA, dépassant même leur espérance. Dès lors, la reprise de l’élection du bureau du Conseil national de transition, comme l’a préconisé le secrétaire général des Nations unies, nous paraît plus urgente et primordiale que la formation du nouveau gouvernement qui, de notre point de vue, ne devait être composé que de 20 membres. Une équipe plus resserrée est gage d’efficacité et surtout moins budgétivore. Il faut nécessairement sortir du débat «combien serons-nous au CNT ou au gouvernement de transition».

Aussi, Nicolas Tiangaye doit-il cesser de regarder ses prérogatives comme le banquier regarde la danseuse: plus intéressé par les généreuses formes de la danseuse et réfractaire à l’idée de lui verser un rond. Ici, la danseuse est malheureusement la terre de nos pères qui n’a pas que les avantages et les honneurs à offrir. Il faudra surtout s’occuper d’elle. D’autant que les Accords de Libreville accordent un certain nombre de prérogatives au Premier ministre de transition qui peut contester, sans risquer d’être révoqué de ses fonctions, bien des décisions du président provisoire. En sachant que celui-ci sert désormais de caution à un régime illégitime et illégal. Nicolas Tiangaye fait-il pleinement l’usage de ses prérogatives? Rien n’est moins sûr.
 
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4 COMMENTAIRES

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Transition

Par Koraa

05/06/2013 00:30

Cher Adrien/Chers compatriotes! Il n'existe pas de partis politiques et des leaders politiques dans notre pays c'est une evidence. Le pays est tombe en ruine et la seule solution realiste qui s'impose a nous est une mise sous tutelle des Nations Unies avec un Conseil National de transition comme se fut le cas du Kosovo. Mobilisons nous pour cette option, cela pourrait prendre du temps mais aura le merite de nous permettre de repartir sur de nouvelles bases sures et durables.

Le triangle islamique Chad-Soudan Centrafrique est la par fanatique et agitation de Deby pour se montrer tout puissant en Afrique Centrale

Par Anti razzia

05/06/2013 06:05

La RCA est réduite a une sous préfecture Tchadienne, et la Phase “ Reprend ton droit au respect a la vie…” sera pendant les élections, mais pour accéder a ces élections nous ne devons plus dormir ! Que le Syndicat des travailleurs, l’Associations civiles et les confessions religieuses puissent se lever par des marches pacifiques, et assemblée générale pour exiger ces élections autrement dit ca sera une autre forme de CMRN (au temps de Kolingba) pour plus de 5 ans. Ce qui est très déplorable et je regrette c’est que les Centrafricains sont réduit a sans moyens défense, les archives et les actes de naissance ont été détruit , et la structure sociale est en train d’être éradiqué systématiquement par des sujets arabo islamistes. A mon avis si rien n’est fait le rêve et la promesse de Ndjotodia de créer sa république islamique deviendra concret, tôt ou tard nous pleurons notre sort dans la tombe en voyants nos enfants dans la servitude arabo musulman ! Les centrafricains doivent comprendre que ces forces maléfiques qui ce sont imposées chez nous son ni foi ni loi et sème la zizanie la terreur pour emmener les a se soumettre ou a disparaitre sous des coup de balle a bout portant et il l’ont prouvé dans toute la République centrafricaine. Les petites entreprises dites des chrétiens ont été detruite..les voila……La France dans sa pousuite de partenariat avec Deby pour le pétrole et l’histoire du Mali a fermé ses yeux sur la situation de la RCA ! Je ne suis pas dans un gouvernement mais j’ai préfère quitter ce pays en « Self exile » en Afrique de l’ouest car ca faisait vomir de voir des personnes du genre indigènes sans niveau d’études se dire colonels entoures des enfants soldat qui violent des mères, des sœurs, des grands meres une bestialité incroyable !! les villes de Bossembele Yaloke sont devenues des villes soudanaises !! la frontière Gara mboulai , on arrache des véhicules des particuliers et prennent fuite au Tchad, de la razzia et crime contre l humanité et crime économique totale !
Voila la RCA depuis l’arrivée des Selekistes !!
Je n’attends rien de ces wahbistes du Tchad et Salafistes du Soudan…..nous devons reprendre notre pays et notre destin en main ! tout ce qui est arabo musulman si l’on est pas de concert avec eux ni de la même foi, on est rien du tout, regardez comment Deby a extermine tous ces opposants Sudistes Chrétiens sur son passage dans la vie politique

P M et P R

Par merde

05/06/2013 15:57

Ya t il un president de la republiqueen RCA ou un president de transition? Pas moins sur. Djiotodja peut il aller aux Nations unis ou a l' Union Africaine? En tant que qui? La communaute internationale ne reconnait qu'un Premier Ministre designe au Gabon. Djotodja ne peut etre accepter comme P R que par ces freres de la CEMAC. La communaute intenationale ayez la crainte de Dieu. Regardez ce que ressemble ce si beau pays. L'adjectif me manque. Quel est ce pays ou le colonel est l'aide de camp d'un lieutenant? Ou alors un analphabete est ministre ou je ne sais plus quoi. Ou va la RCA? Peut etre au Tchad pour avoir ete declare Province de ce pays. Quel est ce pays ou l'on ne desarme que les non musulman au profit de ceux qui n'arrivent pas a supporter le poids d'une arme parce que n'ayant pas de force? Non pour l'amour de la Patrie DJiotodja doit demissioner pour graver son nom en Gras en RCA,ainsi les investisseurs reviendront,l'activite economique reprendra. La Seleka n'a aucune credibilite. Voilà le siege de la CEMAC qui estqui est delocalise. Bienvenus les chomeurs. Qui delocalisera son siege aussi demain?

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