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Afrique: Demande de transfert du procès Kenyatta et Ruto

Par Henrie Lucie Nombi - 27/05/2013

Les gouvernants du continent demandent à la Cour pénale internationale de confier ces affaires à la justice kényane

 

Alors qu’ils assistaient au sommet marquant les 50 ans de l’Union Africaine à Addis Abeba, les dirigeants africains ont décidé de demander ce lundi 27 mai que le procès du président kényan Uhuru Kenyatta et son vice-président William Ruto accusés pour crimes contre l'Humanité soit confié à une juridiction kényane et non plus à la Cour pénale internationale. La décision a été prise de demander à la CPI de renvoyer l'affaire au Kenya, a déclaré à l'AFP le ministre sud-soudanais des Affaires étrangères Nhial Deng Nhial. Selon lui, cette décision a reçu un soutien quasiment enthousiaste des ministres des Affaires étrangères des pays membres de l'UA. Les dirigeants africains vont appeler à ce que soit mis fin au processus devant la CPI (...) les juridictions kényanes vont devoir s'occuper de la situation, a précisé le commissaire à la Paix et la Sécurité de l'UA, Ramtane Lamamra.

 


© flickr.com/photos/africanunioncommission
Le président kényan Uhuru Kenyatta au cinquantenaire de l'UA à Addis-Abeba
Elus en mars dernier à la tête de leur pays, les deux nouveaux dirigeants kényans sont poursuivis par la CPI pour leur rôle présumé dans l'organisation des violences à grande échelle qui avaient suivi le scrutin de décembre 2007 au Kenya. Violences déclenchées par la réélection contestée du président sortant Mwai Kibaki et qui s'étaient rapidement muées en affrontements communautaires, et avaient fait plus de 1.000 morts et des centaines de milliers de déplacés en quelques semaines. La Cour pénale internationale accuse précisément les deux hommes d’avoir en partie orchestré et financé les vagues d'attaques et de représailles entre communautés rivales alors qu’ils étaient dans deux camps opposés. Le procès de Uhuru Kenyatta doit commencer le 9 juillet 2013 à La Haye, siège de la CPI, alors que celui de William Ruto qui aurait dû commencer demain, le 28 mai a été reporté à une date ultérieure. Tous les deux rejettent cependant toutes les charges portées contre eux, mais ils ont promis de coopérer avec la CPI.

Bon nombre de dirigeants africains accusent la CPI de ne concentrer ses enquêtes que sur le continent Africain. Il semble que cette chose (la CPI Ndlr) a été inventée pour les dirigeants africains, pour les humilier (...). Nous ne l'accepterons jamais, a déclaré le président sud-soudanais Salva Kiir. Dix-huit personnes, tous des Africains, sont actuellement inculpés par la CPI pour des crimes survenus dans huit pays d'Afrique.

 

 
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